EPISTOLA
ïmagistbj <beïkedicti
PASSAVANTII
Responsiva ad commissionem sibi datam a venerabili D. Petro Lizeto, nuper Curiae Parisiensis Présidente, nunc vero Abbate Sancti Victoris prope muros.
ornine Nuper-Prœsidens, et Nwic-Abbas, post recommendationes meas humillimas, imprimis et ante omnia prœmissas. Enimvero ex quo tempore sospiîes et alacres venimiis in istam patriam secundum
mm
venir, qui est, en tout cas, postérieur en date à YEpitre de Passavant.
Épitre
venu dans ce pays en vertu de votre commission, nous n'avons pas écrit à votre Cidevant Présidence, pour plusieurs raisons péremptoires Primo, parce que j'aimais mieux ( i ) attendre que d'instruire à demi (2) votre Présente-Abbatialité : sachant bien qu'étant subtil comme je ne saurais dire quoi, vous feriez dans votre tête mille questions ainsi que vous en aviez l'habitude, au temps jadis, dans le Parlement; et qu'en fin de compte, vous ne seriez content de rien, et ne sauriez à quoi vous décider, tout cela étant de fait plutôt que de droit. Car si c'était de droit, vous entendriez à demimot. J'attendais donc de pouvoir vous conter le tout de point en point. Secundo, parce que ces hérétiques ont une pratique si différente de la nôtre, que je ne pouvais, du premier coup, comprendre leur intention : et ideo (comme dit (3) le Canon de notre messe) je fus d'abord bien empêché, comme le verrez ci-après. Tertio, parce que vous m'avez enseigné à faire de longs procès, ce pourquoi j'ai été long aussi dans ce présent cas : mais je dis cela pour rire,
(1) Texte Latin : magis volebam. Malebam, du verbe malo fait de magis volo, eût été plus Cicéronien ; mais c'est pour cela même que Bèze a évité ce mot, comme trop bon pour le style macaronique.
(2) Intimare ad dimidium. Intimare, dans les Auteurs de la basse Latinité, c'est notifier. Intimare ad
de Passavant
commissionem vestram, non scripsimns ad vestram Nuper-Prœsidentiam, ob militas peremptorias rationes. Primo, quia ego magis volebam expectare, quam intimare vestram Nunc-Abbatiam ad dimidium :
sciens quod sicut vos estis tantum subtilis, quod ego non possum dicere quod, vos faceretis in vestro capite mille quœstiones sicut solebatis fuit tempus in Parlamento : adeo quod vobiscum fastidiretis omnes, et non possetis invenir e resolutionem, quia hœc omnia magis sunt facti quam juris.
Nam si essent juris, vos intelligeretis ad dimidium verbum. Itaque ego expectabam.
donec possem vobis omnia computare de puncto ad punctum. Secundo, quia isti hœretici habent unam practicam tant divers am a nostra^ quod ego non poteram primo ictu intelligere intentionem ipsorum : et ideo (sicut habet Canon nostrœ missœ) ego prius bene fui impeditus, sicut cognoscetis post. Tertio, quia vos me docuistis facere processus longos, ego etiam fui longus in isto casu : sed hoc ego dico jo-
dimidium est ne notifier qu'à demi, en sorte qu'il faille y revenir une autre fois.
(3) Bèze avait oublié son Missel. Et ideo n'est point du Canon de la Messe, mais de la Préface : et c'en est la transition pour venir au SANCTUS : ET IDEO cum Angelis et Archangelis, cum Thronis et Dominationibus.
Épitre
et j'espère que le prendrez de même, après dîner.
Ainsi donc (pour commencer) il vous faut savoir que tant j'ai fait, en ces miennes journées, qu'enfin me voilà venu dans cette Genève qui vous est si odieuse, et non sans cause. Assurément, j'imagine, elle a été nommée Gebenna, de ce qu'elle est la Géhenne du Pape. J'arrive, je me débotte audacieusement,car personne onc ne m'avait dit pire que mon nom, et incontinent, fidèle à votre pratique, je fais bonne mine, je m'écrie : « Dieu ! que je suis aise d'être venu dans ce bon pays de l'Évangile ! » Là-dessus, on m'affirma que j'étais le bienvenu. Ensuite, nous dînâmes et, pendant le dîner, je commençai à lancer quelques mots de notre affaire : « Je viens de Paris, » leur dis-je, « où j'ai vu grand'pitié. — Et quoi? » demanda-t-on. Je répondis : « On y brûle de saints hommes comme fagots. » Mais je parlais pour rire : et d'ailleurs vous m'avez appris, vous et notre Maître Picard, que mentir à bonne intention n'est pas un mal. Je dis encore : « Il n'est bruit dans Paris que de Messire Lizet, Cidevant Président et Présentement-Abbé de Saint- Victor près Paris, qui a fait un terrible livre contre l'hérésie Pseudo- Évangélique : si terrible, que nous autres hérétiques, nous n'y avons pas répondu, ils
de Passavant
cabundus, et etiam pariter œstimo qnod capietis injoco post prandium.
Sic igitur (ut ego incipiam) debetis scire) quod feci tantum per meos dies, quod veni ad Gebennam illam, quam tantopere, neque sine causa, odistis. Quia profecto ego cogitavi, quod dicta esset Gebenna, quasi Papœ Gehenna. Et post quam veni, et me debotavi audacter, quia nemo unquam mihi dixit pejus quam nomen meum, in continenti memor practicœ vestrœ, ego feci bonam minam, dicens : « 0 quam ego sum lœtus quod ego veni in istam bonam pa~ triam Evangelii! » et unus dixit mihi, quod ego essem bene ventus. Postea nos pransi sumus, et inter prandendum ego incepi jacere verba de nostro negotio, dicens : « Ego venio de Parisius, ubi ego vidi magnam pietatem. — Et quid? » dixit alius. Ego dixi : « Comburi sanctos hommes sicut fasciculos. » Sed ego loquebar per irrisionem : et deinde docuistis me, et M. noster Picardus, quod mentiri ad bonam intentionem non est malum. Prœterea dixi : « Non est tumultus Parisius quam de Domino Lisfeto, Nuper-Prœsidente et Nunc-Abbate SanctiVictoris prope muros Parisius, qui fecit union terribiiem librum adversus Pseudo-Evangelicam hœresim : adeo ut dicant quod nos hœretici non respondimus, quia non potuimus res-
Épitre
rassurent, parce que nous ne pouvons pas répondre, et que qui ne dit mot consent; ideo c'est fait de nous. Aussi, ne pouvant y tenir davantage, je suis venu ici, pour prier M essire Calvin d'y répondre lui-même de la part de Dieu, sans quoi c'est fait de l'Église de Dieu, et ce Lizet démolira plus en un seul jour que vous n'aurez bâti en mille ans. » Et aussitôt un quidam de la compagnie , que je ne connaissais pas, et dont vous ne donneriez pas un liard, se mit à plaisanter si incongrûment, que j'eus toutes les peines du monde à me contenir. « Ah ! vous parlez de Monsieur le Ci-devant Président, » ce dit-il, « en voilà un bon numéro! Comment va Monsieur son nez?
est-il pas toujours vêtu de cramoisi? est-il pas toujours damasquiné? Ce bon Jean de Gagney (i), notre Maître, disait que tous les hérétiques étaient pâles. Tirez la conséquence. Monsieur le Ci-devant Président est aussi rouge qu'une bouteille de vin théologal ou rosé (2), ergo il n'est pas héré-
(1) Jean de Gagney ou Gagnée, Gagneius ou Gagnœus, Parisien, Docteur de Paris, et Chancelier de l'Université, ennemi déclaré de Robert Estienne. Voyez Launoi, Hist. du Collège de Navarre, Paris, 1677, page 685, et Robert Estienne, dans les premières pages de sa Réponse aux Censures que la Sorbonne avait faites de sa Bible.
(2) Vin rosé, appelé proverbialement Vin Théologal, dans la supposition qu'ayant plus de corps et plus
de Passavant
pondère, et quia qui tacet consentit, ideo est factum de nobis. îtaque, quia ego non pbteram amplius pati hœc dici, veni hue, ut ego rogarem Dominum Calvinum, ut ipse illi responderet de parte Dei : quia sine hoc factum est de Ecclesia Dei, et iste Li^etus plus' vas tabit uno die, quam vos œdijicaveritis in mille annis. » Et statim unus certus assistens, quem non cognoscebam, de quo non dares liardum, cœpit irrider e tam profunde, ut ego non potuerim fere tenere continentiam. Et dixit : « Vos ergo loquimini de Domino Nuper-Prœsidente, certe ecce bonum numer um. Qiiomodo valet Dominus nasus ejus? est-ne semper vestitus de cramesino? est-ne semper damas quinatus? Dicebat bonus ille Magister noster de Gagneyo, quod omnes hœretici erant pallidi. Valet consequentia. Dominus Nuper-Prœsidens est adeo rubeus quod una lagena vini theologici sive vermelli, ergo non est
d'esprits que le vin blanc, il échauffe l'imagination de Messieurs nos Maîtres, et les met en état de pénétrer les plus incompréhensibles mystères de la Foi Romaine. Arnauld de Ville-Neuve, dans son Commentaire sur le mot vina rubentia du ch. 8 de l'Ecole de Salerne, à propos des vins rouges, dont il venait de faire l'éloge : Hinc est quod Theologi, in contemplatione circa Sacro-Sancta Dominicœ passionis mysteria, optima cumprimis vina deligunt, quœ ob id ipsum Theologica nuncupantur.
Épitre
tique. Et comme il ne peut pas être Cardinal, c'est-à-dire gond ou pivot de la sainte Église Apostatique par la tête, il l'est par son équivalent, id est par le nez ; car qui serait assez hérétique pour soutenir qu'un nez ne vaut pas bien un chapeau? L'antécédent est prouvé pour quiconque a admiré sa naséitude. Ergo, etc. Mais à propos, nous avons vu un de ses livres, qu'il a mis trente ou quarante ans à composer; depuis longtemps nous étions marris qu'il ne pût trouver d'imprimeur pour l'imprimer, car son compère luimême, qui loge près le cloître des Mathurins, à l'enseigne du Loup (i), a longtemps faitgrande difficulté. En vérité, c'était cruel à lui de ne pas nous apprêter plus tôt à rire. Car. comme dit Àrtus Désiré (2), en ses
(1) Poncetle Preux, qui, en i55i, imprima, ou seul, ou avec Michel Vascosan, les Traités de Controverse de Pierre Lizet. La Caille qui, page 82 de son Histoire de l'Imprimerie, Paris, 1689. donne pour marque à Poncet le Preux un loup qui emporte une brebis, rapporte, page 102, le titre de ces Traités, comme imprimés chez Michel Vascosan la même année 1 55 1 .
(2) Artus Désiré, Normand, je pense, Prêtre séditieux et rimailleur célèbre par la multitude de ses Billets en vers Français contre les nouveaux Luthériens et les Huguenots de son temps. La Bibliothèque de Draudius, tome 2> page 187, contient les titres de quinze diverses productions de cet homme, en ce seul genre, imprimées séparément, quelques-unes même plusieurs fois, depuis l'année ib^b jusqu'en 1578,
de Passavant
hœreticus. Et quia non potest esse Cardinalis, id est cardo sanctœ Ecclesiœ Apostaticœ per caput, ipse est per œquivalens, id est per nasum ; nam qnis est tam hœreticus, qui sustineat dicere, quod unus nasus non valeat bene unum pileum? Patet antecedens per omnes qui viderunt ipsius naseitudinem. Ergo, etc. Sed ad proposition, nos vidimus unum ex libris ejus, quem ipse fecit per triginta aut quadraginta annos : et diu est quod dolebamus, quod non poterat invenire impr essor em qui vellet imprimere : adeo ut suus compater, qui stat prope cuneum Mathurinorum sub insigni Lupi, diu fecerii magnam diffîcultatem. Profecto fecit nobis magnam injuriam, qui nobis non apparaverit citius ad ridendum. Nam sicut dicit Artusius Desideratus in suis
quoique dès l'année 1 56 1 il eût été condamné à faire amende honorable, et à une prison perpétuelle, pour avoir été trouvé Auteur et porteur d'une Requête au Roi d'Espagne : par laquelle, à raison de l'Edit de Janvier , nouvellement accordé aux Huguenots , le Clergé Français suppliait ce Prince de prendre la défense de la Religion Catholique, laquelle, disait cette Requête, s'en allait être perdue en France, sous un Roi mineur, par la collusion de la Reine Régente et des Grands du Royaume, qui avaient donné les mains à cet Edit. (Bèze, Hist. Eccl. tom. Ier pag. y3o, et de Thou, 1. 28. sur l'an i56i.J
Outre 5o Psaumes de la versification de Marot imprimés en 1543 avec Privilège, comme traduits selon la vérité Hébraïque, par le propre témoignage de la
Épitre
admirables rimes de Normandie, ces hérétiques sont si mélancoliques que vous les diriez morts ; aussi sommes-nous grandement obligés à bon nombre de nos vénérables Maîtres, et surtout au susdit Monsieur le Ci-devant Président, et à l'Ane d'or, ià est Frère Pierre Doré (i), et enfin au susdit Artus, pour nous avoir fournis de rire en telle provision, que nous en voilà engraissés pour plus de cent carêmes. »
Sorbonne (Sleidan, 1. i5), les Huguenots chantaient du même Poëte le Cantique de Siméon, et le Décalogue, dont le second Commandement est compris dans ce quatrain :
Tailler ne te feras image De quelque chose que ce soit!
Si honneur lui fais et hommage, Ton Dieu jalousie en reçoit.
Selon Artus Désiré, la Doctrine de ces Chansons, car ainsi qualifiait-il la version de Marot, allait précipiter en Enfer toute la France. Aussi vit-on paraître de lui coup sur coup, en 1 5 60 et en i56i, un Premier et un Second Contre-poison de ces 52 Chansons, et en particulier du Décalogue Huguenot, le second Commandement duquel était raccommodé en ces termes comme rétablissant le sens de l'Original :
Tailler tu te feras image De quelque chose que ce soit :
Si honneur lui fais et hommage.
Ton Dieu grand plaisir en reçoit.
(Bèze, Hist. Eccl. tom. 1er, pag. 693 et 694.)
Sans parler de quelques Pièces en prose, mention-
mirabilrbus rithmis Normanniœ, isti hœretici sunt tant melancholici, quod tu diceres esse mortuos : et profecto valde sumus tenti multis venerabilibus Magistris nostriSj et prœsertim prœlibato Domino Nuper-Prœsidenti, et Asino aureo, id est, F. Petro Aurato, et denique ipsi prœfato Artusio : qui nobis miserunt tantum risus ad nos impinguandos, quod non poterimus expendere per centum quadragesimas. »
Iste ribaldus sic ioquebatur, et ego mor~ debam mihi linguam ; et unus respondens, ait : « Non est mirum quod ipse tam Iongus fuit in pariendo. Nam ipse est major bestia quant sex elephantes. et prœterea ipse est montigena active, quia peperit montes stultitiarum etrisuum. » Ego nihil dicebam. Sed quanvis bene voluissem nun-
nées par la Croix du Maine, la Comédie du Pape malade, au feuillet 20 tourné de l'édition de i5oi. attribue à Artus Désiré, sous le nom de X affame, le Passavant Parisien, imprimé, je pense, en i556; et YHistoire Ecclésiastique de Bèze. tom. 1% pag. ~36. nous a conservé deux lettres du même Artus Désiré, prisonnier, l'une au Roi. et l'autre à la Reine Régente, par lesquelles, craignant, dit-il. pour son âme. en l'état où il est, il demande que- lui faisant grâce de la vie. on se contente de le tenir en prison, ou même de l'envoyer aux Galères.
(1) Pierre Doré. Jacobin. Docteur de Paris, Voyez la note 17 sur le ch. 22 du 2e livre de Rabelais. Ce devait être un second F. Jacobon (Fén. 1. 4. ch. il), un autre Ane d'or d'Apulée,
Épitre
Ainsi parlait ce ribaud, et moi je me mordais la langue, quand l'un d'eux lui donna la réplique : « Il n'est pas étonnant, » dit-il, « qu'il ait été si long à enfanter, car il est plus grosse bête que six éléphants, et, de plus, c'est un véritable montigène (i) dans le sens actif, puisqu'il a enfanté des montagnes de sottises et de ridicules. » Moi, je ne soufflais mot. Mais, quoique j'eusse bien voulu n'être jamais venu, je me disais nonobstant entre les dents : Te voilà ici, il faut que tu fasses ton devoir; et d'ailleurs tout cela tournera à la gloire de notre sainte mère Église ; enfin, cette patience te sera très-méritoire. Conséquemment, je fis excellente mine, et j'approuvai ; et pour passer ma colère, je me jetai sur une grande truite de ce lac, qui était bien bonne, oh! bien bonne. Car (comme disait le Cardinal Porte-carafes (2), alors que récemment il passait par ce pays avec ses carafes), les nommes, ici, sont hérétiques sans doute : cependant les poissons n'en peuvent mais (3), et il fait bon d'en manger. Et ainsi se poursuivit le dîner, jusqu'aux grâces, que ces gens-là disent en Français, Mater Dei! comme si la bienheureuse Vierge Marie ne comprenait pas le Latin . elle qui pourtant disait ses
(1) Allusion au pays d'origine de Lizet, qui était
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quant venisse, tamen ego dicebam intra meos dentés : Qiiando tu es hic, oportet ut facias tuum omis : et prœterea omnia revertentur ad gloriam sanctœ matris nostrœ Ecclesiœ : denique ista patientia erit mihi valde meritoria. Itaque feci optimum minant, et dixi quod itci : et ut transir em meam choleram, ego jeci me super unam magnam truitam istius lacus. quœ erat nimis valde bona. Nam (siçut etiam dicebat Cardinalis lagenifer, nuper transiens per istam patriam cum suis lagenis) quanvis homines sint hœretici, tamen pisces non possunt sed, et facit bonum prandere cum eis : et ita factum fuit prandium usque ad gratias, quas ipsi dicunt Gallice^ Mater Dei! quasi beata Vir go Maria non
Auvergnat, et par conséquent montigène dans le sens passif (Note du Trad.).
(2) Apparemment le Cardinal Jean Pierre Caraffe, depuis Pape sous le nom de Paul IV. Les armes de cette Maison sont des coupes, que Bèze n'ayant vues que de loin, sur les housses des mulets du Cardinal Caraffe, lorsque, je ne sais en quelle année, ce Cardinal passa par Genève, cum suis lagenis, il aura cru, comme d'autres, que c'étaient des bouteilles.
(3) Les poissons n'en peuvent mais... Ce Gallicisme, tourné en Latin, est assez comique, mais il est difficile à comprendre pour les étrangers ; ce qui fait que toutes les éditions Allemandes ou Anglaises mettent uniformément la virgule avant le mot sed. Ce seul détail suffirait à prouver que le Passavant est l œuvre d'un Français (Note du Traducteur).
Épitre
heures en Hébreu, témoin son Rosaire. Mais passons. Au demeurant, ce n'est le pire de leur fait.
Après le dîner, j'entrai dans le salon et je m'assis sur un escabeau. Car ces hérétiques se paient des escabeaux, savez-vous, et ils vivent joyeux, et ils se moquent de nous, et ils ne sont seulement à moitié si mélancoliques que je pensais. Vrai est qu'ils ont toujours Dieu à la bouche (i), et si, pendant ce temps-ià, quelqu'un se met à jurer, ou à plaisanter, ils se fâchent; mais, pour le reste, ils parlent, mangent et boi-
(i) Semper loquuntur de Deo. Il est bon d'entendre îà-dessus le Poète Remi Belleau, Catholique Romain, dans sa Comédie intitulée la Reconnue. Le sujet en est une jeune fille Huguenote, laquelle, échappée du sac de Poitiers en i562 et conduite à Paris, avait été confiée à une honnête femme Catholique, qui, lui a}rant trouvé un parti sortable, raisonna ainsi sur le sort de cette fille avec le jeune homme qu'elle lui destinait pour époux :
J'espère qu'ils feront du fruit :
La fille est bonne, et a bon bruit, La fille est douce et gracieuse, Elle n'est fière ni fâcheuse, La fille n'est pas un brin sotte :
Je crains qu'elle soit Huguenotte Seulement, car elle est modeste, En paroles chaste, et honneste, Et toujours sa bouche ou son cœur, Pensent ou parlent du Seigneur.
Le Cardinal du Perron, lettre B. du Perroniana,
de Passavant
sciât intelligere Latinum, quœ tamen dicebai horas suas in Hebrœo, sicut testis est Rosarium ejus. Sed transeat. Nam non est pejus quod ipsi faciant.
Et post prandium ego intravi in cubiculum, et posui me super scamnum. Nam isti hœretici habent etiam scamna, ut intelligatis, et vivunt lœti et irrident nos, neque sunt tantum melancholici ad dimidiam partem, quam putabam. Verum est quod semper loquuntur de Deo, sed quando aliquis jurât, mit ponit propositum gaudii in medio, ipsi irascuntur : sed in reliquo ipsi loquuntur, comedunt et bibunt sicut homines. Super scamnum meum positus, ego feci varios discursus : et tandem, quia ego putabam quod eadem hora faceretis simi-
prétend que Remi Belleau valait moins que Jodelle, qui pourtant, dit-il, ne faisait rien qui vaille. Ne serait-ce pas ici un de ces traits du Poëte Remi Belleau, qui aurait déplu à ce Prélat qui avait quitté la Religion Protestante ?
Le Commentaire du Jésuite Maldonat sur ces paroles du Sauveur, Math. 7. 21. Non omnis qui dicit mihi, ne vient pas tout à fait à notre sujet, mais la découverte de ce Jésuite est si singulière, qu'on sera peutêtre bien aise de la trouver ici... Jam, dit-il,... docuimus agi hic de falsis Prophetis, qui veram non habent, sed habere se simulant, jidem. Et quidem cum hœc scriberem, quidam ad me ex Calvinistis falsus Propheta venit, qui nunquam aliter Christum Dominum nostrum appellabat, fecitque ut melius hune locum intelligerem,
Épitre
vent comme hommes (i). Donc, installé sur mon escabeau, je tins divers discours; et enfin, dans la pensée que vous en faisiez autant au moment même, je me mis à dormir jusqu'à deux ou trois heures, comme vous savez; et je m'enfonçai en une telle contemplation de la piété de notre sainte mère Église, que je tombai sur mon nez,, ainsi que je vous ai vu faire quotidiennement, et je dormis sur mon susdit nez. Après cela, me frottant les yeux, je dis à haute voix : « Garçon, vat'en voir les chevaux, et panse-les (2). » Sur quoi il alla aux chevaux, et je lui dis : a Qui est-ce qui est en bas? » Il me répondit : « Je n'ai vu personne, que ce maraud (3) qui a dit tant de mal à dîner de Monsieur le Ci-devant Président. » Et moi de me lever; je descends, et après quelques propos de bric et de broc, je me hasarde : « Mon cher Monsieur, à la pareille, dites-moi donc si vous avez vu le livre de Monsieur le Ci-devant Président, car je m'en rapporte bien à votre jugement ; mais encore, je suis venu ici tout exprès, pour savoir comment il serait possible d'y
(1) Buvoient et mangeoient comme homme... dit Rabelais, parlant des oiseaux de l'Isle Sonnante, 1. 5, ch. 2.
(2) Cogita eos, pense-les, prends soin d'eux. Penser
de Passavant
liter, ego me posui ad dormiendiim nsque ad horam secundam aut tertiam, sicut scitis : et tantum profonde sum contemplatus pietatem nostrœ matris sanctœ Ecclesiœ, quod ego cecidi super nasum meum, sicut ego vos vidi facere quotidie, et dormivi super prœlibatum meum nasum. Postea extergens oculos meos, ego dixi alta voce : « Famule, vade ad equos, et cogita eos »; et ipse ivit ad equos; et ego dixi: « Qui s est infra? » Dixit: « Ego non vidi nisi istum gingolfum, qui dixit tanta mala in prandio de Domino Nuper-Prœsidente.y* Et ego de sur gère, et ivi infra, et post aliquot proposita hinc inde, ego dixi : a O Domine, pro pari, dicatis mihi si vidistis librum Domini Nuper-Prœsidentis, quia ego me bene teneo ad vestrum judicium : sed tamen ego veni expresse, ut scirem quomodo sit possibile respondere ad eum : nos non sumus tam subtiles quam vos, qui bibitis in fonte. Rogo vos de parte Dei, ut velitis me docere, et illuminare, et ego
de quelqu'un, d'un cheval, d'une plaie, anciennes façons de parler, au lieu de quoi, comme déjà du temps de Passavant, on ne disait plus que penser quelqu'un, et de là son cogita eos.
(3) Istum gingolfum. Voyez le Dialogue trèsfacétieux d'Ulrich de Hutten, où figurent trois pédants ennemis d'Erasme : Maître Gingolphe, Maître Lupolde et Maître Ortuin (AT. du Trad.).
Épitre
répondre : nous ne sommes pas, nous autres, aussi subtils que vous, qui buvez à la fontaine. Je vous prie donc, de la part de Dieu, de vouloir bien m'instruire, m'éclairer, et je \;ous donnerai ce que vous demanderez; puis, à mon retour en France, je lui ferai bien la barbe. — - Quelle barbe? » dit l'autre, « il n'en a pas, de barbe (i), à moins qu'il ne soit devenu Protonotaire (2) depuis qu'il est descendu des avocats aux moines, id est des chevaux aux ânes, ou de l'écurie à l'étable. — C'est tout un, » répondis- je ; « s'il n'a pas de barbe en acte, il en a en puissance. — Non, non, pas même en puissance, » répliqua-t-il, « si ce qu'on dit est vrai, qu'il
(1) Non habet barbam... Plus bas, il est parlé de certain Edit des Barbes, comme on l'appelle, par lequel Edit dû, dit-on, aux soins et au crédit de Lizet, les grandes^ barbes étaient défendues sous peine de la hart. Cet Edit fut mal observé, témoin les portraits de ce temps-là, dont la plupart donnent aux hommes une barbe ou longue ou touffue. ^Néanmoins le Président Lizet tint bon pour ce même Edit, qu'il regardait comme son ouvrage : et c'est la raison que donnent les Contes faussement attribués à Bonaventure des Périers, Paris, 1 563, au feuillet 69 tourné, de ce que tout d'un coup on ne vit plus à cet homme un seul poil de barbe. On en attribue ici la chute à l'incontinence de Lizet, comme si ce Magistrat, qui d'ailleurs était chauve, et menacé de la chute de son nez, avait gagné tout cela au métier de Vénus.
Revenant à l'Edit des barbes, j'avoue que d'abord je ne voyais pas trop bien comment cet Edit' pût compatir
de Passavant
dabo vobis qnod petetis : et postea ego revertens in Galliam, faciam bene ipsi suam barbam. — Qiiam barbam? » dixit ille: a et ipse non habet barbam, nisi factus sit Protonotarius ex quo descendit ab advocatis ad monachos, id est ab equis ad asinos, sive a comesiorio ad prœsepe. — Est totum unum, » dixi ego, « si non habet barbam actu, habet potentia. — /7720, » dixit, « si verum est quod dicnnt, ipsum
-avec ce que dit l'Abrégé Chronologique de Mezerai, sur l'année i52i, que le Roi François Ier, blessé d'un tison à la tête, ayant été obligé de se faire couper les cheveux, et les Suisses et les Italiens portant les cheveux courts et la barbe grande, ce Prince, qui d'ailleurs avait le front parfaitement beau, avant trouvé cette manière plus à son gré et l'ayant suivie, son exemple avait tait recevoir cette mode par toute la France, qui l'avait gardée jusqu'au règne de Louis XIII. Mais j'ai depuis reconnu que ce même Edit, ou plutôt cette Ordonnance de la Chambre des Vacations, en date du 6 Novembre i535, laquelle, soit dit en passant, n'excepte que les Gentilshommes, ceux de la Maison du Roi, et les gens de Guerre, ne regarde proprement que les guideurs de chemins, et les vagabonds, lesquels ayant fait leurs coups à la faveur de^ grandes barbes d'alors, se rendaient méconnaissables, en se faisant raser, et se dérobaient ainsi aux poursuites de la Justice.
