‹ Le pas relevé: nouvellesChapitre 4 sur 25 · L* ABANDONNÉ · texte numérisé non relu

L* ABANDONNÉ

exilés chez les barbares. Mais Philippe Lucas, premier commis à la trésorerie, aimait ces froides et ternes façades, ces rues moisies, et, à perte de vue autour des remparts, cette campagne fade où il était né. Il avait épousé, à trente-deux ans, la fille d'un commerçant de la ville, assez jolie, un peu trop brune pour ses goûts modérés, mais douce et pourvue d'une petite dot. Depuis six ans, il vivait en bonne harmonie avec elle. Il disait volontiers : a: Je suis un homme heureux. :» Il n'imaginait pas quel désir il pourrait bien former, hors la paix de son ménage, son travail régulier, sa maison bien tenue. Un enfant, peutêtre? Oui... l'enfant est un gentil compagnon, une distraction pour les heures de loisir;' mais quel tracas s'il est malade, et plus tard, s'il montre des dispositions à la paresse ou à l'inconduite?

— Décidément, Juliette, il vaut mieux n'être que nous deux, n'est-ce pas?

Juliette, avec un sourire où Philippe ne cherchait point de mystère, hochait sa tête brune en signe d'assentiment. Et la vie continuait, ouatée de monotonie.

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Un mardi soif, en rentrant de la trésorerie, l'employé ne trouva point sa femme au logis.

En revanche, il trouva sur la table de la salle à manger une enveloppe à son nom, et, l'ayant ouverte, lut ceci :

(( Mon ami, je te demande pardon de te quitter. J'espère de tout mon cœur que cela ne te fera pas trop de chagrin. J'aime M. de Juvisy, le le lieutenant de dragons, qui m'aime aussi et qui donne sa démission pour moi. Si tu veux demander le divorce, je prends tous les torts à ma charge.

« Adieu, mon ami, je te demande encore pardon.

« Juliette..

(L T. S. — Si j'avais eu un bébé, pour sûr je ne serais pas partie. Mais, vois-tu, je m'ennuyais trop. »

La petite ville apprit le lendemain avec une ^joyeuse stupeur que le lieutenant Albert de

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Juvisy, l'un des plus fringants officiers du régiment, avait enlevé la femme d'un employé de la trésorerie. Le plan de cet enlèvement semblait adroitement médité. M. de Juvisy était, depuis la veille, muni d'un congé régulier d'un mois, — pour anémie résultant du surmenage, précisait le certificat du médecin. Les deux fugitifs accaparèrent d'abord la curiosité : on raconta cent anecdotes, quelques-unes à voix basse, sur l'officier. On fit circuler des photographies de l'épouse coupable. Les femmes la trouvèrent insignifiante. Les hommes firent: « Hél hé! y> d'un ton connaisseur. Mais le couple illégitime avait si bien pris ses précautions que personne ne parvint à découvrir sa retraite. On se rabattit alors sur le seul acteur du drame qui demeurât à portée : le mari.

— Il va se battre...

— Il va s'adresser au parquet...

On épia Philippe Lucas qui, d'abord, ne s'aperçut pas de l'intérêt qu'il excitait. Il ne songeait, à vrai dire, ni à provoquer l'officier, ni à mettre en branle la police, ni généralement à faire aucun acte différent de ceux qu'il accom-

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plissait chaque jour depuis de longues années. Le bureau n'avait pas changé parce que Juliette courait la prétentaine, et Juliette ayant eu la gentillesse de ne pas emmener la bonne, celle-ci continuait son service en y apportant même une componction qui ne lui était pas habituelle.

Pourtant, l'employé n'était nullement insensible à un accident si extraordinaire. Il y rêvait sans cesse, tout en accomplissant sa besogne. Mais ce qui l'avait surtout frappé, c'était le motif donné par Juliette pour expliquer son départ :

a: Je m'ennuyais trop! »

La vie de Juliette, et par conséquent la sienne, étaient donc ennuyeuses? Philippe Lucas s'interrogea, s'examina patiemment et finit par convenir que, sur ce point, Juliette avait raison. L'ennui mortel qui pesait sur sa vie, depuis l'enfance, lui fut révélé. Il s'en doutait bien un peu, avant : quelque chose d'obscur et de vague l'opprimait, sans qu'il voulût y prendre garde. Eh bien! c'était l'ennui. Certaines gens, comme lui, comme la plupart des collègues qu'il avait connus, vivent inconsciemment dans l'ennui.

D'autres mettent du divertissement, de l'imprévu

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dans leur vie : tel le lieutenant Albert de Juvisy, et maintenant Juliette.

