‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 92 sur 121 · LES LIBERAUX ET M. DE MAHTIGVAC · texte numérisé non relu

LES LIBERAUX ET M. DE MAHTIGVAC

devenu vieux, riche, satisfait de sa position acquise, eût été volontiers moins batailleur; mais pour ne pas s'exposer aux semonces du Courrier, il le suivait, quoique d'un pas un peu alourdi. Les anciens royalistes du Journal des Débats, les jeunes libéraux du Globe j dans leurs moments de justice et de clairvoyance, comprenaient la faute commise par leurs amis de la Chambre qui, pouvant être majorité, continuaient à se conduire comme s'ils étaient encore minorité opposante, et parfois ils ne taisaient pas leur blâme. Trop souvent cependant l'exemple du Courrier les entraînait ou les effarouchait; s'ils étaient alors moins haineux, ils étaient peut-être plus méprisants '. La pression s'exerçait même sur des députés qu'on aurait crus étrangers aux passions violentes. M. Ternaux allait un jour jusqu'à déclarer qu'il avait seulement dans le ministère « une confiance conditionnelle 55 , et il menaçait de lui refuser le budget, « tant qu'on ne serait pas rentré dans la Charte 5? .

Considérez les vicissitudes de la loi sur la presse : c'est comme un résumé de toute la conduite de la gauche à cette époque. Le projet du gouvernement apportait des réformes importantes : il supprimait la

* Le Journal des Débats écrivait par exemple un jour : » Foiilenelle alité, dans son extrême vieillesse, disait i son médecin qui l'interrogeait sur le mal qu'il sentait : Je ne sens qu'une difficulté d'être. C'est aussi la maladie du ministère. Seulement, il éprouve après six semaines ce que Fontenelle éprouvait à quatre-vingt-dixneuf ans. i

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