Archives départ. Circulaire du Préfet, 30 floréal an X
2. Id. Liste des ecclésiastiques qui doivent prêter le serment le 6 nivôse an XI.
d' « homme de caractère et d'énergie » ; au mois de juin 1792, la garde nationale le força à quitter Bapaume, en l'accusant de « préparer dans le silence des scènes de sang et d'horreur » ; il se réfugia en Belgique, à Warneton K
Ignace-François Bossu (ou Boussu), ancien curé constitutionnel, génovéfain, prieur-curé de Pas avant la Révolution, est nommé à la cure de Pas ; de même, Philippe-Joseph Warnez, curé de Vimy, est un ancien constitutionnel, qui, avant d'occuper une cure, était bénédictin de la congrégation de Saint-Maur. A la cure de Rivière-Groville, nous trouvons encore un constitutionnel, Jean-Louis-Hubert Delevigne, prieur des dominicains de Verdun à Souchez, desservant de la paroisse de Souchez. Constitutionnels également, le curé de Croisilles, André Rose, chanoine régulier de la Congrégation de France et prieur-curé de Viffort, diocèse de Soissons et le curé de Vitrj, Elzéar-Thomas de La Cressonnière, qui, étant curé d'Habarcq, avait prêté le serment puv et simple.
Au contraire, André Lefebvre, pourvu de la cure d'Oisy, a été déporté ; il avait rempli successivement, avant la Révolution, les fonctions de professeur au Cateau-Cambrésis, de vicaire à Cambrai et finalement de curé à Hermies. Comme André Lefebvre, Jean-Joseph Lambiez, ancien curé d'Havrincourt, appelé à occuper cette même cure d'Havrincourt, est un réfractaire ^.
Sur les dix cures de l'arrondissement d'Arras, par conséquent, quatre (dont les deux plus importantes, il est vrai) sont confiées k des ecclésiastiques réfractaires et six à des ecclésiastiques constitutionnels.
Les cures de l'arrondissement de Boulogne sont au nombre de six : Boulogne, Calais, Desvres, Gaines, Marquise et Samer. Le curé de Boulogne (Basse-ville), Jean- Joseph- François Roche est un constitutionnel ; il avait été curé de
1. Deramecouht, op. cit., t. 1, p. 58 ; t. II, pp. 365, 366, 455.
2. Archives départ. Etat des prêtres employés dans le diocèse d'Arras.
cette même paroisse, puis avait quitté les fonctions curiales et ecclésiastiques et remis ses lettres de prêtrise ; au plus fort de la Terreur, les amis de Le Bon le considéraient comme « un bon républicain, vraiment à la hauteur de la Révolution ». Le sous-préfet de Boulogne, Masclet, tenait vivement à sa nomination au sujet de laquelle s'engagea du reste l'une des batailles les plus chaudes entre l'évêque et le préfet ; dans les notes du sous-préfet sur le clergé de son arrondissement, nous lisons au sujet du curé Roche : « bon pasteur et bon citoyen ; la justice et l'intérêt public demandent qu'on le laisse dans sa cure ^ » . L'évêque aurait voulu nommer à cette cure un réfractaire, Codron, ancien vicaire d'Etaples.
La cure de Calais était non moins importante que celle de Boulogne ; pour l'occuper Mgr de La Tour d'Auvergne fît choix d'un ecclésiastique originaire de la ville de Calais, Etienne-Nicolas Tribou, né le 26 décembre 1752, chanoine théologal de Boulogne le 31 octobre 1780 et l'un des collaborateurs les plus estimés de Mgr Partz de Pressy ; bien entendu, le chanoine Tribou n'avait adhéré d'aucune manière à la Constitution civile du clergé. De même le curé de Marquise, Pierre- Guislain Revel fut un réfractaire, ancien vicaire de Saint- Maurice d'Arras, ancien curé de Lens; et aussi, le curé de Samer, Jean-Ignace Yvain, vicaire à Rollancourt, puis curé de Queux en 1789.
