G. DE Hauteclocque, op. cit., pp
A côté du collège des oratoriens, existait le Petit Séminaire, bâti et doté en 1786 par Mgr de Pressy, évêque de Boulogne. Cet établissement était fréquenté en 1789 par cent élèves ; des prêtres séculiers le dirigeaient ; les élèves n'étaient reçus qu'à l'âge de douze ans et suivaient les cours des Oratoriens. Notons que le supérieur, l'abbé Auge, devint en 1803 le directeur du collège Stanislas, à Paris. Le sous-préfet de Boulogne, Duplaquet, dans une enquête faite en 180G, dit de ces deux établissements : <( Le petit séminaire était destiné à l'enseignement de la langue latine et des éléments des connaissances nécessaires aux théologiens ; il offrait dans son pensionnat un avantage qu'on ne trouvait pas dans les collèges ; aussi beaucoup de parents préféraient y placer leurs enfants plutôt que de les mettre en pension chez des particuliers qui ne pouvaient suivre les études des collèges .. Les études suivies dans le collège de Boulogne étaient celles de la langue latine, des belles-lettres et des mathématiques. La plupart des Oratoriens, qui avaient la faculté de quitter leur ordre et de s'établir, soit en se mariant, soit en prenant une cure, ne considéraient leurs fonctions de professeur que comme un emploi précaire, un pis-aller qui ne devait durer qu'un temps : de là vient le mouvement continuel qui avait lieu dans les maîtres chargés de l'enseignement dans les collèges et le peu de soins qu'ils se donnaient en général pour augmenter les connaissances qui leur eussent été nécessaires dans des fonctions inamovibles ^ ».
Le collège de Calais n'avait été réellement organisé qu'en 1726, époque où les classes avaient été confiées aux Pères de Saint-François de Paule, dits Minimes. Il y eut jusqu'à cinq professeurs et douze à quinze élèves par classe ; mais la ville de Calais très endettée ne tenait plus les promesses qu'elle avait faites aux Minimes lors de leur établissement et le collège fut fermé en 1790, faute d'élèves et d'argent ; il n'y avait
1. Archives départ, du Pas-de-Calais. Statisliqu'. comparative en 1789 et en l'au IX. Rapport du sous-prcfet de Boulogne, le 21 septembre IHOô.
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plus alors que deux religieux, le P. Debloët, ancien régisseur et le P. Michel Claude, bibliothécaire'.
Aire possédait un collège échevinal fondé au xvi" siècle, puis confié aux Jésuites ; lorsque ceux-ci furent chassés en 1762, leur maison très prospère comptait 200 élèves ; après avoir été fermé de 1762 à 1778, le collège d'Aire rouvrit sous la direction des Pères de la Doctrine chrétienne. A l'époque delà Révolution, le nombre d élèves était de 150 et le personnel se composait du P. Moreau, recteur, du P. Grenet, préfet, des PP. Monnaire, Dubos, Mamonet, Lepieux et Vincent'"'.
A Béthune, également, existait un collège fondé par les Jésuites et confié en 1777 aux Oratoriens ; ce collège n'avait pas de pensionnaires, mais il recevait jusqu'à 300 externes. Le personnel comprenait en 1792: les PP. Baland, supérieur, de La Sillonnière, préfet, Blaimond, professeur de rhétorique, Dupont, Petit, Féret, Hieulle, Audry et Armand.
Les Carmes établis à Montreuil furent chargés de diriger un collège dans cette ville, en 1721 ; au commencement de Tannée 1791, le P. de Baillencourt dit Courcol était supérieur, le P. Leclercq, procureur, les PP. Toursel, Prévôt, Lemaire et Soyez, professeurs '^. Le sous-préfet de Montreuil dit de cet établissement : « Le collège de Montreuil était desservi par les Pères Carmes ; ces religieux, en général peu instruits, surtout dans les provinces, ne pouvaient que faire perdre à la jeunesse un temps précieux ; aussi les personnes qui avaient de l'aisance préféraient d'envoyer leurs enfants au collège des Oratoriens à Boulogne ^ ».
En outre du collège de Montreuil, les Carmes dirigeaient, depuis le xvn^ siècle, le collège de Saint-Pol, dont les cours étaient suivis en 1790 par cent élèves, sous la direction d'un prieur, le P. Lambert, et de cinq professeurs choisis parmi