DE 1849 A
QUATRiillE PiRIODB
Nous voici donc à peu près à moitié chemin du parcours que nous nous sommes imposé. Nous y sommes, en ce moment, élevé à une hauteur que nous pouvons craindre de ne plus rencontrer.
Nous aurons, à l'avenir, des perspectives de détails de grande beauté, des monuments jetés ça et là, où Ton peut admirer le grandiose des conceptions, la réalisation du savoir faire grand, qui n'est pas celle du savoir faire long, le charme et la grâce des lignes tracées par des mains vigoureuses et puissantes, — autant de stations auxquelles nous nous arrêterons, et dont nous garderons le précieux souvenir des maîtres qui se sont révélés dans ce dernier trajet qu'il nous reste à faire.
L'Enfant prodiguei S actes, Âuber, 6 décembre 1850.
Sapho, 3 actes, Gb. Gounod, 16 août 1851.
Partition d'un vif intérêt musical ; — à mentionner : l'air du pâtre, le duo du deuxième acte, de beaux chœurs écrits dans la manière large et solennelle de Haendel. (G. Chouquet.)
Le Juif errant, 5 actes, Halévy, 23 avril 1852.
La répétition générale ne fut pas terminée avant quatre heures du matin. Halévy avait justifié, une fois de plus, la réputation que lui avait faite Roqueplan : celle de savoir faire grand... et long.
Louise Miller, 4 actes, Verdi, 2 février 1853. —Traduction de l'opéra italien : Luisa Miller.
La Fronde, 5 actes, Niedermeyer, 2 mai 1853.
La Nonne sanglante, 5 actes, Ch. Gounod, 18 octobre 1854.
Cet ouvrage, d'une haute valeur musicale, ne fut joué cependant que onze fois.
Les Vêpres siciliennes, 8 actes, Verdi, 13 juin 1855.
C'est le premier ouvrage que Verdi ait expressément composé pour la scène française.
Le Trouvère, 4 actes. Verdi, 1«' avril 1857.
C'est la traduction de // Trovatore.
Reprise : 1860 ; centième représentation, 23 janvier 1863. La deux cent onzième, le 7 octobre 1872.
La Magicienne, 5 actes, Halévy, 17 mars 1888.
« Sans parler des autres ouvrages d'Halévy (opéra-comique), certes celui qui a consacré sa vie à des travaux aussi considérables et aussi variés, a montré quelle était la souplesse, en même temps que la fécondité de son talent. D nous semble pourtant que dans toute sa longue et noble carrière Halévy n'a rien créé de plus beau que la Juive, ni de plus charmant que VÉclair : il eut donc le bonheur et le malheur de se surpasser en cette mémorable année de 1835. »
« Ëcrire dans la même année et faire applaudir à dix mois de distance un drame lyrique en cinq actes et une comédie musicale en trois actes, privée de chœurs et où ne figurent que deux ténors et deux sopranos, c'est accomplir un véritable tour de force. »
Roland à Roncevauz, 5 actes, Mermet, 3 octobre 1864, reprise 1866.
L'Africaine, 5 actes, Meyerbeer, 28 avril 1865.
Meyerbeer s'était proposé de revoir et de modifier ce grand ouvrage : la mort l'enleva avant la mise à l'étude de V Africaine. — F.-Z. Fétis a présidé aux répétitions.
Centième représentation : le 9 mars 1866. Cent représentations en moins d'une année, c'est là un fait à enregistrer dans les annales de l'Opéra. Qu'on se garde surtout d'en
nclure que l'Africaine est le chef-d'œuvre de Meyer-
er. (G. Ch.)
Ce n'est pas, cependant, l'avis de FéUs, sur le dernier
vrage de Meyerbeer auquel il a attaché son nom. A son
is, cet opéra est le plus complet, le plus parfait du mat-
î, et le couronnement de son œuvre.
t MM. les éditeurs de l'Africaine ont voulu faire con-
,ttre, au monde musical, les inspirations du maître, sacri-
es aux nécessités de la scène. Si pareille chose avait été
ite pour Boberl-le- Diable et pour les Huguenots, on con-
Itrait des trésors de musique dont on pourrait faire plu-
!urs beaux opéras. »
On peut se rendre compte de l'importance de ces coupu-
s, en consultant les livrets de ses opéras. Que de paroles
« Tout cela a disparu pour Jamais, sans compter, dans les iffuenots, la scène si émouvante du bal des protestants à lôtel de Nesle, et celle qui la suit, lesquelles ont été supimées sans le consentement du maître. »
11 y a ici une bien grande présomption de la part de Fétis us les paroles suivantes :
« Je dois ajouter, ditril, aux choses dont j'ai déjà pris nitiative, la détermination de tous les mouvements que j'ai its au métronome avant d'envoyer la partition de l'Afrirtne à la copie. Us û'ont pas été modifiés pendant les répéions et sont restés tels que je les avais ô\és, d'où je dois nclure, en raison de l'effet produit, que j'ai bien saisi le ractère des pensées du m^dtre. a