et le lieu de son lict
Ceste fabrique, ainsi toute parachevée et parfaicte.
Admiration de ce donne de soy une resplandeur et excellence la plus
che -d œuvre. admirable du monde, et ce à cause de sa très accomplie
parfection qui s'y veoit en toutte chose, non seulement de ce qui touche la structure et fabrication de l'ededce, mais aussi la très abondante provision qu'il y a de touttes choses nécessaires, tant pour la commodité du service divin, que pour celluy du convent. Et touttes icelles choses si très accomplies et très abondantes (comme je diz) qu'impossible me seroit de le deduyre, et ce qui encores le plus y est d'admirer, est que le tout y apparut et nasquist (pour mieux dire) quasi en un mesme jour et heure. Je diz l'achèvement de la mayson et touttes les choses du èervice divin et humain, comme si le tout y fust engendré et enfanté d'un seul père et mère, ou bien, comme si en un mesme jour et instant quelqu' ange du ciel les y eust planté tout ensemble, ce qu'en vérité se peult dire ainsi, veu le grand soing que Sa Majesté print pour l'accomplissement de touttes ces choses. Car pendant que la fabrique se fist (laquelle ne cessoit jamais, suyvant tousjours son premier pied • et deseing), alloit Sa Majesté prévoyant le nécessaire,
afin que le tout se paracheva en un mesme temps, et que depuis il en puist avoir loysir d'en jouyr le tout en repos et joye, comme véritablement il en a faict aulcunes années et en fera encores maintes par l'immense
bonté de Dieu. Et est une des excellences de ceste fabrique, que celluy qui la voit et contemple par dehors, la veoit si entière, si bien troussée et si bien proportionnée de tous ses membres, qu'il n'y se trouve une seule chosette de la moindre considération qu'elle fust, qui soit contre le gousi et offense de la veûe. L'on a bien leu et ouy parler de beaucoup de grans edefices, tant anciens que modernes, et si voit-on journellement des très belles et rares choses, mais je pense que jamais pendant le monde est monde, l'on ait veu ni trouvé un tel amas de parfeciion, et qui en vie d'an seul homme et en si peu d'années, soit ainsi ramassé, car souloient ces autres grans et superbes edefices (comme l'on en voit beaucoup) au mitant de leur carrière lascher la bride, de telle sorte qu'après avoir gasté et consumé le temps et l'argent, n'estre fructueux à chose quelconque et semblent estre depuis quelques vielles ruynes du temps passé, par où ils viennent à perdre tout à un coup et à leur grande honte et infamie, leur première gloire acquise, laquelle au contraire avons icy . immortelle, comme le mesme tesmoingne evidamment ce chefd'œuvre, qui meritoirement doibt estre colloque et adjoinct aux sept miracles du monde, l'appellant le huictiesme. '
Ce qui touche maintenant le dehors est asscavoir que des costéz du ponent et septentrion il y a une belle planure, qui environne ces deulx costéz, recloz avecq ses basse-murailles, ayant du costé de ponent la porte principale, et du septentrion les deux portes qui servent au quartier royal et un' autre a celluy du collège. Des costéz de levant et midy y a tout alentour de fort beaux jardins à fleurs, qui y sont fort playsans et recreatifz à
Miracle du monde le huitiesme.
Le circuit de cest édifice.
ïS97
Terroir aspre.
Mayson pour distiller des eaûes.
la véûé, et s'y arrôusent journellement des fontaines qu'il y a tout alentour jusques au nombre de douze, et signalées audict premier plant Z^, Par les degrèz signalez X. s'abaysse-on à des grans jardinaiges aux herbes et fruictz et un grand vivier qui y est, duquel s'arrousent tous les arbres frutiers desdicts jardinaiges tous les jours, qui ce nonobstant y croyssent bien peu, d'autant que le terroir est fort aspre et pierreux. Aussi riy a*il nulles bonnes sorties, ni pourmenades aux champs, si ce n'est en un petit bois qui y est tout préz. La mayson où les eaux se distillent est hors du pourpris de ceste fabrique, appendante touttes fois à icelle, la communicant par les deux portes signalées audict premier plant 99, laquelle est fort appropriée à ce mestier, et y est la boutique ou apotecairie du couvent tout préz.
