‹ Le parti libéral sous la RestaurationChapitre 97 sur 121 · LES LIBERAUX ET AL DE MARTIG.VAG · texte numérisé non relu

LES LIBERAUX ET AL DE MARTIG.VAG

les défenseurs effrayés de la monarchie lourner de plus en plus les yeux de son côté; il lui suffisait de prêter l'oreille, pour entendre son nom fréquemment prononcé aux alentours du trône. Pourquoi eût-il été disposé à repousser l'appel que pourrait lui adresser la royauté? Le patriotisme comme le souci de sa légitime ambition lui eussent au contraire conseillé d'y répondre. Jusqu'à quel point des pourparlers furent-ils entamés pour le faire entrer au ministère? On serait embarrassé de préciser. Il est certain que plusieurs des amis les plus dévoués et les plus éclairés de la royauté désiraient une combinaison de ce genre. Si M. de la Ferronnays donna sa démission de ministre des affaires étrangères, l'état de sa santé ne fut qu'un prétexte ou du

plûtes au roi gentilhomme , par la magnificence et le bon goût que vous déployâtes, en lui faisant les honneurs de votre usine; et vous en fûtes récompensé par l'exclamation bien connue qu'il laissa échapper, en se séparant de vous: a Mais il est né, cet homme-là! » Vous portez encore à la boutonnière la preuve du plaisir avec lequel vous fûtes vu, dans ce temps, par nos princes légitimes. Or il est écrit : Xul ne peut servir deux maîtres; et plus vous croissiez en grâce et en faveur devant le vieux châtelain des Tuileries, plus se refroidissait cette confiance que dix années de l'opposition la plus vive vous avaient obtenue de vos concitoyens. Les électeurs de Troyes, voyant en vous un homme destiné à la pairie, se disposaient à vous quitter, avant d'être quittés par vous, si la brutale rupture da 8 août ne vous eût rendu, bien malgré vous, ù l'opposition, votre vocation première, et n'eût fait évanouir les espérances de pairie pour vous et les vôtres, qui vous avaient humanisé un moment jusqu'à vous faire danser dans un quadrille de cour, vous (lui, dans ce temps-là, marchiez à peine, et ne trouviez plus la force d'articuler un mot qui rappelât à vos commettants le député de gauche. .. »

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moins une occasion : la vraie raison fut le regret de n'avoir pu décider le roi à faire appeler M, Périer'. Qui peut dire ce qu'il fût advenu si Charles X, mieux éclairé, avait consenti à surmonter ses répugnances, et si le grand homme d'Etat avait employé à prévenir la révolution l'énergie indomptable qu'il devait dépenser à la limiter? L'œuvre eût été moins difficile; elle eût été plus féconde pour son pays, plus glorieuse encore pour lui.

Cette grande lâche lui échappant, ne lui en restait-il pas une plus humble et encore fort utile? C'eût été de seconder efficacement le ministère, en usant de son autorité sur le parti libéral pour le déterminer, le contraindre, à être plus bienveillant et plus juste. Malheureusement, Casimir Périer était de ces natures entières et impérieuses, prêtes à se dévouer corps et àme, mais à la condition qu'en retour on leur livre le plein commandement. Il ne croyait pouvoir utilement concourir au sauvetage du navire en détresse, que si on le faisait capitaine, avec liberté de régler la manœuvre et de disposer l'équipage comme il l'entendrait. D'ailleurs, il différait trop de M. de Marlignac, pour comprendre et ne pas dédaigner un peu celte action toute de souplesse, de conciliation et de séduction; il concevait la politique autrement. Aussi, tout en rendant justice aux intentions du cabinet, et ne voulant rien

' Ce (ait ressort d'une conversation de M. de la Fcrronnajs avec le comte dEstourmel, que ce dernier a rapportée dans ses Souvenirs.

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