Ibid. Série K. Décrets
4. Archives départ., Série T. École secondaire de Lens, an XII-1S06.
Ghavanon et Saint-Yves. — Le Pus-de-CuUiis de 1800 à 1810. 13
d'Arras, 35 instituteurs et S institutrices; arrondissement de Béthune, 37 instituteurs et 3 institutrices; arrondissement de Boulogne, 42 instituteurs et 8 institutrices; arrondissement de Montreuil, S4 instituteurs et S institutrices ; arrondissement de Saint-Omer, 45 instituteurs et 5 institutrices; arrondissement de Saint-Pol, 40 instituteurs et 2 institutrices i.
De 1800 à 1802, le calme et la confiance renaissent dans les esprits, un certain nombre d'écoles particulières sont ouvertes, en même temps que les communes les plus importantes réorganisent leurs écoles salariées. Ces statistiques établies par ordre du ministre Ghaptal en font foi :
Arrondissement de Boulogne — ville de Boulogne : trois écoles de garçons salariées par la commune, 74 élèves; trois écoles communales de filles, 86 élèves (il est vrai que la statistique officielle porte en marge l'observation suivante : « cette instruction est nulle et appelle à grands cris l'attention des gouvernements ») ; cinq écoles particulières de garçons avec 170 élèves; deux écoles particulières pour les filles avec 42 élèves; par conséquent, 372 enfants des deux sexes reçoivent ou sont censés recevoir l'instruction primaire dans la ville de Boulogne.
Ville de Calais : quatre écoles communales de garçons, 210 élèves; quatre écoles communales de filles, 147 élèves; deux écoles particulières pour les garçons, 62 élèves ; deux écoles particulières pour les filles, 43 élèves ; au total, 462 enfants des deux sexes reçoivent à Calais l'instruction primaire. Le maire de Calais fait observer qu'il n'y a que les enfants des familles pauvres qui fréquentent les écoles salariées par la commune.
Nous n'avons pas de renseignements sur les communes rurales de l'arrondissement de Boulogne.
Arrondissement de Saint-Omer — ville de Saint-Omer : cinq écoles communales de garçons, avec 262 élèves (on
1. Le Pas-de-Cdais au XIX° siècle. T(mie II, services publics, p. 120 et ss.
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y enseigne, en dehors de la lecture, de Técriture et de l'arithmétique élémentaires, l'orthographe, la géographie, l'histoire, et même dans l'une de ces écoles le dessin) ; trois écoles communales de filles, avec 97 élèves; six écoles particulières pour les garçons ; • vingt-et-une écoles particulières pour les filles, pensionnats qui participent à la fois de l'école primaire et de l'établissement d'enseignement secondaire.
Aire : six écoles communales de garçons, avec 211 élèves ; trois écoles communales de filles, avec 160 élèves ; cinq écoles particulières de garçons ; sept écoles particulières de filles.
Ardres : une école communale de garçons, avec 60 élèves; une école particulière de garçons et deux écoles particulières de filles.
Quarante-cinq communes rurales de l'arrondissement ont des écoles primaires de garçons.
Il n'y a qu'une commune rurale de l'arrondissement qui ait une école primaire de filles : la commune de Cohen.
Quatre-vingt-huit communes rurales n'ont aucune école primaire. Les écoles publiques salariées par les communes comptent au total 1924 élèves et les établissements particuliers (en y comprenant les pensionnats d'enseignement secondaire), 1078 élèves.
Arrondissement de Béthune — ville de Béthune : en l'an IX, deux écoles primaires communales de garçons et deux écoles primaires communales de filles, avec un total de 133 élèves ; en l'an X, deux écoles primaires communales de garçons et deux écoles primaires communales de filles ; dix écoles particulières avec 289 élèves (il est probable que la statistique de l'an IX avait omis de citer ces dernières).
Lillers : deux écoles primaires communales de garçons, avec 220 élèves. — Lens : trois écoles primaires communales de garçons, où l'on enseigne en outre les principes de la géographie, des grammaires française et latine, 170 élèves.