Philippe Lucas, désabusé, prit peu à peu en grippe cette fade campagne natale, ces maisons aux façades moroses, ces ruelles moisies, tout le décor monotone de ses journées d'employé... Il lui parut, d'ailleurs, que l'on commençait, dans la ville, à le regarder de travers. On trouvait trop calme, décidément, cet honnête homme outragé. Il reçut des lettres anonymes. Sa porte fut décorée d'emblèmes injurieux parles écoliers polissons. Il eût laissé faire, et son inertie eût probablement triomphé de la malice ambiante. Mais son sort, comme il convenait, fut décidé en dehors de lui. Le trésorier le fit appeler, et, avec quelques mots bienveillants et secs, l'engagea à demander un poste vacant de second commis à l'administration centrale, à Paris.

— J'appuierai votre demande, dit le chef.

Philippe consentit.

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Il habitait Paris depuis deux grands mois, et, après le divertissement forcé de son déménagement, de son installation, de son nouveau service, il s'aperçut avec effroi qu'il recommençait, seulement dans un autre cadre, sa morne vie d'autrefois.

Vivre à Paris, capitale du plaisir, consistait pour lui à coucher dans un garni douteux, à manger au Bouillon, à passer deux fois trois heures par jour au ministère. Le calme s'était refait de lui-même autour de sa personne chétive. Il n'entendait plus parler de Juliette ni du lieutenant. Personne ne le montrait du doigt. Personne ne le connaissait. Il était redevenu le Philippe Lucas d'avant : seulement avec là conscience, en plus, du néant de la vie, que le postscriptum de la lettre suprême lui avait révélé.

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Il traîna cette existence découragée pendant la moitié d'une année, jusqu'au jour où un de ses collègues, qui écrivait des vaudevilles destinés aux cafés-concerts, lui offrit un billet pour une de ses premières, en lui recommandant de bien soutenir la pièce. Philippe accepta sans enthousiasme. Le soir, dans sa stalle de parterre, il ne prit point l'initiative des applaudissements : mais il doubla consciencieusement tous ceux de la claque. Comme il acclamait une scène dont le comique consistait en ceci, que tous les acteurs s'étaient coiffés avec les potiches d'un salon, les bras soudain lui tombèrent. A vingt pas de lui, dans une avant-scène du rez-de-chaussée, Juliette, très jolie, très élégante, applaudissait elle-même de toute la force de ses petites mains gantées. Dans la loge, on apercevait une autre dame, moins jeune que Juliette, mais couverte de diamants, et plusieurs gentlemen en frac.

... Ce soir-là, quand Philippe rentra chez lui, il savait déjà que son ex-compagne s'appelait Lili de Neubourg et qu'elle habitait rue Al-

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phonse-de-Neuville. Il dormit mal, agité du désir d'en apprendre davantage. Son collègue le vaudevilliste, qu'il questionna dès qu'il le rencontra, le lendemain, répondit sans hésiter :

— Lili de Neubourg? Une nouvelle venue...

Très jolie... très intelligente... Jeune fille de bonne famille, enlevée par un officier qui l'a lâchée ensuite. Après, elle a été l'amie du petit Saint-Mayran... celui qui fait courir. Et maintenant...

— Maintenant?

Le vaudevilliste ébaucha un geste qui voulait signifier la foule profonde, rebelle au dénombrement.

Philippe ressentit une joie mauvaise à la pensée que Juliette eût été si tôt abandonnée par son séducteur. « Pauvre fille! » murmura-t-il hypocritement... « Quelle vie accidentée, tout de même. Elle ne s'ennuie plus, je suppose!... »

Il résolut de connaître tous les détails de cette existence naguère mêlée à la sienne, qui s'en était brusquement séparée pour devenir troublée et torrentueuse. Avec la persistance et le secret des timides, il mena son enquête. Il sut aisément

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tout ce qu'il voulait savoir, ayant lié connaissance avec le maître d'hôtel de la jeune femme. Juliette n'avouait point son passé, peut-être par une pudeur dernière. L'histoire répétée par le vaudevilliste était bien celle qu'elle contait ellemême : jeune fille de bonne famille, séduite par un officier. La maison avait été montée sur un grand pied par le jeune Saint-Mayran. Maintenant, malgré quelques crises, on parvenait à joindre les deux bouts. Et puis, l'on avait de vastes espoirs : un financier belge, très assidu... — Madame plaît beaucoup, parce qu'elle sait causer et qu'elle se tient bien, conclut le maître d'hôtel avec conviction.

Philippe ne songea pas un instant à renouer des relations avec sa femme, ni même à reparaître devant elle. Il lui sut gré de n'avoir point révélé son nom et sa véritable origine aux compagnons et aux témoins de son inconduite.

Il pensa : « Moi seul connais la vérité. Moi seul sais qui est réellement Lili de Neubourg... Si je voulais, les gendarmes amèneraient, ce soir, Lili de Neubourg dans mon garni! » Cette ima-

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gination le divertît pendant les heures de bureau...

