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ACTE QUATRIÈME

DOMINIQUE

Et je ne peux rien contre ma ruine! Et si je redeviens la maîtresse de cet homme, j'aurai toujours tîxé sur moi, heure par heure, son regard implacable, te'riioin de ma destruction!

FRANÇOIS

Tu ne songes qu'aux choses douloureuses.

DOMINIQUE

Si seulement tu ne m'avais pas connue autrefois, si j'étais nouvelle pour toi! Mais tous les baisers, je te les ai donnés, toutes les paroles d'amour, je te les ai dites.

FRANÇOIS

Toutes les paroles d'amour, tu ne les as pas entendues ; tous les baisers, tu ne les as pas reçus.

DOMINIQUE

Ah ! ma jeunesse, ma jeunesse! l'avoir perdue pendant que tu n*étais pas là! Ne plus la tenir à l'heure où enfin tu m'aimes, à l'heure où j'ai tant besoin d'elle; Hélas! hélas! je voudrais te donner toute ma vie, et je suis à peine assez belle pour un caprice. Pourquoi reviens-tu si tard, ou pourquoi es-tu parti?

FRANÇOIS, la serrant dans ses bras.

Je te défends de regarder en arrière. Il n'y a ni vieillesse, ni jeunesse ici, il y a deux êtres qui s'adorent et qui recommencent, voilà tout. Et puis, laissons-la venir, ta vieillesse. Je l'attends avec sérénité. Tu peux être jeune ou vieille, va ! je serai toujours mieux partagé que les autres, s'il me reste ton cœur de génie.

DOMINIQUE

Ce n'est pas la jeunesse.

FRANÇOIS

Oh! ne crains pas d'avoir des cheveux blancs, ma bien aimée. Je ne les verrai pas, ou je les chérirai, car ce que je préfère en toi ne peut pas vieillir, ne vieillira jamais. Ton âme est à l'abri du temps.

DOMINIQUE

Mon cher amant!

FRANÇOIS

Ma Dominique!

DOMINIQUE, Réchappant de ses bras.

Non, non. Je ne veux pas. Oh ! pendant qu'il en est temps encore, sois bon, épargne-moi.

FRANÇOIS

Toutes tes supplications sont des baisers perdus.

DOMINIQUE

Ne fais pas de moi ta maîtresse, je t'en supplie à genoux.

FRANÇOIS

Tu m'appartiens de droit, nous sommes marqués l'un pour l'autre.

Mais tu sais bien que je vais t'adorer et qu'après je ne pourrai plus vivre sans toi.

FRANÇOIS

Si tu te refuses, c'est que tu ne m'aimes pas.

DOMINIQUE

J'ai peur de l'homme que tu es.

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