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VII. — Siège et organisation du tribunal d'arbitrage

Le tribunal d'arbitrage siège à la Haye, ville de liberté. Il aurait pu tout aussi bien siéger à Bâle, à Berne, à Genève, à Bruxelles. Mais La Haye, ville centrale de l'Europe, proche de Londres, de Paris et de Berlin, a eu l'honneur d'être désignée pour la première conférence de la Paix, et il n'y a pas lieu de proposer un changement que rien ne justifierait.

D'autant plus que le tribunal d'arbitrage a déjà son palais. Ce ne sont pas les gouvernements qui ont fait cette dépense; c'est un homme- généreux, Andrew Carnegie, qui a doté la Cour de La Haye de sept millions de francs, à l'effet de construire un palais digne de sa haute mission. Comme le dit Carnegie lui-même : « C'est là que siège le plus divin conclave qui ait jamais honoré la terre. »

Pour la construction de cet édifice, la mauvaise volonté des gouvernements — voire même du gouvernement hollandais — s'est donné libre carrière. Peutêtre aurait-il pu suffire de ne rien donner.

Bref, malgré tous les obstacles, le palais va être construit. A la suite d'un concours international,

(mars 1906), un architecte français, M. Cordonnier, a obtenu le prix, et son projet va recevoir exécution, tardive exécution. S'il s'agissait d'un cuirassé ou d'une forteresse, on ne mettrait peut-être pas tant de lenteur. Est-ce que pourtant l'organisation de la paix n'est pas aussi urgente que l'organisation de la guerre?

Mais, afin que cette Cour puisse fonctionner, il faut de l'argent encore. C'est un budget à créer.

Essayons d'établir sommairement les conditions de ce budget.

Cent juges, avec les appointements, très élevés, mais nécessaires, de 50.000 francs. 5.000.000

Personnel de secrétaires, sténographes, huissiers, employés, de 200 personnes au moins, avec des appointements moyens de

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