(2) Ce que voulait dire le Génevois qui avait tenu ce discours est apparemment, que si Lizet devenu Abbé portait une barbe, ce devait être une fausse barbe, comme celle des Protonotaires Italiens^ espèce de jeunes Abbés qui, dans un Pays où régnent les grandes barbes, en portent de fausses pour ne point paraître ridicules.
Épitre
a le mal d'Italie. — Ah! » m'écriai- je, <( que vous êtes subtil! qui vous a dit cela? vous avez peut-être un démon familier, comme le Pape Paul ( i ), lequel vous a tout révélé. Nous ne sommes pas tous des anges (2). Mais instruisez-moi, s'il vous plaît, afin que je puisse lui résister ferme et en face, et si vous le voulez, je vous donnerai le livre pour vous faire dormir. — Si vous avez le livre, » dit-il, « et si vous voulez tuer le temps, nous rirons bien une bonne heure. — Grand merci, Monsieur, et je vous donnerai en plus de quoi vous contenter. — Non, non, » fitil, « nous ne vendons pas nos paroles^ comme le Pape ses indulgences. » Alors je m'en allai chercher un exemplaire, et il l'ouvrit, et voici, en somme, ce qu'il dit des trois préfaces :
« Assurément, il y a dans ces trois préfaces un mirifique artifice, que Monsieur le Ci-devant Président a voulu nous bien cacher : premièrement, il a voulu découvrir sa sottise à Dieu, ensuite aux hommes, tant laïques qu'ecclésiastiques. En outre, il lui a fallu trois préfaces, pour démontrer
(1) x\pparemment Paul III, dont Baléus, je ne sais sur quels garants, dit qu'il était Astrologue, Magicien, et Devin.
(2) C'est vraisemblablement d'ici que le Moyen de
de Passavant
habere Italicam peladam, neque actu habet, neque potentia. — Ah! » dixi ego, « quam estis subtilis ! quis dixit hoc vobis? vos fortasse habetis diabolum privatum, sicut Papa Paillas, qui vobis revelavit omnia. Non sumus omnes angeli. Sed docete me si placet, ut ego possim fortiter resisiere ipsi in suum despectum ; et si placet, ego dabo vobis librum ad somniandum. — Si habetis librum, » dixit ipse, « et vultis ut transeamus tempus, nos ridebimus unam horam. — Gratias , Domine, » dixi, « et ego dabo vobis tantum quod eritis contentus. — Non, non, » dixit ipse. « Nos non vendimus nostra verba, sicut Papa suas indulgentias. » Et ego abii quœsitum unum librum, et ipse aperuit : et dixit in summa de tribus prœfationibus :
a Profecto est mirabile artificium in tribus istis prœfationibus, quod Dominus Nuper-Prœsidens voluit bene nos celare.
Primum, voluit detegere suam stultitiam Deo, deinde hominibus tam Laicis quam Ecclesiasticis. Itaque etiam opus fuit tribus prœfationibus, ut se ter stultum esse
parvenir, ch. 80, intitulé FOLIE, a pris le Conte de certain Curé de St-Clément, qui en son Prône disait : Les Dames montrent leurs tetons, ce n'est pas du tout bien fait, et puis ils étendent leurs chemises autour du Cimetière ; en da} ni moi ni vies Vicaires ne sommes pas Anges, cela nous tente.
Épitre
qu'il était trois fois sot, quoique tout le monde le sût très-bien ; mais tous les enfants vont à la moutarde, et puis de crier tout haut ça fait plus d'effet, et certes il peut bien se vanter d'avoir dépassé toutes les espérances. Et pour ce qui est de la première de cesdites préfaces, laquelle est adressée à Jésus-Christ, il paraît bien que Monsieur le Présent- Abbé n'a pas été trop mal avisé : sans doute il eût mieux fait de suivre le conseil de défunt notre Maître DuChesne (i), qui disait, il y a trente ans, en pleine Faculté : Si l'on imprime ce livre, il n'aboutira qu'à faire rire les Luthériens , car c'est de la Théologie faite avec des raclures de canons; mais enfin il a eu raison de communiquer son livre à notre Maître Messire Maillard (2), un bien savant homme, puisque Messire Érasme (3) lui a écrit une fois ou deux, et, ce qui est le nœud de l'affaire, lui a donné un gobelet. Car, dans le principe, lorsque Monsieur le Docteur Lizet eut achevé son livre, il l'appelait le Candélabre de l'Église contre le démon du midi, et puis encore Tour quadr angulaire; et il avait dédié ses préfaces à tous
(1) Apparemment Guillaume De Qiiercu ou Du Chêne, qui a écrit quelque chose sur S. Grégoire.
(2) Nicolas Maillard, duquel parle la note 17 sur le
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probaret, quanqiiam omnes bene sciebant : adeo, ut omnes pueri vadant ad sinapi : sed viva vox magis affîcit, et certe bene se jactare potest quod super avit spem omnium. Et quod attinet ad primam prœdictarum prœfationum, quœ dirigitur Domino Jesu-Christo, apparet bene quod Dominus Nunc-Abbas, quanvis melius fecisset sequendo consilium defuncti Magistri nostri De Quercu, qui dixit, sunt triginta annij in Facultate, quod si liber iste imprimeretur, non faceret nisi facere ridere Luther anos, quia non erat nisi Theologia pelata de Canonibus : tamen bene fecit de communicare suum librum Magistro nostro Domino Maillardo, qui est bene doctus, quia Dominus Erasmus semel aut bis scripsit ad eum : et, quod est nodus materiœ, dédit ei scyphum, alias un gobelet Gallice. Nam in initio, quum Dominus Doctor Li^etus fecisset librum suum, vo~ cabat eum Candelabrum Ecclesias adversus dgemonem meridianum, et postea Turrem quadrangularem : et intitulaverat prœfa-
ch. 3o du Ier livre de Rabelais. Il fut du Colloque de Poissy, et était pour lors Doyen de la Faculté.
(3) Il n'y a qu'une seule lettre d'Érasme au Docteur Maillard (Nicolao Mallario), la 14e du 1. 25. Elle est du 28 Mars 1 53 1 , et il faut que ce soit d'ailleurs que Bèze savait l'histoire du gobelet, car cette lettre n'en dit rien.
Épitre
les saints et saintes, sanctis et sanctabus, du paradis. Mais notre susdit Maître lui fit observer que Laurent Valla (i), pour hérétique qu'il fût, n'en est pas moins un bon auteur, lequel ne fait pas mention de ce datif, Sanctabus : c'est pourquoi Messire Lizet, après avoir premièrement résisté, consentit enfin, pour lui complaire, à rayer tout cela, et à s'en tenir à Jésus- Christ : en quoi il s'en faut de peu qu'il soit Luthérien.-— Oh! certes, » dis-je, « je ne veux pas le soutenir, mais, dans l'intérêt de la vérité, je vous dirai ce qu'il pourrait répondre. Il pourrait dire que là où est le Roi, là est la Cour. »
« — Oui, oui, » fit-il, « et je crois qu'il l'entend ainsi. Mais, quant au fond même de la préface, les poules de France doivent avoir grand'peur, car les renards se sont faits ermites. Personne n'ignore, en effet, qu'il n'existe pas au monde homme plus ambitieux que celui-là, et principalement de cette ambition qui est le plus à craindre : celle qui se dérobe sous un semblant
(i) Elégant., 1. i. c. i. Laurent Valla était doublement suspect d'hérésie à la Sorbonne d'alors, et comme ennemi delà Barbarie, par le titre même de ce livre, et comme ayant d'ailleurs combattu, du côté du style, la prétendue Donation de Constantin. François Hotman, dans son Brutum fulmen, ch. Crimen falsi : Jamvero ecquis tam imperitus linguœ Latinœ reperietur, qui
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tiones suas omnibus sanctis et sanctabus paradisi. Sed quia prœdictus Magister noster dixit ei, quod Laurentius Valla, quanvis fuit hœreticus , tamen est unus bonus author, qui non facit mentionem de prœdicto dativo Sanctabus : ideo Dominus Li^etus , quanvis in principio resisteret, tamen, ut illi complaceret, delevit hoc to~ tum, et tanium fecit mentionem Jesu- Christi, in quo parum abest quin sit Lutheranus. — O certe, » dixi, « ego nolo eum sustinere, sed tamen volo tibi dicere quid posset contra allegare ut magis appareat veritas. Ipse posset dicere, quod ubi est Rex, est Curia. »
« — Ita, ita, » dixit ipse, « et ego credo quod sic intelligit. Sed, quantum ad ipsam materiam prœfationis , gallinœ Franc iœ debent habere magnum timorem, quia vulpes sunt facti heremitœ. Nam nemo est qui nesciat super totam terram, non esse unum hominem magis ambitiosum isto, et prœcipue ea ambitione, quœ est maxime timenda : nempe, quœ latet sub prœtextu humilitatis : et quod ita sit, omnes bene
non videat genus dicendi, quo illius instrumenti scriptor est usus (il parle de l'Acte de cette Donation) longissime ab illius sœculi consuetudine abhorrere? quam reprehensionis partent Platina in illo Sylvestro non prœtermisit, sed fusius persecutus est vir acerrimo in hoc génère judicio, Laurentius Valla.
Épitre
d'humilité. Tout le monde sait combien il a été peiné d'avoir tant de fois manqué d'être Chancelier, et comment, dans cette attente, il avait lui-même rédigé une proposition d'erreur contre le Parlement (i), au nom du plus grand Seigneur de tout le royaume ; et maintenant qu'il se voit impuissant à faire ce qu'il voulait, parce qu'à la Cour on n'aime pas les gens qui ont l'esprit de travers, comme lui ; maintenant, enfin, que certains Gascons (2), prenant le chemin le plus court, ont supplanté cet Auvergnat : le voilà qui veut flatter le Pape, et voir s'il réussira mieux dans le spirituel que dans le temporel. Mais, pour dissimuler son désir, il ne fait mention que de l'Eglise triomphante, en vue d'obtenir les bonnes grâces de l'Eglise militante : plus d'un , en effet , par ce moyen est devenu Cardinal, et même Pape. »
Finalement ce ribaud prétendait qu'il y a, dans votre préface, hérésie manifeste, quand vous dites que celui qui croit fermement en Jésus, n'est jamais abandonné.
Car, la Sorbonne tout entière l'enseigne,
(1) Ancien moyen de revenir contre un Arrêt du Parlement, sous prétexte que la Cour y aurait erré an fait. C'était à Lizet une insigne lâcheté, que d'avoir dressé lui-même les moyens de cassation d'un Arrêt
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sciunt quomodo fuerit contristatus, quoi tôt ies errasset esse Canceliarium. et quomodo ipse fecerit propositiones erroris contra Parlamentum. pro maximo Domino totius regni, sub hoc expectatione : et tune quia videt se non potuisse facere quod volebat, quia in Curia non amant homines qui habent ingenium factum ad sinistrum latus, sicut ipse : et denique quidam Vascones sunt. qui per breviorem viam supplentarunt union Alvernum : idcirco nunc ipse vult adulari Papa?, et vider e si magis faceret in spiritualibus quant in temporaiibus. Sed, ut simulet suum desiderium, ipse tantum facit mentionem Ecclesiœ triumphantis, ut lucretur bonam gratiam Ecclesiœ militantis : sicut multi etiam per hanc viam facti sunt non tantum Cardinales, sed etiam Papa?, » Finaliter dicebat iste ribaldus, quod est una manifesta hœresis in vestra prœfatione, quando vos dicitis quod qui Jirmiter confidit in Jesum, nunquam derelinquitur. Nam tota Sorbona docet esse hœresim jirmiter cre-
de la Grand' Chambre, où lui-même avait présidé : c'est ce qui lui est ici reproché comme un effet de l'ambition qu'il avait eue autrefois de parvenir à la dignité de Chancelier.
(2) Ne serait-ce point ici Jean Bertrand, Toulousain, successeur de Lizet en la Dignité de Premier Président, et bientôt après Garde des Sceaux ?
c'est hérésie de croire fermement en Dieu, et elle ordonne de toujours douter, parce que ce serait grande arrogance d'être sûr de son salut ; et ainsi arrive-t-il que vous disiez mieux que vous ne pensiez. En outre, vous êtes ici absolument muet sur les œuvres, et cependant la foi peut exister sans la charité : èrgo votre conclusion est défectueuse et offensante pour les oreilles pieuses. »
« — Très-bien, » dis-je, « et la seconde préface? — Pour son premier point, » répondit-il, « il exprime grande frayeur des sots et des fourbes, mais il aurait dû préciser leurs qualités, afin qu'on les reconnût; car tout le monde peut parler ainsi, mais c'est aux raisons qu'on voit qui est dans le vrai ; s'il l'avait fait, il eût constaté qu'il est lui-même du nombre de ceux qu'il redoute. En effet, est-il plus grand sot que celui qui veut reprendre ce qu'il ne comprend pas ? Or, il ne comprend pas ce qu'il dit, c'est évident, et luimême nous le déclare, quand il avoue qu'à peine a-t-il touché aux éléments de la Théologie sacrée. Preuve suffisante qu'il ne devait pas se mêler d'une chose qu'il entendait si peu. A la vérité, il dit ensuite qu'il est bon Ganoniste : nous parlerons de cela un peu plus tard. Ergo Lizet tout le premier est superlativement
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dere in Deam, et jubet semper dubitare : quia esset una magna arrogantia esse securum de sua sainte : et sic accidit, ut diceretis melius quam putabatis. Prœterea non facitis ibi mentionem de operibus, et tamen fides separari potest a charitate : ergo vestra conclusio est defectuosa et piarum aurium offensiva. »
« — Et bene, » dixi, « de secnnda prœfatione? — Quoad primum punctum, » respondit, « ipse valde timet momos nebulones , sed debebat eomm qualitates exprimer e, ut cognoscerentur : nam cuilibet licet ita loqui : verum ex rationibus cognoscitur quis bene dicat : quod si ipse fecisset, ipse se cognovisset ex numéro eorum quos ipse timet : quia quis est magis momus, quam qui reprehendit quod non intelligit? Ipsum autem non intelligere quod dicat, ipsemetipse ostendit, quando fatetur se sacra?
Theologiœ tyrocinium vix unquam pertigisse. Unde satis patet, quod non debuit se miscere de re, quam adeo parum intelligebat. Verum est quod ipse postea dicit, se esse bonum Canonistam, de quo postea, dicemus. Ergo Liqetusmetipse est iinus maximus momus nebulo per suam gulam, et facit sicut stultus domini de Borbonio, quem vocabant Joanum, qui seipsum mordebat : vel facit sicut Andabatœ. — Andabatœ? » dixi ego, « et quid hoc est? ego
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sot et fourbe par sa gueule; il fait comme ce fou de Monsieur de Bourbon, appelé Jouan (i), qui se mordait lui-même, ou, si vous l'aimez mieux, il fait comme les Andabates (2). — Andabates?» m'écriai-je; « qu'est-ce là? le nom d'un diable, j'imagine? — Non, non, » dit-il, « voyez Erasme en ses Chiliades, vous l'y trouverez. Il alléguera peut-être qu'en se déclarant trèsinhabile, il mentait à la troisième personne, alias par humilité; mais aucun ne croira cela de ceux qui auront lu son livre. Ils diront plutôt que s'il a menti, il a dit vrai en mentant : proposition que j'abandonne à la décision de nos Maîtres, car elle est trop subtile.
» Passons au second point. Lorsqu'il nous cite Cicéron, pro Balbo, il me peine fort de voir ces élégances mêlées à ces ordures. On dirait une pièce de drap d'or cousue avec des loques, ou une perle d'Orient jetée sur du fumier... » Mais il y a. une histoire là-dessus ( écoutez bien, Monsieur le Ci-devant Président) ; or donc, voici ce qu'ils racontent : le Pape actuel, Jules III, bien qu'il ne sache pas plus de Latin qu'un militaire et soit meilleur Canoniste que Théologien, s'étant fait lire un jour quelques pages de votre livre, en eut telle estime, qu'il le fit porter à son cabinet, id est à sa chaise percée, que des truf-
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credo qnod sit nomen unius diaboli. — Non non, » dixit ipse, avide Erasmum in Chiliadibus, ubi tu invenies : nisi velit dicere qiiod quando dicebat se esse imperitissimum, ipse mentiebatur in tertia persona, alias per humilitatem : quod nunquam credent quicunque legerint suum librum. Imo potins dicent, quod si mentitus est, mentiendo dixit veritatem : de qua propositione relinquo decisionem Magistris nostris, quia est nimis subtilis.
» Ad secundum punctum. Qiiando ipse allegat Ciceronem pro Balbo, ego valde doleo, quod ista eiegantia verba sint implicaîa istis stercoribus. Nam sunt sicut una pecia panni aurei insuta turpissimis assitmentis, aut sicut una margarita orientalis, projecta inter stercora... » Nam etiam (notate bene, Domine Nuper-Prœsidens) dicitur quod Papa Julius modernus, quanvis non plus sciât de Latino quam unus miles, et sit melior Canonista quam Theologista, qnum audÀvisset unam partem vestri libri, tenuit tam parvum numerum, ut jusserit portari ad suam latrinam, id est ad sedem foraminatam, quam dicunt trufatores esse
(1) Marot a fait l'Epitaphe d'un autre Jonan, Fou de Madame.
(2) Andabates : gladiateurs qui combattaient à cheval avec un bandeau sur les yeux {Note du Trad.),
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feurs (i) veulent nous donner pour celle de Saint Pierre : cette chaise où le Pape fait caca, non en qualité de Dieu sur la terre, mais en la qualité de son humanité cacaturiante (2). Et là, comme il voulut s'en torcher le derrière, il trouva votre style si dur, qu'il s'en écorcha tout le Siège Apostolique (3); et il dit en se frottant les fesses : en vérité c'était un mont i gène, tant il était dur et âpre! Mais consolez-vous, je crois que c'est une bourde. Car admettons que le Pape ne vous aime pas (à vrai dire, il n'est pas trop bon Français, si ce n'est pour son intérêt), encore ne ferait-il pas, je pense, chose pareille; et j'argue a simili:
(1) Truffeur, vieux mot qui signifie trompeur, et dont Tartufe n'est que la traduction Italienne. Tartufo, en Italien, est le nom de la truffe, qui, se dissimulant sous la terre, sans tiges, ni feuilles, ni fleurs, ni racines apparentes, est l'image parfaite de l'hypocrisie [N. du Trad.).
(2) Du verbe cacaturio, avoir envie de ch..., employé par Martial [N. du Trad.).
(3) Henri Estienne a fait allusion à cette histoire dans son Apologie pour Hérodote, ch. 17 : « Et pour » parler en termes non ambigus, de nostre temps s'est » trouvé dedans Paris Président qui a voulu estendre » ses droict^ jusques-là, de demander à une damoiselle » honnorable qu'elle lui prestast son devant, à la » charge qu'il luy presteroit audience. Je me garderay » bien de nommer ce Président : mais je ne feray pas » conscience de dire que ce fut celuy qu'on vit depuis » métamorphozé en Abbé, et qui étant constitué en ceste « dignité, composa un certain livre contre les Lu thé-
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beati Pétri : abi ipse Papa cacat, non in qualitate Dei super terram, sed in qualitate humanitatis sua? cacaturientis : et ibi cum voluisset semel suas notes abstergere cum illo. reperit vestrum stilum tam durum, quod sibi decorticavit totam Sedem Apostolicam : et dixit. fricando sibi nates : In veritate erat montigena. tant erat durus et asper. Sed ne hoc vos nimium fastidiat. ego credo quod sit una burda. Nam Papa etiam si non vos amat (quia, ut dicam veritatem. ipse non est bonus Francisais, nisi propter suum commodum) tamen ego puîo quod nunquam hoc faceret ,* et arguo a simili : si Dominus Polytus et alii Dominiani sunt stulti sicut Dominus Nuper-Prœsidens, et bene amantur a Papa Domino nostro: profecto etiam Dominus Nuper-
•1 riens, lequel il dédia au Pape; mais son style se • trouva si dur que le Pape en ayant, par cas fortuit, 1 porté un fueillet à ses affaires, s'en escorcha tout le » Sainct Siège Apostolique. » Mais l'idée première de cette bouffonnerie semble appartenir à Rabelais. Pantagruel, liv. 4, ch. 52, où Frère Jean raconte « qu'au temps où les Décrétales régnoient, lui estant arrivé à » Sévillé dans le Poictou, de se torcher le cul d'unes » meschantes Clémentines, que Jean Guimard, Recepveur de l'Abbaïe, avoit jectées au préau du Cloistre. les n Rhagadies, les Hémorrhoïdes lui en avinrent si très- ) horribles que le pauvre trou de son Closbuneau en » fut tout dehinguandé. n Le Closbuneau ou Clos- Bruneau est un cul-de-sac dans le quartier de la Sorbonne.
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si Monsieur Polyte (i) et autres fous de Seigneur sont aussi sots que Monsieur le Cidevant Président, et sont nonobstant bien aimés du Pape notre Maître, conséquemment aussi Monsieur le Ci-devant Président. Je fis cet argument, concluant en mode et en figure, dussent les hérétiques en crever; mais je ne leur dis rien, afin de savoir le reste.
Ecoutez donc, pour revenir à notre propos : ils disaient que votre raisonnement était mal fondé, en ce point que, selon vous, il est presque impossible de séparer la doctrine divine de la canonique, et la canonique de la divine ; et par conséquent tout ce que vous édifiez sur cette base, en tant du moins que par Écriture Canonique vous entendez le Droit Canonique, est irrégulier. « Car, » ajoutaient-ils, « la vérité ellemême vous dément (soit dit sans offenser votre Ci-Devant Présidentale naséitude), quand vous prétendez que le Droit Canonique est l'explication du sens obscur de la Sainte Écriture. Et la meilleure preuve, c'est qu'avant qu'il y eût un Droit Canonique, nous avons eu de plus grands théologiens qu'après ; si bien que nous pouvons dire : de même que l'Ancien Testament est l'Écriture de Dieu, de même le Droit Canonique n'est rien autre chose que l'Écriture de l'Antéchrist. Il y a, en effet, quatre
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Prœsidens. Ego feci hoc argumentum, conchidens in modo et figura, etiam si crêpent hœretici : sed ego non dixi eis, ut intelligerem reliqua.
Audite ergo, ut redeam ad proposition : ipsi dicebant tuum proposition esse maie fundatum in eo quod dicis, quod doctrina divina a canonica, et canonica a divina sejungi vix posse videatur : et per consequens quicquid tu œdificas super istnd fun~ damentum, quatenus quidem tu intelligis per Canonicam scripturam Jus Canonicum, id est irregulare. Nam dicunt quod veritas ipsa te dementiiur (salva tua Nuper- Prœsidentiali naseitudine) quando tu dicis, quod Jus Canonicum est explicatio sensus obscurioris sacra? Scripturœ. « Et quod ita sit, » dicebat iste, « patet ex eo quod ante quam Jus Canonicum esset,fuerunt majores Theologi quam post : in tantum quod bene possumus dicere : sicut Vêtus Testamentum est Scriptura Dei, ita Jus Canonicum nihil aliud est quam Scriptura Antichristi. Nam cum sint quatuor libri Juris Cano-
(ij On verra avec plaisir, au second chapitre des Contes publiés sous le nom de Bonaventure des Pcriers, un tour de son métier que ce Polyte, bouffon de l'Abbé de Bourgueil, joua un jour à son peu chaste Maître. Dominianus sîultus , le fou d'un Seigneur, un fou qui a un maître.
É PITRE
livres de Droit Canonique : à savoir le Décret, les Décrétales, le Sextus et les Clémentines. Le Décret est comme un habit composé d'une infinité de pièces cousues ensemble, le plus souvent à tort et à travers : un habit qui aurait plusieurs manches, dont Tune serait trop longue, une autre trop étroite, une autre trop large ; qui d'un côté pendrait à terre, tandis que de l'autre il serait court, et dont le collet serait hors de toute proportion ; un habit que personne ne voudrait ou pourrait revêtir, sous peine de faire rire tout le monde aussi fort que Maître Jean du Pontalais (i) ; sans compter qu'on se plaindrait de voir gâter tant de bons vêtements, pour y prendre des pièces de quoi faire ce ridicule habit : eh bien, voilà exactement le fait de ce grand Décret, où l'Ecriture ne figure presque jamais que pour y être pervertie et profanée.
» Voyez, en effet, ce qu'écrit le Pape Calixte, Canon Non decet, distinction 2 : De même que le Fils de Dieu est venu faire la volonté de son Père, de même vous deve^f accomplir la volonté de votre Mère,
(1) Jean du Pontalais, Balladin des plus bouffons, sous le règne de François Ier. Le Dixain imprimé à la suite du Prologue du 2e livre de Rabelais dans l'édition de 1 5 53 :
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nid, nempe Decretum, Decretalia, Sextus, et Clémentine? : Decretum est sicut una vestis composita ex infini tis peciis, plerunque pessime et sine judicio collocatis : adeo ut sicut si esset una talis vestis quœ haberet plures manicas, quarum una esset nimium longa, alia nimium stricta, alia nimium lata, et esset ex uno latere tam longa quod attingeret terram, ex alio secularis, quœque haberet collare sine ulla proportione : nemo vellet aut posset induere, vel si indueret, omnes ridèrent, sicut Magister Joannes de Ponte Alesio : et plan gèrent se de multis vestimentis vastatis, unde essent captœ peciœ ad faciendum istud tam stultum vestimentum : ita etiam accidit de magno Decreto, in quo non solet plerunque Scriptura adduci, nisi ad pervertendum eam et profanandum.
» Sicut Can. Non decet dist. 2. scribit Calixtus Papa, sicut Dei filius venit facere voluntatem Patris suiy sic et vos impiété
Cinq cens dixains, mille virlais, Et en Rime mille virades.
Ne suffir oient ni Pont al ai s A pleines balles de ballades Au docte et gentil Rabelais.
Au feuillet 108 des Contes de Bonaventure des Périers, Paris, i5(55, on trouve un chapitre entier des bons tours qu'on attribue à cet homme facétieux,
42 Epitre
qui est l'Église, et dont la tête, ainsi qu'il a été dit, est lÉglise Romaine. Ainsi, le Pontife Romain sera notre mère, comme Dieu est notre Père. Et il fallait dire aussi (que Dieu nous en garde ! ) : Notre mère qui es à Rome, que votre nom soit sanctifié ; que votre règne arrive; que votre volonté soit faite, etc. Et voilà certainement le Canon où les Pontifes ont pris le droit d'exercer la Sodomie, se faisant non pas seulement au figuré, mais très-positivement, catins et prostituées de la plus belle eau. D'où se déduit le corollaire, que le Pape, en dépit des grammairiens, est du genre épicène (i), non masculin : chose à constater surtout dans le Pape actuel, qui s'appelait Jean-Marie (2) , comme pour montrer dès sa naissance que ce serait un androgyne, avec son petit Cardinaluce (3), et par conséquent bien digne de pontifier.