Lestrem : trois écoles primaires de garçons, avec 231 élèves ; Laventie : une école primaire communale pour les garçons.
avec 20 élèves; une école primaire communale pour les filles, avec 20 élèves ; deux écoles particulières pour les garçons, 200 élèves ; Harnes : trois écoles primaires de garçons, avec 200 élèves; Courrières : une école primaire de garçons, avec 70 élèves ; une école primaire de filles, avec 45 élèves ; Pontà-Vendin : trois écoles primaires de garçons, avec 9S élèves ; Liévin : une école primaire de garçons, avec 50 élèves, trois écoles primaires de filles, avec 35 élèves ; Hersin : une école primaire de garçons, avec 20 élèves, et deux écoles primaires de filles, avec 26 élèves ; Camblin-Chatelain : deux écoles primaires de garçons, avec 70 élèves ; Carvin : huit écoles primaires de garçons, avec 170 élèves ; Bourges : deux écoles particulières de garçons, avec 75 élèves ; Sailly-sur-la Lys : deux écoles primaires de garçons, avec 140 élèves.
Il y a une école primaire de garçons dans quarante et une communes rurales.
Nous relevons une école primaire de filles à Oignies, avec 50 élèves ; une école primaire de filles à Bartin, avec 23 élèves, et une autre école primaire de filles à Busnes, avec 20 élèves.
Arrondissement d'Arras — ville d'Arras : on compte dans la commune d'Arras six écoles primaires communales de garçons, avec 234 élèves, et deux écoles primaires communales de filles, avec 48 élèves ; cinq écoles particulières de garçons, avec 132 élèves. C'est peu; cependant, en Tan VIII, la municipalité trouvait que le nombre des écoles subventionnées par la commune était encore trop élevé, car le maire écrivait au préfet : « Il y avait dans la commune six écoles primaires destinées à l'instruction des garçons et trois destinées à celle des filles ; leurs appointemens étaient fixés à trois cens francs ; le conseil municipal ayant trouvé le nombre trop considérable et trop onéreux pour la commune n'a accordé que deux mille francs pour subvenir aux frais de ces écoles ; il est nécessaire que le nombre en soit diminué ; je pense que deux écoles pour les garçons et-deux pour les filles seroient suffisantes » ^.
i. Archives départ., Série R. Arra!<, jury d'instruction an I\'-an XI.
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Arrondissement de Saint-Pol — ville de Saint-Pol : trois écoles particulières pour les filles, avec 60 élèves; trois écoles particulières pour les garçons, avec 36 élèves.
Izel-les-Hameaux, une école primaire de filles, avec 20 élèves, une école primaire de garçons, avec 10 élèves; Lisbourg-, une école primaire de filles, avec 35 élèves ; Frévent, deux écoles primaires de garçons avec 55 élèves, deux écoles particulières de garçons avec 14 élèves, une école particulière de filles, avec 15 élèves.
Vingt-six communes rurales possèdent chacune une école primaire de garçons.
Les enfants des deux sexes qui fréquentent les écoles de l'arrondissement de Saint-Pol en Tan X sont au nombre de 682.
Arrondissement de Montreuil — ville de Montreuil : deux écoles primaires communales de garçons, avec 90 élèves ; deux écoles primaires communales de filles, avec 40 élèves ; deux écoles primaires particulières pour les garçons, avec 32 élèves ; huit écoles particulières de filles, avec 138 élèves; — Hesdin : quatre écoles de garçons, deux écoles de filles 1.
En même temps que l'administration préfectorale établissait ces statistiques, les conseils d'arrondissement étaient appelés à formuler leurs vœux au sujet de l'organisation de renseignement. Le conseil d'arrondissement d'Arras observe que « cet arrondissement étant le plus populeux du département, le défaut d'établissement pour l'éducation s'y fait principalement sentir ; le mal s'aggrave de plus en plus^ le dégoût des sciences croît d'une manière effrayante ; l'inertie, la paresse forment une seconde nature dans l'esprit d'une jeunesse abandonnée à elle-même. La plupart des jeunes gens ne présente que des automates [sic] dont la patrie ne peut espérer aucun secours . Le conseil réclame l'attention du gou-