Les êâùes qui s'y distillent sont de touttes sortes d'herbes, metâulx et especeries qui se peuvent penser, et en tyrént aussi les quint' essences dont les plus notables et curieuses qui s'y trouvent sont les suyvantes. Le mémoire desquelles me donna un des dtstilafeurs eti la mesme forme qu'il va icy mis.
Primeramente el orc potable.
Azeyte de poleo.
La quint* essençia de vino.
Azeyte de cantueso.
La quinta essençia
de rosas.
Azeyte de toraillo.
Açeyte de canela.
Azeyte de résina.
Aeeyte de clavos.
Azeyte de succino.
Aieyte de anis.
Azeyte de palôsanto.
A«eyte de hinojo.
Azeyte de galbano.
Azeyte de limones.
Azeyte de ajenjos.
Azeyte de spliego.
Azeyte de sandalos.
Azeyte de romero.
Azeyte de laudano.
'397 Le principal instrument pour distiller des eaulx de
toutte sorte, et en abondance, est fort grand et hault et faict de laton, en forme d'une tour, et se distille par la chaleur de la vapeur. Il contient un grand nombre de vases ou alembiques, touttes de voirre, et en 24. heures on en tyre plus de 200. libres de poix d'eaûe distillée, de telle sorte d'herbes que l'on y met, car en chasque vase se peult mectre telle diflFerence d'herbe que l'on La Tourphiloso- I'qq veult. Cest instrument est appellée la Tour philoso- ^ ^^' phale. Elle est toute vuyde et creuse par dedans, pour y
entrer la vapeur de l'eau bouillante, que l'on y mect à bouillir dedans une grande chaudière sûr un feu continuel et ardant en forme d'une fournayse, qui est là tout préz, à trois ou quatre pies de ladicte tour, tellement que ladicte vapeur y entre par une buse de cuivre s'estendant par tout le creux de ladicte tour, par moyen de quoy lesdictes alembiques se distillent touttes. Et quand on juge que la vapeur seroit par trop véhémente, la laisse-on sortir ou respirer par un certain autre canon qui s'y voit de l'autre costé. Cest instrument est tout rond en la forme qu'il se voit en l'autre page suyvante (i). Et sa rondeur telle que trois hommes à paine le peuvent embrasser, et sa hauteur d'environ 20. pies. Il est faict de grosses lames de cuyvre tout accommodé Tun en l'autre avec de verrains, et de telle sorte que nul air y peult entrer ni aulcune vapeur sortir, si ce n'est à faict avisé (comme dict est). Et si le peult on tout desfaire par pièces pour lors qu'il seroit besoing de le nettoyer. Et est par dedans fortifié de six gros barreaux
(i) C*est-à-dire au reao du feuillet 208 du manuscrit. Voir la planche 14.
PL.i5
de fer, qui est tout Tappuy et soustien de ladicte tour philosophale, qui (à ce que souvent ay ouy dire) a cousté plus de 600. ducats. L'autre instrument que l'on voit icy folio verso (i), est d'un mesme efiect que l'autre et moins coustageux de bois, mais n'en distille pas tant. Il y a encoreis un' autre mayson située hors de l'encloz de ceste fabrique, qui est comme la bassecourt, par eulx appellée la compana, en laquelle demeurent tous les serviteurs de labeur avecq leur bestiail et gens de tous mestiers nécessaires à l'usaige de leur vie, laquelle est fort grande et ample, et de très belle structure, ayant bien cousté environ 150000. escus. Elle se fist au temps qu'estions sur le voyaige de Taracone, et depuis à nostre retour y fust faict un moulin à eaûe, de fort rar' et estrange invention, qui ne cousta moins de 80000. escus, et ne mould que trois ou quatre mois en l'année, scavoir est les mois d'hyver, quand l'eau y coule des montaingnes, encores qu'assez basse et bien petitement. Mais est l'industrie telle que l'on y rassemble touttc cest' eaûe, premièrement en un grand réceptacle, d'où elle vient à tomber d'en hault par un canal, avecq une grandissime furie, sur les roues de ce moulin que par ce seul moyen elles viennent à mouldre, qu'aultrement impossible seroit d'en parvenir, pour le peu d'eaûe qu'il y a. Il y auroit encores tant à dire, si plus avant m'en voulois engoulfer, que ne scay par quel bout en sortir, partant laisserons ces minutez, et retournerons derechef à quelques autres observations qui me viennent à la mémoire touchant la généralité, le gouverne et police de ceste mayson.