»Mais, entre autres choses, la distinction vingt-unième a de quoi vous faire pouffer de rire : c'est à enfoncer Pantagruel, avec son livre imprimé sous le patronage des Cardinaux (4) qui aiment à vivre comme
(11 Epicène, du grec smxoivoç, commun aux deux genres {N. du Trad.).
(2 Jean Marie de Monte, Pape sous le nom de Jules III. Voyez M. de Thou, 1. 6, sur Tannée i55o.
(3) Cardinaluccio, diminutif Italien de Cardinal {N. du Trad.).
(4) Jean, Cardinal de Bellai, et Odet, Cardinal de
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voluntatem Matris vestrœ quœ est Ecclesia : ciijus caput, ut prœdictum est. Romand existit Ecclesia. lia Romarins Pontifex erit mater nostra, siciït Deus est pater noster. Et oportebat etiam dicere (qnod Deus prohibeat) : Mater nostra quce es Romre, sanctificetur nomen tuum.
Adveniat regnum tuum. Fiat voluntas tua, etc. Et certe Pontifices fortassis ex hoc Canone acceperunt jus Sodomiœ exercendœ, ut non tantum allegorice sed etiam rêvera sint fœtidissima scorta et prostibula. Ex quo infertur corollarium, quod Papa contra grammaticos, est generis epicœni, non autem masculini : quod prœsertim valet in moderno Papa, qui vocabatur Joannes Maria , ut ab initio nativitatis ostenderetur eum fore androgynum, cum suo parvo Cardinaluccio, etper consequens dignum pontificari.
» Sed inter cœteras, tôt a distinct io vigesima prima, est una pulchra res ad ridendum : ita ut Pantagruel, cum suo libro quem fecit imprimere per favorem Cardinalium. qui amant vivere sicut ille loque-
Chàtilion. Celui-ci, comme homme de lettres, et l'un des Mécènes de Rabelais, avait sollicité et obtenu le Privilège accordé à Rabelais le 6 Août i55o, pour l'impression de son Roman : et le premier, en la même qualité, y avait aussi contribué, à en juger par l'Épîtrè liminaire du IVe livre. C'était d'ailleurs la coutume en France, en ce temps-là, que des personnes d'un rang
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il parlait. Cette distinction, en effet, établit bel et bien la hiérarchie de l'Église, où Monsieur le Ci-devant Président occupe sans doute le plus haut rang : car, quoique aujourd'hui il soit simplement abbé, cependant la volonté est réputée pour le fait ; et d'ailleurs ne possède-t-il pas un nez Chérubin ou Séraphin, ce qui est l'ordre suprême des Anges, à en croire ce Denis (i) qui fit l'inventaire du paradis? Et à propos, si nous voulons nous fier au Décret, si estimé de Messire Lizet, parce que l'ayant si bien étudié il se figure savoir aussi la Théologie, cette distinction des Prêtres, sur laquelle s'appuient les Papistes, a été principalement introduite par les Païens, et, conséquemment, contre le précepte du Deutéronome. Au témoignage de ce bienheureux niais et ignare d'Isidore (2), le nom de Métropolitain vient de mesure des villes; c'est là une des plus grandes vérités du Décret, et tout ce Canon est admirablement combiné pour faire rire les pierres. Sur le neuvième, nous nous heurtons à une prodigieuse hérésie : les autres Apôtres, dit-il, ont
distingué s'intéressassent hautement à l'impression de certains livres; et c'est sur ce pied-là, qu'au bas du Privilège accordé à Galliot du Pré le 10 Mars i526, pour celle du fameux Roman de Perceforêt en 6 vol. in-
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batur, non faciat nihil : quia valde bene fundat hierarchiam Ecclesiœ, in qua dominus Nuper-Prœsidens , etsi sit tantum Nunc-Abbas, tamen quia voluntas reputatur pro facto, ego non dubito quod non sit in summo gradu : prœsertim cum habeaî nasum Cherubinum aut Seraphinum, qui est supremus ordo Angelorum, si credendum est Dionysio illi qui fecit Inventarium paradysi. Et ad proposition, si volumus Decreto credere quod dominus Lysetus tanti œstimat, quod quia in ipso bene studuit, putat se etiam scire Theologiam, ista distinctio Sacerdotum , qua nituntur Papistœ, est maxime introducta a Gentilibus, Can. Decretis. dist. 21., et proinde contra prœceptum Deuteron. Et teste beato illo stulio et indocto Isidoro, Metropolitanus dicetur a mensura civitatum, quœ est una ex maximis veritatibus Décret i : et totus iste Canon est mirabilis ad faciendum ridere lapides, Sed in canon. In nono est una mirabilis hœresis, quœ dicit quod
folio, on lit : le Seigneur de Brion, Amiral de France et autres présents.
(1) Le prétendu Denis Aréopagite, dans ses livres de la Hiérarchie Céleste.
(2) Isidore, Archevêque de Séville, dans ses Etymologies. C'est en ces matières le grand Oracle des Canonistes, et c'est de quoi on raille ici Lizet qui se donnait pour Canoniste. Voyez le Lexic. Juridic. Calv. au mot Metropolit.
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reçu avec Pierre, à titre égal, honneur et puissance; il avait dit de même, sur le premier Canon, que les Apôtres ont ordonné dans chaque ville des évêques et des prêtres. O le grand hérétique, digne d'être brûlé sur la place Maubert (1)! Car il suit de là qu'en admettant même que Pierre ait été leur chef, il ne l'était cependant que du consentement des Apôtres, et par un privilège personnel ; et ainsi notre sainte mère Église sera une hydre à plusieurs têtes, ou sans tête, après la mort de Saint Pierre ; attendu qu'un privilège ne se transmet pas par héritage, à moins que cela n'ait été expressément stipulé, ce qui ne paraît pas être le cas pour Saint Pierre. Et ainsi le Pape Pélage aura menti, en disant que l'Église Romaine a obtenu la primauté par sentence Évangélique, en vertu de ces paroles du Seigneur : Tu es Pierre; et encore plus menti, en disant que l'Église Romaine n'a ni tache, ni ride. Et s'il est vrai, comme le raconte le Pape Nicolas, que personne n'osait condamner le Pape Marcellin, qui avait renié Dieu par crainte, d'où il conclut que le Pontife Romain est au-dessus de tous : je dis, moi, que Paul fut bien présomptueux lorsqu'il
fi) Etienne Dolet y avait été brûlé six ans auparavant, en 1546 (N. du Trad.).
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cœteri Apostoli accepemnt cum Petro pari consortio , honorem et potestatem , sicitt in primo etiam Canone dixerat , quod Apostoli ordinaverunt in singutis civitatibus episcopos et presbyteros. O magnum hœreticnm , dignum comburi in platea ' Malberti! Nam ex hoc sequitur, quod etiam si Petrus fuisset caput, non fuisset tamen nisi ex consensu Apostolorum, et sic fuit privilegium personale : et ita sancta mater nostra Ecclesia vel erit una hydra multorum capitum, vel sine capite, post sanctum mortuum Petrum : quia privilegium non transit ad hœredes, nisi sit dictum expresse, quod non pat et de sancto Petro. Et ita mentitus erit Pelagius Papa, qui dixit quod Romana Ecclesia, Evàngelica voce primatum obtinuit, quum Dominus dixit, Tu es Petrus : et adhuc magis, quum dixit quod Romana Ecclesia non habet maculam, neque rugam. Et si verum est quod ait Nicolaus Papa, quod nemo audebat condemnare Papam Marcellinum, qui abne gaver at Deum pr opter metum, unde colligit quod Papa Romanus est supra omnes : ego dico quod Paulus fuit valde prœsumptuosus, quando reprehendit Petrum publiée, et prœterea quod ipse se jactat de hoc, cum non habeat Ecclesia maculam neqne rugam. Et sanctus îrenœus, qui tant rigide scripsit
Épitre
osa reprendre Pierre en public, et iorsqu'en outre il s'en vanta, quoique l'Eglise n'eût ni tache ni ride. Et Saint Irénée, qui écrivit une lettre si ferme au Pape Victor, l'appelant Mon frère, et non Monseigneur?
» Bref, pour en finir, » disait cet hérétique, « je ferai, s'il plaît à Dieu, un livre où je prouverai qu'il n'est page de l'Ancien ou du Nouveau Testament, qui n'ait été horriblement et blasphématoirement corrompue, par ces infects Papes Antechrists ; et voilà les excréments que Gratien a recueillis dans sa latrine, que l'on appelle le Décret! le tout pourtant mêlé de pas mal de pièces de bonne monnaie, dont je plains grandement le sort, comme j'ai dit plus haut : c'a été, certes, un grand sacrilège de mettre avec ces ordures tant de bons morceaux des vieux Docteurs.
» Voilà pour le Dréket. Venons maintenant aux Drékétales et autres livres suivants, dont il a été dit en forme de proverbe : Une fois que le Décret a eu des ailes -, tout le monde a été maudit. Or, à bon droit pouvons-nous affirmer que ce sont les Evangiles de l'Antéchrist, des excréments (i) que le Diable a vomis par la bouche fétide des Papes (bouche du Pape et cul du Diable, c'est tout un); et
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ad Victor em Papam, ut vocet eum, fratrem, non autem dominum nostrum, etc.
Eccles. histor. lib. 5. cap. 24.
» Jtaque ut ego paucis dicam [dicebat iste hœreticus), ego faciam unum librum, si Dominus voluerit, in quo probabo, quod nulla est pagina Veteris aut Novi Testamenti, quœ non sit cum horribili blasphemia, corrupta ab istis fœtidis Papis Antichristis : quorum stercora collegit Gratianus in suam latrinam, quam vocant Decretum, in quo tamen sunt multœ peciœ bonœ monetœ, quarum fortunam ego doleo, sicut supra dicebam : quia fuit sacrilegium magnum ponere multa bona Doctorum antiquorum inter istas sordes.
» Et hœc quidem de Dreketo. Ad Dreketalia veniamus et alios libros sequentes, de quibus nemo est qui nesciat proverbium quod dicitur : Postquam Decretum habuit alas, totum mundum fuisse maledictum.
Et profecto bene possumus dicere quod sint Evangelia Antichristi , et stercora quœ diabolus vomuit per fœtidum os Paparum (quia os Papœ et culus diaboli sunt in eodem prœdicamento), quos constat etiam
(i) Stercus Papœ, ou le nom dont Luther, déclaré contre le Pape, s'accoutuma à qualifier les Décrétales. Voyez ses Colloques, în-8, part. 1, au feuillet 141 tourné.
Épitre
eux-mêmes avouent avoir été en cela les organes des Diables, pour la grande infection du monde. Aussi est-ce par une figure que les poètes séculiers appellent metathèse, qu'on dit Décrétâtes au lieu de Drékétales, de Drek qui, en Allemand (i), signifie ce qu'en Latin nous nommons Stercus : hommage en soit au nez de Monsieur le Ci-devant Président, lequel, pareil à un cochon, se délecte naturellement à fouiller ces ordures, et ainsi lesté entreprend de réfuter les hérétiques. Certes, c'est là un bon fondement et bien éprouvé; et par conséquent toute sa préface, qui s'appuie surtout sur ce fondement, est bien solide : à ce point, pourrais-je dire, que si tous les sots gagnaient le ciel, Monsieur le Ci-devant Président serait déjà à mille lieues au delà du ciel de la lune.
» Quant à ce qu'il dit, que celui qui dispute d'une chose décidée, fait injure aux décisions des Sacrés Conciles : ce serait, j'en conviens, argumenter de la part de Dieu, s'il prouvait sa proposition, à savoir que ce contre quoi il écrit a été décidé, d'abord par la Sainte Écriture, ensuite par des Conciles irréfragables. Car si nous nous contentons du simple nom de Concile, il n'est si grande hérésie qui n'ait pour elle des Conciles; et nous sommes tout prêts à démontrer que les doctrines
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ipsorum testimonio, fuisse organa diabolorum, ut sic inficeretur mundus. Ideoquc dicuntur Decretalia per figurant, quant poetœ seculares vocant Metathesin, pro Dreketalia, a Drek, quod sonat Germanice id quod dicimus Latine stercus : sit honos sub naso domini Nuper-Prœsidentis, qui sicut umis porcus mérite delectatur in versando isia stercora, et ita bene prœparatus accedit ad refutandos hœreticos. Certe hoc est iinum bonum fundamentum et bene probatum, et per consequens tota suaprœfatio, quœ firmatur prœcipue super hoc fundamento, est valde secura : ita ut ego possim dicere, quod si omnes stulti râpèrent cœloSj dominas Nuper-Prœsidens esset jam mille leucas ultra cœlum lunœ.
» Et quantum ad hoc quod dicit, eum qui disputât de re decisa , facere injuriant decisionibus sacrorum Conciliorum : de parte Dei hoc est argumentari, si probaret quod dicit, nempe ista, contra quœ scribit, fuisse decisa, primum per sacram Scripturam, deinde per Concilia irrefragabilia. Nam nos dicimus, quod si contenu simus simplici nomine Concilii, quod nulla est tant magna hœresis , quœ non
(i) Ces allusions Allemandes sont aussi de Luther page 21 de la Préface de la Compilation intitulée: Antigua îiterarum monumenta autographa, Brunswick, in-8, 3 vol., 1690.
Épitre
actuelles des Papistes ont été condamnées par d'anciens Conciles, et par leurs Canons, de sorte qu'ils sont leurs propres démolisseurs. C'est pourquoi je conseillerais à Monsieur le Ci-devant Président de ne pas entrer si avant dans la matière, et de se borner à discuter comme il faisait naguère, et comme fait encore aujourd'hui la très-impétueuse Sorbonne, par feu et fagots ; car, quand il s'agit d'écrire, il y a trop grand péril que notre sainte mère l'Église Romaine ne trouve rien à dire; et quoique les Dialecticiens ne mettent pas ce lieu dans leurs Topiques, cependant la pratique démontre qu'il est concluant, sans réplique. Il a pour lui l'expérience, qui est la meilleure maîtresse. »
Pendant tout le temps que discourait ainsi ce maudit homme, à ne vous rien cacher, je disais en moi-même : Va, va, tu parles bien à ton aise, mais, vrai ! si tu étais seulement où je sais, on te ferait bel et bien discuter contre fagots. Toutefois, je fis bonne mine, à peu près comme on vous en faisait une à la cour du Roi, m'avez-vous dit, peu de temps encore avant qu'on ne vous en fît faire à vousmême une si belle, lorsque vous fûtes si honteusement dépossédé de votre office.
Et je dis : « A la bonne heure, Monsieur, mieux vaut être plusieurs qu'un seul, je
inveniatur habuisse Concilia : et pr opter ea etiam dicimus quod parati sumus ostendere, quod ista, qnœ tenent Papistœ hodie, sunt condemnata etiam per vetusta Concilia, et per snos canones, ita ut ipsimeî sint sui destructores. Itaque ego consulerem domino Nuper- Prœsidenti , ut non intraret in materiam tant profunde, sed contentus esset disputare sicut solebat antea, et sicut solet hodie resolutissima Sorbona, per ignés et fasciculos : quia quando venitur ad scribendum, est nimium magnum periculum , ne sancta mater nostra Ecclesia Romana sit ad metam non loqui : et quamvis Dialectici non ponant hune locum in suis Topicalibus , tamen practica ostendit , quod concludit sine replica. Patet per experientiam, quœ est optima magistra. »
Et quum iste maledictus homo hoc diceret, ego, ut dicam tibi verum, dicebam in corde meo : Tu bene loqueris ad placitum, sed vere si tu esses ubi ego scio, bene ponerent te ad disputandum contra fasciculos. Intérim. ego feci bonam minam, sicut tu dixisti mihi quod sœpe tibi fecerunt in curia régis, etiam non multum ante quam darent tibi tam pulchram , cum tu fuisti depositus a tuo officio tam turpiter. Et ego dixi : « Bene, domine, est bonum de esse plures quam unus, ego bene notabc ista
Épitre
noterai bien toutes ces belles choses que vous dites. Je parlerai bien à sa barbe, quand je serai de retour à Paris; mais après-demain, s'il vous plaît, nous en recauserons. » Puis je me retirai, et je classai tout cela dans ma mémoire, comme vous voyez. Ensuite je soupai selon l'usage, quoique bien triste, car je vous ai souvent ouï dire qu'il ne faut pas bouder contre son ventre. Enfin j'allai me coucher après avoir dit mes vêpres secrètement, et je dormis assez bien, car il faut vivre, comme vous savez. Mais à propos de Droit Canon, dont ce maroufle avait discuté, j'eus dans mon sommeil une admirable vision, et en même temps une solution. Imaginez-vous que je me figurais entendre votre Présente-Abbatialité chanter la messe : tout à coup, au moment où vous disiez Per omnia, voilà que vous bombardâtes trèsfort, très-bruyamment, par accident : et aussitôt un ribaud d'hérétique, qui était accouru je ne sais d'où, s'écria : « Miracle ! miracle! voilà Monsieur le Ci-devant Président qui parle aussi par la bouche de derrière!— Tu en as menti, » lui dis-je, « car bombarder n'est point parler; et puis, après, s'il a bombardé? cela n'empêche pas la consécration, et même, c'était peut-être à si bonne intention, que la bombe servît d'encens (i). » Sur ce, mon hérétique de-
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omnia pidchra quœ dicitis. Ego bene alloqiiar snam barbam, quando ego revenero Parisius, sed postridie, si placet, nos dicemus ad hue aliquid. » Et ego discessi. et posui iotum in memoriam sicut tu vides. Deinde ego cœnavi sicut moris est, qu anvis essem bene tristis, quia ego audivi tibi sœpe dicere, quod non oportet irasci contra suos morsellos. Et deinde ego ivi cubitum post quant dixi vesperas meas secrète, et ego dormivi satis bene, quia oportet vivere ut tu scis. Sed ad propositum Juris Canoniei, de quo iste cti s put avérât, inter dormiendum venit mihi una mirabilis visio, et simul resolutio. Nam ego putabam videre quod vestra Nanc-Abbatia canebat missam, et inter dicendum Per omnia , vos bombinastis altissime, et canorissime, per accidens : et statim unus ribaldus qui erat hœreticus, et nescio unde venerat tant cito, dixit : « Miraculum, miraculum, dominas Nuper-Prœsidens loquitur etiam per ostium de rétro. — Tutemet mentir is, » ego dixi, « quia aliud est bombinare quam loqui : et quid tum si bombinavit? hoc non impedit consecrationem : imo hoc posset fieri ad tant bonam intentionem quod bombus servir et de thurificatione. » Et ita iste hœre-
(i) Les Lieux communs de Mélanchthon, recueillis par J. Manlius, page 101 de l'édition de i5y3 : Sacri-
Épitre
meura confus; et moi je me levai le matin tout joyeux, et je tirai deux bombes en Droit Canon et Incivil (i) pour ces hérétiques, disant : Monsieur le Ci-devant Président a canonné, id est a bombardé en chantant la messe, id est il est docteur en Droit Canon, et il tirera tant de coups de canon contre ces hérétiques, qu'il les empêchera bien d'approcher du saint sacrement.
Mais j'avais grande envie de voir une fois cet hérétique Calvin, dont on fait tant de bruit. Prenant donc ma dispense, pour pouvoir entendre les hérétiques sans péché, j'allai à l'église de Saint-Pierre. Et, ô piété! il ne faut parler ici de saints ni de saintes, de sanctis, neqice de sanctabus, car tout se passe comme dans la primitive Église. Il n'y a qu'une chaire, et beaucoup de chaises, et des bancs pleins d'hérétiques. Par ma foi, Monsieur le Ci-devant Président, si vous les voyiez, vous en crèveriez par le milieu : car ils sont si nombreux, que vous diriez qu'il n'y en a jamais eu un seul de brûlé. Et je dis en moi-même : Ah !
ficulus quidam, cum in lecto jaceret potus, cœpit recitare horas suas, ut vocant, canonicas, et intérim vomens, ventris crepitum edidit. Ibi Diabolus arridens, dixit : Qualis est oratio , taie etiam est thus. Lequel, ou de ce conte, ou du rêve de Passavant, est l'original ?
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tiens remansit totus confusus, unde ego snrrexi mane totus lœtus, et feci duos bombos in jure Canonico et Incivili pro istis hœreticis, dicens : Dominas Nuper- Prœsidens canonavit, id est bombinavit, inter canendum missam, id est, est doctor in Jure Canonico, et dabit tantos canones contra istos hœreticos, quod bene impediet eos de approximare de sancto sacramento.
Et ego cupiebam videre semel istum hœreticum Calvinum, de quo dicunt tanta : xinde ego accipiens meam dispensam, ut ego possem audire hœreticos sine incurrendo irregularitatem, veni ad Ecclesiam Sancti Pétri. Et, 0 pietas ! non oportet loqui illic de sanctis neque de sanctabus, quia omnia sunt sicut in primitiva Ecclesia. Est tantum una cathedra, et multœ sedes, et scamna% plena hœreticis. Fidem meam, domine Nuper-Prœsidens, si tu vider es eos, tu crepares per médium : nam sunt tanti, quod tu diceres quod nunquam est combustus unus. Et ego dixi intra me : Ah sancta Mater nostra, quid tu faciès contra tôt inimicos tuos? Ah Magister
(1) Incivili on in Civili, en deux mots, comme dit^ l'édition de Wiliorban. Voyez le nouveau Menagiana, Paris, 17Ô, tome I, page 180, et les Mém. de Littérature, tome I, page 334.
Épitre
notre sainte Mère, que feras-tu contre tant d'ennemis! Ah! Maître Picard (i), si vous étiez ici, c'est là que vous diriez bien : Mater Bell et les enfants se moqueraient bien de vous (2). Enfin, tant agit en moi le zèle pour notre sainte Mère, mes entrailles en furent tant émues, que (sauf le respect dû à votre Présente- Abbatialité) je vis l'instant où j'allais faire tout dans mes chausses.
O piété! je l'ai vu, ce fameux Calvin! c'est un homme maigre, d'environ quarante-trois ans : ni petit ni grand, entre les deux. Bref, si vous le voyiez, vous n'en donneriez pas un denier tournois (3). Et cependant, pour dire la vérité, il a fait des choses admirables, et il parle autrement bien que tous ceux que j'avais vus; à ce point, je crois, que si jamais il allait chez vous, il vous confondrait tous. Pour tout
(1) François le Picard, Docteur de Paris, de la Maison de Navarre, mort en 1 557. 11 y a de lui un article parmi les Remarques sur le ch. 7. du 1. livre de la Confession de Sanci.
(2) Et plus bas, Picardus sibif régit bnrsam, clamando, Mater Dei, contra Lutheranos. Cette exclamation ordinaire au Docteur le Picard, contre ceux qui se moquaient de lui, et d'autres bigots Sorbonnistes ses semblables, lui fut encore reprochée dans un autre Ecrit du même style que le Passavant, et^Robert Cenaux la relève en ces termes dans son Eloge de ce Docteur, inséré par Launoi, pag. 3oi et 3o2 de son
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Picarde, si tu esses hic, tu bene diceres Mater dei, et pueri bene te ir ridèrent : et propter çelam sanctœ Matris nostrœ prœlibatœ, ita sunt commota viscera mea, ut (salva Nunc-Abbatia vestra) ego fere facerem totum in caligis meis.
O pietasï Ego vidi prœlibatum Calviniim, qui est unus macer homo, quadraginta trium annorum circum circa : neque parvus neque magnus, sed inter duos. Breviter, si tu videres eum, tu non dares unum turonum. Sed tamen, ut dicam veritatem, ipse fecit mirabilia, et bene loquitur aliter quam omnes, quos ego videram : ita ut ego credam, quod si semel iret illuc, ipse con-
Histoire du Collège de Navarre : Visum est cuidam anonymo verba inter ser ère, quibus oblique celeberrimi viri non ante multos hos dies vivendi munere defuncti memoria collisa videri posset, quod scilicet pantomimus iste nebulo et verba et gestus viventis effingeret ad hune pene modum : O Sancta Maria, o Mater Dei, o bona Domina, défende nos, vindica nos, intercède pro nobis, contra hujus ridiculi capitis scurrilitatem. Il finit son Eloge par ces mots, rapportés par le même Launoi, page 3o5 : ln pseudographum quendam anonymum sola nominis obscuritate nobilem , inque barbaricis suis sordibus plus satis lascivientem , qui mentito nomine Sacri Theologici in universum Sodalitii appellationem usurpavit...
(3) Un denier Tournois, moindre que le Parisis, dont douze en font quinze des autres.
Épitre
dire, j'étais presque hérétique quand je sortis. Mais tout va bien jusqu'à cette heure.
Et vous ne savez pas, je l'ai vu aussi, ce maudit hérétique, Robert Estienne (1), qui nous a si bien échappé. Per diem (comme dit (2) David), vous aviez raison de dire : Prenez garde, il vous échappera : et défunt Jean André, qui espérait marier ses filles avec ses biens, dans son zèle ardent pour la foi catholique, criait bien aussi sans cesse qu'il se sauverait. Mais nos yeux étaient aveuglés, et d'autres ont tout gâté, qui voulaient se faire passer pour trop fins. Au reste, je n'ai pas voulu lui parler à lui-même, je m'en faisais conscience ; je demandai donc à quelqu'un de l'assistance ce qu'il devenait ici. « Mais, » me dit-il, « il n'a jamais été plus content, il fait merveille à imprimer ; tellement que personne n'aura jamais causé autant d'ennuis
( i) Robert Estienne le Père, habile et savant Imprimeur, lequel, persécuté par la Sorbonne pendant près de trente ans, s'était vers Tannée i55o retiré à Genève, où il mourut en 1 55g . Voyez sa Réponse aux Censures de la Sorbonne, 1 552, et les Éloges de Teissier, dernière édition, tome I, page 38y et suiv.
(2) Entre les ignorants Sorbonnistes, qui voulaient user de quelque apparence de serment, les uns juraient per diem (pardi) comme Janotus dans Rabelais, sur quoi on peut voir la Note II sur le ch. 21 du 1. 1, et comme encore ce vieux Docteur qui, page 21 delà
de Passavant
funderet omnes. Denique, ego fere fui hœreticus quando exivi. Sed tamen totum vadit bene usque mine.
Et vos nescitis, ego vidi illum maledictum hœreticum Robertum, qui nobis est tant bene elapsus. Per diem (sicut dicit David) vos bene dicebatis : Cavete bene, ipse evadet vobis : et defunctus Joannes Andréas, qui sperabat maritare fJias suas de bonis ipsius, ut erat qelotissimus fidei catholicœ, bene etiam clamabat semper quod fugeret. Sed oculi nostri tenebantur, et alii vast avérant totum, qui faciebant de nimium sapientibus. Et quia ego non sum eum alloquutus, quia faciebam conscientiam, egeurogavi de uno quomodo faceret hic. Et ipse mihi dixit, quod nunquam fuerit magis lœtus, et quod faceret mirabilia de imprimendo : ita quod nunquam fuit unus qui dederit tôt pœnas matri
Réponse de Robert Estienne aux Censures de la Sorbonne, disait : Per diem ego habebam -plus quam quinquaginta annos, quod nesciebam quid essetNovum Testamentum. D'autres juraient per dies (par
I dis) comme ce Régent qui joue un si beau rôle dans les Contes de Bonaventure des Périers, au feuillet 176
' de l'édition de 1 565. D'autres enfin, plus déterminés, juraient per diem Sanctam (par le Sandi), témoin le fameux Ortuinus Gratins qui, dans Je Dialogue imprimé à la suite du premier volume des Épîtres Obscurorum Virorum, jure de la sorte par imitation, quoique bas Allemand.
