‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 50 sur 101 · Archives départ. Série M. Arrêtés · texte numérisé non relu

Archives départ. Série M. Arrêtés

mais en très petit nombre. Toutes les fois qu'il s'est agi de remplacer des maires, je me suis attaché à ne nommer que des personnes dont la probité et la moralité, l'attachement au gouvernement fussent bien connus et je me suis toujours assuré par les sous-préfets ou d'autres citoyens recommandables du choix que je fesais ; j'ai cherché à éviter autant que possible de laisser quelque chose au hazard dans ces nominations ; je sentais trop chaque jour le prix d'un bon maire et l'inconvénient d'un maire insouciant ou inepte, pour ne pas donner mes soins à augmenter le nombre des premiers. J'ai pris quatre-vingt quatre arrêtés dans les cinq derniers mois de l'an XI et cent dix-neuf dans les six premiers mois de Tan XII pour nommer des maires et adjoints et j'ai pu remarquer avec satisfaction que les communes pour lesquelles ces nominations ont eu lieu sont bien administrées. Je me suis aussi attaché à conserver les maires dignes de la confiance du gouvernement, j'ai résisté au désir de plusieurs d'abandonner leurs pénibles fonctions ; je les ai prié de nous continuer leur secours. J'ai suivi la même marche envers quelques-uns des nouveaux nommés qui ne voulaient pas accepter et j'ai eu le bonheur de vaincre la répugnance de plusieurs fonctionnaires estimables que je m'applaudis d'avoir décidé de partager avec moi le fardeau de l'administration...

(' J'ai dit que je m'étais attaché constamment adonner aux communes de bons administrateurs autant que ^aossible, mais cette possibilité n'existe pas pour toutes les communes ; il en est beaucoup dont la population est si médiocre que l'on ne pourrait y trouver douze citoyens sachant lire pour former le conseil municipal et pour les fonctions de maire et adjoint. On conçoit d'abord que ces communes n'offrant pas de choix doivent être la plupart mal administrées, que les loix doivent y être méconnues ou du moins exécutées imparfaitement ; que les mesures qui exigent des renseignements généraux doivent paraliser par l'inertie de quelques maires et que cet état de chose exige une correspondance infiniment fatiguante et retarde toutes les opérations.

« Aussi a-t-on toujours senti la nécessité d'une réduction des municipalités ; dès le tems de l'administration centrale, elle avait été projettée et demandée sans succès. Mon prédécesseur en avait renouvelle la demande en transmettant au gouvernement un projet qui réduisait à trois cents le nombre des communes ; mais le gouvernement, qui avait manifesté l'intention d'opérer cette utile réduction, paraît avoir ajourné son projet à cet ég-ard. Il est vrai que la réduction proposée n'était pas praticable ; les nouvelles communes beaucoup trop étendues n'auraient pu être dirigées par un seul homme ; l'action de l'administration se serait affaiblie aux extrémités éloignées de la demeure du maire ou de l'adjoint et l'on n'aurait fait que changer d'inconvéniens. J'ai reconnu jusqu'à l'évidence qu'une réduction des communes était nécessaire ; j'ai donc dû m'en occuper, mais j'ai cherché à faire disparaître les obstacles qui s'oposaient à l'adoption des différens projets qui avaient déjà été soumis; j'ai consulté sur ce point les sous-préfets; enfin, le 22 ventôse dernier, j'ai adressé au ministre de l'intérieur un projet qui réduit le nombre des communes de 929 à 548, de sorte que chaque réunion présente des communications faciles, des distances très rapprochées et une population suffisante pour que l'on puisse espérer de pouvoir trouver assez d'hommes instruits pour composer les municipalités K »

Un coup d'oeil jeté sur les divers dossiers des communes rurales permet de constater que les doléances du préfet de La Chaise ne sont pas exagérées. Le maire de Wavrans, Leclercq, est prévenu de complicité dans un attroupement séditieux ; il est révoqué par décret du 26 frimaire an X -. Leroy, maire de Grévillers, a délivré un faux certificat de santé à Liévin, conscrit de 1806; il est mis en jugement par décret du 20 novembre 1806. A Delattre, maire de Loison, on reproche le même délit. Muriez, adjoint de Puisieux, a favorisé la désertion de deux de ses fils, ce qui amène sa révocation.

1. Archives Dép., Minute d'un rapport du préfet de la Chaise.

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