(i) C'est-â-dire au verso du feuillet 207 du manuscrit. Voir la planche 15.
La bassecourt du monastère de sainct Laurent.
L'institution, gouverne et police.
IS97 Les religieux qu'il y a en ce couvent, suyvant son
institution (encores qu'elle n'est si précise que l'on s'en peult bien excéder), sont jusques au nombre de cent et cinquante, dont ordinairement les loo. sont prestres, les 10. diacres et subdiacres, les 20. de la première tonsure, qui d'ordinaire assistent au chœur, et les autres 20 frères layz pour servir à messe et estre occupez au service du couvent. Il y a au collège (oultre ceulx que cy devant avons dict) cinquante collégiaux séculiers qui y fréquentent les escoles et sont nourriz hors du couvent d'aulmosne^ qui y oyeni la granjmatique l'espace de quatre ans continuels, au bout desquelz se prennent d'iceulx quatre que l'on admet au collège pour autre huict ans ensuyvans, pendant lesquelz s'estudient parachevans leur cours es bonnes lettres, et depuis en théologie, et se peuvent depuis graduer en telle université d'Espaingnc que bon leur semble. L'obligation plus principale que ces religieux ont, est que tous les jours du monde ilz sont obligez de dire trois messes chantées. La première est celle de l'aube, à laquelle assistent les enfant dii séminaire, laquelle se dict pour Sa Majesté, comme fondateur. La deuxiesme est de requiem et d'icelle font l'office les religieux de la discipline, qui d'ordinaire sont 25. ou 30., et est dédié ce suffrage au corps morts des royz qui y sont enterrez. Et la troisiesme est la grande messe qui est offitiée du commun, et laquelle se chante avecq tant de solempnité et des riches ornamens, et ce selon les festes des sainctz, que je pense n'avoir église au monde qui en cecy la puisse esgaler. Il y a concédées Indulgences et à cest' église de plusieurs pontiôces de fort grans pardons pardons. ^^ jubilées, et en particulier trois autelz previligéz, qui
est à dire que touttes les fois que Ton y dict messe, iS97
Ton tyre du purgatoire une ame pénitente.
Hz ont aussi obligation de dire par toutte l'année, les jours cy apréz signalez, les anniversaires qui s'ensuyvent. Anniversaires. Et en premier lieu :
Le 6. jour du mois de janvier, pour les âmes des progeniteurs et plus proches parens des religieux de Tordre.
Le i8. de febvrier, pour la très chrestienne royne de France, Madame Leonore trespassée.
Le 24. du mesme, pour la nativité de l'empereur Charles le V., père de Sa Majesté.
Le premier de may, pour l'impératrice dona Yzabel, sa mère trespassée.
Le 21. du mesme, pour la nativité du roy Philippe nostre sire.
Le 12. de juillet, pour la princesse dofia Maria, première femme de Sa Majesté, trespassée.
Le 24. du mesme, pour le prince don Carlos, premier filz de sadicte Majesté et de la susdicte princesse dofia Maria, trespassé.
Le 24. de septembre, pour l'empereur Charles le V., père de Sa Majesté, trespassé.
Le 4. d'octobre, pour la royne dona Yzabel de Valoys, troisiesme femme à Sa Majesté, trespassée.
Le 18. du mesme, pour la royne d'Hongrie, dofia Maria^ tante à Sa Majesté, trespassée.
Le 24., pour la nativité de l'impératrice, mère de sadicte Majesté, dofia Yzabel.
Le 26. du mesme, pour la royne dofia Ana, quatriesmç femme à sa dicte Majesté, trespassée,
1597 Le 2. de novembre, pour la nativité de la mesme
royne dona Ana.
Et le 17. du mesme, pour le trespas de la royne dona Maria d'Angleterre, deuxiesme femme à Sa Majesté.
Et se disent les offices de ces defunctz avecq si grande dévotion et cérémonie, comme si c'estoit au mesme jour de leurs obsèques.