1. Archives départ., Série T. Instruction publique. Etats dressés en l'an IX et en lan X.
vernement à cet égard, tout retard est irréparable... Le conseil observe que, si la population nécessite un collège pour les sciences, elle commande également que la classe indigente ne soit pas oubliée et qu'elle jouisse d'un établissement où elle puisse au moins trouver les ressources nécessaires pour sortir de son engourdissement. L'école primaire devient donc absolument nécessaire ; le Conseil observe que ces institutions ne sont utiles qu'autant que la subordination existera entre les membres qui doivent la composer ; qu'il est difficile que cette subordination ait lieu sans corporation, à moins qu'on ne suive le plan de l'Université de Paris que les élèves et les maîtres qu'elle a formés feront toujours regretter ; que, quant aux écoles primaires, la société dite des Frères des écoles lui paraît la plus propre à ces sortes d'enseignement si difficiles à exercer par les soins minutieux qu'ils exigent » .
Le conseil d'arrondissement de Béthune, après avoir déploré (( la nullité absolue dans laquelle est tombée la partie si intéressante de l'éducation morale des enfans depuis la Révolution » ne se préoccupe pas de l'enseignement primaire. Comme la municipalité d'Arras, la municipalité de Béthune demande la réduction du nombre des écoles de cette ville « ce qui peut aisément se faire sans que l'instruction en souffre, puisque les écoles sont presque désertes ; cette réduction aurait même l'avantage de nous mettre à même de faire un meilleur choix et les élèves étant réunis en plus grand nombre dans une même école, il y a alors entre eux plus d'émulation » .
Le conseil d'arrondissement de Boulogne émet l'opinion suivante : « Il n'est personne qui ne regrette les Frères des Ecoles chrétiennes ; ces hommes modestes et laborieux se vouoient avec un zèle infatigable à l'instruction des pauvres artisans. Réunis en communauté, soumis à une règle austère, ils menoient une vie frugale et ne trouvoient de jouissances que dans l'exercice d'une religion qui leur imposait ces sacrifices. Des instituteurs isolés, qui ne seroient pas soumis au même
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mobile, rempliroient difficilement ce même objet; il est des professions que l'on peut payer par de l'argent ; il en est d'autres qui sont suffisamment payées par la considération de l'estime publique ; le seul moyen dans le moment actuel d'avoir de bons instituteurs pour les écoles primaires, c'est d'honorer les fonctions instructives ; c'est de mettre à l'abri des besoins et des humiliations ceux qui voudront courir cette carrière ; c'est de leur offrir l'espoir assuré d'une existence honnête et d'une retraite douce et suffisante. Ces réflexions peuvent en grande partie être appliquées aux écoles destinées à l'instruction des filles. »
Aucun vœu de la part du conseil d'arrondissement de Saint- Pol au sujet de l'enseignement primaire ; mais, dans la lettre qu'il joint à l'extrait du procès- verbal, le sous-préfet Garnier dit: (( Mon avis particulier, citoyen préfet, sur cet objet intéressant, c'est qu'il soit établi dans cet arrondissement 60 à 70 maîtres d'écoles qui enseigneront aux enfants^ lire, à écrire et les éléments de calcul. Quelques bons livres élémentaires, principalement sur la morale, et les leçons préliminaires de l'excellent cours d'études de Condillac,remplaceroient les catéchismes et les autres livres usités dans les écoles avant la Révolution. Chaque maître d'école aurait un traitement fixe de deux ou trois cens francs, au moyen de quoi il se procure roit le logement et il ne demanderoit aucune rétribution aux élèves; on pourroit aussi le charger de la rédaction des actes civils, dont les registres sont généralement mal tenus et lui accorder une légère rétribution sur chaque acte de naissance, de mariage et de décès. »
Le conseil d'arrondissement de Saint-Omer se transforme au contraire en une véritable assemblée législative et envoie au Préfet tout un projet détaillé. Il subdivise en quatre degrés les établissements d'enseignement; voici ce qu'il dit des écoles du premier et du second degré, qui représentent l'enseignement primaire : « La nécessité de leur multiplication forme le premier obstacle à leur rétablissement. La situation