Epitre
à notre bonne mère l'Université. — Comment, » répliquai-je, « est-ce qu'il n'a pas été brûlé en effigie? — Oui, oui, » dit l'autre, « mais en personne propre il se moque de nos Maîtres, et il débite mille brocards contre notre Maître de Govea (i), qu'il appelle Sinapivore; contre notre Maître Picard, qu'il appelle Pie bavarde, parce qu'il ne sait ce qu'il dit et se casse la tête à bavarder ; puis contre notre très-illuminé Maître Maillard : et il raconte qu'une fois notre mère la Faculté ayant comparu devant le roi François, les Cardinaux se moquaient d'eux, disant : Voyez, voyez comme nos Maîtres sont morveux et crottés ! assurément, c'est là une preuve admirable que la Sorbonne ne peut errer (2). Et alors un des Courtisans, voulant faire rire les autres, demanda : « Pourquoi ne faut-il jamais dire Toi à nos Maîtres, mais
(1) De Govea. Jacques de Govea, Portugais, principal du Collège de Sainte-Barbe sous François 1er et Henri II, grand bigot, et l'un des persécuteurs de Robert Estienne. Les Ecoliers donnaient aux Régents dans les occasions, et à plus forte raison aux Supérieurs de Collège, du bœuf salé, des langues fumées, et des jambons, et tout cela consumait beaucoup de moutarde. De là apparemment le Sobriquet de Sinapivore, donné ici à Govea.
(2) Le sens des paroles que Robert Estienne, intéressé et présent à cette Députation qui regardait sa Bible, prête ici aux Cardinaux de la Cour de François 1er, est à peu près celui-ci : Vous savez la guerre
de Passavant
nostrœ Universitati qaam iste dabit. « Et quomodo? » dixi, « ipse fuit combustus in
\ figura. — Ita, ita, » dixit, « sed ridet se de magistris nostris in propria persona, et dicit mille jocularia de Magistro nostro de Govea, quem ipse vocat Sinapivorum : et de Magistro nostro Picardo, quem vocat Picam garrulam, quia nescit quid dicit, et frangit sibi etiam caput de garrire : et de illuminatissimo Magistro nostro Maillardo, et narrât quomodo quando semel mater nostra Facilitas fuit coram Francisco rege, Cardinales ridebant se de eis, et dicebant : Videte, videte quomodo Magistri nostri sunt mncosi et lutosi : pro-
' fecto hœc est una mirabilis approbatio, quod Sorbona non potest errare. Et quod tune unus curialis volens facere ridere alios, quœsivit dicens : Cur nunquam oportet dicereTu, magistris nostris, sed semper
qu'on fait de tout temps à Messieurs Nos-Maîtres, sur certaine malpropreté dont ils ont eu beau loisir de se corriger. Or, voyez si pour tout cela ils en sont ni moins crottés ni moins morveux, et des gens si constants dans leurs principes n'ont-ils pas raison de prétendre ne pouvoir errer ? Gerhard Schirruglius, dans les Epîtres Obsc. Viror., Epître 2.2 : Tu vides, dit-il, quod ; Universitas Parrhisiensis, ubi sunt Theologi profundissimi et \elosi, et qui non possunt errare, etiam judicaverunt ita sicut Coloniensis. Du reste il y a bien de l'apparence qu'effectivement la Sorbonne se disait infaillible dans ses Décrets, puisque d'autres Universités lui passaient ce privilège.
Épitre
toujours Vous (i), même quand il n'y en a qu'un? — Pour leur faire honneur, » dit un autre, » suivant cette maxime : Ils aiment à être appelés Rabbi, par humilité S or bonnique. — Non, non, » dit le premier, « je sais une autre raison, tropologique celle-là : c'est que, d2 même qu'un homme est fait de corps et d'âme, de même un quelconque de nos Maîtres, bien plus, un des plus petits grimauds de Sorbonne, est fait d'homme et d'âne ; et conséquemment le plus petit d'entre eux, encore bien qu'il soit seul, en représente deux, id est un homme et un âne (2), et conséquemment il faut lui dire Vous. »
(i ) Il ne s'agit pas ici du discours Français, puisque, si le génie de cette langue permet de tutoyer certaines personnes, ce n'est assurément pas un Docteur de Sorbonne. Le fait est que la barbarie des Universités, à l'exemple de l'Université de Paris, avait introduit le pronom de la seconde personne du pluriel Vos, en parlant Latin à un seul Docteur en Théologie, témoin les Epîtres Obsc. Vir., et c'est de quoi on se moquait à la Cour de France, par rapport aux Sorbonnistes. La seule question sérieuse en cette matière est de savoir la raison du pronom Noster, dans le titre de Magister Noster que prend ou que souffre chacun de Messieurs Nos-Maîtres en particulier. Celle que j'ai lue quelque part, que c'est parce que ces Messieurs donnent leurs Réponses gratis, n'étant rien moins que décisive, je rapporterai cette autre-ci, que rend le docte Budé, dans une lettre à Erasme, pourquoi il avait traité celui-ci de Noster Erasme, et non pas de mi Erasme. Egovero, dit-il (Erasm., Epist. L. 1. Ep.ô.) nec di-
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Vos, etiamsi non sit nisi anus? Propter honorent, dixit alius, juxta illud : Amant ab hominibus vocari rabbi, per humilitatem Sorbonicam. Non, non, dixit alins, ego bene scio imam aliam rationem Tropologicam : quia sicut unus homo est factus ex corpore et anima, sic unus magister noster, quinetiam unus minimus socius de Sorbona, est factus ex homine et asino : et ita ad minimum, etiamsi non sit nisi unus, supponit pro duobus, id est, pro homine et asino, et ita oportet illi dicere Vos. »
cere unquam, nec eloqui, ac ne proloqui qiûdem possim, O Noster Erasme, major enim mihi videre, et quam ut meum te appellent, cum omnibus NO- STRIS unus satis esse possis. Quin et usque adeo publiais scriptis tuis factus es, ut nemo sibi privatim vindicare te possit. De même, les Sorbonnistes en général, et autres Théologiens Catholiques étaient réputés s'être tellement livrés au Public, ou par leurs écrits, ou par la prédication, que traiter quelqu'un d'entre eux de Mon-Maitre, eût passé pour une véritable usurpation du bien d'autrui.
(2)^ Marot n'est pas fort éloigné de ce principe dans son Epigramme sur l'Ordonnance que le Roi fit de bastir à Paris avec proportion. La voici :
Le Roi aimant la décoration
De son Paris, entre autres biens ordonne
Qu'on y bastisse avec proportion,
Et pour ce faire argent et conseil donne :
Maison de Ville y construit belle et bonne :
Les lieux publics devise tous nouveaux,
Entre lesquels au milieu de Sorbonne
Doit, ce dit-on, faire la Place aux veaux.
Épitre
a — Ainsi,» m'écriai-je, « Robert Estienne n'est ni brûlé, ni mort? — Non, » répondit-il, « à moins qu'on ne prétende que les esprits reviennent en ce monde, comme le voulaient supposer les Cordeliers d'Orléans, et entre autres Frère Pierre d'Artois et Frère Colyman. » A propos, vous les avez soutenus, Monsieur le Ci-devant Président, pour faire plaisir à notre Maître De Cornibus (i) : car sans cela on leur aurait fait comme aux Jacobins de Berne (2) : et c'est pourquoi ledit Maître De Cornibus vous appelait le Père de son Ordre, dont vous aviez sauvé l'honneur, suivant le précepte : Vous n'absoudre^ pas des coupables. Mais voyez comme j'extravague. Ah! monsieur, cela me fait souvenir du temps où vous faisiez vos pirouettes, et où vous disiez à ces avocats : Alleç au fait, et LaCour entend bien. Mais ce sont propos de mélancolie. Je reviens donc enfin à mon sujet : et comme (je m'en aperçois) il serait trop long de vous narrer tout par le menu, je le ferai en
On ne la trouve, au reste, que dans le Marot imprimé chez François Just, Lyon, i534, et dans quelque peu d'éditions qui ont suivi celle-là, toutes les autres l'ayant supprimée par la même raison qui y a fait disparaître aussi l'Épigramme du Sorbonniste amoureux ,
(1) Pierre Cornu, ou de Cornibus, Cordelier, le même que sous le nom de Petrus Cornuensis, Erasme,
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« — Ergo, » dixi ego,* Robertus Stephamis non est combustus, nec mortuus? — Non, » dixit Me, « nisi dicendum sit quod spiritus reveniant in hune mundum, sicut volebant simulare Cordigeri de Aureliano, et inter cœteros f rater Petrus de Arthesio, et fr citer Colrmanus, » quos tu sustinuisti. domine Xuper -Prœsidens , pr opter Magistrum nostrum a Cornibus : quia sine hoc factum fuisset illis sicut Jacobitis de Berna : et ideo etiam prœlibatus do?ninus a Cornibus vocabat te Patrem Ordinis* cujus tu serv avéras honorem. juxta illud : Non absolvetis nocentes. Sed videte quomodo ego sum extravagans. Ah domine, hoc facit me recordari de tempore quando faciebatis vestros saltus. et dicebatis istis advocatis : Veni ad punctunu et Curia bene intelligit. Sed hœc sunt proposita melancholiœ. Itaque ego redeo tandem ad meum propositum : et quia video quod esset uimium longus processus de numerare omnia per minutum,
livre 2 5. lettre 14, traitoit, en i53i, d'ày.0'.7Ô!rj6o;, de second Thersite en bavardise. Voyez les Notes sur Rabelais. 1. 3. ch. 14. Du reste, le Moyen de parvenir, ch. 52. intitulé STANXE. tourne plaisamment une bonne, mais un peu tardive réflexion de cet homme.
(2) L'histoire de la friponnerie des Cordeliers d'Orléans, en i534, est triviale : et celle des quatre Jacobins brûlés à Berne en i5oq. ne l'est pas moins, ayant été imprimée in-4to, la même année i5oq, en Allemand et en Latin.
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gros, et vais vous conter ce que j'ai entendu dire de votre livre en diverses occasions.
Premièrement donc, et avant toutes choses, sachez que ces mécréants se moquent de vous si fort, et de votre livre pareillement, qu'ils vont, je crois, le faire réimprimer, pour mettre en lumière la bestialité des Papistes, comme ils disent. Ceci étant posé, quant au premier Chapitre de votre livre, ils disent que votre Cidevant Présidence y fait une figure, appelée Ignorance, et plaide le faux; et qu'elle ne voit pas bien les pièces au fond du sac, quand vous dites qu'ils ont en mépris les décrets des sacrés Conciles et les plus saintes institutions; qu'ils préconisent la licence des mœurs; qu'ils rejettent les jeûnes, les mortifications de la chair, et les prières accoutumées de l'Église : sur tous ces points, disent-ils, la vérité vous donne un honteux démenti, que votre Cidevant Présidence sera bien forcée d'avaler. C'est tout le contraire, en effet : ils admettent tout ce que les sacrés Conciles ont ordonné, tandis que vous, vous faites pis que les Pharisiens, qui se targuaient d'observer la loi et qui, sous ce couvert, ont crucifié le Fils de Dieu. Ainsi, vous prétendez respecter les sacrosaints Conciles, et au fond vous n'en faites rien. Item,
ego faciam in grosso, et dicam y obi s quod ego audivi dici de isto libro per varias vices.
Pritnum igitur et ante omnia. scite quod isti tantum vos rident et vestrum librum, quod ego credo quod ipsi facient semel imprimera ut semper appareat bestialitas Papistarum. sicut ipsi dicunt. Prœsupposito hoc fundamento, quantum ad primum caput vestri libri. dicunt quod vestra Nuper-Prœsidentia facit unam figurant, quœ dicitur Ignorantia, et litigat falsum : et non bene vidit pecias usque ad fundum sacci, quando dicitis. quod ipsi contemnunt décréta sacrorum Conciliorum, et saluberrima instituta. et quod proponunt effusam licentiam vivendi : et quod veritas te dementitur fœtide (quod sorbebit vestra Xuper-Prœsidentia quando dicitis quod exufflant jejunîa, et compressiones carnis, et consuetas Ecclesiœ orationes. Quia tatum contrarium, ipsi defendunt ea omnia quœ sacra Concilia ordinarunt, vos autem facitis peins quam Pharisœi, qui dicebant se servare legem. et hoc titulo crucifixerunt filium Dei. Ita vos dicitis quod tenetis Concilia sacrosancta, et tamen nihil facitis minus. Item, quod non proponunt effusam vivendi licentiam. paiet non tantum ex libris ipsorum. sed et ex vita. Deo gratta: et fere mirarentur quomodo tu audeas
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qu'ils ne préconisent pas la licence des mœurs, c'est ce qui ressort non de leurs livres seulement, mais surtout de leur vie, grâce à Dieu; et ils s'étonneraient presque que vous osiez dire pareille chose, vous qui avez à peu près perdu nez et mâchoire dans ce pays de Syrie (i), s'ils ne savaient que toute votre vie vous avez été élevé à Técole du mensonge. Et à dire vrai, j'aurais voulu que cela ne fût pas dans votre livre, car j'ai vu le contraire de mes propres yeux. Le fait est qu'ils déclament terriblement contre les vices, et que, loin d'empêcher de mortifier la chair par des exercices, ils en font la matière de sermons tout entiers. Sans doute ils ne contraignent pas, et ils ne font pas comme les Juifs, qui observaient certains jours, comme dit Paul ; ils ne se soûlent pas non plus à dîner, pour se tenir lieu de dîner et de souper, comme font tous les autres. Et ils disent même que le plus grand jeûne est de ne pas faire le mal, et que le jeûne n'est pas méritoire en soi, qu'il sert seulement à élever l'âme, et ils en donnent des raisons admirables. Je voudrais donc, pour votre honneur, pour une bonne pièce d'argent, que tout cela ne fût pas dans votre livre, parce que c'est faux. Mais, disent-ils encore, c'est de votre part une hérésie manifeste selon la Sorbonne, que
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diccre hoc, tu qui per didisti ferme nasum et dentés in patria Syrice, nisi scirent te per totam vitam tuam fuisse nutritum in schola mendaciorum. Et certe, ut ego dicam tibi verumy ego vellem quod tu non posuisses hoc in tuo libro : quia ego vidi contrarium in oculis meis. Nam ipsi clamant post vitia valde terribiliter : et non prohibent mortificare carnem per exercitia, imo faciunt totas conciones de hoc. Verum est quod ipsi non cogunt, neque faciunt sicut Judœi, qui observabant dies, sicut dicit Paulus : neque se saturant in prandio. pro prandio et cœna, sicut faciunt omnes alii. Et dicunt etiam quod summum jejunium est non facere malum, et quod jejunium non est meritorium per se, sed quod prodest ad elevandum mentem : et adferunt pro se mirabilia. Itaque ego vellem, pro vestro honore, pro una bona pecia argenti, quod totam hoc non esset in vestro libro, quia falsum est. Sed etiam prœterea dicunt, quod est una manifesta hœresis secundum Sorbonam, quando vocatis mandata Ecclesïœ Mobiles prœceptiones. Quia si hœc propositio vera est, itaut jacet. ipsi non fuerunt statim condemnandi hœretici quando mutarunt aliqua : sed oportuit vi-
(r) Ou, plus exactement, de Palestine, car il est probable que ce pays est Sodome [X. du TradX
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d'appeler les commandements de l'Église des préceptes mobiles. Car, si cette proposition était vraie, dans les termes où elle est couchée, il n'aurait pas fallu condamner ces gens-là tout aussitôt comme hérétiques, lorsqu'ils ont changé quelque chose : il fallait examiner d'abord s'ils avaient quelque raison de ce faire, puisque les préceptes de l'Église sont mobiles : à vous de voir comment vous répondrez.
Si, en effet, vous dites qu'il fallait au moins attendre, pour les changer, la volonté du Pape et des Evêques, ils vous répliqueront que vous arguez comme celui qui, pour réformer un lupanar, voudrait avoir premièrement l'avis des catins qui y habitent. En ce qui concerne les autres questions, les indulgences pour les morts, le culte des reliques, l'intercession des saints, tout cela, ils en conviennent, n'est pour eux qu'invention diabolique, et ils en ont horreur.
Mais, comme nous le dirons un peu plus tard, vous bridez votre mule par la queue ( i ) , lorsque vous appelez tout cela des dogmes de l'Eglise ; car on vous prouvera tout d'abord que c'est l'Église qui n'a pas entendu la voix de son époux, mais qui veut être maîtresse par-dessus son mari même :
d'où ils déduisent ce corollaire : que la famille des Papistes est des mieux gouvernées, puisque la poule y chante mieux que
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dere an haberent aliquam rationem, siprœceptiones Ecclesiœ sunt mobiles : ad quod videbitis quomodo respondeatis. Nam si tu dicas quod oportuit saltem attendere sive expectare voluntatem Papœ et Episcoporum ad mutandum eas, ipsi respondent quod vos arguitis sicut si diceretis, quod ad reformandum lupanaria, oporteret primum habere sententiam meretricwn quœ ibi habitant. Qiiod autem spectat ad alia quœ dicitis, id est, ad suffragia pro defunctis, et instituta reliqua, et sanctorum intercessiones : ipsi fatentur quod ista omnia sunt inventiones diabolicœ, et ideo abominantur.
Vos autem, sicut dicemus postea, frenatis mulam vestram per caudam, quando vocatis ea Ecclesiœ dogmata, quia prius probandum fuit esse Ecclesiam quœ non audivit vocem sponsi sui, sed vult esse domina supra suum maritum : ex quo colligunt unum corollarium, quod familia Papisîarum est optime gubernata, in qua scilicet gallina cantat altius quam gallus. Prœterea, quando dixistis quod aecipiunt pro basi Sanctam Scripturam, et postea
(i) François Hotman, page 4 de son Matag. de Matagonibus, édit. de 1D78, en a dit autant de Matharel, avec ceci de particulier, qu'il a cité Lancelot, comme ayant rapporté ce Proverbe sur la loi Nemo potest, au Digeste de Leg.
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le coq. En outre, quand vous dites qu'ils acceptent pour base la Sainte Écriture, et qu'après vous ajoutez qu'ils s'appuient sur un roseau, ils vous renvoient à la Sorbonne pour qu'on y fasse votre procès.
Et comme le Seigneur a dit que son Verbe durera éternellement, ils affirment que dussiez-vous apporter les montagnes d'Auvergne, avec tous les ânes de votre père, pour battre en brèche la montagne du Seigneur, vous ne feriez que vous casser la tête, à vous et à vos montagnes ; et voilà comme ils se rient de vos forces, et de tout ce que vous pouvez faire, vous et vos semblés. Ensuite, ils reconnaissent les autorités que vous avez été piller dans leurs propres livres, pour^ prouver qu'il ne faut rien ajouter à l'Écriture, au moins en ce qui concerne le service de Dieu. Car, en ce qui est des rites externes, qui ne ressortent pas 'de la conscience et qui sont établis pour la régularité et le bon ordre, ils n'ont jamais dit et ne disent pas qu'il n'en faille point dans l'Église : ceci dépend des circonstances de lieux, de temps et de personnes. Conséquemment, vous n'avez pas bien compris ce qui est le fondement de leur doctrine, et vous vous battez contre votre ombre. En effet, ils ne disent pas seulement, comme vous le croyez, que la Religion des Papistes n'est pas dans la
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dicitis qnod innituntur bacido arundineo, remittunt vos ad Sorbonam, ut fiât ibi rester processus. Et quia Dominus dixit. quod Verbum suum manebit in œternum, dicunt quod etiam si tu adduceres montes Alverniœ cum omnibus asinis patris tui, ad pugnandum contra montem Domini , tu franges tibi caput, et tuis montibus : et ita se rident de vestris viribus, et de toto eo quod potestis, tam tu quam fui similes. Deinde ipsi agnoscunt authoritates quas tu furatus es ex libris ipsorum, ad probandum quod nihil addendum est Scripturœ, quod quidem spectat ad servitium Dei. Nam de ritibus externis qui non pertinent ad conscientiam, et qui sunt facti ut omnia fiant recte et ordine, ipsi nunquam dixeruntj neque dicunt quin oportet ut habeant in Ecclesia, secundum quod melius fuerit pro circunstantia locorum, temporum et personarum. Et ideo non bene intellexistis fundamentum eorum. et pugnatis contra umbram vestram : quia non tantum dicunt, sicut putatis. quod Religio Papistarum non sit in Sancta Scriptura, et per consequens falsa et displicens Deo : viso quod, quod est sine fide peccatum est, et ubi non est verbum, nonpotest esse fiides, sed una fantasia, sicut adhuc estis Prœsidens per fantasiam et non per veritatem, quia Rex non dixit verbum : sed, quod plus est, dicunt
Sainte Ecriture, et par conséquent, qu'elle est fausse et déplaisante à Dieu, vu que ce qui est sans foi est péché, et que là où il n'y a pas de verbe, il n'y a pas de foi, mais simple fantaisie (absolument comme vous êtes encore Président par fantaisie et non par vérité, puisque le Roi n'a pas dit le verbe); ils ne disent pas cela seulement, mais, qui plus est, ils disent que tout est en opposition avec la Sainte Écriture : et voilà ce que vous n'avez pas voulu entendre, parce que cela ne vous était pas agréable.
Sur le Chapitre troisième, ils déclarent que vous êtes un prodigieux sot , que vous vous cassez la tête et la mitre sans rime ni raison ; et, en somme, que vous faites comme ces orateurs qui mettent la conclusion avant l'argumentation ; et ils rient de bon cœur, disant (n'en déplaise à votre Ci-devant Présidence) que vous bridez votre mule par la queue. Et, à ce propos, il faut que je vous confesse un péché véniel que j'ai commis l'autre nuit, par une figure appelée potypose. Voilà-t-il pas que je me suis figuré vous voir sur votre mule, le nez tourné vers son cul ; et comme vous vouliez vous diriger vers un petit pont (j'entends le pont (1) de notre maîtresse), tous ces ribauds de crier : Monsieur, monsieur, pgus nalleç pas droit, mais tout à
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etiam quod est totum ex opposito contra Sanctam Scripturam : et hoc est quod tu noluisti attingere, quia non faciebat bonum pro vobis.
De capite tertio, ipsi dicunt, quod estis unus mirabilis stultus, quia frangiiis vobis caput et mitram sine causa : et in summa dicunt, quod faceretis sicut oratores, qui ponunt conclusionem ante argumentation nem : et ipsi ridebant dicentes (parcat mihi vestra Nuper-Prœsidentia) , quod frenabatis mulam vestram per caudam. Et ego hic confJeor vobis de peccato veniali* quod ego commisi nocte sequenti, per figurant quœ dicitur Potyposis. Nam ego putabam videre vos super vestram mulam verso naso versus culum ejus : et quiun velletis ire versus parvum pontem, ire tamen versus pontem nostrœ dominœ, et omnes istos ribaldos clamantes : Domine, domine, vos non itis bene. sed totum ad reculum : et se ridebant, et ego me excitavi. Et ut veniam ad intentionem meam , ipsi dicunt uno verbo, quod concédant omnia quœ probatis cap. 3. 4. 5. 6n etagunt vobis gratias, quod tam bene colle geritis omnia quœ conveniunt vobis. Nam, dicebant isti, vos estis qui cauponatis verbum Dei, quando immiscetis
(1) Le pont de notre maîtresse, de l'Église probablement [N. du Trad.).
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reculons (i); et ils riaient et je me suis réveillé. Enfin, pour venir au fait, ils disent net, qu'ils vous accordent tout ce que vous démontrez aux chapitres 3,4, 5 et 6, et ils vous rendent grâces d'avoir si bien colligé tout ce qui vous convient. « Car, » disentils, « c'est vous qui trafiquez de la parole de Dieu, quand vous y mêlez les ordures du Droit canonique et vos bonnes intentions maudites; c'est vous qui, par vos pratiques, avez accaparé les âmes, sous prétexte de longues prières, et mieux encore, les royaumes du monde. C'est le Pape qui, pour prouver qu'il était l'Antéchrist, a fait tout autrement que le Christ. En effet, lorsque le Diable dit au Christ, en lui montrant les royaumes du monde : Je te donnerai tout cela, le Christ refusa; mais le Pape, lui, l'a pris au mot, comme on dit, et il a fait avec le Diable une convention, tant pour lui-même que pour ses héritiers et successeurs, qui est l'admirable fondement de la donation de Constantin. Ainsi vous avez volé et vous volez chaque jour. Mais nous, » ajoutent-ils, « qui? en plus de la parole de Dieu, ne recevons quoi que ce soit au monde, comment pouvez-vous, à moins de vouloir mentir, nous appeler trafiquants? Ensuite, c'est vous qui vous prétendez les seuls Catholiques, et qui vous appelez l'Eglise : pour nous, nous
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stercora juris Canonici, et vesiras bonas maledictas intention es, et qui per vestras practicas negotiati estis animas sub prœtextu longarum precationum, imo et régna mundi. Quia Papa, ut se probaret esse Antichristum. fecit totum aliter quant Christus. Quia quum diabolus dicebat Christo. ostendens Mi régna mundi : Hœc omnia tibi dabo : Christus recusavit. sed Papa accepit eum ad verbum, sicut dicunt. et ita etiam diabolus et ipse fecerunt transactionem inter se, tant pro se quam pro hœredibus et successoribus suis, quod est fundamentum mirabile donationis Constantini. Ita estis furati et furamini quotidie. Nos autem (dicebant isti) qui prœter verbum Dei non recipimus quicquam, quomodo possumus dici caupones, nisi mentir i velitis? Deinde vos estis. qui dicitis vos solos Catholicos^ et
(i) A reculons. C'est ad reculum qu'il faut lire, conformément à l'édition de Wiiiorban, i5q3. A recuîorum, comme lit celle de 1584, avec d'autres encore veut dire à po7i. tout derrière les autres, témoin le pro verbe: Bene veniatis qui apportatis: et qui nihil apportâtes. A RECULORUM, rapporté par Mathurin Cordier, page 433 de son de Corr. Serm. entend. édition de 1 53 1 . Et c'est dans le même sens qu'au ch. 4 du 22 livre de Rabelais, l'enfant Pantagruel trouve mauvais qu'à certains grands repas que donnait son père, on l'eût laissé à reculorum. — Cependant, l'édition sine loco de 1 553, imprimée en Italiques et qui est généralement correcte, porte a reculorum.
So
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sommes des Luthériens, des Schismatiques, d§s Apostats, des Protestants. C'est encore vous qui sans cesse allez criant que la barque de Pierre, où faussement vous croyez être, est attaquée et bousculée par nous autres hérétiques : tellement que Maître De Cornibus s'en broyait de temps en temps les poings contre sa chaire, tant il était zélé pour son couvent; et Maître Picard s'en est fait peter la bourse à crier Mater Dei contre les Luthériens. Mais pourtant nous ne transigerons point sur ce point avec Monsieur le Présent-Abbé.
