‹ Le passetemps de J. Lhermite, pub. d'après le manuscrit originalChapitre 29 sur 58 · orgues · texte numérisé non relu

orgues

Argenterie.

La Sacristie.

Ornamens.

1597 II n'y a jour de feste que tous les autelz, depuis le grand

jusques au moindre (en nombre d'environ quarante cincq, comme dict avons), ne se changent de nouveaux ornamens qui sont de la couleur suyvant la qualité du sainct d'îcelluy jour; scavoir est : s'il est de vierge, blancq ; si de martyr, rouge; confesseur, violet; d'aulcunes obsèques, noir et blanc, et ainsi des aultres, et les jours ordinaires de verd ; et quand et quand à l'advenant les ornamens des prestres de l'office d'icelluy jour. Et tousjours le grand autel et les deux collatéraux où les reliques reposent, et celluy du sainct duquel la festivité se faict, sont plus riches que les autres ; scavoir est, de bordure de perles, pierres précieuses, d'or et d'argent, et les ouvraiges si très rares et très gentilz, qu'impossible seroit le deduyre, et semble chose incroyable qu'un tel art et science ait part en l'entendement humain, ains que les divins et celestielz espritz y ayent preste la main, duartierdu roy, Le roy, comme dict est, a son quartier à part derrière ou que sa persone j^ grand autel, qui est en la forme et manière que plus au

vif se peult veoir audict plant, signalé +4- +4-, où il y a un quartier en bas, et un aultre en hault, tous deux d'une mesme chose fort accommodez à la demeure d'un prince. L'on y entre par une petite porte doiz la grande court du quartier royal, joinct celle par où on entre en l'église, signalée 93., par une allée longue, tortue et un peu obscure. Et est la première chambre, où les allans et venans se détiennent, 98.; la seconde 99., des audiences ordinaires; la troisiesme 100., une très belle galerie en laquelle Sa Majesté avecq ses enfans s'alloit ordinairement pourmenant sur le soir. Il y a pendu tout alentour des paroys, à la haulteur d'un homme, des petites cartes ou descriptions de divers pays, bien au nombre de 70., quasi

touttes qu'il y peult avoir au grand Théâtre d'Abraham ^597

Ortele (i). Et plus hault y a divers paysages de ceulx qu'ils appellent lienços de Fiantes, et entr' ipeulx y a six belles pièces de paysaiges faicts au naturel, scavpir est d'aulcunes contrées des plus notables au bois de Spingnç, préz de Bruxelles, comme sont Botsfort, où la chasse royalle loge, Groenendael, Royenclooster, Ter Cameren, Ter Vueren, et encores ne scay quel lieu. Et à un bout et autre y a deux chayres à dosseret fort basses et con?- Chayr^q^itQ^r• modes, qui ont un pied en forme de pilier, sur lequel °«°^5ur une pointe, toutte ceste chayre se joue en une pointe de fer qu'il y a au mitant de ce pilier, tellement que la personne qui s'assied dedans se tourne d'un costé et d'aultre aveçq la plus grande facilité du monde, en poussant un petit avecq les pieds contre terre sans s'en molester de rien, une invention fort playsante et commode, et de laquelle Sa Majesté s'en servoit fort, et s'y assied dedans le plus souvent contemplant doiz là la belle campaingne. La quatriesme pièce est celle où Sa Majesté mangeoit d'ordinaire, loi. En icelle avoit tout alentour beaucoup des belles pièces d'illumination de jardinaiges, miz en perspective, avecq beaucoup de belles plantes, d'herbes et fleurs des Indes, et beaucoup de sortes de divers animaulx terrestres et volatiles aussi d'içelles contrées, faictes et y rassemblées de la main d'un religieux fort

<i) Les éditions d'Anvers, 1573, 1574, 1575, avec texte latin, du TTmtrum çrjns tetrçuvm d'Abrahum Ortelius, et celle de 1578, ay«c tesLte français, contiennent précisément chacune 70 cartes; voyez «

P. A. TxELE, Het Kaartboek van Abraham Ortdius, dans les Bihliographische Adversaria, 3» deel, 's Gravenhage, 1876-77, pp. 83-121. Ce sont donc les cartes de Tune ou de l'autre de ces éditions, fort probablement, qui étaient exposées dans le quartier du roi A TEscurial.

1597 curieux de ce monastère, qui les ramassa de plusieurs

papiers restez de certains livres traictans de ceste matière,

qui furent envoyez des Indes et y sont maintenant en

la librairie. Et entrant plus avant s y entre-il en la mesme

chambre où Sa Majesté souloit dormir, qui est signalée

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