Au contraire, les deux cures de Guines et de Desvres sont conférées à des constitutionnels : Claude Patenaille, curé de Desvres, avait été religieux cordelier et, au moment de la Constitution civile du clergé, il occupait les fonctions de gardien du couvent des Cordeliers de Boulogne ; lors de l'organisation du clergé constitutionnel, il avait reçu la cure de Wimille ; les Terroristes disent de lui : « bon républicain, membre de la Société populaire depuis sa création et anté-
1. Archives départ. Noms des prêtres constitutionnels c.\er(,'ant ou ayant exercé dans l'arrondissement de Boulogne, 26 messidor an X.
rieurement membre de la Société des amis de la Constitution ; s'est toujours comporté au désir des lois et au vœu de ses concitoyens, ayant toujours été révolutionnaire ; a rempli plusieurs fonctions publiques, renoncé à tout traitement de curé et abdiqué toutes ses fonctions du culte catholique » ; enfin le sous-préfet de Boulogne fournit sur son compte l'indication suivante : « J'ai demandé pour lui la cure de Desvres ; il la mérite, il sera à sa place ; il vient de recevoir les pouvoirs de desservir cette paroisse provisoirement. » A Guines, l'évêque avait d'abord désigné un réfractaire, l'abbé Dupont, mais celui-ci étant mort peu de temps après, sa succession fut recueillie 2^ar un constitutionnel, Tourtois '. Nous trouvons donc dans l'arrondissement de Boulogne, sur six curés, trois curés réfractaires et trois curés constitutionnels.
La lutte était non moins vive dans l'arrondissement de Montreuil entre l'administration et l'évêché. Le sous-préfet Pçultier avait voulu faire nommer à la cure de Montreuil un constitutionnel, Jean-Baptiste Havet, dont il disait le 16 thermidor an X : « ecclésiastique respectable, depuis quarante ans curé de Montreuil ; réclamé par la majorité des habitants pour curé de la paroisse ; exerce maintenant comme vicaire, la religion de l'évêque ayant été trompée- ». L'évêque écrivait le 25 septembre 1802 à ce sujet à Portalis : « Le citoyen Préfet insiste avec une sorte de chaleur pour que le citoyen Havet soit désigné comme curé de Montreuil où il est resté en qualité de constitutionnel : ce choix serait regretté par le Premier Consul, s'il pouvait prévoir les inconvénients qui peuvent en être la suite. Pour les prévenir
1. Archives départ. Liste nominative des prêtres employés ou résidant dans l'arrondissement de Boulogne (par le sous-préfet), 25 pluviôse an XIII. — Liste des ecclésiastiques nommés aux succursales de l'arrondissement de Boulogne, établie par l'évêque, 8 pluviôse an XI.
2. Id. Etat nominatif de tous les prêtres auxquels M. l'évêque d'Arras a donné les pouvoirs de desservants et de vicaires provisoires dans l'étendue de l'arrondissement de Montreuil (établi par le sous-préfet), 16 thermidor an X.
