‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 38 sur 112 · III · texte numérisé non relu

III

L’immense majorité du parti religieux catholique entend ainsi, el seulement ainsi, le rôle du gouvernement dans les consciences, le rôle du pouvoir protecteur, rôle de la sentinelle à la porte de tous les temples, pour empêcher qu’on ne les profane, qu’on ne les viole, qu’on ne les corrompe, mais n’y entrant pas lui-même, ou n’y entrant que comme fidèle, nullement comme gouvernement.

A ce litre, qu’esl-ce que demande le parti religieux catholique? Liberté, impartialité, inviolabilité! La République lui en promet et lui en assure plus qu’aucune autre forme de gouvernement; la République lui donne en outre, en se retirant davantage de toute intervention directe el simoniaque dans les cultes, plus d’indépendance, de dignité, de droit naturel à l’association pour propager sa foi; la République enfin l’achemine inévitablement et prochainement à cet état vrai des consciences, réalisé déjà dans tant de démocraties religieuses où l’association des consciences pour l’exercice, la propagation, l’entretien de leur culte, est le seul concordat du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel.

Ce grand el saint parti des consciences religieuses n’est donc antipathique en rien à la démocratie et à la vraie république. Au contraire, il est la démocratie même par sa morale et par sa fraternité surnaturelle ; il est la république même par sa liberté des enfants de Dieu ; il est le socialisme même par les

vertus qui pallient les vices , qui défendent les crimes, qui corrigent les égoïsmes, qui tempèrent les abus inséparables de toute société. Un peuple libre ne peut se gouverner que par sa conscience. Ce parti est la conscience de la République. Liberté donc! association! inviolabilité! respect et faveur morale à ce parti; mais séparation graduelle cl logique de l’Église et de l’État.

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