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lors, dix ans nous ont passé sur la tète. Si la victoire nous est venue en J827, et si elle promet de nous demeurer, c'est à la condition que rien des vieilles distinctions, des vanités de coterie ne reste entre les membres qui composent aujourd'hui la majorité... Les véritables éléments de la majorité sont à gauche, sans distinction de centre ni d'extrémité. » Telle était la conséquence fâcheuse de plusieurs années d'opposition commune, où le centre gauche s'était chaque jour laissé davantage confondre avec la gauche. Les liens noués pendant ce temps se trouvaient plus forts que ses affinités naturelles, ses inspirations honnêtes, ses appréhensions patriotiques. Il lui semblait maintenant que cette alliance révolutionnaire à laquelle il s'était prêté le premier jour, évidemment avec répugnance et comme à un expédient passager, était sa condition normale et permanente; ou du moins, s'il pensait autrement, il n'osait le dire. Peut-être aussi, certains ambitieux de ce parti, qui se croyaient à la veille d'arriver au pouvoir, eslimaient-ils avantageux à leurs intérêts particuliers de ne pas se confondre dans les rangs ministériels, et de rester au contraire à la tête des gauches réunies. Ils s'imaginaient représenter ainsi une force distincte, imposante, secourable ou menaçante suivant les circonstances, et avec laquelle le gouvernement serait obligé de traiter et de composer '. Il eut été sans doute plus politique de désin-
* A cette époque, en effet, il fut question à diverses reprises de
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téresser ces convoitises en les satisfaisant. C'était trop compter sur le détachement des libéraux, de croire qu'ils se contenteraient du triomphe de leurs idées, sans se préoccuper de celui de leurs personnes. Faute de conduite, à laquelle les répugnances du roi avaient condamné le ministère. Et cependant, même à ce point de vue des intérêts individuels, les chefs du centre gauche se trompaient : ils eussent mieux servi leur ambition , en paraissant pour le moment n'avoir souci que de leurs principes; il ne leur eût fallu qu'un peu de patience.
A cette union, obstinément maintenue, du centre gauche et de la gauclie, doivent être attribués le défaut de cordialité, les taquineries impérieuses, souvent l'injustice, toujours l'incohérence, qui mar-
ministc'ies pour M. Casimir Périer, M. Teruaiix, le général Sébastian! ou le général Gérard, d'une direction générale pour Benjamin Constant, d'un poste à la Cour de cassation pour M. Djpont de l'Iùire, etc., de. ..Ces perspectives paraissent avoir vivemeut occupé quelques-uns de ces personnages, las de leur longue et stérile opposition. M. Dupont de l'Eure écrivait à Déranger, en décembre 1828, une lettre embarrassée, où se trahissait, d'une façon assez amusante, le combat qui se livrait en lui entre le désir d'avoir la place el les obligations de son rôle d'incorruptible, t Je sens viiement, disait-il, tout le prix, pour le pays, d'une bonne administration de la justice, et la nécessité pour tout bon Français d'y concourir autant qu'il est en lui; mais, mon digne ami, n'y a-t-il pas en vous quelque chose qui vous crie de ne rien avoir de commun, même de loin , avec des hommes aussi corrompus que le sont ceux qui nous gouvernent?... Au surplus, nous n'en sommes pas là... Mais si, par impossible, cela arrivait, je réprimerais mon premier mouvement qui me porterait ik refuser, et je ne prendrais un parti définitif qu'après avoir consulté quelques amis, en tète desquels mon cœur a pris l'habitude de vous placer, i