LA QUESTIO.V ^ CLÉRICALE « SOUS M. DE VILLELE
au milieu des fidèles aux cris de : « A bas les jésuites! A bas les missionnaires! " Dans celte dernière ville, les excès furent si odieux que les journaux de gauche eux-mêmes en furent embarrassés, et que le Constitutionnel osa. seul excuser cette violation brutale et sans prétexte de Ja liberté de la prière. D'ordinaire la seule morale tirée des désordres par les feuilles de gauche était qu'il fallait proscrire les missions; elles se plaignaient de (c l'acharnement des pieux démagogues » , et s'écriaient qu'on devait « interdire le feu et l'eau aux missionnaires, parce qu'il était évident que la France n'en voulait pas » .
Les libéraux n'eussent pas admis qu'on les contraignit à entrer dans une église; mais ils prétendaient y introduire de force la dépouille de ceux qui s'en étaient tenus éloignés pendant leur vie. Chaque année éclataient des conflits de ce genre, tantôt pour quelque acteur mort sans confession , tantôt pour un officier tué en duel. C'était devenu l'une des questions brûlantes du moment et l'un des principaux griefs articulés contre l'intolérance cléricale. On avait vu, aux obsèques de l'acteur Philippe, la foule s'emparer du cadavre et le porter tumultueusement aux Tuileries, demandant au roi d'intervenir pour contraindre le clergé à accorder au mort l'honneur de ses prières et de ses cérémonies. Le lendemain, le Constitutionnel était tout indigné qu'on n'eût pas accueilli celte étrange requête, et il soutenait, aux