Car, si le supplice ne fait pas les martyrs, nous le savons, mais bien la cause, cependant nous disons que la Croix est une bonne marque pour une Église ; et, en fait, que voyons-nous aujourd'hui? Comment sommes-nous combattus? rien qu'avec le glaive et la flamme, comme jadis les Chrétiens par les Ariens ; nous autres, au contraire, nous combattons avec le glaive seul, c'est-à-dire avec la parole de Dieu. Or, nous l'affirmons, c'est là une preuve évidente que le Pape avec les siens est le Diable; que nous, au contraire, nous sommes les brebis du troupeau du Christ, lesquelles n'entendent que la voix de leur pasteur, et, à. la suite de leur pasteur, vont de bon gré à la croix, et sont plus heureuses dans leurs afflictions que les loups
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vos vocatis Ecclesiam, nos autem Lutheranos, Schismaticos, Apostatas, Protestantes. Deinde qnid alhid facitis qnam clamare quod navicala Pétri, in qua falso vos putatis esse, affligitur et tormentatur a nobis hœreticis? adeo quod de Cornibus sibi frangebai interdum pugnos contra suam cathedram, tam erat *elosus pro conventu : et Picardus sibi f régit bursam , clamando Mater Dei, contra Lutheranos. Sed tamen non transibimus istud in punctum Domino Nunc-Abbati. Nam quamvis sciamus pœnam non facere Martyres, sed causam, tamen dicimus quod Crux est una bona nota Ecclesiœ : et quia videmus hodie quod contra nos non pugnatur nisi gladio et flammis, sicut etîam olim Arriani faciebant adversus Christianos , nos autem non pugnamus nisi solo gladio, id est, verbo Dei : dicimus etiam hoc esse unum evidens argumentum, Papam cum suis esse diabolum, nos autem esse oves gregis Christi, quœ non audiunt vocemnisi sui Pastoris, et quœ sequentes suum Pastorem, eunt volent es ad crucem, et gaudent in afflictionibus suis, magis quam ipsi lupi et tortores cum suis mitris, et crossis, et meretricibus : de quo nos referremus ad conscientiam Domini Nunc-Abbatis, si ipse haberet unam.
Sed prœterea sunt quœdam mirabilia
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et les bourreaux avec leurs mitres, et leurs crosses, et leurs catins : sur quoi nous nous en rapporterions à la conscience de Monsieur le Présent-Abbé, s'il en avait une.
» Mais il y a encore , dans le sixième Chapitre, des secrets admirables. Quand, au début de ce chapitre, Monsieur le Ci-devant Président appelle Saint Jérôme barbu, nous en déduisons pour corollaire que votre Édit sur les barbes ( i ) était dirigé contre Saint Jérôme, et qu'ainsi il était hérétique par la barbe. Et quand vous appelez Grégoire le sommet de l'Église, il s'ensuit que votre- Église est à deux têtes, et c'est pour cela aussi, allégoriquement, que la mitre de Monsieur le Ci-devant Président et autres bêtes a deux sommets. Tropologiquement, toutefois, ces deux pointes signifient la pollution de l'un et l'autre Testament, de même que les trois couronnes d'or et de pierres précieuses de l'Antéchrist (contre-partie de la couronne d'épines de Jésus-Christ) signifient qu'il se met au-dessus du Père, du Fils et du Saint-Esprit, anagogiquement. » Et quant à ce que vous dites que l'Église Apostatique Romaine est une pieuse Mère qui ne ferme son giron à personne, ces hérétiques s'en moquent si fort, que, si vous les voyiez, vous en crèveriez avec toute la
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sécréta in sexto Capite. Nam in principio, quum Dominus Nuper-Prœsidens vocat divum Hieronymum barbatiifn, nos colligimus unum coroïlarium, qnod quando procurabatis edictum de barbis, vos faciebaiis contra Hieronymum, et ita erat hœreticus per barbam. Et quum vocatis Gregorium Ecclesiœ verticem, sequitur quod Ecclesia vestra est biceps, quamobrem etiam mitra Domini Nuper-Prœsidentis et cœterarum bestiarum, habet duos vertices allegorice. Tropologice autem dénotant istœ duœ cuspides pollutionem utriusque Testamenti, sicut très coronœ de auro et lapidibus pretiosis Antichristi (quœ opponuntur coronœ spineœ Jesu Christi) signijicant quod ille ponit se supra Patrem, Filium, et Spiritum Sanctum, anagogice. Et quantum ad hoc quod vos dicitis quod Ecclesia Apostatica Romana est pia Mater quœ gremium claudit neminiy isti hœretici rident se de eo tantum. quod si tu vider es tu crepares cum tota Sorbona. Nam dicunt quod ipsa est una Prophetia similis illi quam fecit Caiphas, qui nesciebat quid diceret, et ita tu es Caiphaicus. Qidaprofecto vestra Eccle-
(i) Une ordonnance rendue par François Ier, en 1 533, envoyait ramer sur les galères les Bohémiens, les vilains, et tous ceux qui oseraient porter la barbe sans y être autorisés et sans paver la redevance imposée [N. du Trad.).
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Sorbonne. « C'est, » disent-ils, « une prophétie semblable à celle de Caïphe, lequel ne savait ce qu'il disait, et ainsi vous êtes Caïphaïque. Car assurément votre Église est une catin, archi-catin, qui (comme dit le Prophète) a écarté ses jambes sous tous les arbres et n'a fermé son giron à personne.»
O piété! ô fagots! ô Jean André! (i) ô Maître Picard! ô Maître Maillard! Maître Le Clerc! (2) ô Frère Joachim Périon, (3) Bénédictin de Cormery, Cicéronien! est-ce que nous ne brûlerons pas ces hérétiques? Croyez-moi, s'il vous plaît, Monsieur le Ci-devant-Président , je ne sais plus où j'en suis; voyez si vous pouvez répondre, et faites dire une bonne Messe, afin d'être bien inspirés. Car, sans cela, c'est fait de notre Sainte Mère putain l'Église Romaine, et nous serons Fils de putain; et ainsi, selon les Canons, votre Présente-Abbaye deviendra vacante, si vous ne produisez dispense contre le droit divin.
Mais nous voici au septième Chapitre.
Dans celui-là, vous prétendez que l'argument fondamental actuellement employé
(1) Jean André, Imprimeur de l'Université, et i un de ses mouchards, environ l'année 1541. Voyez Rob. Estienne, pag. 12 et i3 de la Réponse aux Censures de la Sorbonne.
de Passavant
sia est iina meretrix meretricissima, quœ (sicut dicit quidam Propheta) divaricavit tibias suas sub omni arbore, et nemini claudit gremium suum.
O pietatem! o fasciculos! o Joannes Andréas! o Domine Picarde! o Domine Maillarde! Domine Cierice ! o Domine Frater Joachime Perionie, Bénédictine Cormeriacene, Ciceroniane! non comburémus istos hœreticos? Crede mihi, si placet, Domine Nuper-Prœsidens, ego nescio ubi sim :
vide an tu possis respondere, et fac dicere unam bonam Missam, ut sitis bene inspirati. Nam sine hoc est factum de Sancta Matre nostra mereirice Romana Ecclesia, et erimus Filii meretricis : et ita, secundum Canones, vacabit vestra Nunc-Abbatia, nisi faciatis apparere de dispensatione contra jus divinum.
Sed venimus ad septimum Capitulum.
In septimo dicitis, quod idemfundamentum
(2) Jean Le Clerc, Régent de Grammaire au Collège de Navarre en 1 538, et environ ce temps-là Doyen de la Faculté, sans être Docteur, puisqu'il ne le fut qiïonze ans après, si nous en croyons Launoi, page 10 10 de son Histoire du Collège de Navarre. Du reste, Robert Estienne, page 38 de sa Censure de la Sorbonne, compte cet homme parmi ses plus grands ennemis.
(3) Joachim Périon, Moine Bénédictin à Cormery, en Touraine. Voyez les Éloges de Teissier, dernière édition, pag, 383 et suiv.
par les Pseudo-Évangéliques, à savoir qu'il ne faut rien admettre qui ne soit dans les Écritures, a servi à quatre sectes d'hérétiques fieffés : aux Ariens, aux Donatistes, aux Léonistes (i) et aux Hussites. Or écoutez, Monsieur le Ci-devant Président, comme ils répondent à votre nez, et comme ils parleraient à votre barbe, si la vérole ne l'avait emportée : oh! je dis tout cela à la troisième personne, comme font souvent les Hébreux, à en croire ces hérétiques. Ils disent donc que vous agissez avec eux de la même bonne foi que vous agissiez au Palais, où vous aviez l'habitude d'amplifier et de raccourcir tout au gré des petites dames, qui vous sollicitaient si humblement que souvent elles se laissaient choir devant vous, par humilité. En effet, quand les Ariens disaient qu'ils ne trouvaient pas le mot Homoswm (ne sachant pas le Grec, comme beaucoup d'autres choses, vous l'avez fait estropier (2) par votre typographe), ils jouaient sur le mot, et à bon escient, car, si ce vocable n'est pas dans l'Écriture, il y a du moins son équivalent, et la doctrine de la Trinité a des témoignages éclatants, en nombre infini, dans l'Écriture Sainte. C'est pourquoi les Ariens ont été justement condamnés, ce qui n'aurait jamais eu lieu sans les Écritures. Mais votre thèse, à vous, est de
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quod nunc assumant pseudo-Evangelici .
dicentes. quod nihil recipiendum est quod non sit in Scripturis, servivii quatuor prœjudicatis hœreticis. Arrianis, Donatistis. Leonistis. et Hussitis. Audite ergo, Domine Nuper-Prœsidens. quomodo ipsi respondent vestro naso. et quomodo alloquerentur vestram barbam si pelada non abstulisset eam : quœ omnia ego dico in tertia persona. sicut isti hœretici dieunt. quod sœpe faciunt Hebrœi. Dieunt ergo quod tu agis eum ipsis eadem fide qua tu agebas in palatio. quando tu amplificabas et decurtabas omnia ad placitum mutierculdrufh quœ te solicitabant tant humiliter, ut sœpe codèrent ante te prœ humilitate. Quia quum Arriani dicebant. quod non inveniretur vocabulum Homosiom (nom quia tu non intelligis Grœcum . sicut née multa alia. tu fecisti tecum errare typographicum). ipsi pugnabant de vocabulo contra suam conscientiam : quia etiamsi istud verbum non est in Scriptura, tamen est œquivalens. et doctrina de Trinitate habet aperta testimonia infintta in Sancta Scriptura. Itaque bene fuerunt condemnati Arriani. quod nunquam fuisset factum sine Scripturis.
(1) Les Iconomaques, appelés Léonistes, de l'Empereur Léon Isaurien qui les favorisait.
2) Homosiom pour Hornosion.
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tous points et en tout différente ; car ce n'est pas sur des mots, mais sur des choses que porte l'objection des Luthériens, quoique d'ailleurs ils répudient très-volontiers ces façons de parler sophistiques, avec lesquelles Ja Sorbonne a embrouillé l'Évangile. Ainsi, par exemple, lorsqu'ils disent que la foi toute seule nous justifie, ils conviennent que cette proposition, formulée de la sorte, n'est pas dans l'Ecriture; mais lorsque Saint Paul dit : Nous croyons que la foi justifie V homme sans le concours de la loi, ils trouvent dans cette phrase le mot seule, sinon dans la lettre, du moins dans le sens : ils l'emploient et parlent en conséquence, et de même du reste. Vous voyez donc bien que vous êtes un vil calomniateur, quand vous les comparez aux Ariens. Mais combien meilleur Arien vous êtes vous-même, vous qui faites autant de dieux que vous adorez d'idoles et qu'il y a de prêtres prêtrisant, c'està-dire faisant et mangeant chaque jour un dieu blanc pour un salaire minimum de six blancs!
Pour ce qui est des Donatistes, si vous n'étiez, disent-ils, rubicond au point de ne pouvoir l'être davantage (car sans cela vous seriez cardinal), ils admireraient comment vous ne rougissez pas d'écrire pareille chose. Eux-mêmes, en effet, que
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Sed ista causa, de qua tu disputas, est in totum et per omnia diversa : quia non faciunt Luther ani difficultatem de vocabulis, sed de rébus ; quanvis etiam Mb enter réfugiant modos dicendi Sophisticos, quibus Sorbona obtenebravit Evangelium. Sicuii (ut ponam exemplum) quum dicunt quod sola fide justificamur, bene dicunt quod ista propositio, ut jacet, non est in Scriptura : sed quia quando Paulus dicit, Arbitramur fide justificari hominem sine operibus legis, ponit hanc vocem : Sola, si non in verbo, saltem in sensu : ideo utuntur ea et sic loquuntur, et sic de aliis. Ita tu vides quod tu es unus turpis calumniator, quando tu comparas eos cum Arrianis. Sed quanto tu melius es Arrianus, qui facis tôt deos, quoi sunt idola quœ tu adoras, et quoi sunt Presbyteri Presbyterantes, id est facientes et quotidie comedentes unum deum album ad minus pro sex albis!
Quod autem spectat ad Donatistas, dicunt quod nisi esses tam rubicundus quod tu non potes magis (quia sine hoc tu esses Cardinalis) mirarentur quod quomodo non erubesceres ista scribere. Quia quum ipsi~ met, quos tu vocas pseudo-Evangelisias, condemnent Donatistas, tu bene scis quod non contraveniunt Us consuetudinibus Ecclesiœ, quœ etiam si non sunt expressœ in Scripturis , tamen quod ad sententiam ,
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vous appelez Pseudo-Evangélistes, ils condamnent les Donatistes, et, vous le savez bien, ils ne contreviennent pas à ces pratiques de l'Église qui, si elles ne sont pas littéralement exprimées dans les Écritures, y ont cependant, quant au sens, leur fondement et leur raison manifeste : tel, par exemple, le baptême des enfants, comme ils l'ont démontré eux-mêmes, eux que vous appelez hérétiques, contre les Catabaptistes (i) : si bien que s'ils ne leur avaient pas résisté (2), vous autres Papistes seriez bien en peine de vous défendre. Donc, dans cet article aussi, vous faites assez voir que vous êtes ou un âne, ou un calomniateur. Et si vous plaidiez de la sorte à la Cour, vous seriez bien sûr de payer soixante livres d'amende en votre propre et privé nom, pour le moins.
Passons aux Léonistes ou Caïphaïques, que vous dites avoir été condamnés dans le septième Synode, parce que l'ancien rite de l'Église et la coutume des Apôtres ont enseigné le respect et le culte des images des Saints. Ils vous répondent que, pour un mensonge, ils peuvent vous opposer un nombre infini de vérités : en effet, ceci n'a jamais été l'ancien rite de l'Église, ni la tradition des Apôtres ; car, premièrement, si les Juifs ^'offensaient de ce que les Gentils ne mangeaient pas des
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habent fiindamentiim et rationes manifestas in Scripturis , sicut habet Baptismus infant him, ut probarunt ipsimet, quos tu vocas hœreticos, adversus Catabaptistas : adeo utnisi ipsi illis restitissent, vos Papistœ essetis bene impediti ad vos defendendum. Quare in hoc qiioque articulo vos bene ostenditis quod estis vel asimis, vel unus calumniator. Et si tu sic litigares in Curia, tu solveres sexaginta libras emendœ in tuo proprio et privato nomine , ad minus.
Veniamus ad Leonistas sive Caiphaicos, quos tu dicis fuisse condemnatos in septima Synodo, quia vetustus Ecclesiœ ritus et consuetudo Apostolorum, docuit venerandas et reverandas imagines Sanctorum.
Respondent isti, quod pro uno mendacio tibi possunt opponere infnitas veritates : nam quod nunquam fuerit hic vetustus Ecclesiœ ritus, neque traditio Apostolorum, patet primiun, quia si offendebantur Judœi eo quod non comedebant Gentes de idolo-
(1) Secte Chrétienne qui niait l'utilité du baptême (N. du Trad.).
(2) Restitissent. Agrippa, dans son Apologie contre es Docteurs de Louvain, parle ainsi de Luther : Vtinam non solum sit invictus hœreticus, et non etiam hxreticorum victor, magno Magistrorum nostrorum dedecore. Quis enim vicit Anabaptistas ? Quis restitit Sacramentariis ? Nonne unus Lutherus ?
Épttre
viandes des sacrifices, combien plus fort eussent-ils crié s'ils avaient adoré des images, ce que les Juifs ne rirent jamais ? et alors les Apôtres eussent établi quelques prescriptions. En outre, si cela était vrai, nos Maîtres sont assurément de grands ânes, qui ne condamnent pas cette très-ancienne Épttre d'Épiphane, laquelle dit tout le contraire : épître si appréciée, que Saint Jérôme la traduisit de Grec en Latin, ainsi qu'on peut encore la lire dans ses Œuvres. Et cependant cet Épiphane se vante manifestement d'avoir déchiré un rideau qui pendait dans un temple, et sur lequel était peinte l'image du Christ : ajoutant pour raison, que cela était directement contraire à l'autorité de la Sainte Écriture. Il faut donc que Monsieur le Cidevant Président soit hérétique avec toute l'Église Apostatique Romaine, ou Épiphane avec Saint Jérôme. Et il ne suffit pas de dire que ce point n'était pas encore défini par l'Église, comme il l'a été plus tard : car si c'avait été la coutume des Apôtres, la chose eût été hors de doute, et il n'était pas besoin d'intreprétation; et Épiphane, approuvé par Saint Jérôme, n'eût jamais dit que cela était contraire à l'autorité de l'Écriture Sainte ; ou, s'il l'eût dit, il aurait été condamné comme hérétique. D'où il suit que tout ce qui a été fait depuis par
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thytis, quantos fecissent processus si adorassent imagines y quod nunquam fecerunt Judœi? et tune aliquid ordinassent Apostoli. Et prœterea si hœc esset veritas, Magistri nostri profecto sunt magni asini, qui non condemnant Epistolam illam antiquissimam Epiphanii, quœ dicit totum contrarium : et fuit tara laudata, quod fuit versa de Grœco in Latinum per beatum Hieronymum, sicut etiam hodie îegitur in ipsius operibus. Et tamen jactat se ille Epipha- Jiius manifeste, quod ruperit unum vélum quod pendebat in uno templo, in quo erat picta Imago Christi : et addit rationem, quia hoc erat directe contra authoritatem Sanctœ Scripturœ. Itaque oportet quod Dominus Nuper-Prœsidens sit hœreticus cum tota Romana Apostatica Ecclesia, vel Epiphanius cumHieronymo. Nec sufficit dicere quod nondum hoc erat conclusum per Ecclesiam, sicut fuit post : quia si fuisset hœc consuetudo Apostolorum^ ista res erat extra dubium, et non indigebat consilio : et Epiphanius, quem approbat D. Hieronymus , nunquam dixisset , quod hoc erat contra authoritatem Sanctœ Scripturœ :
aut si dixisset, fuisset condemnatus pro hœretico. Ex quo sequitur quod omnia quœ postea facta sunt per Papam Romanum, etiam contra Synodum septimam, quœ dix erat non esse adorandas imagines,
le Pape Romain, à rencontre même du septième Synode, lequel avait décidé qu'il ne fallait pas adorer les images, mais honorer mentalement ce qu'elles représentent, a été fait contre la coutume de l'antique et primitive Église, et contre l'autorité de la Sainte Écriture; que tout, par conséquent, est nul de plein droit. Et comme tout a été fait de mauvaise foi, la prescription ne peut être invoquée, car jamais n'a été, jamais n'a pu être purgé le vice de mauvaise foi, persistant dans sa propre possession usurpatrice, sans aucun titre. Cela étant, nous savons comment le Pape a, par ce moyen, soustrait l'Italie à l'Empereur, et déchiré en deux l'Empire Romain; comment il a été l'auteur du parricide de Constantin VI, tant ce Pape Romain avait de zèle, et si ardente, si fidèle Catholique était cette Irène, qui fut l'inspiratrice et la complice du susdit Antéchrist dans ces horribles forfaits. Voilà donc d'où sont venues ces pratiques : de celui qui fut homicide dès le principe et qui, aujourd'hui encore, vomit ses blasphèmes par la bouche fétide de Monsieur le Présent-Abbé, et semblables suppôts de l'Antéchrist.
Restent enfin les Hussites, contre lesquels Monsieur le Ci-devant Président allègue le Concile de Constance, dont les enfants se moquent encore. Personne n'ignore, en
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sed mente colendum qnod reprœsentatur per eas, sunt facia contra consuetudinem antiquœ et primitivœ Ecclesiœ, et contra authoritaiem Sanctœ Scripturœ, et per consequens omnia istasunt ipso jure nulla. Et quia mala fide sunt facta ista omnia, prœscriptio non currit. Quia nunquam fuit purgatum, neque potuit purgari vitium malœ fidei, persistendo in ipsa usurpativa possessione, sine ullo tituîo. Et quod ita sit, scimus quomodo Papa per hune modum subtraxit Italiam Imperatori , et dissipaverit Imperium Romanum in duo, et fuerit author parricidii Constantini sexti, adeo erat ^elosus Papa Romanus, et adeo erat fidelissima et Catholicissima illa Irène, quœ fuit fautrix et adjutrix prœlibati Antichristi in istis horribilibus sceleribus. Unde apparet a quo venerint ista, scilicet ab eo qui fuit homicida a principio, et adhuc nunc éructât suas blasphemias per os fœtidum Domini Nunc-Abbatis, et similium mancipiorum Antichristi.
Restant tantum Hussitœ, adversus quos Dominus Nuper-Prœsidens allegat Concilium Constanliense, de quo se irrident adhuc pueri. Quia nullus est qui nesciat quomodo fuerit ibi congregata una turba asinorum potius quam hominum, qui pro omni argumento attulerunt fasciculos, quibus lucrati sunt causam suam : sicut ap-
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effet, ce qu'a été cette réunion d'ânes plutôt que d'hommes, qui, pour tout argument, apportèrent des fagots, au grand bénéfice de leur cause : il n'y a qu'à lire là-dessus l'Épître de Pogge et les Actes du Concile. Et c est depuis cette époque que la Curie Romaine n'a pas cessé de décliner; et elle ne le cessera point, jusqu'à ce que tout son siège soit tombé avec Monsieur le Pape au fond de l'enfer, comme il est annoncé dans l'Apocalypse.
Venons au Chapitre huitième. Monsieur le Président, s'il vous déplaît de lire ceci, moi je n'en peux mais. C'est pourquoi, lorsqu'il vous conviendra, vous me donnerez une audience, pour la pareille (i), et je vous dirai la chose tout au long. Ce qui est certain, c'est que ces hérétiques vous répondent : ils disent que quand vous parlez de construire des raisonnements, vous êtes compétent comme un clerc qui parlerait de la guerre ; que vos étais ne sont pas solides, et que, par suite, tous vos raisonnements vous tomberont sur la tête. Ceci posé, ils vous trouvent mal fondé à argumenter de la sorte : La loi Chrétienne a été, au commencement , écrite dans les âmes et non sur du papier, donc toute la loi Chrétienne na pas été écrite en lettres. A entendre ces hérétiques, vous n'étiez pas bien disposé le jour où vous argumen-
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par et ex Epistola Poggii et Actibus Concilii. Et etiam ex eo tempore non destitit Curia Romana declinare, et non prias cessabit quant tota sua sedes ceciderit cum Domino Papa in fundum inferni, sicui ostenditur in Apocalypsi.
Veniamus adCaput octavum. Sed Domine Nuper-Prœsidens , si tibi displicet ista légère, ego non possum sed. Jtaque quando tibi plaçait, vos dabitis mihi iinam audientiam, pro pari, et ego dicam tibi totum ad longum. Qiiandoquidem isti hœretici replicant, et dicunt quod quando tu loqueris de cuniculis , tu loqueris sicut unus clericus de armis : quia tu non facis bonos estagios, et ideo toti tui cuniculi cadent super tuum caput. Et quod ita sit, dicunt quod tu es maie fundatus quando tu argumentaris hoc modo : Lex Christiana fuit initio scripta in mentibus, non in charta, ergo tota lex Christiana non est scripta in literis. Isti hœretici dicunt quod tu non eras bene dispositus, quando tu sic argumentabaris sophistice, sive Sorbonice. Et quod est pejus, quod tu non intelligis quid sit illud quod tu aile g as ex Hieremia: Ego ponam leges meas in mentibus eorum^ quia hoc non
\\) Voyez les Contes de Bonaventure des Périers, au chapitre intitulé : De V Avocat en Parlement, qui pt abattre sa barbe pour la pareille.
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tiez ainsi sophistiquement, ou Sorbonniquement (i). Et qui pis est, vous ne comprenez pas ce que vous citez de Jérémie : Je mettrai mes lois dans leurs esprits, car ceci ne regarde en rien la question. Dieu a toujours dû agir, il a agi et agira toujours ainsi à l'égard de ses élus : autrement, la Loi ne serait que lettre morte. Mais de la différence de la lettre et de l'esprit, de la Loi et de l'Évangile, vous ne savez pas plus qu'un idiot que vous êtes. Et, là-dessus, ils m'ont dit quantité de choses que je ne comprenais pas, et que vous ne comprendriez pas vous-même plus que du Latin élégant, ou du Grec, ou de l'Hébreu, c'est-à-dire ces langues d'hérétiques dans lesquelles sont écrits les deux Testaments. Votre argumentation pèche donc par la base, et tout le reste croule. Ainsi, tout ce que vous dites au Chapitre neuvième ne vient pas plus à propos que Magnificat à Matines. En effet, si Jésus a fait beaucoup de choses qui ne sont pas écrites, et s'il y a eu des traditions dans l'Eglise,
(i) Ces deux mots étaient devenus en quelque manière synonymes par l'introduction de la Scolastique dans les Ecoles de Théologie. Depuis ce temps-là, autant de Théologiens, à peu près autant de Sophistes ; et comme à Paris la principale demeure de ces gens-là était la Sorbonne, de là venait qu'en France le sobriquet de Sophiste désignait ordinairement un Docteur
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pertinet ad proposition. Qiiia semper opus fuit at Deus hoc faceret, et semper fecit, et faciet in electis suis, aîioqui Lex esset semper litera occidens. Sed vos non scitis plus de literœ différentiel et spiritus, Legis et Evangelii, quum unus idiota quod estis. Et super hoc, dixerunt mihi multa quœ non intelligebam, et etiam quœ vos non intelligeretis magis quam elegans Latinum, aut Grœcum, aut Hebrœum, id est, linguas hœreticorum quibus scriptum est iitrumque Testamentum. Ergo postquam maie est sustentants v ester cuniculus, sequitur quod totum vadit maie. Et quod ita sit, dicunt de omnibus quœ dicis Cap. nono, quod faciunt minus ad propositum quam Magnificat ad Matutinas, Quia etiam si fecit Jésus multa quœ non sunt scripta, et fuerunt traditiones aliquœ in Ecclesia, tamen hoc
de cette Faculté. Budé, dans^ une lettre à Erasme, laquelle est la 6e du liv. des Epîtres de ce dernier : le jeune homme que vous m'ave\ recommandé..* demeure -présentement en Sorbonne, ou plutôt dans le lac Sorbonide : car je puis avec justice appeler ainsi le séjour de ces Sophistes. De là vient que partout où le Rabelais de Dolet, et autres éditions antérieures lisent ou Sorboniste ou Théologien, les éditions suivantes lisent Sophiste. Du reste cette lettre, où, soit dit en passant, cette tirade contre la Sorbonne est exprimée en Grec, est d'environ l'année i5 17, et ainsi, l'allusion de Sorbonne à lac Sorbonide n'est point proprement de Rabelais, quoiqu'il l'ait employée au chap. 33 du livre 2.