et traiter en même temps le citoyen Havet de la manière la plus favorable, je l'ai mis au nombre des chanoines de ma cathédrale ». Mais Havet refusa catégoriquement le canonicat ; la situation se compliquait. Enfin, âg-é et infirme, le curé Havet lui-même renonce à la cure de Montreuil et propose à Tévêque, pour l'occuper, Grégoire Delannoy, jeune prêtre réfractaire, qui est agréé. En l'an X, le sous-préfet l'acceptait comme vicaire en ces termes : « rentré depuis dix- huit mois ; ayant exercé en cachette depuis lors ; ce jeune homme dessert la cure ; il est réclamé pour second vicaire ; il est doux, pacifique, de bonnes mœurs et instruit. » Lorsque Delannoy eut été nommé curé de Montreuil, le sous-préfet Poultier fut loin de s'en plaindre ; dans son rapport du 2 germinal an Xlll, il dit de lui : « homme d'une grande piété, d'une excessive charité; son zèle pour consoler les soldats malades lui a mérité l'estime de l'armée et des habitants. » A Gampagne-lez-Hesdin, les habitants désiraient conserver leur ancien curé, Barthélémy Prévost, rentré depuis le Concordat. C'est Augustin-Joseph Duflos qui est nommé, un réfractaire : «ancien professeur de l'Université de Douay, rentré par autorisation spéciale dix-huit mois avant la rentrée générale ; des talens distingués et beaucoup d'attachement pour le gouvernement » (note du sous-préfet). Ajoutons que le curé Duflos était un ancien religieux de l'abbaye Saint- Vaast d'Arras. Dans la cure d'Hucqueliers, le sous-préfet avait proposé un constitutionnel, Jean-Baptiste-Florent Sanier : (( réclamé de tous les habitants qu'il a toujours maintenu en paix et union ; commune très populeuse, où on doit le laisser pour y maintenir la tranquillité ». Comme à Montreuil , un réfractaire l'emporte : Antoine-Louis Miroir, « homme instruit, de mœurs exemplaires, zélé, ami de l'ordre et du gouvernement » . Le curé Miroir avait été chanoine de la collégiale de Saint-Firmin à Montreuil, sa ville natale, et curé d'Alette. L'évêque avait délégué tout d'abord à Hesdin l'ancien curé de cette ville, Marc-Augustin-François
Dufour, rentré avant le Concordat ; « mais les habitants ne désirent pas qu'il reste » ; ils réclament pom- curé Etienne- Joseph Pruvost, vicaire à Hesdin avant la Révolution. Pruvost est maintenu comme vicaire et Valère-Auguste-Marie Plaisant du Château, nommé curé : « émig-ré, rayé par arrêté des Consuls ; très attaché au gouvernement, instruit, digne de ses fonctions » (note du sous-préfet). Plaisant du Château, né à Lille en 1773, était chanoine de Sainte-Croix de Cambrai.
Au moment de l'organisation provisoire du diocèse, Duflos, plus tard curé de Campagne-lez-Hesdin, desservait la cure de Fruges ; il avait pour vicaire un constitutionnel, Louis-François-Marie Jore, nommé d'abord desservant, puis remplacé par Duflos. Obligé d'accorder au moins une cure aux constitutionnels dans l'arrondissement de Montreuil, l'évêque nomma Jore, curé de Fruges, tandis que Ballin, réfractaire, recevait la cure d'Etaples. Dans la suite un échange s'effectue : Ballin, qui « réunit les connaissances et les talens aux vertus de son état et est attaché au gouvernement » , vient à Fruges, tandis que Jore passe à la cure d'Etaples. Le sous-préfet avait primitivement demandé le maintien à Etaples du constitutionnel Caudron, « prêtre adoré dans cette commune, où il a toujours entretenu l'ordre et la tranquillité ; il est réclamé unanimement et, pour maintenir cette tranquillité, il est utile de le leur accorder. » Ainsi, dans l'arrondissement de Montreuil, les cures de Montreuil, Campagne-les-Hesdin, Hucqueliers, Hesdin et Fruges sont attribuées à des ecclésiastiques réfractaires, la cure d'Etaples à un constitutionnel!.
L'arrondissement de Béthune compte huit cures : Béthune, Beuvry, Carvin, Houdain, Laventie, Lillers, Lens, Norrent-
l. Archives départ., 16 thermidor an X. Etat nominatif de tous les prêtres de rarrondissement de Montreuil auxquels M. l'évcque d'Arras a donné les pouvoirs de desservants et de vicaires provisoires (par le sous-préfeti ; 2 germinal an XIII, état général des prêtres employés ou non employés existant dans l'arrondissement de Montreuil (par le sous-préfet).
Chav.\non et S.viNT-YvEs. — Le Pas-de-Caluis de 1^00 à ISIO.
Fontes. Un constitutionnel, François, avait d'abord été désigné pour occuper la cure de Béthune ; mais il reçut ensuite l'une des deux cures d'Arras ; une note du maire de Béthune, à son sujet, dit du reste: « plein de vertus, de mœurs, de modération et de piété ; a peu d'influence dans la commune et pourrait être utilement 'employé ailleurs ». C'est finalement un réfractaire, Antoine-Joseph Coquelet, qui obtient la cure de Béthune. Antoine-Joseph Coquelet, ordonné j)rêtre en 1771, avait joué un rôle important pendant la période du culte caché ; c'est lui qui était chef des missionnaires et préfet des missions dans le diocèse de Cambrai.
