‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 75 sur 121 · LA GAUCHE ET LA LIF.ERTE RELIGIELSK · texte numérisé non relu

LA GAUCHE ET LA LIF.ERTE RELIGIELSK

agitation libérale. On ne s'en tenait pas toujours à ces démonstrations comminatoires Dans j)lusieiirs villes, la cabale dégénérait en émeute violente et la troupe devait intervenir. A Paris, par exemple, des jeunes gens envahissaient l'église Saint-Jacques du Haut-Pas, armés de bâtons, et jetaient l'effroi parmi les assistants; on faisait éclater, dans Snint-Etienne du Mont, une boîte à poudre, et l'on y introduisait une vessie remplie de gaz méphitique '. A Xoire-Dame des Victoires, des cris aigus, des chansons grossières étouffaient la voix des prédicateurs; on essayait d'escalader la chaire ; les clameurs redoublaient au moment de la bénédiction du Saint-Sacrement; l'un des missionnaires, l'abbé du Mesnildol, recevait en pleine poitrine un coup violent qui inspirait pendant quelques jours des craintes pour sa vie; deux autres prêtres, cernés par Témeute, étaient contraints de passer la nuit dans l'église ; et l'on arrêtait, au milieu des agitateur», deux députés de la gauche. A Rouen, l'émeute pénétrait aussi dans l'intérieur du temple : une explosion soudaine de cris, de pétards et de boules fulminantes couvrait les chants et interrompait la cérémonie; des chaises brisées étaient jetées

1 Les explosions de poudre fulminante dans l'inlérieur des églises étaient deieaues l'uu des procédés habituels des agitateurs, li m'a été rapporté que l'abbé lîossu , curé de Saint-Eustache, prêtre fort âgé et très-vénérable, avait pris le parti de se faire tirer des pétards dans son appaitement, afin de s'accoutumer à ce bruil, et de ne pas tressaillir, quand il serait surpris, au ba;ic d';j!uvre ou à l'autel, par quelque détonation de ce genre.

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