‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 13 sur 112 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

lion du trône, des dignités, des abus, des immunités, consacrées par le temps, des droits des monopoles, des iniquités passées en habitude, des féodalités, des abbayes, des dîmes ecclésiastiques, des rangs, des castes, des privilèges. II y avait à côté, sur le même sol, sous le meme soleil, avec les mêmes lumières et les mêmes droits naturels, un peuple de 24 millions d’hommes expropriés, relégués, bannis de leur souveraineté, de leur liberté, de leur égalité, de leur propriété, de leur titre de citoyens, de leurs dignités morales, de leur indépendance de conscience dans le culte, de leur volonté représentée par le gouvernement, voulant reconquérir tout cela, et soulevés par le plus irrésistible des soulèvements, le soulèvement de la justice et des droits dans l’arne contre l’ordre de choses qui leur enlevait leur part d’humanité, de nationalité, de cité.

De là, vous le comprenez, une lutte inévitable et terrible; les uns voulant trop retenir, les autres voulant tout arracher. Entre les combattants, un roi bon, honnête, juste, mais tiraillé tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, faible <lans les concessions, faible dans les résistances, arbitre d’abord., puis bientôt accusé d’être un arbitre partial , suspect aux deux partis , compromis par les émigrés et par sa famille , renversé de son trône, conduit au supplice, martyrisé pour sa vertu. Son sang trace un abîme entre les rois de l’Europe et la France; la guerre étrangère se déclaré; elle devient guerre civile par la présence des émigrés et des princes français, qui reviennent comme Coriolan envahir leur patrie; la guerre de re-

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