VI INTRODUCTION
grands corps judiciaire et administratif de l'Artois, l'un et l'autre manifestèrent vivement dans ce même sens. Le Conseil d'Artois demanda fermement au roi « que les pouvoirs attribués à la Cour plénière n'eussent aucun effet en Artois, où ils auraient porté une atteinte directe : 1° au droit primordial des États de consentir librement les aides et subsides ; 2° aux privilèges du Tribunal supérieur de la province qui, par la vérification et l'enregistrement, donnait aux impôts consentis la publicité et la force exécutoire nécessaires pour contraindre chaque individu à se conformer au résultat du vœu général ; 3" à l'existence de l'Election provinciale, dont l'autorité avait conservé dans sa pureté le corps de la Noblesse
« L'assemblée générale des Etats d'Artois amena bientôt des discussions plus vives et plus retentissantes.
« Sous les dénominations les plus diverses et à travers les phases très agitées de son histoire, l'Artois avait conservé, au moins en principe, le privilège de gérer ses affaires et de consentir l'impôt. Le gouvernement de la province n'avait que le commandement militaire ; le pouvoir de l'intendant, établi à Lille et non à Arras, et dont un œil jaloux surveillait les tentatives envahissantes, était restreint à quelques matières spéciales : postes et messageries, maisons de force et lettres de cachet, imprimerie et librairie, amortissement, francs-fiefs et mains-mortes, exploitations de carrières et défrichements, marais et navigation ^.. A vrai dire, le problème delà décentralisation se trouvait résolu en Artois : le Roi gouvernait par ses officiers ; le soin des affaires de la province appartenait aux Etats qui, se rattachant par leur origine aux assemblées représentatives du comté d'Artois au temps de la féodalité, avaient été chargés, dès la plus haute antiquité, de l'administration et du règlement de l'impôt 2, »
Enfin, les trois ordres étaient représentés aux Etats.
1. Il faut ajouter, ce qui est important : tutelle des paroisses.
2. La Jeunesse de Robespierre et la Convocation des Etats Généraux en Artois, par J. A. Paris, p. 200 et ss. — Arras, 1870, gr. in-S», m, 407 et cxiv p.