ROMANCE
(Ritournelle,)
Sombre forêt, désert triste et sauvage, Je vous préfère aux splendeurs des palais :
Cest sur les monts, au séjour de Torage, Que mon cœur peut renaître à la paix; Mais fécko seulement apprendra mes secrets.
(Ritournelle.)
Toi, du berger astre doux et timide, Qai, sur mes pas, viens semant tes reflets, Ab I sois aussi (non étoile et mon guide !
Comme Arnold tes rayons sont discrets, Et Vécho seulement redira mes secrets.
(RiUiuméUe,)
La romance de Guillaume Tell nous a servi déjà de terme de comparaison avec la soi-disant romance de Lohengrin. Elle nous servira, une seconde fois, à Topposer à Yandantino : ft les saintes de la légende dorée ï> du Rêve de M. A. Bruneau (1).
Là, comme dans Lohengrin^ il n'y a aucune dénomination de morceau. Nous sommesautorisé à procéder en toute liberté : Donc, voici la structure de cet arioso.
— Un bout de ritournelle (deux mesures) précède un bout de récit (deux mesures). La physionomie de ce début n'a aucun lien avec ce qui suit. Et avec ce qui précède? Nous
(1) Voir le Figaro du mercredi 24 juin 1891 ou la partition.
l'ignorons — n'ayant connaissance de ce morceau que par la publication qu'en a faite le Figaro, — On ne peut juger de l'opportunité de ce système quasi incertain précédant les récits. Mais ce qui fait redondance, c'est une seconde ritournelle comprise dans les neuf mesures à quatre temps qui suivent, en exposant la reprise des deux premières mesures (rythme incertain) lesquelles changent ensuite en un rythme formé d'un triolet et de deux croches suivis d'une blanche, pour amener progressivement, et toujours en guise de ritournelle, le motif principal initial du morceau qu'on appellera ou romance ou arioso, à volonté.
Et, effectivement, l'idée principale, le motif, la mélodie, ne commence au 9/8 qu'après les quatre premiers vers de la romance, lesquels sont compris dans la seconde ritournelle. Il y a donc là contradiction entre le librettiste et le compositeur.
Première ritournelle.