‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 14 sur 101 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

requisitionaires et je pense d'après tout ce qui se passe que pour le mètre à exécution sans qu'il occasione de troubles, il faudra beaucoup de prudence et surtout une force armée imposante, notamentpour la commune que je viens de vous citer; il en est plusieurs autres de ce canton animées du même esprit, telles que celles d'Esques, Upan, et Belettes et malheureusement ce sont les plus populeuses ^. »

A Saint-Venant, le commissaire est formellement convaincu d'avoir pactisé avec les brigands 2.

Voilà pour Fan VII. Cette situation ne fait que croître et embellir en l'an VIII. Ce serait répéter ce qui précède que de donner des extraits des documents de la période immédiatement antérieure au 18 brumaire. Les Chauffe-pieds (alias Chauffeurs) se sont joints aux Brigands et aux bandes de réfractaires : les acquéreurs de biens nationaux sont exposés aux plus impitoyables traitements. L'administration républicaine n'a plus d'amis vrais, ses partisans apparents se réduisent à de rares convaincus, aux fonctionnaires et à un certain nombre de gens qui la craignent. Les cérémonies républicaines étaient désertes, dit justement M. Deramecourt, le 21 janvier, célébrées uniquementparles fonctionnaires. En 1799, lors decette fête, aucun bourgeois d'Arras ne voulut signer la proclamation de l'administrateur Parent-Réal contre la royauté et le sacerdoce, ce qui justifie cette phrase écrite par la municipalité d'Arras à la fin de décembre 1798 : « l'esprit public se refroidit de jour en jour » 3. L'administration, dit encore M. Deramecourt, a beau redoubler ses poursuites contre le « fanatisme » et tout ce qui est suspect de sympathie pour l'ancien régime, le département se manifeste chaque jour plus rebelle aux lois militaires et plus favorable aux prêtres ^. Comme dans les Bouches-du-Rhône, toutes les branches

Page 1