Il se promit d'aller, dès que son travail le lui permettrait, guetter Lili au Bois de Boulogne, où — assurait le maître d'hôtel, son ami — Madame se promenait souvent vers six heures...

Il dit à son collègue le vaudevilliste, d'un air engageant qui ne lui était pas habituel :

— Quand vous aurez des billets de théâtre...

surtout pour les premières... rappelez-vous que j'ai de bons battoirs.

Au bureau, on s'étonna de le voir animé, volontiers causeur. Il ne s'ennuyait plus.

Il ne s'ennuya plus — jamais.

Incapable, par lui-même, d'arranger sa vie, d'avoir une préférence pour l'acte qui ne lui était

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pas imposé ou suggéré, — un intérêt presque passionné l'inspira désormais; il regarda vivre, si loin de lui, son ancienne compagne. Il apprit, dans l'ombre d'où il suivait son sillage éclatant, tout le plaisir, toute la fête perpétuelle de Paris. Il lut avidemment les journaux du boulevard où la chronique galante est contée. Il devint un de ces innombrables bourgeois parisiens qui n'ont d'amusement que la vue de l'amusement d'autrui. Il connut et pratiqua les ruses qui leur sont familières pour se procurer l'entrée au spectacle, l'entrée au Salon le jour du vernissage, l'entrée au Casino : car, chaque année, il passait ses quinze jours de congé dans la ville d'eaux ou de plage où florissait Lili. N'y avait-il pas une vague sorte d'amour dans cette poursuite obstinée, et mystérieuse de l'infidèle? Il eût fallu bien de la perspicacité pour le démêler : et Lucas ne s'examinait pas sur son vice. Il en jouissait d'une façon aiguë, presque maniaque ; il ne s'en lassait point.

Si nul événement imprévu ne bouleverse la vie de Lili de Neubourg, Lucas restera le suiveur

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lointain, inconnu et satisfait de sa propre femme.

A personne, il n'a dit son secret. Tout au plus, quand à pied, sur le trottoir, en compagnie d'un ami, il voit passer la victoria de Lili, s'amuse-t-il parfois à parler d'elle avec quelques détails, donnant son adresse, disant son âge, sa fortune probable, et parfois son caractère... Si l'ami, étonné, lui demande d'où il obtint ces détails, il répond avec un sourire malicieux :

— Je l'ai connue, très particulièrement.

May

N petit cottage de pierres grises, à bow Windows peints en rouge lie-de-vin, avec un jardinet en pente sur le devant où poussent des pensées jaunes et noires, des chrysanthèmes, des roses blanches, en massifs réguliers sur une pelouse bien rasée et découpée à la tranche comme un gâteau... Le cottage, absolument symétrique, a une porte à droite, une porte à gauche, un banc de jardin à droite, un banc à gauche, et, en réalité, forme deux villas minuscules, deux Ac?^?^^ indépendants,

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ce qu'on appelle dans le pays deux semi-detached houses. Les parents de May — son père, honnête sollicitor, sa mère et un petit frère de onze ans — habitent la villa de droite. La villa de gauche reste close pendant l'hiver; mais, dès le mois de juin (il y a parfois encore de la neige sur la pelouse), on accroche aux vitres une pancarte portant ces mots : To let furnished,.. Et, généralement, au mois d'août au plus tard, la villa se loue à des gens qui viennent passer la saison dans la ville natale de May, car cette ville s'enorgueiUit de quelques eaux tièdes.

La villa qu'on loue ainsi est soigneusement meublée et parfaitement confortable dans son exiguité. Le gaz, bien entendu, dans toutes les pièces et dans tous les vestibules. Une salle de bain, mieux aménagée que la plupart de celles des appartements parisiens. Une cuisine, qui est la maîtresse pièce de la maison et qu'on montre d'abord au visiteur; l'œil y est frappé par une théorie de casseroles en fonte noire à queues démesurées, pendues au mur, tandis que sur le mur voisin se développe une escouade de cou-

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vercles en métal blanc, de ces gros couvercles en forme de tortue sous lesquels on vous apporte, dans les breakfasts, un œuf au bacon, caché comme un petit Noël. En face du fourneau, un canapé est installé pour les loisirs de la cuisinière. — Les autres pièces de la maison sont gaies et bien meublées. Sur toutes les cheminées, il y a une glace-étagère à compartiments, et dans chaque compartiment un petit pot japonais, un bonhomme chinois qui fait la grimace, ou, simplement, une tasse à café dans une soucoupe.

