‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 36 sur 112 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Ce' parti est peu nombreux; c’est une cour plutôt qu’un parti; c’est un petit Coblentz à l’intérieur, désavoué et déserté bientôt par la grande masse des hommes sensés et des intérêts intelligents qui composent sa force dans la politique, dans la haute propriété, dans la haute banque, dans le haut commerce de Paris et des départements. Mais ce parti a la discipline de l’ambition déçue; il a le génie de la rancune ; il a- l’implacabilité des ressentiments personnels; il a la convoitise ardente des positions perdues • à reconquérir; il a des journaux accrédités, habiles, puissants à dénaturer les choses et à démolir les hommes; il a des fortunes colossales religieusement et honorablement remises par la République à ses ennemis naturels, et dont le revenu d’une année suffirait, si les élections devenaient jamais vénales, à

acheter des élections anti-républicaines; il a enfin une clientèle immense de souvenirs, de regrets, de reconnaissances, d’espérances et de fonctionnaires publics qui doivent la conservation de leurs emplois à la modération de la République, mais qui ne pardonnent pas tous à la révolution de les avoir fait un moment trembler sur leurs existences.

Ne vous y trompez pas, le seul danger permanent de la République est dans le parti de la dynastie de 1 830. Mais elle a dans d’autres partis, si elle sait les opposer les uns aux autres, tous les moyens de conjurer ce danger. Il en est de la politique comme de la chimie dans certains cas: deux dangers ne s’aggravent pas l’un par l’autre, ils se neutralisent. Je vous le ferai comprendre à l’instant.

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