‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 77 sur 121 · LA GALGHE KT LA LIBERTE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LA GALGHE KT LA LIBERTE RELIGIEUSE

applaiidissemenls de ses amis, « que dans un pays où les cultes étaient payés par l'Etat, ils devaient être sous sa dépendance j) . C'était sans doute toujours par aversion pour l'ancien régime que ces prétendus novateurs tendaient à revenir à l'époque où les parlements ordonnaient par arrêt aux curés de conférer les sacrements '

Un jour les libéraux de tous bords, depuis le Constitittio?inel jusqu'au Journal des Débats, sonnaient à grande volée la cloche d'alarme. Ils venaient de découvrir une association formidable qui enveloppait le royaume dans un vaste réseau, imposait aux Français une contribution illégale, transmettait ses ordres d'un bout à l'autre du pays, avec plus de rapidité que les télégraphes du gouvernement, et dont la seule existence était u une violation flagrante de la Charte, un mépris scandaleux de la puissance royale, un complot mystérieux contre la sûreté de l'Etat «. «Une telle autorité, ajoutaient- ils , instituée en dehors de la souveraineté, aurait attiré même aux

' Bien des années devaient s'écouler aiant que les hommes de la gauche eussent, sur une question aussi simple, la notion de la 'liberté religieuse. Longtemps après, en racontant ces iiicidciils, AI. de Vaulabcilc était encore tout anime des passions du Cunstitiitionuel. — Un fait de ce genre s étant produit en 1831, l'abbé Licordaire s'écriait dans {'Avenir, avec l'éloquence fougueuse qui était en usage chez les jeunes collaborateurs de Lamennais : a Sommes-nous les fossoyeurs du genre humain? Avons-nous lait un pacte pour flatter ses dépouilles, plus mallieurcu.x que les courtisans à qui la mort du prince rend le droit de le traiter comme le méritait sa vie?... Qu'estce qu'un culte libre, si sou temple ne l'est pas, si son autel ne l'est pas, si l'on peut y apporter de la boue les armes à la main? »

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370 LA QUESTION « CLÉRIGALK t SOLS M. DE VILLÊLE.

jours de Philippe le Long les foudres de la vengeance royale, 5' Le Journal des Débats en était si ému qu'il ne parlait guère d'autre chose pendant toute une semaine; et, disait-il, « ce qu'il y a de plus effrayant, c'est que le chef de celte armée formidable vit aux côtés du roi ! Il campe aux Tuileries! C'est Algr le cardinal-prince, grand aumônier de France! Non, la Ligue ne fut jamais une Sainte Union aussi illégitime, aussi redoutable, aussi funeste, et l'unique espoir de la France est dans la sagesse royale, w Quel était donc ce péril nouveau qui troublait à ce point les sens des écrivains libéraux? C'était la très-belle et, en tous cas, très-simple et très-innocente association de la Propagation de la Foi, qu'un mandement de l'archevêque de Besançon venait de recommander aux fidèles de son diocèse.

Disons cependant, pour l'honneur du parti libéral, que ces vieilleries oppressives soulevaient dans ses rangs, dès 1824 et 1825, quelques protestations. Celles-ci venaient de la jeune école du Globe. " Réclamer l'exécution des arrêts parlementaires contre les jésuites, déclarait ce journal , c'est ne pas comprendre la liberté, disons mieux, c'est se rendre coupable de jésuitisme » ; et il ajoutait :

Je ne dis pas que si Ton laissait faire certains vieux philosophes, les prêtres fussent traités plus doucement que ne Je seraient les impies par les écrivains du Mémorial calho-

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