Les sièges, mode Liberty, sont recouverts de housses cousues, en cretonnes claires; durant les longs hivernages, May et sa maman ont façonné tout cela, ainsi que les broderies au crochet qui décorent les vitrages, ainsi que les festons en laine qui bordent les petits tapis de drap vert ou rouge sur les dressoirs. Elles ont également habillé les matelas de chaque lit d'une chemise d'étamine, pour que le coutil rayé, qui coûte cher, ne s'use pas. — La maison étant ainsi disposée, fraîche, propre, pimpante, on n'y veut point de petits enfants, qui seraient capables de tacher un papier de tenture ou de casser la jambe

à un des bonshommes chinois. On ne loue qu'à des vieilles dames pourvues de gouvernantes, à des couples stériles ou à des familles dont la postérité est en âge de ne point tacher les tentures, de ne point casser les bonshommes chinois. Le plus souvent (car les couples stériles sont rares ici), plusieurs grandes fillettes occupent les chambres du premier, tandis que deux ou trois écoliers d'Oxford ou d'Eaton s'empilent dans les chambres mansardées du second. Ces jeunes lads sont l'espoir secret de May depuis qu'elle a nettement perçu la difficulté du problème, tourment de toutes les vierges dans un pays où il y a trois fois plus de femmes que d'hommes : le mariage.

May a dix-neuf ans. Elle est blonde, naturellement, mais sans impertinence : d'un joli blond d'épis dorés, prêts pour la moisson. Elle fourre l'énorme paquet de ses cheveux dans une résille, et le paquet prend alors la forme d'un de ces pains sphéroïdes, bulbeux, que les Anglais nomment des cottages. La figure de May ne signifie pas grand'chose; les traits ne sont ni

bien réguliers ni même bien achevés ; mais tout cela est blanc et frais, la bouche renferme un nombre raisonnable de dents, les yeux sont merveilleusement innocents. Elle est grande et n'est point mal faite. Elle est de bonne force au cricket et au tennis. Elle chante des chansons londoniennes en ébauchant quelques pas de gigue. Elle sait aussi jouer un peu de piano. En somme, elle a tout ce qu'il faut pour séduire un jeune lad.

Voici pourtant qu'elle a dix-neuf ans, et aucun des nombreux adolescents qui se sont succédé dans les combles de la semi-detachei house n'a poussé avec elle le flirt jusqu'aux promesses de mariage. Pauvre May! Dieu sait pourtant qu'elle s'emploie de son mieux à leur en donner l'envie ! Elle se montre d'avance la meilleure petite femme du monde, serviable, alerte, dévouée, toujours de bonne humeur, toujours prête à divertir les locataires. On la loue vraiment avec la minuscule villa : entendez qu'on a droit à ses honnêtes complaisances, car May est une honnête fille, résolue à devenir une épouse fidèle,

rien qu'épouse. Mais ce n'est point un péché de se promener, au soir tombant, avec un des jeunes voisins, le long de cette Wellington road d'où la vue est si poétique, et même de s'égarer un peu dans les bois de Wellington hill, où l'ombre frissonnante des grands arbres tout de suite vous met du rêve et du désir de tendresse

au cœur. Dans ces bois, à un quart de mille environ de la route, il y a un chêne considérable, qu'on dit avoir été planté par le célèbre duc, comme tout chêne qui se respecte, d'ailleurs, dans une petite ville anglaise. Pourquoi le Iron- Duke plantait tant de chênes, ceci est un mystère historique. Autour du chêne, il y a un banc hexagone. Quand -une jeune personne s'assied sur ce banc hexagone avec un lad, après avoir marché quelques minutes sous les arbres, le lad éprouve généralement le désir de lui baiser les lèvres, et la jeune fille perd la force de refuser. May, qui connaît l'endroit, évite généralement de s'y laisser conduire. Quatre fois seulement la chose arriva à la fille du sollicitor. La première fois, ce fut avec un jeune curé de la Haute-Église qui était venu soigner à l'eau tiède une terrible

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maladie d'intestins, dont il mourut au printemps suivant. La seconde, ce fut avec un Français égaré dans ce coin d'Angleterre : tout de suite, il voulut conquérir d'autres avantages, si bien que May, épouvantée et révoltée, se sauva à travers les bois et courut jusqu'au giron de sa mère, laissant le jeune imprudent en tête à tête avec le Wellington-oak, La troisième et la quatrième fois, ce fut avec un Américain extrêmement j eune, dont elle s'était réellement éprise pour la façon dont il chantait des chansons nègres en s'accompagnant sur le banjo. Ce libre citoyen lui déclara qu'il l'adorait également, mais qu'il lui promettrait le mariage plus tard, quand il aurait fait fortune dans son pays. Il faut croire que la fortune se fait attendre, car May n'a plus de nouvelles du joueur de banjo...

Depuis ces cruelles expériences, May évite le chêne de Wellington et garde ses lèvres plus jalousement — bien que chacun sache qu'un baiser n'est pas un péché : no harm in kissingl

Le Suicide suprême

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