CHAPITRE XVI
LE lÊVE
Nous avoas réservé pour la fin des citations l'extrait du Rêve, de M. Alfred Bruneau, vu son développement.
Dans un précédent chapitre, nous avons envisagé la symphonie comme musique pure et simple... indépendante, en un mot.
— L'opéra est, au contraire, la musique adaptée aux idées, au sentiment, à l'expression, exprimée dans le libretto.
Encore une preuve à l'appui :
Dans Yadagio de la Symphonie en si bémols de Beethoven (musique indépendante), l'idée première, le motif principal, le thème initial, comme on voudra, est précédée d'une mesure typique, par la physionomie caractéristique du rythme qu'elle accuse.
En effet, l'accompagnement de la mélodie procède en un rythme différent, mais qui est de parenté proche avec celui de la mesure typique.
L'auteur pouvait donner un accompagnement autre à sa mélodie, tiré également d'une mesure servant de type, mais d'une physionomie différente et d'un tout autre rythme. Celui qu'il a préféré devait l'être !...
Cette mesure fait la fonction de ritournelle à une phrase, à une mélodie, à une idée principale de tout morceau, comme, par exemple, la ritournelle de la romance du deuxième acte de Guillaume Tell.
Ici, la ritournelle est tirée non du rythme d'accompagné-
ment, mais de la mélodie elle-même qu'elle encadre avant et après d'un même sentiment, d'une même expression. Elle est la conséquence directe, l'amplification de : « Et Técho x> appelée à conclure.
Aussi profite-t^lle de l'inspiration à la suite de laquelle elle est venue se joindre.