A Beuvry, trois ecclésiastiques étaient en présence : deux insoumis, Louis et Dumont, ancien vicaire de Saint-Nicolas d'Arras, et un constitutionnel Ignace Brulin ; ils vivaient du reste en complète mésintelligence. Stanislas-Constant Louis, ancien bénéficier, vicaire de La Bassée, avait été successivement desservant de La Bassée, d'Haisnes et d'Auchy ; il avait émigré et était rentré avant le Concordat : il fut choisi comme curé de Beuvry.
Les prêtres constitutionnels étaient nombreux à Carvin : l'un d'eux Philippe-Joseph Botelle, ayant jdcu d'influence dans la commune, mais dune conduite irréprochable, avait obtenu des pouvoirs de l'évêque ; Mgr de la Tour d'Auvergne avait manifesté au contraire une réelle hostilité à l'égard de Frévet, curé de Carvin depuis 33 ans, « très aimé des habitants » selon le maire de la commune; le sous-préfet de Béthune ajoute : « le citoyen Frevet, prêtre infiniment respectable, jouit de la confiance de ses concitoyens ; il paraît qu'il n'a point obtenu de pouvoir de M. l'évêque, parce qu'il n'a point voulu se soumettre à une commission à effet d'être relevé d'une prétendue censure, ni faire de rétractation », Malgré ces diverses observations, l'évêque ne nomme à la cure de Carvin aucun constitutionnel ; il désigne un réfractaire, Jean-Guislain Cavrois, ancien curé de Remy.
A Houdain, il n'y avait que des prêtres insoumis : Jean-
Baptiste Arrachart, ancien curé delà paroisse, <( sans influence sur l'esprit public », et Charles Laurent, ancien religieux, insoumis, mais n'ayant pas émigré. Le curé nommé est Charles-Louis Lherbier, ancien professeur à Bapaume et vicaire de Villers-au-Flos, réfractaire.
Les notes du maire de Lens sur l'ancien clergé de cette ville ne lui sont pas précisément favorables : Revel, ancien curé de Lens, rentré après le Concordat, « est d'une conduite irréprochable, n'a cependant pas la confiance des habitants de Lens ; aimant à interpréter à sa manière et souvent en sens contraire les lois et arrêtés du gouvernement » ; Ternant, ancien vicaire, rentré également après le Concordat : « intriguant, ne mérite pas la confiance du gouvernement » ; Bidal, ancien chanoine, « homme de mauvais principes ; ne mérite pas la confiance du gouvernement ». Ces renseignements n'empêchèrent pas Revel d'obtenir la cure de Marquise, Bidal, la succursale d'Arleux et Fresnoy et Ternant de rester comme vicaire à Lens. Le curé nommé à Lens, en remplacement de Revel, est un insoumis, Augustin-Joseph Levier, ancien desservant d'Illies et de Saint-Nicolas d'Arras. Également réfractaire, le curé de Norrent-Fontes, Pierre Joseph Bucaille, professeur à l'époque de la Révolution ; la municipalité ne s'était pas prononcée en faveur du curé constitutionnel, Denissel : « son indifférence pour tous ceux qui n'assistoient point à ses offices, sa résistance à adhérer au Concordat et à l'arrêté du Préfet, ne lui ont point attiré l'estime de ses concitoyens ». Sur le curé constitutionnel de Laventie, la municipalité de cette commune transmet les renseignements suivants : « n'exerce plus ses fonctions depuis la lettre du Préfet en date du 14 messidor dernier: ce prêtre a peu d'influence dans la commune et n'a point de moralité ; on lui reproche de s'être marié à Marquette et d'avoir biffé sur le registre de Marquette un acte de mariage » . La cure de Laventie revient encore à un insoumis, Jean-Baptiste Delebecque, chanoine régulier de l'abbaye d'Hénin-Liétard, qui avait pris une
grande part au culte caché et rempli des missions confidentielles.
