‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 29 sur 101 · Id., imprimés · texte numérisé non relu

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que, comme dans le Nord, on ménage dans le clocher un petit emplacement où couche un gardien qui puisse voir de là tout ce qui se passe dans l'église et ait sous la main la corde de la cloche afin de sonner l'alarme s'il y a lieu^

Préoccupé de la sécurité, La Chaise fait appliquer avec rigueur la réglementation des passeports ; il ordonne (3 mars 1808) de les exiger dans les voitures publiques, chez les maîtres de poste, etc. ~.

Nous avons vu que Poitevin-Maissemy désespérait de tirer parti des gardes champêtres ; La Chaise s'efforce de les organiser et en même temps d'améliorer leur sort. La gendarmerie avait déjà une lourde besogne avec les déserteurs, les prisonniers de guerre et les réfractaires ; elle ne comprenait que dix brigades à cheval et une brigade à pied à Saint-Omer ; le personnel s'élevait en tout à 126 officiers et soldats ; le secours des gardes champêtres lui était donc indispensable pour assurer l'ordre. Un arrêté du préfet, en date du 9 août 1809, autorise les gendarmes à requérir les gardes champêtres pour les aider dans leurs fonctions. Afin d'exciter l'émulation parmi ces derniers, La Chaise crée le l**"" décembre un brigadier de gardes champêtres dans chaque canton ; il sera nommé par le préfet sur une liste de deux noms présentée par le sous-préfet de chaque arrondissement et à Arras par le secrétaire général ; le traitement de ces brigadiers variera de 400 à 600 francs par an ; ils auront pour mission de surveiller les gardes, de leur transmettre les ordres des autorités et de les réunir une fois par mois au chef-lieu du canton. Un arrêté du 11 juin 1811 fixe le traitement des simples gardes champêtres à 13 centimes par hectare et par habitant, avec un minimum de 150 francs; des gratifications seront allouées à ceux qui se distingueront par leur zèle, et, en cas de blessure accidentelle, on leur attribuera une indemnité. Ces mesures cependant ne durent pas être beaucoup plus efficaces que celles de Poitevin-

1. Archives départ., Mémorial administratif de 1808, p. 119. a. Id., Mémorial administratif de 1808, p. 41.

Maissemy : en 1813 le conseil général se plaint de ce que la plupart des brigadiers de gardes champêtres ne parcourent pas les communes de leur canton ; les réunions du chef-lieu sont le prétexte de scènes d'ivresse dans les auberges et les cabarets ^

Depuis que l'Assemblée nationale avait supprimé le privilège féodal de la chasse, tous les habitants s'étaient mis à chasser et par suite étaient porteurs d'armes. Il y avait là un danger qui ne pouvait échapper aux yeux d'un administrateur un peu expérimenté ; dès son arrivée dans le département, La Chaise prenait un arrêté (19 juillet 1803) réglementant à la fois la chasse et le port d'armes : seuls, les citoyens, qui posséderont 2S hectares d'une même pièce ou qui auront leurs propriétés fermées de murs, pourront jouir du droit de port d'armes ; nul citoyen ne pourra obtenir ce droit s'il ne justifie que, par son commerce et sa profession, il est obligé de voyager fréquemment et de porter des armes pour sa défense ; ce droit ne sera accordé qu'après versement par celui qui le réclame d'une somme de 2a francs destinée à subvenir aux besoins des hospices. En 1804, le préfet décide que les maires pourront, avec le visa du sous-préfet, donner l'autorisation de porter pour la dépense personnelle une épée ou des pistolets. Un arrêté préfectoral delà même année punit d'une amende équivalente à trois journées de travail ou à trois jours de prison, avec confiscation des armes, les individus trouvés armés et sans permis 2.

D'autres mesures du préfet de La Chaise, qui se rattachent en quelque sorte à la sécurité publique, assurent la réorganisation de la louveterie. Les loups sont alors très nombreux dans les parties boisées du département du Pas-de-Calais; ainsi, au cours d'une chasse dans les bois de Willeman près de Hesdin, on n'en tue pas moins de cinq. Un capitaine de

1. G. DE Hauteclocque, Le Pas-de-Calais sous Vadministration préfectorale du baron de La Chaise, Mémoires de l'Académie d'Arras, 2" série, t. XXV, 1894, pp. 174 et suiv.

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