INTRODUCTION
La question de Taccord des participes est Tun des points de la syntaxe française qui ont été fixés le plus tard. Les controverses ont duré longtemps encore sur ce sujet après avoir pris fin sur toutes les autres parties de la grammaire. Les auteurs du XVII® siècle auxquels nous avons l'habitude de nous adresser pour connaître les règles de notre langue, Ménage, Vaugelas, etc., sont loin d'être unanimes sur tous les détails de cette question compliquée. Tandis que les sentences qu'ils ont prononcées sur une foule d'autres cas ont obtenu force de loi, les jugements qu'ils ont rendus dans l'espèce ont été frappés d'appel par la postérité et révisés par les grammai- *riens des siècles suivants.
D'autre part, les règles qui régissent maintenant la matière ont été vivement attaquées dans ces derniers temps. M. Chabaneau, dans son Histoire et théorie de la conjugaison française.^ en proclame l'inconséquence et ne voit dans l'accord du participe avec le régime qui le précède qu'un « accident grammatical > (pag. 37); M. Tell, dans ^on Histoire des participes (ouvrage dont b contenu ne répond aucunement au titre et où la violence d3 la forme le dispute au peu de solidité du fond), en réclam? l'abrogation complète.
Dans ces circonstances, il nous a paru intéressant de faire l'historique de la question et de rechercher dans le passé Texplication et peut-être la justification des phénomènes présents. Nous indiquerons ensuite sous forme de conclusions les modifications qui semblent désirables à Tétat de choses actuel.
Le participe conjugué avec être n'étant qu'un simple adjectif et s'étant toujours comme tel accordé avec son sujet, sort naturellement du cadre de cette étude. Les dérogations au principe de Taccord qui se rencontrent dans les auteurs anciens s'expliquent les unes par la rime (cf. Andersen, Ueher den Einfluss von Metrum^ Assonanz und Reim aufdie Sprache der altfranzœsischen Dichter, Bonn 1874, pag. 53 sqq.), les autres par la décadence lente et inégale de la déclinaison et par la confusion fréquente dunominatif et de l'accusatif qui en est résultée.
Nous nous bornerons donc à étudier les participes conjugués avec l'auxiliaire avoir et ceux des verbes pronominaux ; ces derniers, quoique accompagnés en général (voyez pag. 67) du verbe être^ présentent cependant assez de particularités pour mériter une place dans ce travail.