La municipalité de Lillers faisait le plus grand éloge du curé constitutionnel de cette ville, Ignace Laurent : « proscrit par ceux qui n'aiment pas la Révolution, plein de piété, de modération et de vertus, a constamment prêché la morale et la soumission aux lois » ; il ne fut cependant employé qu'en 1804 et à la succursale de Busnes, Au contraire, la même municijjalité dit de l'ancien curé, Théodore Lefebvre, insoumis et rentré après le Concordat : « désiré par ceux qui n'aiment point le prêtre constitutionnel, cabalant pour se faire nommer définitivement; est âgé, manque de jambes et de mémoire ; on ne peut pas se plaindre de ses mœurs ». Pas plus que Laurent, Lefebvre ne fut désigné pour la cure de Lillers ; elle revint à un autre insoumis, Marc- Augustin-François Dufour, curé d'Hesdin et supérieur du petit séminaire de cette ville avant la Révolution. Par conséquent, dans l'arrondissement de Béthune, sur huit cures, aucune ne fut attribuée aux constitutionnels ; il faut reconnaître que le sous-préfet ne semble pas avoir insisté bien vivement en leur faveur ; quant aux notes des municipalités, on en tint peu de compte^.
Le sous-préfet de Saint-Pol proposait pour les cures de son arrondissement quatre constitutionnels : Antoine Playoult « prêtre estimable et très estimé : il est respectable à tous égards et il ne peut qu'opérer le bien dans la commune où il exerce » ; Adrien Debbé, « prêtre recommandable à tous égards, a la confiance la plus entière ; néanmoins, il n'exerce plus parce qu'étant malade, il n'a pu se rendre chez M. l'évêque » ; Michel Lalj, « religieux recommandable sous tous les rapports », et Armand Outrebon. Aucun de ces quatre ecclésiastiques ne reçut de cure ; Outrebon est
1. Archives dépai-t., 26 thoi-midoi- au X. Ren-ieigiiemtMits sur les prêtres exerçant clans l'arroudissemcut de Béthune ; 7 germinal an XIII. Etat nominatif des prêtres exerçant dans l'arrondissement de Béthune.
nommé vicaire à Auxi-le-Chateau et Playoult conserve la succursale d'Azincourt qu'il occupait pendant la Révolution. A côté des constitutionnels, le sous-préfet proposait comme curés huit réfractaires : Jacques Renard, ancien curé de Frevent ; Menbœuf, directeur du séminaire de Boulogne ; Lefebvre, professeur de théolog-ie à Douai ; Hennissart, vicaire à Frévent ; Debret, curé de Ricametz; Beug-in, curé d'Herlin; Philippot, curé de Bouliers, et Guilbert, de Denin. Parmi ces huit ecclésiastiques, Debret est choisi comme curé de Saint-Pol et Charles-Hubert Beugin, comme curé de Wail. Les autres cures de l'arrondissement sont celles d'Aubigny, d'Auxi-le-Ghateau, d'Avesnes et d'Heuchin. A la cure d'Aubigny, est nommé un insoumis, Antoine Masclef, ancien curé de Lattre-Saint-Quentin ; à Auxi-le-Chateau, au contraire, un constitutionnel, Pierre-François PéjDin, originaire du diocèse de Rouen, l'un des prélats du grand séminaire de Saint-Nicolas du Ghardonnet, directeur de la congrégation des hommes de Saint-Germain-en-Laye ; à Avesnes-le- Comte, un insoumis, Louis-Joseph-André Vilmant, vicaire de Sainte-Croix, puis curé de Fosseux et de Barly avant la Révolution ; et à Pernes, également un insoumis, Henri- Robert-François Roussel. Soit, sur six cures, cinq confiées à des réfractaires; une, à un constitutionnel i.