du Trésor public ne comporte pas une dépense de cette nature, si les traitemens sont calqués sur l'empreinte de la générosité nationale. Elles seront à la charg-e des communes; comme elles sont disséminées suivant la réunion des habitations, la population des hameaux, que l'instruction dans les campagnes n'est que temporaire, qu'elle sommeille pendant l'été et la moisson, chaque conseil municipal, sous l'approbation du sous-préfet, déterminera leur placement et traitera avec l'instituteur pour la fixation de ses honoraires... Le conseil déplore que, par une extension à la loi, on ait procédé à la vente des écoles rurales qui formoient des propriétés communales. Leur placement au centre des villages, l'habitation gratuite qu'elles procuroient aux instituteurs les rendoient précieuses à l'éducation ; leur aliénation est la première cause de la cessation de l'instruction... Le Conseil a reconnu que des instituteurs isolés étoient tenus à des frais multipliés d'habitation, de ménage, de famille ; qu'ils étoient dès lors dispendieux ; que," suivant les circonstances et l'impulsion de leur intérêt, ils délaisseroient souvent l'éducation ; que ce mode vicieux sous ces rapports ne promet pas toujours une garantie parfaite pour cette décence de mœurs qui influe d'une manière si utile sur les élèves... En versant ses regrets sur la dissolution de l'institut des Frères dit de la Doctrine chrétienne, qu'il eût été si utile d'approprier h nos institutions, il considère l'enseignement confié à une association ; elle se composeroit d'individus qui se voueroient à l'instruction, qui contracte roient des engagemens temporaires ; ils viveroient en commun, ils formeroient leurs élèves et leurs successeurs » ^.
Le conseil général s'occupe, lui aussi, à diverses reprises, de l'instruction publique. Le rapport, présenté à la séance du 4 thermidor an VIII, constate que cette instruction publique
1. Archives départ., série T, Instruction publique, Etats dressés en l'an IX. Il y a lieu d'ajouter que, conformément à ces vœux, l'art. 109 du Règlement du 17 mars 1808 sur l'orjïanisation de l'Université autorisait et faisait entrer oiliciellemcni dans le corps universitaire la (Congrégation des Frères des Ecoles chrétiennes.
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est dans le plus fâcheux état ; le conseil général émet le vœu qu'il y ait au moins un instituteur dans chaque commune et qu'il soit choisi et payé par les conseils communaux. Le rapport de l'an IX est plus explicite : le Conseil déplore l'ignorance de la jeunesse par suite de l'absence prescjue totale d'établissements d'enseignement; les causes de cetle décadence de l'instruction sont l'insouciance que les anciennes administrations municipales ont montrée à créer des écoles ou à surveiller les écoles existantes, la modicité des traitements du personnel, l'incapacité et l'immoralité du plus grand nombre des instituteurs, les préjugés religieux et politiques contre les formes révolutionnaires de l'enseignement, enfin les actes de vandalisme que l'on a commis en détruisant presque tous les édifices qui servaient à l'enseignement. Les vœux émis sont les suivants : 1" création d'une école primaire par commune, l'instituteur étant à la nomination du conseil municipal ; 2° groupement des petites communes pour la création d'une école, afin d'assurer à l'instituteur un traitement suffisant ; 3° emploi des frères ignorantins, des Filles de la Charité et de la Providence, dont on a pu apprécier autrefois les services, pour le premier degré d'instruction aux deux sexes, surtout aux filles encore plus abandonnées à ce point de vue que les garçons ^
En l'an X, le Conseil général espère que la loi qui va être promulguée réalisera ses vœux précédents ; il est urgent de se préoccuper de l'instruction de la jeunesse du département du Pas-de-Calais, plus abandonnée encore que celle des départements voisins ~.
La loi du 11 floréal an X comporte en effet la création et l'entretien par les municipalités d'écoles primaires sous la surveillance des sous-préfets ; les conseils municipaux choisiront les instituteurs, leur fourniront un logement aux frais des communes et fixeront le taux de la rétribution à payer par les
1. Archives départ., Registres des délibérations du Conseil général, Registre I, an VlII-an IX.