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cela ne prouve pas ce que vous voulez prouver. D'abord, pour le premier point, ils répondent que le Saint-Esprit a bien su ce qui suffisait à l'Église : et quoique tout n'ait pas été écrit, cependant ce qui est écrit est suffisant. Et quant aux traditions, nous ne les trouvons pas consignées dans les Epîtres de Paul, où tant de choses pourtant sont réglées. Ensuite, il faut distinguer de la Doctrine le rite et les cérémonies : ceux-ci sont variables suivant les temps et les lieux; la Doctrine, au contraire, est toujours une, toujours la même. Aussi ces hérétiques n'ont-ils jamais rejeté les cérémonies dans leur ensemble, et ils ne les rejettent pas plus maintenant, comme vous feignez de l'ignorer : mais celles seulement qui sont impies, ou dont vous avez abusé à un point qu'elles ne puissent plus être tolérées, quoique fondées jadis à bonne intention. De plus, pour que que votre argumentation eût le sens commun, il faudrait prouver que Saint Paul parle de ces traditions que vous voulez défendre, c'est-à-dire de la Messe, de l'invocation des Saints, du Pape, du chrême, de l'eau bénite, et autres horribles sacrilèges que le Diable a excrémentés, bien loin qu'ils vous aient été transmis par Saint Paul, auquel vous faites grande injure. Car Saint Paul appelle la prohibition du mariage et
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non probat intentionem tuant. Primum, quia quantum ad primum punctum, respondent quod Spiritus Sanctus bene scivit quid sufficeret Ecclesiœ : et ideo quamvis non sint omnia scripta, tamen quœ scripta sunt sufficiunt. Et quod ad traditiones, non habemus ipsas descriptas in Epistolis Pauli, ubi ordinat multa. Deinde debent distingui ritus et modi faciendi a Doctrina : quia illi sunt mutabiles secundum tempora et loca : Doctrina vero est semper una et eadem. Ideoque etiam isti nunquam rejecerunt ceremonias in totum, nec rejiciunt, sicut tu fin gis te ne s cire : sed eas tantum quœ sunt impiœ, velquibus ita abusi estis : sicut, ut non possint jam tolerari, etiam si per se fuerint fundatœ ad bonam intentionem. Et prœterea, ut vaîeret vestra argumentation esset probandum quod Paulus loquitur de illis traditionibus, quas tu vis defendere, id est, de Missa, invocatione Sanctorum, Papa, crismate,aquabenedicta, et aliis terribilibus sacrilegiis quœ diabolus cacavit, nedum ut tradiderit Sanctus Paulus, cui tu facis magnam injuriam.
Nam Paulus vocat defensionem nuptiarum et ciborum Doctrinam diabolicam : et dicit quod Regnum Dei non est in esca et potu. Unde patet quod mentiuntur qui dicunt Quadragesimam, ut nunc fit, esse traditionem Apostolorum, et alia similia. Et idem
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de la nourriture invention diabolique, et il dit que le Royaume de Dieu n'est ni dans le boire ni dans le manger. Preuve que c'est mentir, de prétendre que le Carême, institué comme il Test aujourd'hui, est une tradition des Apôtres, et autres choses semblables. Et ils en disent autant de tout le chapitre. Quant aux autres Apôtres, s'ils n'ont pas été inactifs, il ne s'ensuit pas cependant qu'ils aient fait ce que vous soutenez. Bien au contraire, ils n'ont jamais rien fait différemment ou à rencontre de ceux dont nous avons les écrits ; à moins que vous ne vouliez dire que le Saint- Esprit est divisé contre lui-même, comme l'Esprit diabolique est divisé en autant de sections qu'il y a d'Ordres monastiques. D'où ils déduisent encore que vous, Monsieur le Ci-devant Président, vous mentez plus*salement que dix mille Messes (si c'était possible) quand vous dites quel'Église atouours observé ces cérémonies et traditions. La véritable Eglise, au contraire, celle qui n'entend que la voix de son époux, ne les a jamais observées. Mais, à la vérité, il fut un temps où le Seigneur permit que les hommes n'y vissent pas, sauf d'une manière très-confuse, jusqu'à ce qu'il fit de nouveau éclater sa lumière, qui découvrit le pot aux roses, pour parler par antiphrase. Et il n'est pas vrai (n'en déplaise à votre Pré-
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dicunt de toto isto Capitulo. Quia etiamsi reliqui Apostoli non faerunt otiosi, tamen non sequitur qnod fecerint ea quœ tu défendis. Imo contrarium, nunquam fecerunt aliquid diversum aut contrarium ab lis quorum Scripta habemus : nisi relis dicere quod Spiritus Sanctus sit divisus secum, sicut Spiritus diabolicus divisus est in tôt Sectas quoi sunt ordines Monachorum.
Unde colligunt etiam, quod tu Domine Nuper-Prœsidens, mentiris fœtidius quam decem millia Missarum, si fieri posset, quando tu dicis, quod Ecclesia semper tenuit istas ceremonias et traditiones. Quia contra, vera Ecclesia quœ non audit aliam vocem quam sui sponsi, nunquam eas tenuit. Sed bene verum est quod ad tempus Dominus permisit homines non vider e nisi valde obscure, donec iterum faceret venir e lucem suam, quœ discoperuit poculum ad rosas, per contrarium loquendo. Neque verum est (salva tua Nunc-Abbatia) quod tu dicis, quod authoriîas Scripturœ dependet ab Ecclesia : sed contra verum est, quod vera Ecclesia cognoscitur a falsa, et Apostatica sive Romana, ex eo quod illa vere recipit Evangelium, ista vero non recipit nisi per Jîctionem, quando illum adultérât per sua fœtidissima stercora Canonistarum, et Sophistarum. Et ita, Domine Nuper-Prœsidens, vos estis bene soluti.
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sente -Abbatialité) de dire, comme vous faites, que l'autorité de l'Écriture dépend de l'Église. Ce qui est vrai, c'est que la véritable Église se reconnaît de la fausse, de l'Église Apostatique ou Romaine, en ce que la première n'accepte rien, si ce n'est au figuré : tandis que l'autre subit la tradition, en y mêlant ses fétides ordures des Canonistesetdes Sophistes. Et ainsi, Monsieur le Ci-devant Président, vous voilà bien arrangé. En ce qui concerne le mot d'Augustin, ils ont déjà tant de fois répondu, que vous ne valez pas la peine qu'ils se répètent. « Bien mieux (me disait ce ribaud qui causait avec moi), je me doute que tout le monde va me juger plus grand sot que Monsieur le Ci-devant Président, de vouloir raisonner avec pareil âne d'Auvergne, ou d'Arcadie. »
Sur le Chapitre dixième, où vous voulez montrer qu'au sentiment de quelques docteurs, les Apôtres ont transmis de vive voix bien des choses qu'ils n'ont pas écrites, ils disent, Monsieur le Ci-devant Président, que vous vous battez contre votre ombre. Én effet, où vous êtes toujours faible, c'est dans la mineure de votre argument : car vous auriez dû prouver que ces traditions verbales sont celles-là mêmes que vous défendez, et cela, vous ne le prouverez jamais. En outre, ils disent comme ci-des-
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Quia quantum spectat ad dictum Augustiniy tam sœpe jam responderunt, qaod tu non voies ut ista redicantur. « Imo (dicebat mihi iste ribaldus qui loquebatur mecum) ego me dubito quod omnes me habebunt pro majore stulto, quam sit Dominas Nuper-Prœsidens, eo quod volo disputare
| per rationem cum tanto asino Alverniœ, sive Arcadiœ. »
Et ita (quod attinet ad Caput decimum : in quo ostendere vultis aliquos doctores sentire quod Apostoli multa tradiderunt voce quœ non scripserunt) dicunt, domine Nuper-Prœsidens, quod tu pugnas contra tuam umbram. Quia semper tu deficis in minore tui argumenti, quia debuistiprob are
[ quod ista? traditiones verbales, sunt illœ quas tu défendis, quod tu nunquam probabis. Et prœterea dicunt sicut supra, quod
1 sicut Apostoli scripserunt omnia quœ erant necessaria ad salutem, ita etiam potuerunt dixisse multa, quœ quamvis sint bona, tamen Ecclesia potest illis car ère: quia omnia
| quœ sunt bona, non tamen sunt semper ita necessaria, ut sine ipsis non possis vivere. Sicut etiam videmus Spiriium sanctum fecisse in ipsis actis Jesu Christi : ex quibus scribi voluit omnia quœ necessaria erant ad fidem assequendam, sicut tumet-
l ipse allegas ex Chrysostomo. Sed tu affers unam glossam quœ est valde Abba-
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sus, que les Apôtres ayant écrit tout ce qui était nécessaire au salut, ils ont bien pu aussi dire beaucoup de choses excellentes, sans doute, mais dont FÉglise peut se passer : tout ce qui est bon n'est pas toujours tellement nécessaire, qu'à défaut vous ne puissiez vivre. Ainsi a fait l'Esprit Saint à propos des actes mêmes de Jésus- Christ : il a voulu en écrire ce qui était nécessaire pour obtenir la foi, comme vous l'observez vous-même d'après Chrysostôme. Mais vous y ajoutez une glose qui est prodigieusement abbatiale (i), c'est-àdire sotte et stupide, et qui sent bien son ergoteur de Palais, car ces mots : pour obtenir la foi, vous les expliquez comme s'ils n'avaient pas trait à la doctrine du salut et des mœurs, mais seulement à la démonstration du récit, dans le seul but de faire croire que l'histoire du Christ est vraie. Et de la sorte, l'Évangile ne serait qu'une computation historique, comme la chronique de Tite-Live : quant à la morale, elle serait toute dans le portefeuille et dans le cerveau du Pape et de sa séquelle ; c'est lui qui en aurait le dépôt pour en user à volonté, et si quelqu'un régimbait, vite ils diraient que c'est tradition Apostolique, pour, ensuite, argumenter des fagots à la conclusion. Et ainsi tout irait bien. Mais, dût en crever Monsieur le Ci-devant
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tialis, id est stulta et stupida, et quœ bene sapit suum rabulam Palatii : nam tu exponis ista verba, Ad fidem assequendarrx, perinde ac si hœc non pertinerent ad doctrinam salutis et morum, sed tantum ad intimationem narrationis, et ad faciendum credere : quod historia Christi est vera. Et ita Evangelium non esset nisi una computatio historica, sicnt chronica Titi Livii : ea autem quœ pertinent ad mores, essent omnia in scrinio et capite Papœ, et asseclarum ejus, ut servaverit omnia ad placitum : et quando aliquis clamaret, statim dicerent esse traditionem Apostolicam, et postea argument arentur a fasciculis usque adconclusionem. Et ita totum bene vaderet. Sed etiam, ut crepet dominas Nuper- Prœsidens, et tota Curia Apostatica, cadet citius ignis decœlo super eos, et super lupanar ia ipsorum, quam Deusnon puniat istam fœtidam et hœreticam glossam Nuper- Prœsidentis : viso quod ipsemet Chrysostomus in alio loco quem allegas, clamât quod non fuit curœ Apostolis conscribere historias, sicut facit Legenda aurea, alias ferrea, sicut bene dixerat unus de Magistris nostris, nisi postea ipse se dedixisset.
(1) L'ânerie et la stupidité des Abbés de ce temps-là étaient tombées en proverbe. De là dans Rabelais, 1. 2. ch. 7., le liv. intitulé : le Vietda\ouer des Abbe\ .
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Président, et toute la Curie Apostatique, le feu du ciel tombera sur eux et sur leurs lupanars, plutôt que Dieu laisse impunie cette glose fétide et hérétique du Ci-devant Président. D autant plus que Chrysostôme, dans un autre endroit cité par vous, déclare que ce n'a pas été affaire aux Apôtres d'écrire des histoires comme la Légende dorée, autrement dite de fer (suivant la remarque d'un de Nos Maîtres (1), quoique plus tard il se soit dédit). Quant à ce Denis dont vous parlez sous le nom d'Aréopagite, c'est un auteur imaginaire, au sujet duquel ils vous renvoient à ce qui en a été dit et amplement prouvé ailleurs. Et pour les Epitres d'Ignace, si, disent-ils, il a écrit ces épîtres, c'a été en Grec : or, aucun des vieux auteurs Grecs n'en fait mention, donc il est probable qu'elles sont fictives. Mais qu'il ait été ce qu'il voudra, lorsqu'il avance que le Carême et autres jeûnes de certains jours sont des traditions des Apôtres, il est permis de ne l'en pas croire : car la raison qu'il en donne pour le Carême, à savoir que c'est une imitation des œuvres de Dieu,, est grandement sotte et saugrenue. Si nous voulions imiter le Christ de cette façon, nous agirions comme des singes,
(i) Claude d'Espence, Gentilhomme Champenois, Docteur de Pari-, de la Maison de Navarre, prêchant le
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Deinde ipsi dicunt in primo loco, qnod iste Dionysius, quem tu adducis sub nomine Areopagitœ, est unus author fictitius, de quo remittunt te ad ea qucede istis ampliiis sunt dicta et optime prôbâia. Et etiam de Ignatii epistolis. dicunt quod si scripsit illas epistolas, scripsit Grœce : et tamen nullus Grœcorum antiquorum facit mentionem de iliis : et ita est probabile quod sint fictœ. Sed qui cunque fuit, quando dicit quod Quadragesima, et alia jejunia certarum dierum sunt traditiones Apostolorum, posset dubitari an dicat verum : quia ratio pro Quadragesima, quam affert, scilicet quia continet imitationem conversationis Dei, est valde stulta et stolida. Quia si vellemus imitari Christum hoc modo, faceremus sicut simiœ : et etiam, rêvera, oporteret facere unum mundum, et crucijîgi sicut ipse, et facere vinum de aqua : in
Carême à Saint-Méri en i5 p. il lui arriva, parlant de la Légende, de dire que ce livre aurait été mieux nommé Légende de fer, que Légende Dorée, Quelques Docteurs bigots, choqués de cette parole, firent entendre à d'Espence qu'il devait la rétracter solennellement. Il le fit le 22 Juillet suivant à Saint-Méri même, volontairement, disent ses amis : mais quoi qu'il en soit; on l'obligea de se dédire de nouveau plus expressément dans la même église le 2S du même mois. Sleidan. sur l'an i543. Bèze, torn. 1. pag 3 2 et 33 de son Hist. Eccl. De Thou, 1. 16. sur l'an i555, et Launoi, pag. 704. 712 et 7 13 de son Hist. du Collège de Navarre.
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et il nous faudrait aussi créer un monde, être crucifiés comme lui, faire comme lui du vin avec de l'eau : ah ! voilà surtout en quoi Monsieur le Ci-devant Président voudrait bien l'imiter s'il pouvait, plutôt qu'en tout le reste, l'en suis sûr. Cependant, lorsque le Christ, et après lui Saint Paul, nous parle de son imitation, il ne parle jamais ni du Carême, ni d'autres singeries de même force; ni du Dimanche de la passion, ni de la quatrième et sixième fériés (i) : mais il nous parle de toute notre vie, qui doit être réglée selon la volonté de Dieu ; et vouloir préciser des règles, c'est Judaïser, quoique sans doute (ils ne le nient pas) le Chrétien doive continuellement mortifier sa chair par des jeûnes et autres exercices, suivant les temps et les personnes. D'ailleurs il est facile de voir, d'après les Conciles mêmes, à quelle époque le Carême fut institué par les Papes, qui déjà s'étaient fait ministres de Satan et de tous les diables, pour lier les consciences des hommes simples à ces cérémonies extérieures. C'est aussi ce qu'ils répondent à TÉpître de Jérôme, où la même opinion est exprimée sur le Carême. Quant à Rufïin, que vous appelez un savant homme, souverainement instruit dans les' choses divines, Saint Jérôme, disent- ils, vous dément de la belle façon, car il démontre que ce Ruffln ne
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qua re bene vellet dominas Nuper-Prœsidens Ipsum imitari si posset, potins quam in omnibus aliis. ut ego credo. Sed quando Christns loqnitnr de imitatione sut, et etiam Panhis. nunquam loqnitnr de Qnaâragesima et hujusmodi stultis singeriis: neqne de Dominica passionis. neque de qnarta, et sextaferia, sed loqnitnr de tota vita nostra, qnœ débet esse regulata secundnm voluntatem Dei : et ponere istas leges, est Judai^are. quanvis non negent quoi perpetno Ckristianns débet mortificare suam cârnem jejuniis, et aliis rébus, prout convenit temporibns et personis. Et prœterea patet ex ipsis Conciliis. quando fuerit instituta Quadragesima per Papas, qui jam erant facti ministri Satanœ, et omnium diabolorum. nt conscientias simplicium hominnm ad ceremonias istas exteriores aîli garent. Et ita etiam respondent ad Epistolam Hieronymi, in qua etiam idem exisiimat de Quadragesima. Et de Ruffino. quem tu vocas virum doctum. et summa divinarum rerum peritia pollen-
i Férié, terme dont l'Eglise se sert pour désigner les différents jours de la semaine. Le lundi est appelé le seconde férié; le mardi la troisième férié; et ainsi du reste, jusqu'au vendredi, qui s'appelle la sixième férié : mais on ne dit point la première férié, ni la septième férié ; on se sert des mots ordinaires de dimanche et de samedi (Ar. du Trad.).
savait rien, et que même il était Origéniste. Ce serait donc, s'ils le voulaient, un témoin inadmissible. Cependant, pour vous faire plaisir, ils disent comme plus haut que vous disputez de chose non contestée : à savoir, que toutes les traditions n'ont pas été écrites. Et ils ajoutent que cela n'infirme en rien leur base d'argumentation, que tout ce qui est nécessaire au salut a été écrit: car ces traditions non écrites sont choses mobiles, faites pour l'ordre, non pour la conscience : la doctrine au contraire est ferme et certaine. De plus, vos traditions que vous appelez Apostoliques, sont simplement Apostatiques. exactement comme la Doctrine, qui est une invention du Pape, des diables et de leurs consorts. Comprenez-vous, Monsieur le Présent- Abbé?
Venons au Chapitre onzième, où se découvre votre mulerie d'Auvergne, ou votre ânerie d'Arcadie, quoique, dans les procès séculiers, vous soyez on ne peut plus fin. Pour démontrer qu'il y a dans l'Église une foule de choses instituées par la tradition des Apôtres, qui ne sont pas dans l'Écriture, vous empruntez je ne sais combien d'arguments à Saint Augustin. A quoi ils répondent d'une manière générale que, suivant ce qui a été dit plus haut, c'est tout un qu'une chose soit dans TE-
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tem, ipsi dicunt qnod Hieronymus vos démentitur turpiter, ostendens qnomodo Me nihil sciverit. et fuerit etiam Origenista. Itaque si veîlent. esset testis inadmissibilis . Sed tamen. ut vobis faciant placitum, dicunt. quod ut supra, tu disputas de una re quœ non negatur : quod scilicet non omnes traditiones fuerunt scriptœ. Et dicunt, quod per hoc non invalidatur fundamentum eorum. quod quœcunque sunt necessaria ad salutem. sunt scripta : nam traditiones istœ non scriptœ, sunt res mobiles, factœ propter ordinem, non propter conscientiam: doctrina autem est firma et certissima. Et prœterea vestrœ traditiones. quas vocatis Apostolicas. non sunt tamen : sed Apostaticœ, una cum Doctrina. quœ est ihventum Papœ, diabolorum et sociorum ejus. Habestu. Domine N une- Abb as?
Veniamus ad Capitulum undecimum. ubi se discoperit vestra mulitas Alvernica, sive asinitas Arcadica. quanvis sitis in processibus secularibus multum finis. Nam ad probandum quod multa sunt in Ecclesia ex Apostolorum traditione instituta, quœ non sunt in Scriptura. tu adfers primum multa ex Augustino. Ad quod ipsi respondent in génère, quod, sicut supra dictum est, idem est aliquid esse in Scriptura. vel habere fundamentum in Scriptura : nam non pugnant de ver bis sicut Arriani. sed
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criture, ou qu'elle ait son fondement dans l'Ecriture ; car ils ne disputent pas sur les mots, comme les Ariens, mais sur les choses, lorsqu'ils disent que la doctrine du salut est tout entière, et sans qu'il y manque rien, contenue dans les saintes Écritures. Ainsi, à légard du Baptême des petits enfants, qui est le premier point que vous tirez de Saint Augustin, ils voudraient bien que toutes vos doctrines fussent pareilles à celle-là, car la paix serait bien faite entre nous. Le Baptême des enfants, en effet, s'il n'est pas exprimé dans la sainte Écriture, y a cependant de manifestes et très-fermes fondements : nous argumentons , disent-ils, de la Circoncision au Baptême ; il a pour lui ces paroles du Seigneur : Laisse^ venir à moi les petits enfants, et d'autres analogues, sans lesquelles le Baptême des enfants ne serait pas admis, et n'aurait même jamais été introduit dans l'Église de Dieu. Qu'il ne faille pas rebaptiser les hérétiques, c'est encore une question résolue par les Écritures, comme on peut le voir dans les livres publiés de nos jours contre les Anabaptistes. Et si ce n'était, observentils, qu'une tradition pure et simple, elle ne résisterait pas suffisamment aux raisons qu'allègue Cyprien. Mais vous allez plus loin, Monsieur le Ci-devant Président, et
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de rébus, cum dicunt quod tota doctrina salutis est, sine idlo require. contenta in sanctis Scripturis. Itaque quod attinei ad Baptismum parvulorum, qui est primus punctus quem tu adducis ex Aagustino, bene vellent quod omnia quœ défendit is essent similia, quia sic esset bona pax ultra nos. Nam Baptismus infantium, quanvis non sit expressus in sacra Scriptura, habet tamen manifesta et firmissima fundamenta in ea : sicut ( dicunt isti) cum argumentamur a Circuncisione ad Baptismum : et cum dixit Dominus, Sinite pueros ad me venire, et cœtera hujusmodi, sine quibus non reciperetur etiam Baptismus infant iu m , neque unquam esset introductus in Ecclesiam Dei. De non rebapti^andis autem hœreticis, quœstio etiam solvitur per Scripturas , sicut apparet ex iibris factis etiam nostro tempore contra Anabaptistas. Et dicunt prœlibati, quod si non esset nisi una traditio nuda, non esset satis bene fundata contra, rationes quas allegat Cyprianus. Sedquia tu inde colligis in génère, quod consuetudines Ecclesiœ circa gregis administeria, credendum est ex Apostolorum prodiisse traditione, Domine Nuper-Prœsidens : certe bene dicunt quod tu maie syllogi^as. quia tu plus assumis in conclusione quam probaveris : et quod hoc modo tu es apertus calumnia-
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par une conclusion générale, vous prétendez nous faire croire que les coutumes de l'Eglise, relatives à la direction du troupeau, sont de tradition Apostolique. Là-dessus ils disent tout net que vous syllogisez mal, parce que vous assumez dans votre conclusion plus que vous n'avez prouvé; et qu'ainsi vous êtes un fiefïé calomniateur, vous qui, par les susdites coutumes de l'Église, entendez cette idolâtrie honteuse, ces ignobles incantations, dont sont infectés les sacrosaints Sacrements de Jésus- Christ. Prenons, par exemple, la Communion du corps et du sang de Jésus-Christ; quand Saint Paul dit : C'est ce que j'ai reçu du Seigneur pour vous le transmettre, ils soutiennent que ces paroles vous cassent le cou, à vous et à tous les Papes, qui devaient simplement transmettre ce qu'ils avaient reçu du Christ, et non fabriquer mille et mille impiétés de leur chef, ou par cette révélation des morts, dont parle Moïse en son cinquième livre. Ils disent encore que si vous aviez autant d'yeux dans l'intellect, que vous avez mérité de coups de fouet dans les carrefours, vous verriez qu'à cet endroit même Saint Paul nous apprend ce qu'il a reçu du Seigneur, mot pour mot. Car ces paroles: J'arrangerai le reste quand je serai venu, il ne faut, disent-ils, les entendre ni du calice, ni du
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tor, quatenus per prœdictas consueîudines Ecclesiœ, tu intelligis idolatriam turpissimam, et fœdissimas incantationes, qui bus surit infecta sacrosctncta Sacramentel Jesu Christi. Nam quod spectat ad communionem Corporis et Sanguinis Domini, quando Paulus dicit, Quod accepi a Domino hoc et tradidi vobis : dicunt quod frangant tibi collum ista verba, et omnibus Papis, qui debuerunt ea demum tradere, quœ acceperunt a Christo, non auteni fabricare mille millia impietatum ex suo capite, vel per revelationem mortuorum , de quibus loquitur Moyses in suo quinto libro. Prœterea dicunt, quod si tu haberes tôt oculos in intellectu, quoi tu bene lucratus es ictus flagelli per compita , tu videres ibidem Paulum docere quid acceperit a Domino, verbum ad verbum. Nam illud, Caetera disponam quum venero, dicunt non esse intelligendum neque de calice, neque de patera, neque de corporali, neque de buretis, neque de cœteris ferramentis abominabilis Missœ, sed de differentibus variis qui superv encrant in E ce les i a Corinthiorum, et de ritibus, et ordine extraneo. Nam quod ad doctrinam, Paulus jam est protestants, sese non potuisse neque voluisse addere grossum sui un guis ad ea quœ acceperat a Christo. Quia non erat tam audax neque tam effrons, quam Sodomitœ Papa?
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ciboire, ni du corporal, ni des burettes, ni des autres ferrailles de l'abominable Messe, mais des différends qui étaient survenus dans l'Église de Corinthe, et des rites et de l'ordre extérieurs. Quant à la doctrine, Saint Paul avait déjà protesté qu'il n'avait pu ni voulu ajouter l'épaisseur de son ongle à ce qu'il avait reçu du Christ. Il n'était pas si audacieux, ni si effronté que ces Papes Sodomites et leur séquelle, qui n'ont cessé d'ajouter une chose sur une autre , jusqu'à ce qu'ils aient tout gâté. Et cela fait voir, disent ces hérétiques, combien mentent les Papes, quand ils prétendent qu'ils sont les successeurs de Pierre et de Paul, et que leurs clefs ne peuvent errer.
Beaucoup de choses, dites-vous aussi, ont été, à cause de leur longueur, écrites brièvement, que les Apôtres avaient longuement développées; mais ceci n'a pas plus de rapport à la question que ce que vous disiez souvent dans le Parlement, lorsque vous étiez avocat, et que vous divaguiez au point de faire perdre patience à tout le monde. Même observation pour tout ce que vous alléguez, du baptême à refuser aux prostituées, des mariages interdits avec les infidèles, de la descente du Christ aux enfers, des trois personnes de la Trinité, du baptême des Apôtres, et autres
et eorum sequela, qui non cessaverunt de addere unuin super altero, donec vastaverunttotum. Et hinc apparet quod (dicnnt isti hœreiici) Papœ mentiuntur, quando se dicunt successores Pétri et Pauli : et quod ipsonun claves non possunt errare.
Quod autem tu dicis : Propter longitudinem multa seripta esse breviter, quœ Apostoli ad longum dixerunt : hoc non magis pertinet ad propositum, quam ea quœ sœpe tu dicebas in Parlamento. quando tuerasadvocatus, adeo ut omnes nonpossent habere patientiam : et hue etiam referunt cmnia quœ adfertis, de non bapti~andis meretricibus, de non jungendis matrimoniis cum infidelibus, de descensu Christi ad inferos, de tribus personis Trinitatis , de bapti^atis Apostolis, et similia quœ possetis afferre : quia illa vel fundamentum in Scripturis bene firmaium habent, et sic
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choses semblables : toutes, en effet, ou bien ont un fondement solide dans les Écritures, et conséquemment elles sont dans les Écritures, comme les personnes de la Trinité, le Baptême des Apôtres, la Descente du Christ aux enfers (que pourtant vous ne comprenez pas lorsque vous basez là-dessus vos Limbes), ou bien elles n'en ont pas : et alors, ou elles concernent la foi, auquel cas il ne faut rien croire pour certain qui ne soit prouvé par les Ecritures; ou elles sont de telle nature, qu'on puisse sans elles être Chrétien : et alors on est libre d'y croire ou de n'y pas croire, et d'invoquer à leur égard des raisons de vraisemblance, pourvu qu'il n'y ait rien de contraire à la foi. Car, en cette matière, il ne faut rien accepter d'absolu, quand même un Ange nous V annoncerait du ciel, comme dit Saint Paul. Et c'est à cette dernière catégorie, disent-ils, qu'appartient toute la Religion du Pape.