Lors de l'organisation provisoire du clergé, Mgr de La Tour d'Auvergne avait maintenu à l'une des cures de Saint-Omer l'évêque constitutionnel Mathieu Asselin. Le maire de Saint- Omer, Le Sergeant, écrivait le 7 thermidor an X au souspréfet : (( Je ne puis vous cacher (puisque je dois être l'organe de mes concitoyens) que la grande majorité des habitans souhaite ardemment que le citoyen Asselin, ci-devant évêque, ne soit pas maintenu dans la cure de l'église du Saint-
1. Archives départ. Tableau des prêtres existant dans l'arrondissement de Saint-Pol, 28 ventôse an XIII ; liste des prêtres qui exercent dans l'arrondissement de Saint-Pol, 24 thermidor an X ; noms des prêtres proposés par le sous-préfet de Saint-Pol pour les cures de son arrondissement.
Sépulchre où il vient d'être nommé provisoirement. II ne pourra y faire aucun bien, n'ayant pas l'estime générale de ses concitoyens. II n'en est pas de même des citoyens Royer et Seguier que je connais comme prêtre constitutionnels. Je me flatte que la réunion qui a eu lieu entre tous les ministres du culte, fera disparaître tout esprit de parti parmi cette classe de citoyens et qu'ils suivront en cela l'exemple que nous leur donnons. » Mathieu Asselin fut donc rendu à la vie privée; c'est cependant un constitutionnel qui, grâce à l'insistance du préfet, obtient la cure du Saint-Sépulchre, à Saint-Omer, François-Hubert Gavrois, ancien religieux bénédictin ; l'autre cure de Saint-Omer, celle de Notre-Dame, est donnée à un insoumis, Jean-François-Joseph Coyecques, ancien supérieur du séminaire de Saint-Omer. A Aire, le clergé provisoire avait été constitué avec trois réfractaires, Deplantay, Constantin Noël et Jacques-François Rolin ; lors de l'organisation définitive, un autre réfractaire, Louis-Joseph Asselin est nommé curé d'Aire. La cure de Fauquembergues est confiée à un insoumis, Philippe-Louis- Auguste-César Defasque, ancien curé d'HerbelIes, qui avait été envoyé précédemment à Fauquembergues comme missionnaire; de même, celle d'Audruick, qui a pour titulaire, François-Joseph Costenoble, avant la Révolution professeur au collège de Merville, demichantre au chapitre de Saint-Omer , et aussi celle de Dohem, qui a pour titulaire Jacques-Joseph Becquet, ancien curé de Marenla. Un constitutionnel, Hubert-ÉIoi Deligny, successivement préfet du séminaire d'Hesdin, vicaire à Sainte- Marie Kerqué et à Racquinghem. Au total, dans l'arrondissement de Saint-Omer, cinq cures occupées par des réfractaires, deux par des constitutionnels K
1. Archives départ. Lettre du maire de Saint-Omer en date du 7 thermidor an X; lettre du maire d'Aire, 6 thermidor an X; Etat des ecclésiastiques nommés provisoirement dans les diverses communes de l'arrondissement de Saint-Omer, 11 thermidor an X ; Etat des prêtres employés dans le diocèse d'Arras.
En résumé, le clergé constitutionnel a obtenu 11 cures et le clergé réfractaire 32. Là où le sous-préfet, puis le préfet sont intervenus énergiquement, dans les arrondissements d'Arras et de Boulogne, ils ont pu conserver quelques cures au clergé constitutionnel ; l'avis des municipalités paraît, en général, ne pas avoir eu une grande influence.
