‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 79 sur 101 · Ihid., p · texte numérisé non relu

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principes de la religion ; une semblable école de la Providence existait à Hesdin, où Ton trouvait en outre une école gratuite pour les garçons tenue par un seul maître ^ ». Entre les deux opinions extrêmes qui veulent, l'une que l'enseignement primaire ne date que du xix*" siècle, l'autre qu'il ait été organisé dans presque toutes les paroisses antérieurement à la Révolution, il nous paraît juste d'adopter une formule un peu moins absolue : dans les villes et les bourgs relativement peuplés, il existait, surtout à partir de la seconde moitié du xvni*" siècle, un nombre presque suffisant d'écoles pour les deux sexes, mais dans la majorité des communes rurales, il restait encore beaucoup à faire.

Nous sommes obligés de constater qu'à ce point de vue, la Révolution, tout au moins en ce qui concerne le département du Pas-de-Calais, n'a pas créé, mais qu'elle a plutôt détruit.

Tous les collèges étaient, comme nous l'avons vu, dirigés et administrés par des ecclésiastiques : jusqu'à l'époque du serment constitutionnel, l'enseignement secondaire suivit son cours normal; puis, le serment constitutionnel amena déjà la fermeture d'une partie des établissements, notamment du Petit Séminaire de Boulogne, dont les supérieurs refusèrent de prêter le serment, du collège des Carmes à Montreuil, du collège d Hesdin où les prêtres séculiers n'enseignèrent que jusqu'au 12 septembre 4792, des collèges des Carmes à Saint- Pol et à Ardres. Dans les collèges tenus par les Oratoriens et les Doctrinaires, un certain nombre de professeurs adoptèrent avec enthousiasme les idées nouvelles ; cependant, le P. Frigard, supérieur du collège d'Arras, et sept professeurs se retirèrent ; deux préfets et quatre professeurs du Collège français de Saint-Omer, le directeur et le procureur du collège de Saint-

1. Archives départ, du Pas-de-Calais. Statistique comparative en 1789 et en l'an IX. Rapport du sous-préfet de Montreuil, Poultier.

Bertin, le P. Badolier, professeur de rhétorique à Béthune, le P. Moreau, recteur à Aire, le préfet et trois professeurs du collègue d'Aire les imitèrent. Ceux-là même qui étaient restés se montraient plus assidus dans les clubs que dans leurs classes : les PP. Ecuyer, Estienne et Brayer prenaient part aux séances les plus orageuses de la Société des Amis de la Constitution, à Arras, en 1790-1791 ; le P. Estienne y prononçait même un discours sur l'éducation publique qu'il fît imprimer. Le P. Berbet devint en 1794 membre du district de Bapaume et fit ensuite partie de l'administration de la ville d' Arras; le supérieur du collège d' Arras en 1791, le P. Spitalier du Seillans, fut le président de la société des Amis de la Constitution ; il publia un avis pour prouver la légitimité de la vente des biens nationaux et demanda la fermeture des chapelles des couvents ; on le retrouve vicaire épiscopal de l'évêque constitutionnel, Porion.

En 1793, voici le sort des quinze collèges du département : le collège de Saint-Bertin, à Saint-Omer, sert de dépôt de livres; le Collège français, de la même ville, est transformé en maison d'arrêt, ainsi que le collège anglais (plus tard hôpital militaire) ; le collège de Boulogne est devenu, de même que le collège d' Arras, un atelier pour la réparation des armes de guerre ; le collège de Béthune est une maison d'arrêt et celui de Saint-Pol, un tribunal ; enfin le collège de Bapaume est vendu en 179S comme bien national. La loi du 18 août 1792, qui prescrit qu'aucune congrégation religieuse ne peut être désormais chargée de l'instruction de la jeunesse, a anéanti les établissements d'enseignement secondaire dans le département du Pas-de-Calais. Le 15 décembre 1792, les administrateurs du département prenaient en outre un arrêté ainsi conçu : « Vu les plaintes parvenues à l'administration au sujet des émigrés, des prêtres et des ci-devant religieuses hospitalières et des différents maîtres d'école; considérant et lés circonstances où la République française se trouve aujourd'hui et l'incorrigibilité sacerdotale et l'impuissance de toutes

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les mesures partielles, arrête : article G : Les administrateurs du district et les municipalités ne permettront à aucuns maîtres et maîtresses d'école de rassembler la jeunesse sous prétexte de l'instruire, s'ils n'ont prêté le serment prescrit par laloi* ». L'enseignement secondaire ne paraît pas avoir beaucoup préoccupé les administrations révolutionnaires, car, de 1791 à 1798, il y eut une véritable lacune, quelques professeurs donnant seuls de rares leçons individuelles. L'école centrale, prescrite par les lois nouvelles, fut établie à Boulogne, dans les bâtiments du séminaire, grâce à l'influence de Daunou, mais l'ouverture de cette école n'eut lieu que le 12 juin 1798. L'enseignement devait y être divisé en trois sections : la première section, où les élèves seraient admis à l'âge de 12 ans, comprendrait un cours de dessin, un cours d'histoire naturelle, un cours de langues anciennes et, si possible, un cours de langues vivantes (anglais et allemand); la seconde section, où les élèves seraient admis à l'âge de 14 ans, un cours de mathé^ matiques, un cours de physique et de chimie expérimentales ; enfin la troisième section, où les élèves seraient admis à 16 ans au moins, un cours de grammaire générale, un cours de belles-lettres, un cours d'histoire et un cours de législation. 11 devait y avoir auprès de l'école centrale une bibliothèque publique, un jardin et un cabinet d'histoire naturelle, un cabinet de physique et de chimie expérimentales. L'article 14 du règlement portait que le salaire annuel et fixe de chaque professeur serait le même que celui d'un administrateur du département et qu'il serait de plus réparti entre les professeurs le produit d'une rétribution annuelle fixée à 25 fr. par chaque élève ; l'administration pourrait néanmoins excepter de cette rétribution un quart des élèves de chaque section pour cause d'indigence. Un jury, qu'on eut quelque peine à composer, était chargé de désigner les professeurs parmi les candidats qui se présenteraient à l'examen prescrit par la loi. Un ancien

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