Enfin, lorsque vous citez Damascène, Alexandre de Halles, Thomas, Bonaventure et Scott, ils trouvent que vous êtes bien digne, avec vos moines, de passer votre vie dans ces infectes latrines dont est pleine la Bibliothèque de Saint- Victor (i), comme un cochon dans la fange, que vous êtes. Et ainsi, Monsieur le Ci-devant-Président, quand vous avancez.
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sunt in Scripturis, sicuti Trinitatis personœ, Baptismus Apostolorum, Descensus Christi ad inferos (qnœ tamen vos non intelligitis, quando propterea fundatis vesirum Ljrmbum), vel non habent : et tune vel concernant fidem, quo easu nihil débet credi pro certo quod non probetur per Scripturas : vel sunt talia, ut sine Mis possit esse aliquis Christianus : et tune liberum est credere vel non credere , quanvis débet esse locus rationibus verisimilibus , proviso quoi non pugnent contra fidem. Nam in isto easu nihil est penitus recipiendum, etiam si diceret ea Angélus de cœlo , sicut dicit beatus Paulus. Et ad hune ultimum articulum, dicunt quod tota Religio Papa? pertinet.
Denique, quod allegatis Damascenum, Alexandrum de Halles, Thomam , Bonaventuram et Scotum : ipsi dicunt quod tu es bene dignus cum monachis tuis, qui consumas vitam tuam in istis fœtidissimis latrinis, quibus est plena Bibliotheca Sancti Victoris. sicut porcus in luto. quod tu es. Et ita, Domine Xuper-Prœsidens, quando tu dicis in initio capitis duodecimi, quod
(i) Voyez le Catalogue burlesque que Rabelais, 1. 2. ch. 7., donne des livres de la Bibliothèque de Saint- Victor.
É PITRE
au commencement du douzième Chapitre, que des arguments déduits avec tant de force peuvent passer pour un poison Pseudo-Evangélique , et que la base en est certainement fausse et imaginaire, ils observent que vous deviez avoir dormi la tête par trop bosse, lorsque vous écriviez pareille chose ; et s'il vous était fait ce que vous méritez, on vous devrait conduire hors des murs de Saint- Victor, avec la mitre que vous avez reçue en échange du mortier (i), tout vêtu de vert, ayant des sonnettes de ci de là, comme un fou de Bazoche (2); puis, arrivé à la Faculté de Sorbonne, on vous forcerait à y faire amende honorable pour avoir couvert de ridicule, par vos stupidités, toute la Théologie Sorbonnique.
Mais venons au Chapitre douzième, où vous répondez à ces passages de l'Écriture déjà mentionnés, dans lesquels le Seigneur défend de rien ajouter ni ôter à sa Loi (Deatéronome, 4, 8, 12). Ah ! là, vous avez tant sué, que peut-être l'exercice vous eût guéri de la vérole, si elle n'était intronisée dans votre Présente-Abbatialité par une prescription de long terme, suivant l'adage : Qui tenet, teneat; possessio valet. Et à ce propos, vous objectez d'abord que Moïse, sur le conseil de son beau-père, délégua soixante-dix vieillards : donc il a
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prœdissertis admodum hiculenter dilata videri possunt pro pseudo-Evangelica, veneftca, profecto subdola ac commentitia basi adducta argumenta : dicunt qnod lu dormieras caput nimium basse, quando tu hœc dicebas : et quod si tibi fieret quod mereris, tu ducereris a Sancto Victore, cum tua mitra quarn tu accepisti pro mortario, totus vestitus de viridi, et hinc inde habens sonetas, sicut stultus Ba^ociœ, usque ad S orb onœ Facilitât em, ad faciendum emendam, pro eo quod tu fecisti deridere totam Theologiam Sorbonœ per tuas stultitias.
Sed veniamus ad Caput duodecimum, in quo tu respondes ad loca Scripturœ prœallegata, quibus défendit Dominus, ne qui d addatur vel minuatur de Lege sua, Deuter. 4, 8, 12. In quibus solutionibus tu tantum sudasti, quod hoc valde fortassis tibi profuisset ad sanandum te de verola, nisi esset introni^ata in tua Nunc-Abbatia, per prœscriptionem longi temporis : ita ut valeat illud quod dicunt. Qui tenet, teneat : possessio valet. Et ad propositum, tu opponis primum, quod \ Moses , per consilium soceri
(1) Bonnet des Présidents du Parlement, d'où le titre de Président à mortier (N. du Trad.).
(2) Voyez le Dictionnaire Étymologique de Ménage, au mot Basoche.
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ajouté quelque chose à la Loi, et par conséquent il ne faut pas entendre qu'il est défendu de rien ajouter de particulier, mais seulement ce qui n'est pas conforme. Et ces additions, vous les faites de deux sortes : les unes préceptives, les autres déclaratives ; et en fait de préceptives, outre la susdite action de Moïse, vous disputez encore de la Cabale, afin de prouver que vous êtes un maître Aliboron (i) ; non un mulet d'Auvergne, mais un coursier de guerre : et vous corrompez le sens de ces paroles : Ce qu'ils vous auront dit, gardez-le et faites-le. Puis vous glosez sur cet autre texte : Interroge^ votre père, et sur les Recabites, etc. Enfin, comme addition interprétative, ou déclarative, vous alléguez les Prêtres , qui sont juges de la question (Deutéronome, 17), et Esdras, qui interprétait les termes de la Loi. C'est là tout, Monsieur le Ci-devant Président, et ce tout, disent-ils, n'est rien contre eux : c'est bon tout au plus à les faire rire. Mais, quoiqu'on perde sa lessive à laver la tête d'un âne, ils vous répondent cependant, en manière de passetemps, que celui qui institue des juges ne change pas pour cela les lois, et n'ajoute pas aux lois; il les confirme plutôt, puisqu'il leur donne des gardiens. Ainsi, par exemple, lorsque vous avez été révoqué de la
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sui delegerit septuaginta senior es : ergo addidit aliquid Legi> et per consequens non est sic intelligendum. ut non liceat aliquid addere peculiariter, sed tantum id quod non est conforme. Etistas additiones tufacis geminas : quia aliœ sunt prœceptivœ, aliœ declarativœ : et pro prœceptivis, ultra prœlibatum factum Mosis, tu disputas etiam de Cabala, ut ostendas te esse magistrum Aliborum : vel ut tu ostendas te non esse mulum Alvernum, sed unum caballum armorum, corrumpendo illud : Qùœcunque dixerint vobis, servate et facite. Deinde, de eo quod dictum est, Interroga patrem tuum : postea de Recabitis et postea de aliis. In fine pro interpretativa, seu declarativa additione, adducis Sacerdotes, qui fiunt judices quœstionis, Deut. 1 7 et de Esdra, qui interpretabatur vocabula Legis. Hoc est totum, Domine Nuper-Prœsidens , et hoc totum ipsi dicunt esse nihil contra ipsos : adeo ut non indigeat nisi risu. Sed tamen quanvis perdatur lixivium adlavare
(1) Rabelais, L 3. ch. 20 : Que diable, dit Panurge, veut prétendre ce Maître Aliborum ? M. l'Abbé Huet croit avec beaucoup d'apparence, qu' Aliborum en cette façon de parler est le génitif d'alibi, et que Maître Aliborum a été dit premièrement d'un homme fécond et subtil à trouver des Alibi. Ménage, Die t. Etymolog:
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Présidence, le Parlement n'en a pas été pour cela bouleversé ; les lois du royaume n'en ont subi aucune addition ni diminution : tout ce qui en est résulté, c'est un très-grand bien pour tout le royaume. De même, lorsque Moïse prit cette décision, il fit un règlement qu'il jugeait nécessaire, et il ne le fit pas de son chef, mais d'après le conseil de son beau-père : nul doute aussi qu'il n'ait demandé conseil à Dieu comme il en avait coutume, et de plus il consulta le peuple assemblé, ainsi qu'il est écrit au Deutéronome, chap. i. Donc, vous êtes battu. Car ce n'est pas là ajouter à la loi et au précepte de Dieu. Ah ! s'il eût édicté des lois de son chef, ou institué des sacrifices, ou fait quelque autre commandement, qu'il eût appelé Commandement de l'Eglise, comme font les Papes, alors certainement il eût contrevenu à la loi de Dieu. Mais en tout cas, Monsieur le Ci-devant Président (écoutez ce qu'ils ajoutent, si vous n'avez perdu les oreilles avec les dents) , Moïse était ministre de Dieu pour établir des lois. Quand il faisait des lois, ce n'était pas en son nom personnel, mais comme ministre de Dieu.
Après Moïse, personne n'a eu ce pouvoir, si ce n'est par mandat spécial et par révélation de Dieu, et cela pour des actes et préceptes particuliers. Lorsque Salomon
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caput asini, ipsi per transit empus dicunt se respondere, qnod qui constituit judices, non mutât tamen leges, neque addit legibus : sed confirmât eas, quando dat iis custodem. Sicut (pro exemplo) quando tu es depositus Prœsidens, non est propter hoc vastatum Parlamentum, neque aliquid additum vel diminutum de le gibus regiri, imo est factum unum magnum bene pro toto regno. Et sic, quando Moses hoc fecit, fecit unam politiam quant videbat esse necessariam, et non fecit de suo capite, sed post soceri sui consilium, non dubium est quin quœsiverit consilium a Deo sicut solebat, et etiam advocavit totum populum in concilium sicut scribitur Deut. 1 . : ergo tu es victus. Nam hoc non est addere ad legem et prœceptum Domini, sed si ordinasset leges de suo capite, aut sacrificia, aut fecisset aliquod prœceptum, quod vocasset Prœcepta Ecclesiœ, sicut faciunt Papa?, tune contravenisset legiDei. Sed etiam, Domine Nuper-Prœsidens (dicunt isti), audite, nisi amisistis aures cum dentibus, Moses erat minister Dei in condendis legibus.
Itaque quando faciebat leges, non faciebat hoc in sua persona, sed ut minister Dei. Sed post Mosem nemo habuit hanc potestatem, nisi ex speciali mandato Dei et revelatione , idque in factis et prœceptis peculiaribus . Sicut quando Salomon fecit
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fit le Temple de Dieu, lorsque les ordres des Lévites furent organisés dans le Temple, etc., tout cela fut établi par commandement de Dieu, qui voulut, comme il en avait le pouvoir, fixer la loi cérémoniale. Ainsi du reste. Et plus tard le Christ, et les Apôtres après lui, abolirent la loi de la Circoncision et du Sacrifice, parce qu'ils étaient envoyés pour cela. Maintenant, que le Pape nous prouve qu'il a reçu mission non-seulement d'ajouter et de retrancher, mais encore d'abroger, de casser, d'annihiler, de dispenser de faire le bien, et alors nous croirons en lui. Lorsque vous vous fondez sur ces paroles : Tout ce qu'ils disent, faites-le, vous êtes un mulet, qui méritez bien cent coups de fouet ; car si vous en tirez cette conséquence générale qu'il soit permis d'ajouter et de retrancher, comment se fait-il que le Christ ait refusé lui-même d'observer leurs cérémonies, lui qui, en toutes choses pourtant, a suivi la Loi? Ce qu'il faut donc entendre, c'est ceci : en tant qu'ils prescrivaient et expliquaient les commandements de Dieu, et qu'ils faisaient des règles compatibles avec la conscience. Dans ces limites, il fallait leur obéir, tout vicieux qu'ils fussent, parce qu'ils siégeaient sur la chaire de Moïse, et que Dieu les avait désignés comme successeurs de Moïse dans Fin-
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temphim Dei , et quando dispositi sunt ordines Levitarum in Templo, et similia : ista sunt facta per prœceptum Dei, qui voluit sicut poterat ita disponere legem Ceremonialem. Et idem statuendum de aliis. Sicut postea Chris tus , et Apostoli post eum, aboleverunt legem Circuncisionis et Sacrificii, quia erant missi ad hoc. Probet igitur Papa suam commissionem non tantum addendi et minuendi, sed et abrogandi, cassandi, et annichiîlandi, et deniqne dispensandi de bene facere, et tune credemus ei. Nam quod tu te fundas super hoc dicto : Omnia qusecunque dicunt, facite : tu es iinus mulus, qui bene meritus es centum ictus flagelli. Nam si hoc tu vis esse adeo universale, ut propterea licuerit eis addere vel diminuerez cur ergo Christus hœc redarguit, et ipsemet noluit servare ipsorum ceremonias, qui tamen in omnibus implevit Legem? Unde patet quod hoc est intelligendum, quatenus prœcipiebant et exponebant id quod Deus requirebat, et ponebant ea quœ salva conscientia fieri possunt.
Nam hactenus est obediendum eis, etiamsi sint vitiosissimi, quia sedent super cathedram Mosis, id est sunt designati a Deo successores Mosis ad exponendum Legem.
Sed vester Papa (dicunt isti) qui non intravit per ostium, neque habet ullum titulum Universalis Episcopi, nisi a diabolo (sicut
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terprétation de la Loi. Mais votre Pape (disent-ils), qui n'est pas entré parla porte, et qui n'a reçu de personne le titre d'Évêque Universel, si ce n'est du diable (comme le déclare votre Pape Grégoire lui-même), il veut cependant faire des lois de consciexice, casser les lois divines, et mettre sous ses pieds le droit divin : n'estce pas montrer clairement qu'il est l'Antéchrist, siégeant par intrusion dans le Temple de Dieu, et voulant s'élever audessus de Dieu? Mais le jour est proche où Dieu, d'un souffle de sa bouche, lui rompra le cou, à lui et à toute sa séquelle.
Sur ce texte : Interroge ton Père (Detite'ronome, 32), voici ce qu'ils disent : Nous croyons que ce mulet nous suppose aussi grues, qu'il est brute lui-même. Mettez vos bésicles, en bon Français vos lunettes, si vous pouvez (car on prétend que votre nez est si faible !) et lisez ce qui vient ensuite : vous verrez sur quoi Moïse veut que les enfants interrogent leurs pères et les anciens. A son époque, et de tous temps, les hommes faisaient comme vous, Monsieur le Ci-devant Président : c'est-à-dire, ils ne prenaient pas la peine de lire la sainte Écriture ; on ne gagne pas son pain avec cela, comme on dit, et c'est affaire aux Théologiens, non aux Chrétiens. C'est pour-
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ait vesiermet Papa Gregorius). tamen vult facere leges conscientiœ, cassât i s le gibus divinis , et posito jure Dei sub pedibus suis : unde apparet eum esse Antichristum qui sedet in Templo Dei per intrus ionem, et se élevât supra Deum. qui brevi franget ei collum spiritu oris sui, et omnibus asseclis cj'us,
De Mo, Interroga Patrem tuum, Deut.
32., ipsi dicunt sic : Nos credimus quod iste mulus putat nos esse tant grues, quam ipse est bestia. Pone tuos bisoculos, alias Lunettes Gallice. si tu potes (nam dicunt quod nasus tuus est valde debilis), et lege quod venit postea : et tu videbis de quo Moses velit, ut infantes interrogent patres suos. et majores. Nam quia eo tempore et omnibus, homines faciunt sicut vos facitis . Domine Nuper - Prœsidens . id est , non curant légère sanctam Scripturam. quia non est de pane lucrando, ut dicunt, et etiam hoc est officium Theologorum; non Christianorum. Deus vult ut et scriptis, et narratione verbali, et omnibus
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quoi Dieu a voulu que tous les fidèles fussent instruis, et par l'écriture, et par la parole, et de toutes manières, de sa volonté et des merveilles qu'il a faites. Aussi nous croyons bien que vous êtes un âne des Indes, à tête cornue, même quand vous ne portez pas votre mitre, vu que vous faites des arguments si cornus ; vous êtes, en vérité, notre Maître De Cornibus ressuscité.
Parlons des Recabites : vous êtes, disentils, un sot à vingt-quatre carats, car ce n'a pas été un commandement de Dieu, mais un commandement donné par le père à ses fils, lequel ne les a rendus plus saints ni meilleurs en soi ; cette obéissance , toutefois, de la part des fils, devait plaire à Dieu, à cause du précepte : Honore ton père et ta mère. Et à ce précepte de Dieu se rattache pertinemment celui de Jonadab, donnant la bénédiction à ses fils et disant : Vous vivre^ longtemps sur la terre. Mais si Jonadab eût fait cela comme font aujourd'hui les moines, voulant instituer de son chef un nouveau service de Dieu, et gagner par là le paradis, le Seigneur lui eût dit : Qiii est-ce qui a demandé cela de vos mains? C'est ce qui résulte clairement des paroles que le Seigneur adresse ici à son peuple : Les fils de Recab ont suivi la voix de leur père, et
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tnodis instruantur omnes fidèles de voluntateejus et de mirabilibus quœ fecit. Quamobrem nos credimus qnod tu es asimis Indiens, qui habet cornutum caput , etiam quando tu non portas mi tram tuam : viso quod tu facis argumenta tam cornuta, et ita tu es Magister noster A Cornibus resuscitatus,
De Recabitis. Dicunt etiam, quod tu es umis stultus ad viginti quatuor caratos : quia hoc non fuit unum prœceptum Dei sed unum prœceptum paternum , quod dédit filiis suis , quod non reddidit eos sanciiores , neque meliores per se , sed tamen obedientia illa filiorum placuit Deo , quia prœcepit : Honora patrem îuum, et matrem tuam. Et videmus hue pertinere illud prœceptum Jonadab ad hoc Dei prœceptum. quia addit eandem benedictionem, si paruerint filii sui, dicens : Eritis longaevi super terram. Sed si Jonadab fecisset hoc sicut hodie faciunt monachi, volens instituer e novum servitium Dei de suo capite, et ita mereri paradysum, Dominus dixisset : Quis hoc petiit de manibus vestris? Patet autem hoc ex argumente quod illic facit Dominus, dicens populo suo : Filii Recab bene fecerunt vocem patris sui, et vos contempsistis prae-
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vous, vous ave% méprisé les commandements de votre Dieu. Preuve évidente que ce précepte n'a rien ajouté ni retranché à la Loi du Seigneur. Enfin, quand, après avoir dit tout ce que vous pouviez, vous ajoutez que Tobie, qui est apocryphe, et Salomon, et Job, et d'autres encore, ont écrit des dogmes, qui ne se rencontrent nulle part dans le Pentateuque, votre Cidevant Présidence plaide le faux, disent-ils, et elle sera condamnée à l'amende, car on ne trouvera pas qu'ils aient créé un nouveau service de Dieu.
Vient maintenant l'addition explicative, à propos de quoi vous discutez inutilement, car il n'est pas de cela comme du bienheureux François, qui est douteux pour tout le monde. En effet, personne n'a jamais nié qu'il fallût expliquer la loi de Dieu. Mais faire de nouveaux préceptes pour lier les consciences, des préceptes qui bouleversent l'Écriture et entravent la liberté Chrétienne, incompatible avec ces simagrées et affranchie par le Christ des cérémonies de la Loi : tout cela n'est pas interpréter la sainte Écriture, c'est la corrompre par des gloses absurdes, ineptes, impies, en un mot Ci-devant Présidentales au superlatif degré. Donc, vous êtes vide comme une vessie, ou, si vous êtes plein, ce n'est que de vent. Voilà ce que disent
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cepta Dei vestri. Unde apparet quod hoc prœceptum non addidit, neque minuit de Lege Domini. Déni que quando dixistis totum quod potuistis, et tandem affirmât is quod Tobias, qui est apocryphus, et Salomon, et Job et alii scripserunt dogmata, quœ nusquam offendi possunt in Pentateucho, dicunt, quod vestra Nuper-Prœsidentia litigat falsum, et solvet emendam : quia non invenietur quod isti fecerunt novum servitium Dei.
Sequitur nunc additio explanativa, de qua frustra contenditis, quia hoc non est sicut de beato Francisco, de quodubitat totus mundus, Immo nunquam dixit quisquam, qain etiam oporteret explicare legem Dei. Sed facere nova prœcepta ad ligandas conscientias, nedum quœ evertunt Scripturam, vel quœ diminuunt libertatem Christianam quœ non consistit in istis chimagreis, et est per Christum liberata a ceremoniis Le gis : totum hoc non est interp retari sacram Scripturam, sed corrumpere per fatuissimas, stultissimas, impiissimas, et Nuper-Prœsidentialissimas gîossas. Itaque tu es fatuus sicut un a vesica* et ista omnia quibus tu es plenus non sunt nisi ventus. Ecce quod dicunt hœretici de isto
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là-dessus ces hérétiques à votre nez Chérubin, s'il existe encore.
Mais vous ajoutez un autre argument :
c'est que tput cela n'appartient pas à la loi de grâce, parce que, dites-vous, la Loi de la foi a été écrite dans le cœur des fidèles, et que l'Écriture est un don de surcroît. Alors ils vous demanderont, Monsieur le Ci-devant Président : Quelle loi avait donc Abraham, et tous ses prédécesseurs, et tous ses successeurs jusqu'à Moïse ? Item, si Moïse et sa postérité n'avaient eu que la Loi écrite sur des pierres, à quoi leur eût-elle servi ? autant sans doute qu'il vous sert d'avoir une Bible dans votre chambre, et de ne point la lire. Mais- vous êtes une misérable bestiole, qui ne savez ce que c'est que la Loi des faits, ni la Loi de la foi, qui ne savez rien pour tout dire; en vérité, mieux vaut vous laisser là pour ce que vous êtes, que de se casser la tête avec vous. Vous disputez de l'Esprit saint, qui a été donné aux Apôtres, et vous vous condamnez vous-même, quand vous alléguez ce texte de Saint Jean : // vous enseignera toutes choses. Car s'il a enseigné toutes choses aux Apôtres, il n'a rien réservé aux Papes. En disant cela, toutefois, nous ne nions pas, comme vous le supposez, que l'Esprit de prudence n'ait été donné à son Église pour appliquer les
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puncto ad tuum nasum Cherubinum, si adhuc vivit.
Sequitur mine alia tua ratio, qua tu dicis quod illud non pertinet adlegemgratiœ : et tu addis causam . quia fidei Lex in jidelium cordions scripta est, et Scriptura est donum adventitium. Isti igitur quœruni sic. Domine Nuper-Prœsidens : Quam legem habuit Abraham, et omnes eum prœcedentes, item subséquentes usque ad Mosen ? Item^ si Moses et ejus posteri non habvissent nisi Legem scriptam in lapidibus, quid iilis profecisset? nempe idem quod tibi prodest habere Bibliam in tua caméra, et légère quœ tu non facis. Sed tu es una miserabilis bestia, quœ non scis quid sit Lex faciorum, nec Lex fidei : denique qui nihil scis, et ideo prœstat te dimittere sicut tu es, quam sibi rumpere caput tecum. Tu disputas de Spiritu sancto, qui datus est Apostolis, et ipse te condemnas, quando tu allegas illud ex Joannis 14,, Ille vos docebit omnia. Nam si docuit omnia Apostolos, non reservavit quicquam Papis. Non negamus tamen cum hœc dicimus, sicut tu putas, quin Spiriîus prudentiœ sit datus Ecclesiœ suœ ad applicandum facta particularia ad doctrinam universalem , quœ est scripta, et ad ordinandum et dispensandum ea quœ sunt subjecta mutât ioni temporum, et personarum. et locorum : sed
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faits particuliers à la doctrine universelle, qui est écrite, et pour ordonner et distribuer ce qui est sujet à changement de temps, de personnes, de lieux ; mais nous affirmons aussi trois choses qu'il vous est impossible de réfuter. Premièrement, que les Papes et les Prélats ne sont pas l'Église, mais la Synagogue du diable ; secondement, que l'Esprit saint a tout enseigné aux Apôtres; enfin, que les Apôtres, ayant accompli fidèlement leur devoir, ont écrit tout ce ,qui est nécessaire au salut de l'Eglise jusqu'à la fin du monde.
De ces trois propositions, la première est clairement prouvée parles marques inséparablement attachées à la véritable Église. Cette Église, en effet, n'est pas adultère, elle n'entend d'autre voix que celle de son époux : l'Église Diabolique, au contraire, est celle qui veut dominer et prévaloir sur la parole de Dieu, comme fait l'Église Romaine Apostatique, dans l'ensemble comme dans les détails. La seconde est évidente par elle-même, à moins de dire (Dieu nous en garde) que Saint Jean a menti. Et à ces premières affirmations, nous en ajoutons une troisième qui vous est fort désagréable : c'est que, en admettant même qu'il soit permis à l'Église d'établir un nouveau service de Dieu, il ne s'en suit pas cependant que cela soit permis au Pape : pour
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dicimits simul tria, quœ tu non posses refit tare. Primum, quod Papa et Prœlati non sunt Ecclesia, sed Synagoga diaboli : secundum , quod Spiritus sanctus docuit omnia Apostolos: et quia Apostoli fideliter fecerunt officium suum, ipsi etiam scripserunt quœcunque necessaria sunt ad salutem Ecclesiœ usque ad finem mundi.
Patet primum, ex veris insignibus Ecclesiœ et inseparabilibus. Quia Eccîesia non est adultéra, et ideo non audit vocem aliam quam sui sponsi : Diabolica autem Ecclesia est quœ vult dominari et prœvalere verbo Dei, sicut facit Ecclesia Romana Apostatica, in omnibus et singulis. Secundum patet, nisi dicamus (quod absit) mentir i divum Joannem. Et istis adjungimus unum tertium bene malum pro te, quia etiam si tibi concederemus quod liceret Ecclesiœ facere novum servitium Dei, tamen non sequitur quod liceret Papœ, nisi tu probasses, quod Papa esset Ecclesia, de quo nemo sanus te credet, etiamsi te perjuraveris, ut tu faciebas quotannis ad minimum semel in Palatio cum aliis consiliariis et advocatis. Et ita tu vides quod tu tam liti-
cela, il vous faudrait d'abord prouver que le Pape est l'Église, et aucun homme de sens ne vous croira, dussiez-vous vous parjurer, comme vous aviez l'habitude de le faire au moins une fois Fan, au Palais, avec les autres conseillers et avocats. Et ainsi, vous voyez que vous plaidez autant contre vous que pour vous. C'est encore aussi clair que le jour en plein midi, quand vous citez ce texte : En vain ils m'honorent par les commandements et les doctrines des hommes, et d'autres semblables, et que selon vous, cela doit s'entendre seulement de commandements contraires par opposition , directe. Ils demandent où vous avez pu trouver cette glose, ailleurs que dans le vide de votre cervelle : tellement qu'on devrait bien vous appliquer ce texte de Moïse, cité par vous-même : Si quelque Prophète, égaré par l'orgueil, veut parler en mon nom pour enseigner ce que je ne lui ai pas commandé, qu'il soit mis à mort.