Il serait fastidieux de relever les noms de tous les ecclésiastiques nommés aux succursales, comme nous l'avons fait pour les cures, mais néanmoins certaines observations et certains chiffres méritent d'être retenus. Dans l'arrondissement de Boulogne, le canton de Boulogne comprenait cinq succursales, dont celle de la haute ville de Boulogne. Pour contrebalancer l'influence du curé constitutionnel Roche, imposé par l'administration, l'évêque donne au titulaire de cette succursale de la haute ville de Boulogne, Denissel, le titre de doyen de l'arrondissement et de provicaire général : « Je veux avoir un correspondant à moi, à Boulogne, pour cet ancien diocèse, écrivait Mgr de La Tour d'Auvergne au préfet, et, comme la confiance ne se commande pas, j'ai choisi M. Denissel. » Tous les desservants du canton de Boulogne sont des réfractaires. Dans le canton de Calais, nous trouvons trois desservants constitutionnels, Bonnart, à Goulogne, Morel, à Saint-Pierre-lez-Calais, Gassin à Saint-Tricat (en outre, la chapelle de l'hospice civil de Calais est desservie par un constitutionnel, Goliier) et six desservants réfractaires; dans le canton de Desvres, deux desservants constitutionnels, Boudallier, àLongfossé, Fandier, à Wizvignes, dix desservants insoumis, et un desservant ni constitutionnel, ni déporté; dans le canton de Guines, quatre desservants constitutionnels, Thueux à Andres, Duquesne à Campagne, Vasseur à Fiennes et Rappe à Hames et six desservants réfractaires ; dans le canton de Marquise, trois desservants constitutionnels, Verlingue à Rety, Lavoisier à Rinxent et Boutilier à Wissant et neuf desservants réfractaires ; dans le canton de Samer, six desservants constitutionnels, Peudecœur à Garly, Baudelique
à Condette, Vasseur à Doudainville, Warot à Neufchâtel, Outrebon à Outreau, Lemaire à Tingry et quatre desservants réfractaires . Les desservants de l'arrondissement de Boulogne se répartissent donc en 41 réfractaires et 18 constitutionnels. De ces 18 constitutionnels, dix avaient été recommandés particulièrement par le sous-préfet , sur Lavoisier, il n'avait pas donné des notes excellentes : « trop familier avec ses paroissiens, boit avec eux » ; d'autres constitutionnels en faveur desquels il avait vivement insisté, par exemple Dupont, l'ancien curé de Marquise, « le plus éclairé des constitutionnels » et qui avait joué un rôle important pendant la Révolution, n'ont pas été utilisés K
Le canton de Béthune comprend treize succursales, toutes occupées par des insoumis ; le canton de Beuvry, également treize succursales, toutes occupées par des insoumis ; le canton de Carvin, neuf succursales, toutes occupées par des insoumis. Dans le canton d'Houdain, dix-neuf succursales ont été confiées à des insoumis, deux à des constitutionnels, Fresnicourt à Alexis-Joseph Marlier, ancien chanoine régulier; Bouvignyà Morel (Jean-Baptiste) ; dans le canton de Laventie, cinq succursales, toutes à des prêtres réfractaires ; dans le canton de Lillers,huit succursales, toutes à des prêtres réfractaires; dans le canton de Lens, dix-sept succursales, toutes à des prêtres réfractaires ; enfin dans le canton de Norrent- Fontes, deux succursales à des constitutionnels (Masinghem à Hubert Domont et Rety à Bernard Depoix), vingt-deux succursales à des réfractaires. L'arrondissement de Béthune est l'un des arrondissements où le clergé constitutionnel a été le moins favorisé. Le sous-préfet avait fourni des renseignements plutôt mauvais sur un certain nombre de membres du clergé provisoire : à Annezin, l'ancien curé, Touzart, (insoumis), est « un homme plein de moralité mais qui ne paraît pas aimé
1. Archives départ. Etat des prêtres constitutionnels non compris dans l'organisation provisoire; noms des prêtres constitutionnels exerçant ou ayant exercé dans l'arrondissement de iîoulogne ; liste nominative des prêtres employés ou résidant dans l'arrondissement de Boulogne.