Et quand il y a question d'y recepvoir ou aller au
devant de quelque grand prince ou personnaige du
sang royal, qui y vient veoir la mayson, s'y observent
Cérémonies pour les cérémonies en la forme et manière qn'il s'ensuyt.
recevoir quelque Quand quelque grand prince ou personaige du sang
royal va veoir ladicte mayson, sortent le couvent, collège et séminaire à le recepvoir, et avant qu'ilz y arrivent, doibt desja avoir miz en fort bon ordre le premier sacristain les choses suyvantes, scavoir est une fort riche croix d'or garnie de plusieurs belles et précieuses pièces, qui se tyre hors des reliquaires devant dictes, en laquelle y a lignum crucis. Et se met ladicte croix sur l'autel de la sacristie avecq d'un costé et d'autre deux chandelles de cire allumées. Et là tout préz se met la grande croix d'argent dorée qui se porte es processions, avecq une manche brodée tout alentour du long bois au bout duquel ladicte croix est mise, lequel boys est aussi guarny d'argent (à l'usance du pays, car n'usons point de cts manches au nostre). Et s'y met aussi là tout préz le vasseau d'argent auquel est l'eaûe beniste, avecq une fort riche cappe, et touttes ses appertenances, pour se vestir le prieur, et quatre autres religieux pour l'accompaingner, et du mesme faict insinuer à celluy qui a charge des autres ornamens des chantres du chœur pour les y apporter aussi, et joinctement accompaingner audict
prieur. Et hors de l'église joinct, aux premiers degréz, i597
un peu vers le costé de Tevangile, se met en terre un fort riche tapis avecq deux coussins du mesme pour s'y agenouiller le prince. Et plus avant, à l'entrée principale, desoubz la librairie, au mitant de la porte, se met un autre petit tapiz avecq un seul coussin, pour aussi s'y agenouiller, quand le prieur lui donne à bayser la susdicte croix avecq la relique dudict lignum. Et estant tout cecy ainsi miz en bon ordre et l'heure venue d'en sortir, s'assemblent les susdicts du convent, collège et séminaire, devant la sacristie, en laquelle se vestent ledict prieur et les autres ministres. Quoy faict, sortent de là uniformément en procession, comme les jours des doubles festes ilz sont accoustuméz de faire, portant ledict prieur la susdicte croix dudict lignum^ jusques au lieu icy devant dict à la première entrée. Et demeurent ledict convent et les restans en forme de procession à pied coy au mitant de la royale court, pendant que ledict prieur et ses assistans font leur debvoir envers ledict prince, lequel aprez l'avoir dévotement baysée et reverentiée, est conduict dudict prieur, ses accompaignéz et plus anciens religieux, marcheans ainsi tous au mesme ordre vers l'église, chantans les vers et antiphes qu'es semblables cas ordonne le livre du pontifical, en laquelle entrée prend incontinent ledict prieur l'eaûe beniste et la jecte audict prince. Et ce faict, s'avanchent derechef jusques au premiers degréz devant le grand autel, où se met derechef à genouil, pendant que ledict prieur monte audict autel pour y chanter les oraysons, qu'aussi du mesme ordonne ledict livre du pontifical en semblables cas et événement. Et cecy faict, se retournent derechef à ladicte sacristie à s'y quiter leurs ornamens,
1597 et se vont tous à leur retraicte, comme aussi du mesme
ledict prince (bien entendu, estant roy, royne ou prince heretier) vers son quartier, qui par ceste cérémonie y est et demeure le bien venu, et receu en sa mayson. Car n'estant roy, royne ou prince heretier, ains tant seulement personne royalle, que disons estre du sang royal, n'y est icelle si magnifiquement receûe, comme achevons de dire, mais bien y vont ledict prieur et jusques une douzaine des plus vieux et plus notables du convent à la recepvoir jusques à la première porte, sans forme touttes fois de procession, Taccompaingnant jusques aux desgréz du grand autel, devant lesquelz y est miz un tapis avecq ses deux coussins pour s'y agenouiller et y faire son orayson comme de coustume, l'accompaingnant tousjours jusques à en sortir ladicte église, qui est entièrement, sans aucune obmission, le vray recoyvement des princes, qui y arrivent à veoir la mayson.