Dites-nous donc, Monsieur le Ci-devant Président, ces fréquentes ablutions que pratiquaient les Pharisiens, croyant par là se purger la conscience , comme vous faites aujourd'hui avec l'eau bénite, seront-elles, dans votre intellect, contraires par opposition à la Loi de Dieu ? Cependant le Christ s'en moque, et les déclare
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gas contra te quam pro te. Ut patet etiam tam clare qnod plemis meridies, quando tu dicis, quod illud, Frustra me colunt mandatis hominum et doctrinis, et similia.
tantùfh inîeïligitur de mandatis contrariis ex opposito. Nam quœrunt ubi tu reperis istam glosam, nempe in fatito cerebro, et ideo deberet valere in temetipsum illud, quod tu ipse citas ex Mose : Propheta qui arrogantia 'depravatus voluerit loqui in nomine meo, quœ ego non praecepi illi ut doceret, interficietun
Die igitur, Domine Nuper-Prœsidens.
istœ fréquentes lavationes quibus utebantur Pharisœi, putantes sese etiam purgare conscientiam, sicuti Jwdie facitis de aqua benedicta, eruntne contraria.3 ex opposito Legi Dei in vestro intellectu?
tamen Christus iïlas irridet, et dicit esse vanas, sicut alias. Et si voluisset sanctas
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vaines, comme les autres. Et s'il avait voulu que les saintes Écritures fussent ainsi comprises, pourquoi ne parlaientelles ainsi? Mais combien de fois Moïse' n'a-t-il pas dit : Tu ne feras pas ce qui est bon à tes yeux, fais ce que Dieu fa ordonné ! Vous voyez donc bien que vous falsifiez la sainte Écriture, avec votre glose de mensonge. Il y a plus : car outre que votre doctrine est en opposition directe contre Dieu, vous la condamnez vous-même par ces paroles, à moins de prouver d'abord que les additions Papistes, c'est-à-dire diaboliques, sont conformes au droit divin : ce qui vous est impossible.
Continuant votre rubrique, vous dites que vos traditions ne sont pas ces pailles mêlées au froment dont parle Jérémie, mais qu'elles sont le grain même : ici encore, on vous prend à la gorge. Puis, étourdi que vous êtes, vous invoquez Saint Jérôme pour taxer d'hérésie cette proposition : Tu peux imiter la puissance de Dieu, pour être sans péché, car tu as reçu la faculté du libre arbitre, au moyen de laquelle tu peux obtenir ce que tu veux. Si cela est vrai, disent-ils, vous ne pouvez nier que toute la Sorbonne ne soit hérétique, elle qui enseigne que nous pouvons gagner le paradis (i) par notre libre arbitre,
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Scripturas ita intelligere, cur non ita loquebantur? Sed toties dicit Moses : Non faciès quod bonum est in oculis mis, sed quod praecepit tibi Deus hoc facito. Tu bene vides igitur quod tu falsificas sacram Scripturam per tuam falsam glosam. Sed et prœterea cum ista doctrina quam défendis, sit ex opposito contra Deum, tu ipse per hoc diction eam condemnas , nisi prius probaveris quod Papistœ , id est diabolicœ additiones, sunt secundum jus divinum : quod tu non posses facere.
Et quia continuando rubricam vos dicitis quod vestrœ traditiones non sunt paleœ quas Jeremias dicit esse immixtas per triticum, sed sunt ipsum granum, ipse te capiunt per os tuum, serve nequam, quia tu dicis cum Hieronymo hœc esse verba hœreticorum, Potes imitari potestatem Dei, ut absque peccato sis : accepisti enim liberi arbitrii potestatem per quam consequaris quod volueris. Nam dicunt, quod si hoc verum est, tu non potes ne gare quin tota Sorbona sit hœretica, quœ docet quod per liberum arbitrium nostrum possimus lucrari
ji) C'est ce que dit dans quelques éditions de Marot, l'Epigramme du SorboKÎste amoureux.
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et par les messes, et par les pardons. Et ainsi vous vous faites votre procès, vous êtes un fou qui vous frappez vous-même. Ceux qui disent au contraire : L'homme ne peut faire le bien de lui seul, il ne peut mériter que la colère de Dieu et la damnation, de sorte quii lui est nécessaire de mettre son salut tout entier, sans aucune réserve, dans la passion de Jésus-Christ, ceux-là ne seront pas des hérétiques, par conséquent; et vous, vous êtes un Luthérien, qui sentez le fagot à plein nez. Il ne vous sert de rien de dire ensuite que nous prêchons une licence effrénée, que nous ne menaçons pas les pécheurs de peines sévères, que, selon nous, la colère de Dieu se laisse facilement fléchir par des larmes, que notre loi, nouvellement préchee, rend les consciences tranquilles ; toutes ces inventions nous autorisent à vous appliquer le mot de Jérémie : Vous mêle^ la paille avec le froment, c'est-à-dire le mensonge avec la vérité. Car nos livres et notre vie font assez voir, grâce à Dieu, que nous avons la haine, l'horreur des mauvaises paroles, plus que vous et vos pareils des mauvaises actions ; et lorsque nous demandons la foi par laquelle nous sommes sauvés, nous disons en même temps que la foi est un don de Dieu, qui ne va jamais sans les bonnes œuvres, sans l'amour de Dieu, sans
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paradj'sum, et per missas et per perdonos. Et ita tu facis tuum processum, sicut tu es unus stultus qui verberas teipsum. Et totum ad contrarium, illi qui dicunt quod Homo non potest bene facere de se, et non potest mereri nisi iram Dei, et darnnationem, adeo ut sit necessarium quod ponat totam suam salutem in passione Jesu Christi. nihil reservando, non erunt hœretici per consequens, et ita tu es unus Lutheranus, qui bene sentis tuos fasciculos. Neque prodest tibi quod postea tu dicis, quod nos prœdicamus effusam iicentiam, et non comminamur pœnas peccanîibus austère, et docemus iram Dei lachrymis mitigatum iri immune, et nostram legem, quam noviter prœdicamus, reddere quietas conscientias : in quitus mendaciis dicimus quod tu practicas id quod dicit Jeremias, quia tu misées paleam cum tritieo, id est mendacium cum veritate. Nam libri nostri et vita nostra ostendunt^ Deo gratia, quod magis odimus et abominamur etiam a malis dictis, quam tu et tnî simiies a maie factis : et quando desideramus fidem per quam servemur, simul et pariter dicimus quodfides est dohum Dei, quœ nunquam vadit sine bonis operibus, et amore Dei, et odio diaboli, et sociorum ejus. id est tui et eorum qui tibi simiiant : et ideo non facimus tam bonum forum de sainte quam vos, qui ponitis in aqua bene-
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la haine du Diable et de ses suppôts, c'està-dire de vous et de vos pareils ; par conséquent, nous ne faisons pas du salut si bon marché que vous, qui le mettez dans Peau bénite, dans les cierges, dans les chandelles , dans les messes , dans les pardons, dans les simagrées: toutes choses que le premier venu peut faire avec de l'argent , et que personne pourtant , à moins d'avoir perdu le sens, ne prendra au sérieux. Ainsi vos consciences sont toujours dans le doute, vous êtes semblables aux flots de la mer; et, comme dit Saint Jacques : Ne vous figure^ pas rien recevoir de Dieu. Quant à nous, nous recevons et nous avons la paix, parce que nous sommes justifiés, non en nous-mêmes, mais en Celui qui vous jugera, lors même que vous auriez toujours été Président, ce que point ne vous concède.
Dites donc, Monsieur le Présent-Abbé, si vous avez une conscience, quand vous lisez ces paroles de Chrysostôme, citées par vous à l'appui de votre thèse : La Synagogue des Juifs, craignant de perdre son pouvoir, charga le peuple de nouvelles traditions, non pour le conduire dans les sentiers de la justice, mais plutôt pour lui imposer un fardeau à l'aide duquel il pût être maintenu plus facilement sous le joug de la servitude sacerdotale, quand, dis-je,
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dicta, in cereis, et candelis, in missis, in perdonis, et chimagreis, quas nemo est qui non possit facere pro pecunia : quod tamen nunquam poteritis facere credere uni homini, nisi amiserit suum sensum.
Et ideo etiam vestrœ conscientiœ sunt semper in dubio, et ideo estis similes fluctui maris, et sicut dicit beatus Jacobus : Ne putetis aliquid recipere a Deo. Nos autem capimus et habemus pacem, sicut dicit Paulus, quia sumns justificaii non in nobis, sed in eo qui te judicabit, etiamsi tu semper fuisses Prœsidens, quod non concedo.
Die igitur, Domine Nunc-Abbas, si tu habes unam conscientiam, quando tu le gis ista verba Chrysostomi quœ tu adducis pro te : Judaeorum Synagoga ne priticipatum perderet veriîa, populum variis novis traditionibus oneravit, non ut ipsum in justitise semitas deduceret, sed potius ut is duriori onere pressus, facilius in sacerdotalis servitutis jugo contineri posset : quando (inquam) tu legis ista, nonne bene vides processum tuum et arrestum contra te et tuos asseclas? Visus discoperit factum. Nam, Deo gratia, nemo ex illis quos vocas hœreticos traxit ad se quicquam, sed vivimus in majore sobrietate et paupertate, quam illi ipsi qui mentiuntur votum paupertatis : et re~ linquimus Cœsari, quœ sunt Cœsaris, nec facimus ullam etiam minimam legem con-
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vous lisez ces paroles, ne voyez-vous pas bien que c'est là votre procès et votre condamnation, à vous et à votre séquelle? Le fait saute aux yeux. Car, grâce à Dieu, aucun de ceux que vous appelez hérétiques n'a rien pris pour lui ; nous vivons dans une plus grande sobriété, dans une plus grande pauvreté que ceux qui affichent leur vœu de pauvreté, et nous laissons à César ce qui est à César, ne dictant pas même la plus petite loi aux consciences. Pourtant, vous nous appelez fous et coquins. Vous, au contraire, par vos pratiques, vous avez gagné royaumes et empires : je parle de la doctrine des indulgences, des messes, des aliments, des patenôtres, des obits, des droits mortuaires, du purgatoire, des pèlerinages et des fêtes, des bulles, des dons, des bénéfices, des tonsures, des dispenses, et de cent mille autres filouteries, au moyen de quoi vous autres, ventres abjects, ventres archidiaboliques , vous dévorez les âmes des pauvres, et sucez les trésors des Rois et des Empereurs. Mais voici venir le temps où votre putain périra avec ses maquereaux, n'en doutez point (1). Et voilà pourtant votre Esprit Saint, selon lequel sont institués Clercs, Acolytes, Sous-Diacres, Diacres, Prêtres, Curés, Chapelains, Chanoines, Prieurs, Evêques, Archevêques, Primats, Patriarches, Cardinaux, Papes!
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scientiis. Et ideo etiam vos vocatis nos stultos et coquinos. Vos antem estis etiam per vestras practicas lucrati régna et împeria, et ego me refero ad doctrinam de indulgentiis, de Missis, de cibis, de patenostris, de obitibus, et mortuariis, depurgatorio, de peregrinationibus et festis, bullis, datis, copiis, tonsuris, dispensis, et centum millibus aliis latrociniis : quibus vos turpissimi et diabolicissimi ventres devoratis animas pauperum, et sugitis emmenas etiam Regum et Imper atorum. Sed venit tempus quo vestra meretrix peribit cum suis mercatoribus, ne dubites. Et ecce vester Spiritus sanctus, secundum quem fiunt Clerici, Acolyti, Subdiaconi, Diaconi, Presbyteri, Carati , Capellani , Canonici, Priores , Episcopi, Archiepiscopi, Primates, Patriarchœ, Cardinales, Papœ : hic est Spiritus sanetus, qui gubernat vesiram hierarchiam , et nuper gubernavit venerabile
(1) Mercator. marchand, maquereau : voilà donc enfin la vraie étymologie de ce mot, l'un des plus considérables de notre langue. Nous la recommandons à M. Littré, qui la cherche en vain dans le Wallon maca et le Flamand makelaar. Sans parler du sens, absolulument conforme à cette étymologie {meretrix étant de la même famille), il est facile de voir comment mercator est devenu maquereau, par la simple élision de l'r, si commune dans la prononciation des peuples du Nord. Au reste, ce passage du Passavant est une preuve indiscutable. (Note du Traducteur.)
Épitre
Voilà cet Esprit Saint, qui gouverne votre hiérarchie, et qui récemment a présidé le vénérable Concile de Trente, si effroyable avec ses tonnerres, empruntés au dieu Crépi tus! Mais il est de cela comme de vos ordures : no as les rejetons sur votre susdit nez.
En somme, Monsieur le Présent-Abbé, pour en finir une bonne fois avec ce chapitre, vous faites en tout ceci une double erreur. Premièrement, vous ne comprenez pas en quoi la tradition diffère de la doctrine, et comment ce n'est pas ajouter ni retrancher à la doctrine, que de l'accommoder à des faits particuliers, d'instituer des cérémonies et des rites suivant les lieux et les temps, en conformité avec la Sainte Écriture, etc. Secondement, vous ne savez ce que c'est que l'Esprit Saint, ni l'Eglise, ni à quelles marques on reconnaît la fausse religion de la vraie.
Passons au treizième Chapitre. Celui-là ne leur donne pas grand mal, car vous y tombez dans les mêmes erreurs. Incidemment, toutefois, ils font cette remarque, au sujet de l'opinion de Cyprien sur le second baptême des hérétiques : c'est que sans doute il s'est trompé, mais sa défense, si elle avait eu pour base un fait vrai, n'était pas mauvaise : à savoir, qu'il n'y avait rien contre son opinion dans les
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Concilium Tridentinum : cujus crepitus tamen non miiltum curamns, sicut etiam tuas sordes rejicimns super prœlibatum tuum nasum.
Qiiamobrem etiam, ut semel finiamushoc Capitulum, Domine Nunc-Abbas, tu f alleris dupliciter in ioto koc. Primum, quia tu non intelligis quomodo tradiiio différât a doctrina, quomodo non addant doctrinœ neque diminuant qui illam accommodant ad particularia facta, et qui instituunt ceremonias et modos faciendi pro locis et temporibus, conformes ipsi Scripturœ, et c cetera hujusmodi. Secundum, quod tu nescis quid sit Spiritus sanctus, neque quœ sit Ecclesia, et ad quœ insignia cognoscatur falsa religio a ver a.
Veniamus ad tertium decimum Capitiilum, in quo non multum laborant, quia tu facis eosdem errores. Tamen in transeundo dicunt, quod quamvis Cyprianus erraverit in opinione de rebapti^andis hœreticis, tamen defensio ipsius, si fuisseî vera in génère, bona erat : quando dicebat quod non erat quicquam contra suam opinionem in Scripturis. Nam si hoc verum fuisset, lucratus fuisset suam causam : quia sicut
Épitre
Écritures. Si cela eût été vrai, il eût gagné sa cause; car comme lui-même Fa dit excellemment : La coutume, sans la vérité, ri est que Y ancienneté de l'erreur. Autrement, Monsieur le Présent- Abbé , vous pourriez aussi défendre vos mensonges, en alléguant que vous en avez toujours fait, et ainsi du reste. D'où il suit clairement que la coutume ne suffit pas, et qu'il faut quelque chose à quoi on reconnaisse si elle est bonne. Et là-dessus nous disons que ce quelque chose c'est le Saint-Esprit, à quoi l'on peut reconnaître, — aussi bien que vous reconnaissez le bon vin à votre nez, — vos fausses Religions, à vous et à vos pareils, d'avec les vraies, et la véritable Église d'avec la fausse; car, comme dit Irénée, V Écriture est le fondement et la colonne de l'Église. Mais vous, au lieu de l'Écriture Sainte, c'est le Pape et les siens qui sont vos guides, que vous prétendez faussement être l'Église et que vous mettez au-dessus de la Sainte Église : aussi n'est-il pas étonnant que vos arguments soient si cornus, et que vous ne sachiez ce que vous dites. Bref, pour couper court à votre bavardage sur les traditions des Apôtres , nous vous disons que les Canons mêmes des Apôtres ont été condamnés comme apocryphes par le Pape Gélase. Voyez votre Décret, au nom de Dieu, et alors dites-nous que vous êtes
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ipse bene dicit et optime : Consuetudo sine veritate est vetustas erroris. Nam sine hoc, Domine Nunc-Abbas, tu posses etiam defendere tua mendacia, quia tu posses ailegare, quod tu semper fecisti sic, et idem de cœteris. Ex quo patet quod prœter consuetudinem oportet aliquid esse, per quod cognoscatur an ea consuetudo sit bona. Et super hoc dicimus, quod hoc est sacra Scriptura, ideo scripta a Spïritu sancto, utsicuttu cognoscis vinum ad nasum titum, sic cognosci possunt tua? et tui similium Religiones falsœ a veris, et Ecclesia ver a afalsa: quia sicut dicit Irenœus, Scriptura est firmamentum et columna Ecclesias. Sed tu vis pro Scriptura sancta sustinere Papam et suos, quos tu mentiris esse Ecclesiam, et ponis supra sanctam Ecclesiam : et ideo non est mirabile quod tu arguas tam cornute, et quod tu nescias quid dicis. Breviter, ne tu nobis j 'actes toties traditiones Apostolorum, nos dicimus tibi quod ipsi Canones Aposîolorum sunt condemnati pro apocryphis a Gelas io Papa. Vide tuum Decretum. de parte Dei, et tune incipe dicere quod tu es Doctor in jure Canonico. Enimvero, Domine Nuper Prœsïdens, quo modo respondes ad illud Anastasii dictum : Nihil esse quod nequeat sacris Scripturis dissolvi ? Narn tu dicis quod prœterea requiratur interpretatio Eccle-
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docteur en Droit Canon. En effet, Monsieur ie Ci-Devant Président, que répondrez-vous à ce mot d'Athanase : II n'est rien que les Saintes Écritures ne puissent résoudre?
Vous dites bien qu'il faut en outre l'interprétation de F Église, et nous en sommes d'accord, Monsieur le Présent-Abbé ; mais nous ajoutons qu'autre chose est d'interpréter l'Écriture d'après d'autres endroits de l'Écriture, autre chose de faire de nouvelles lois et de chanter la Messe ; et nous voulons, puisque l'Écriture suffit, qu'on n'aille pas chercher des questions qui n'ont pas de fondement dans l'Écriture. Et ainsi vous êtes battu, à moins de vouloir dire qu'Athanase est hérétique, et Arabroise pareillement, lorsqu'il affirme que rien ne manque à celui qui demande ses munitions à la doctrine des deux Testaments : excluant par là tous ces fondements que vous appelez faussement Dogmes Ecclésiastiques, et qui, selon vous, servent à mortifier la chair, comme d'entendre la messe tous les jours, de se confesser au prêtre, de manger si fort à dîner que le souper vous soit indifférent, et d'invoquer tous les Saints et Saintes du Paradis, contre tous les préceptes et tous les exemples de l'Écriture.
Que voulez-vous de plus ? vous crierez à tue -tête avec notre Maître Picard ,
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siœ3 et hoc etiam nos confitemur, Domine Nunc-Abbas : sed dicimus quod alhid est interpretari Scripturam ex aliis locis Scripturœ. quant facere novas leges. et canere Missani ; et volumus, quia Scriptura sufficit, ut non quœrantur quœstiones quœ non habeant fundamentum in Scriptura. Et ita tu es capius, nisi velis dicere, quod Anastasius sit hœreîicus. et ipse Ambrosîus, quando dicit quod nihil deest illi, que m utriusque Testamenti doctrina munierit : excludens per hoc omnia fundamenta, quœ tu falso vocas Ecclesiastica dogmata. et quœ tu dicis quod faciunt ad mortificationem carnis , sicut de audire Missam quotidie. et confiteri sacerdoti, et comedere tantum in prandio quod tu non cures de cœna, et invocare omnes Sanctos et Sanctas Paradysi, contra prœcepta et exempla omnia Scripturœ,
Qiiid ergo? tu clamabis multum cum Magistro nostro Picardo, quod nos volumus
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que nous voulons abolir toutes les coutumes Ecclésiastiques. Mais criez, si cela vous plaît, jusqu'à en crever : la chose n'en est pas moins fausse. Car nous voulons retenir et nous retenons les coutumes établies par l'Eglise de Dieu, qui ont leur fondement dans l'Écriture ou n'y sont pas contraires, et qui sont nécessaires ou utiles à l'ordre. Quant à celles qui sont contre Dieu, comme la plupart des Papistiques, nous les balayons ; item, celles qui ne sont assez nécessaires ou utiles pour valoir la peine d'être conservées ; item, celles qui, ayant été établies à bonne intention, sont cependant tombées en un tel abus, qu'elles seraient plutôt nuisibles qu'utiles. Mais, pour la doctrine, nous n'écoutons d'autre voix que celle de notre époux, et c'est là la pierre de touche à laquelle nous éprouvons tous les écrits et toutes les actions des hommes, pour en garder ce qui est bon.
Allez f maintenant, et criez tout votre soûl : l'Écriture nous suffit comme à Anastase, comme à Ambroise, comme à Augustin, lequel se plaint si amèrement que, à son époque déjà, la diversité des disciplines locales mettait la liberté chrétienne dans une condition en quelque sorte pire que l'ancienne servitude des Juifs. Que dirait-il à présent, s'il voyait tant d'or-
de Passavant
abolere omnes Ecclesiasticas consuetudines. Sed clama nsque ad crepandum si vis, nam hoc faisum est. Volumus enim retinere et retinemus eas qiias condidit Ecclesia <Ztez, et quœ vel habent fundamentum in Scriptura. vel non pugnant, et sunt necessaria?, et utiles pr opter ordinem. Tollimus autem omnes eas quœ pugnant contra Deum, sieut fere omnes Papisticœ : item quœ non sunt tam necessariœ aut utiles, ut debeant retineri : item, quœ etiam si sunt factœ ad bonam intentionem, tamen venerunt in tantum abusum, quod magis nocere possent quam prodesse. Sed in doctrina non audimus aliam vocem quam sponsi nostri, et tangimus ad hune lapidem judicii omnia scripta et facta hominum, ut teneamus quod bonum est.
Vade nunCj et clama totum tuum saturnum ? quia Scriptura nobis sufficit cum Anastasio et Ambrosio et Augustino, qui tam graviter conqueritur, jam suo tempore variis locorum moribus Christianam libertatem, pene deteriorem antiqua et servili Judœorum conditione reddi. Quid ergo nunc faceret, si videreî tôt ordines Monachorum, qui sunt nati postea? si vider et Missam, si vider et articulos Sorbonœ, si videret perdonos, et indulgeniiaSj et confessionem auricularem, et alia omnia similia? Et tu facis hic de doctorc
Épitre
dres monastiques éclos depuis ? s'il voyait la Messe, s'il voyait les articles de Sorbonne, s'il voyait les pardons, et les indulgences, et la confession auriculaire, et le reste ? Et ici vous sentez le docteur hérétique, car tout en criant un peu contre les Scholastiques, vous établissez une distinction qui gâte tout, lorsque vous prétendez qu'Augustin ne parle pas des statuts des Évêques, ni de la coutume de l'Église universelle, mais des usages divers de divers lieux. Où trouverez-vous cela? Vous ferez comme toujours : quoi que vous disiez, lors même que ce serait mensonge évident, vous assurez que l'Église a toujours fait ainsi, et Ta ainsi décidé : et vous vous jouez de la sorte des esprits des pauvres. Le Pape, en effet, approuve tout pour de l'argent, et vous, ses créatures, vous lui devez par serment obéissance entière ; et, comme des histrions, vous défendez qu'on regarde ce qu'il y a dans vos gibecières. Vous ne voulez pas qu'on lise la sainte Écriture en Français, et ainsi tout va bien, omnia bene vadit (i), selon l'intention de Saint Augustin. Car qui corrigera ces abus, si le Pape est au-dessus du Concile, qui même ne pourrait s'assembler sans le bon plaisir de Monsieur le Pape? Bref, Monsieur le Mulo-Président montigène, ils mettent au crédit de leur cause
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hœretico, quia tu clamas parum contra Scholasticos, sed tu ponis unam distinctionem quœ vastat totum : quia tu putas Augustinum, non loqui de statutis Episcoporum, neque de consuetucline universœ Ecclesice, sed de diversis moribus diversorum locorum. Ubi invenies tu ista? Nam semper quicquid dicitis, etiam quando mentimini aperte, vos semper dicitis quod Ecclesia semper sic fecit, et sic decrevit : et ita luditis vos de animabus pauperum : quia Papa approbat omnia pro pecunia, et vos creaturœ illius debetis illi per juramentum obedientiam omnem : et defenditis sicut histriones, ne quis respiciat quid sit in vestris giberris, Gallice gibecières. Et non vultis quod legant sanctam Scripturam Gallice, et ita omnia bene vadit secundum intentionem Sancti Augustini. Nam quis corriget ista, cum Papa sit supra Concilium, et etiam si non esset, Concilium non posset teneri nisi ad placitum Domini Papœ ? Breviter, Domine Mulo-Prœsidens montigena , ipsi ampliant pro se
(i) Proverbe emprunté des petits Grimaux de l'Université encore barbare. Mathurin Cordier, page 433 de son De Corr. Serm. emenj., édition de 1 53 1 : «Du temps qui court on ne saurait faire bon Latin, car omnia maie vadit. Omnia pessum émit. Omnia invertuntur. Proverbium est quo quidam nostras, vir satis lepidus. uti sole t. »
tout ce que vous citez des anciens Pères, auxquels vous voudriez bien tordre le nez si vous pouviez. O Maître Pierre Thomas ! si vous étiez encore de ce monde, comme vous diriez bien que Lizet est encore plus sot que vous ! comme vous le lui diriez bien, à lui et à son compère ou pair par le nez, Monsieur le général des Mathurins, dont le nez, par allégorie (i), est comme la tour du Liban !
Arrivons enfin au Chapitre quatorzième de votre livre, le chef-d'œuvre, disent-ils, de votre fatuité Mulo-Présidentale : et, de fait, ils le retournent presque en entier contre vous, car vous l'avez pris tout au long dans leurs propres écrits. Au reste, de tous les témoignages que vous invoquez, un seul leur suffit, celui de Saint Augustin, disant expressément qu'un esprit pieux et fidèle doit s'en rapporter à V autorité canonique de l'Ancien et du Nouveau Testament. Les ouvrages postérieurs, qui sont contenus dans une infinité de volumes, ne peuvent en rien être comparés
(i) Nasus tnus turris Libani, quœ respicit contra Damascum. (Cant. Salom. ch. 7., v. 4.) La comparaison roule principalement sur une allusion de cette tour, qui regardait vers Damas, au nez Damasquiné du Général des Mathurins. Muret, au reste, dans cette Epigramme de ses Juvenilia, dont la Préface est datée du 28 novembre i552, pourrait bien, sous le nom de Pompilins,
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omnia quœ tu dicis ex antiquis patribus, quibus tu bene relies torquere nasum si posses. O Magister Petre Thoma, si tu viveres, quomodo tu bene diceres quod Liqetus est adhuc stultior te ! et diceres ei et suo compatri sive compari per nasum. Domino generali Mathurinorum, cujus nasus est allegorice sicut turris Libani.
Tandem descendimus ad Caput quartum decimum vestri libri, ubi dicunt quod est cumulus vestrœ fatuœ Mulo-Prœsidentiœ, quod fere totum ampliant pro se contra vos, quia fere furatus es totum de libris eorum. Et inter omnia dicunt, quod nolunt nisi testimonium Augustini, quod tu adfers, in quo dicit expresse quod exceU lentiœ Canonicœ authoritatis veteris et novi Testamenti servir e débet omnis fidelis et
avoir désigné ce Maître Moine, par allusion à son nez à pompettes, qui comme un syphon attirait le vin des verres.
Pompilio est nasus cubitos très longus, et unum
Latus, et hune murus cingit utrinque triplex : Adsunt et turres, Bacchus quas condidit ipse,
Et minio tinctis usque rubere dédit.
Huic etiam naso vis admiranda tributa est :
Nam calices siccos illius umbra facit : îmo etiam longe distans si senserit usquam,
Ut magnes fer rum, sic trahit iste merum, Nuper eram in mensa, sitiens, potare paratus :
Pompilius clausas astitit ante fores :
[Mira canam,sed vera) merum mihi forte parât um
Attraxit naso protinus ille suo.