dans sa commune » ; à Festubert, depuis que l'abbé Dumont, (insoumis) « exerce dans la commune, il s'est formé un parti considérable qui menace de troubler l'union qui n'a cessé d'y régner ; ce prêtre paraît animé d'esprit de parti ; il élève des distinctions entre lui et le prêtre constitutionnel à qui il a interdit toutes les fonctions essentielles » ; à Hesdigneul, le maire dit de l'ancien curé Duhameaux, (insoumis) : < quoiqu'ayant de bonnes mœurs, il ne mérite point la confiance du g^ouvernement ; avant le Concordat, il obligeait par pénitence les acquéreurs de domaines nationaux ou de matériaux provenant de maisons religieuses à en payer la valeur entre les mains d'un dépositaire chargé d'en faire compte aux religieux et religieuses ». Touzart et Dumont ne sont pas employés dans les communes où ils exerçaient provisoirement, mais Duhameaux est nommé desservant à Hesdigneul ; il est évident que pour modifier les choix de l'évêque, l'intervention directe et énergique du sous-préfet est nécessaire ^
Dans l'arrondissement de Saint-Pol, nous relevons cinq desservants constitutionnels : Antoine-Joseph Boyaval, à Trois- Veaux ; Hubert-François-Joseph Maurice, à Chelers ; Benoît Barbier, à Tollent-Gennes et Willencourt ; Benoît- Joseph Havez, à Coullemont ; et Charles-Antoine Playoult, à Azincourt, contre cent quatre desservants réfractaires-.
Si nous passons à l'arrondissement d'Arras, nous y voyons : dix-huit desservants constitutionnels, Benjamin Desgardins, à Saint-Laurent et Blangy ; Victor-Joseph Dave,à Fampoux ; Placide Warnet, à Beugnàtre et Favreuille; Auguste-Joseph Caboche, à Morval; Jean-Baptiste-Joseph Le Tombe, à Souâtre ; Ignace Burlin, à Saint- Amand; Pierre- Joseph François, à Thièvres ; Antoine-Ignace Del vigne, à Neuvirœuil ; Jean- Nicolas Gailleret, à Habarcq; Jean-François Deberly, à Berlesau-Bois; Antoine-Louis-Emmanuel Wancourt, à Avisse ; Louis
1. Archives départ. Renseignements sur les prêtres exerçant dans l'arrondissement de Béthune.
2. Ibid. Tableau des prêtres existant dans l'arrondissement de Saint-Pol.
Joseph Broches, à Ablainzevelles ; Fiacre Carlier, à Bus ; Pierre-Thomas Lély, à Hermies et Démicourt ; Henri-Marie- Joseph Hauwelle, à Morchy; Antoine-Joseph Moulloir, à Biache ; Pierre-Augustin Druenne, à Eaucourt; Jean-Joseph Caboche, à Boiry-Notre-Dame, Les desservants réfractaires sont au nombre de cent cinquante-quatre ^ .
Les desservants constitutionnels de l'arrondissement de Saint-Omer sont : François Seguierle jeune, à Guemps ; Roch Bavelaer, à Oye ; Jean-Charles Hochart, à Wismes et Saint- Pierre; Pierre-Emmanuel Froidval, à Leulinghem ; Gilles- Joseph Hochart, à Alquines et Haut-Loquin; Pierre-Joseph- Florentin Rogner, à Balinghem ; Xavier-Joseph Sauvage, à Journy ; Jean-Baptiste Dautrian, à Herbinghem : soit huit constitutionnels, pour soixante-quinze réfractaires ~. Enfin, dans l'arrondissement de Montreuil, Adrien Caron, desservant de la Calloterie, Jean-Antoine Bricot, desservant de Verton, Antoine Waro, desservant de Wailly ; Louis Riquier, desservant de Maintenay ; Fontaine, desservant de Brimeux ; Beaugeois, desservant de Maries ; Sagnier, desservant de Preures; Codron, desservant de Camiers ; Clément, desservant de Widehem ; Louis-Léon Oudart Gomez, desservant d'Etrelles; Cadet, desservant de Longvilliers ; Louis-Alexandre Garbados, desservant de Regnauville; Pierre Carton, desservant de La Loge; Antoine Cagny, desservant de Raye; Alexandre, desservant de Coupelle- Vieille. Soit quatorze constitutionnels, tandis que le nombre des ecclésiastiques réfractaires auxquels ont été confiés des succursales est de soixante-quatre ^.
Il y a en somme dans tout le diocèse d'Arras : 1 1 curés constitutionnels, 67 desservants constitutionnels, 32 curés réfractaires, 524 desservants réfractairss.
1. Archives départ. Etat des prêtres employés dans le diocèse d'Arras, établi par ordre du préfet.