‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 8 sur 112 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

IG

ministres, puis la mise en accusation du président de la République, puis enfin proféra la menace de l’appel aux armes. Une manifestation populaire qui n’avait sans doute pas les intentions de celle du 15 mai, mais qui avait les mêmes dangers, et qui avait de plus des armes parmi ceux qui la soutenaient dans la rue, s’organisa au Conservatoire des Arls-et-Métiers, forte de la présence de quelques représentants du peuple, et se mit en marche, par les boulevarls, vers l’Assemblée nationale. Mais les ouvriers et le peuple de Paris virent avec tristesse et dégoût passer celte colonne, dernière manifestation du règne de popularité des clubs anarchiques. Ils sentirent ce qu’il y avait de témérité et de démence dans celte tentation à la guerre civile. Ils l’abandonnèrent à sa propre faiblesse. L’armée, toujours fidèle au véritable peuple, fit son devoir en protégeant l’ordre contre ces retours mortels à la République d’une perpétuelle agitation. Un peloton de cavalerie, sans tirer même le sabre , dispersa cette révolution en fuite avant d’avoir combattu. Les chefs, assaillis au Conservatoire des Arls-et-Métiers, s’évadèrent par les issues du jardin. Les mouvements de même nature concertés ou simultanés de quatre ou cinq départements avortèrent avec celui de Paris. Lyon seul eut à déplorer quelques gouttes de sang versé dans l’émeute des ouvriers d’un de ses faubourgs. La coalition de la démagogie et des socialistes, grosse de bruit, faible de nombre, s’évanouit dans son impuissance. Les clubs anarchiques, ces volcans portatifs allumés au souffle de cinq ou six agitateurs par déparle-

Page 1