‹ Le passé à propos du présent; faisant suite à Mes mémoiresChapitre 50 sur 58 · ARIOSO · texte numérisé non relu

ARIOSO

Continuation du récit sur l'air « Je voudrais bien savoir quel était

ce jeune homme... >

Il me semblé qu'elles sont miennes, Ces saintes aux regards si doux!

Gomme des sœurs et des gardiennes Je les sens yivre autour de nous I

Motif principal de F Arioso,

Je les vois dans le blanc cortège Des nuages sous le ciel clair Telles que des flocons de neige Sans nombre elles passent dans Fair!

Dans les chapelles embaumées Elles montent par les beaux soirs, Dans les transparentes fumées Des trépieds et des encensoirs!

Elles me sont toujours présentes Dans la joie et dans le chagrin Mon cœur à leurs voix bienfaisantes, S'emplit d'un calme souverain I

Ce qui nous fait, dans cette musique, conserver la dénomination d*arioso, c'est que Tauteur n'a point dédaigné d'employer Vallargando^ le rallentendo, Va tempo,.. Cela prouve qu'il admet la séparation, le repos entre deux idées distinctes, soit pour appeler l'attention ou pour déterminer un motif principal, comme dans la mesure qui précède 16 premier 9/8; soit pour mieux accuser une cadence parfaite, comme à la douzième mesure de ce même 9/8; soit encore pour marquer la fin. Mais ici l'indication manque. Toutefois la chanteuse se croit autorisée à terminer senza rigore — les silences de l'accompagnement laissant le chant à découvert — par l'intervalle de sixte mineure allant à la tonique supérieure : terminaison vague.

Suivent quelques mesures pour ritournelle.

Ces divers repos, ces cadences finales établissent naturellement des divisions parmi lesquelles on reconnaît des morceaux qu'il est indispensable de désigner, de définir en leur donnant un nom quelconque. Et cela à cause des études de l'orchestre et du chant qui ont besoin de points de repère. C'est donc à ce titre que nous avons donné, au morceau détaché portant comme insciiption : « Les Saintes, de la légende dorée », le nom à!arioso. Que l'auteur nous pardonne !

Franchement on ne peut reprocher à ce morceau le manque de formes.

— n ea a trop. — Ce qui reviwit au même.

La diffusion d'aspects sous laquelle les phrases sont présentées, soit à quatre temps, soit à trois temps, à deux reprises différentes; — la mélodie, pour nous servir d'une dénomination qui n'a pas plus sa raison d'être que celle de romance ou d'arioso, procède par intervalles fréquents, par sauts d'octave, de septième supérieure et de neuvième inférieure; par des valeurs brèves, syllabiques qui changent de physionomie à tout instant, en contournant chacune des mesures de la phrase simple répétées jusqu'à quatre fois de suite; — par un rythme de trois et deux, rythme boiteux se compliquant,

par la suite, de trois avec deux, rythme double ; — toutes ces divergences de forme, de mesure, de rythme, engendrent une prodigalité de valeurs diverses à la ligne de chaut qui ne ressemble en aucune façon à ce qu'on nomme une idée mélodique.

En résumé, ce morceau n'a aucun sens, comme terme de comparaison avec la romance ou Yarioso. Il n'a, à vrai dire, ni queue ni tête : deux ritournelles I la conclusion anticipée sur un temps faible I L'idée principale et la tonalité sont incertaines! La partie de chant chevauche à cloche-pied, cahin-caha, par monts et par vaux I On est tenté à l'issue du morceau de demander à l'auteur : c Eh bien! quand commencerez-vous?... »

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