LES LIBÉRAUX ET M. DE MARTIGXAG
proposées à la législation sur la presse et les élections; les nominations de fonctionnaires; la conduite suivie à l'extérieur, notamment dans les affaires de la Grèce. Dans l'ordre religieux, il poussait son désir de complaire à la gauche jusqu'à faire signer au roi les ordonnances de juin 1828 sur les petits séminaires et les jésuites, satisfaction fâcheuse donnée aux passions ameutées contre le clergé, triste contre-partie des imprudentes complaisances du ministère précédent pour l'extrême droite. Enfin, la jeune génération , engagée dans le mouvement intellectuel, ne devait-elle pas avoir l'impression qu'on lui faisait réparation pour le passé et qu'on lui rouvrait l'avenir, quand elle voyait ses maîtres les plus aimés et les plus illustres remonter dans les chaires de la Sorbonne, d'où quelques-uns avaient été exclus depuis tant d'années? « Tout est changé et bien changé, disait M. Guizot, à sa première leçon. Il y a sept ans, nous n'entrions ici qu'avec inquiétude , préoccupés d'un sentiment triste et pesant... Aujourd'hui, nous arrivons tous, vous comme moi, avec confiance et espérance, le cœur en paix et la pensée libre'. » Aussi La Fayette lui-même était-il obligé
' Ce n'était sans doute pas l'idéal irréprochable d'un enseignement supérieur. Le contre-coup et comme la chaleur des luttes politiques et religieuses du dehors s'y faisaient trop seutir. Mais quel éclat! quelle vie, (lucl mouvement chez les élèves! Que d'espérances, que d'élans précipités vers l'avenir ! Chez les professeurs quelle hardiesse, parfois téméraire, mais répondant aux aspirations de l'tspiit public! — soit que M. Guizot, avec son autorilé sobre et sévère, avec sa