LES LIBERAUX ET M. DE MARTIGXAC
l'union perpétuelle, indissoluble des divers groupes de la gauche. Afin d'en donner un signe matériel, ils forment de tous ces groupes une seule réunion parlementaire qui se tient d'abord rue Grange-Datelière, ensuite rue Richelieu et rue de Rivoli, et où l'on délibère en commun sur l'attitude à prendre par le parti entier. S'il s'y manifeste des velléités de scission, elles viennent des impatients, non des modérés, et ceux-ci se félicitent quand, à force de diplomatie et parfois de concessions, ils ont prévenu Ja rupture. La thèse habituelle de leurs journaux ou de leurs orateurs est qu'il y a seulement deux partis, la gauche et la droite, et que le ministère doit être mis en demeure de choisir entre les deux. Le Journal des Débats établit que « le cabinet doit marcher avec la gauche tout entière, et que ce serait une folie de vouloir, par la réunion du centre droit et du centre gauche, constituer un parti assez fort pour résister aux attaques des deux extrémités » . Benjamin Constant dit dans le Courrier : « On veut détacher le centre droit de ce qu'on nomme l'extrême gauche; mais cette utopie ne peut se réaliser. La gauche restera unie, bien qu'il y ait dans ses rangs des impatients et des résignés. Le gouvernement des centres, vainement tenté, en 1820, par un homme dont le nom commandait le respect, ne saurait être repris. » Le jeune libéralisme ne s'exprime pas autrement dans le Globe : « Ces distinctions de centre gauche et de gauche sont des souvenirs de 1819. Depuis