‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 82 sur 121 · LXE VICTOIRE SUR LE PARTI PRETRE · texte numérisé non relu

LXE VICTOIRE SUR LE PARTI PRETRE

publics, spectateurs satisfaits ou impassibles de cette revanche d'impiété, sembleront parfois presque heureux de voir les haines sauvages de l'émeute détournées des palais ou des boutiques sur les évêchés et les églises.

Parmi ces gallicans qui applaudissaient tout à l'heure à la Dénonciation de M. de Monllosier et à l'acquittement du Constitulionnel, ou qui criaient : « A bas les jésuites! « en revenant, le 29 avril 1827, de la revue de la garde nationale, peut-être en est-il qui assisteront, le 14 février 1831, au sac de Saint- Germain l'Auxerrois, ou, le lendemain, au pillage et à la destruction de l'Archevêché. Ils considéreront cette émeute, mêlée de populace en blouse et de bourgeoisie en habit noir, d'ouvriers sombres et d'étudiants railleurs; ces autels brisés en un clin d'œil, ces statues de saints renversés, ces crucifix foulés aux pieds; ces sinistres pantins, dansant, revêtus d'ornements sacerdotaux, dans le sanctuaire profané; cette confusion de rires insensés, de hurlements cruels et de cyniques blasphèmes; cet enivrement du pillage, de la destruction et de l'impiété; cette férocité qui pousse la foule, sur le simple cri: « C'est un jésuite! 55 à saisir le premier venu pour le jeter à l'eau. Ils pourront voir, pendant toute la soirée, la Seine charriant les manuscrits précieux, les étoles brodées, les linges sacrés; les mariniers penchés sur leurs bateaux pour recueillir les épaves souillées du catholicisme, et la foule curieuse se

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pressant sur les ponts pour contempler ce spectacle. Quelles seront alors leurs réflexions? Auront-ils conscience de n'avoir, en s'associant à la campagne religieuse de la gauche, fait échec qu'à l'ullraraontanisme de Lamennais, et frappé que les jésuites? Salueront-ils dans ces scènes une glorification de la Déclaration de 1682? Mais, comme pour joindre l'ironie à la leçon qu'ils recevront, il se trouvera que la Révolution de 1830 marquera précisément le triomphe définitif des doctrines ultramontaines dans le clergé de France, et ce seront les vainqueurs du jour qui, sans s'en douter, jetteront la dernière pelletée de terre sur le gallicanisme. Aussi à la même époque, sous ce titre : Un tombeau de juillet, le jeune abbé Lacordaire écrira d'un ton sarcaslique , dans le journal l'Avenir, l'oraison funèbre de cette religion gallicane, « née à Paris, le 19 mars 1682, dans les bras de Louis XIV et de madame de Alaintenon » , et « décédée en la cent quarante-huitième année de son âge, le 28 juillet 1830 ». La gauche s'inquiétera peu de cette conséquence de sa victoire. Elle aura rejeté alors le masque dont elle s'était un moment couverte, pour tromper et entraîner ses alliés; l'impiété sauvage, haineuse, brutale, apparaîtra comme le terme dernier d'une campagne dont elle avait été le premier et réel mobile !

Sans doute, ces émeutes de carrefour, symptômes aigus d'une crise violente, ne seront et ne pourront

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