Consécration de Et comme maintenant touttes ces choses fussent parreglise avecq indul- ^^^^^^ ^^ ^^^^^^ j^ leur parfection, et qu'il n'y eult gences et pardons . . '^ . . .
et dispensations. P^^^ ^^^" ^^ quoy jecter la mam, restoit tant seulement
que l'église fust consacrée suyvant l'ancien usaige de nostre sainte foy et religion, et pour y parvenir avoit desja Sa Majesté receu les bulles à ce requises, qui luy furent envoyées de par nostre sainct père le pape Clément Vin., avecq dispensation que le jour de la consécration s'y puist dire la messe depuis le midy en avant, pour tard que ce fust. Et que l'on y eust à consacrer tous les aultelz que Sa Majesté nommeroit, avecq pardon et indulgence plenaire de dix ans, à tous bons et fidèles chrestiens, prëallablement confessez et communiez, visitans ceste église tant le mesme jour de ceste consecra-
tîon que depuis tous autres ensuyvans de son anniver- ^597
saire. Et celluy qui fist ce ministère, fust le patriarciie Patriarche d*A-
,, ., 1 • i^ «1 /^ !• 1 lexandrie Camilo
d Alexandrie Camuo Cayetano, nunce apostolique, le ^
^ ' * . Cayetano, nunce
30, jour d'aougst 1595., jour de la festivité des sainctz apostolique. martyrs Felice et Adaucto. Et se fist ceste consacration fort solempnelement en présence de Sa Majesté, ses enfans et tous ceulx de leurs maysons et hostelz. Et les jours ensuyvans furent consacrez les deux autelz collateraulx des reliques, et furent miz en une petite concavité qui fust faicte au mitant de la pierre grande qui faict la table du grand autel, ces deulx inscriptions. Par la première d'icelles appert des jours et Tan du commencement et parachèvement de ceste fabrique, à cui dédiée, et qui en a esté le fondateur; et par la seconde, le jour et l'an, que ce fondateur la fist consacrer et par quel ministre.
La première :
Laurentio m. sanctiss. Philipp. il Caroli V. Imp. F. HUIUS templi
PRIMUM DEDIC. LAPID. IX KaL.
MaL M.D.LXIII
exegit vero totam domum non.
Sept. Ann. M.D.XXC IV.
La seconde :
Philippus n. HisPAN. Rex Camilli Caiet. Alexandr. Patriar. NuncI.
Apostolici ministerio Basilicam
hanc s. chrismate consacrakdam
CURAVIT. III. KaLEN. SePTEM.
Ann. M.D.XC.V.
'^97 £j a aussi Sa Saincteté concédé par un brève, que
s'il advint quelque jour que cest' église fust violée ou prophanée, et qu'il fust besoing de la reconcilier, que le prieur de ce monastère qui alors le sera, le pourra reconcilier, moyennant que Teaue beniste soit consacrée par quelque evesque, et point autrement.
Les apprests qui s'y firent pour bien et deûement y estre administré ce sainct ministère, seroient par trop long les icy reciter II y fust faicte entre autres une fort grande montée en forme de théâtre, haulte de plus de 30. degréz, qui se mouvoit sur ses quatre boules pour la pouvoir transporter ou rooUer au lieu que besoing en seroit, sur laquelle se mist le devant nommé patriarche, assisté de ses ministres et maistre des cérémonies, pour consacrer les lieux et endroictz à ce désignez, ausquelz en perpétuelle mémoire et selon coustume et usance de tout temps observée en la saincte église, furent mises et colloquées, es paroys de l'église, certaines croix en
la forme suy vante. Et afin qu'icelles fussent tant plus durables et perpétuelles, aussi plus conformes à un tel chef d'œuvre,faictes de pierre rougastre fort bien polyes et en champ d'une aultre pierre de marbre blancq, comme icy se peult veoir (i). Et les chayres suy vantes sont celles qui en cest acte pontifical et aultres semblables s'usent suyvant la déclaration et esclaircissement qui y est miz, tout tenant icelles.
(i) Dans le manuscrit, la croix potencée et le cercle qui Tentoure sont coloriés en rouge.
j) Faldislorio cubitrlo. ■
i) Faldistorio.
Ha de ser todo de hierro, y deve ser dorado, y las
mançanas redondas, à coma zevotlas, 6 como parescieren
mejor. El assiento es de terciopelo Colorado con franjas
de oro.
2) Faldislorio nudo.
Desta manera sirve en viernes sancto, con almohada encima solamente.
3) Faldistorio cuHerlo.
Desta manera sirve en todos los actos pontificales, y la cubierta es de color del ornamento y debaxo tiene su almohada siempre.
Deste faldistorio usa el papa sienipre fuera de la villa eminente, y assi todas las yglesias bien concertadas unas lo lienen mejor que otras, mas la hechura es coda una.
Et pour conclure avecq ce qui en particulier et gênerai peult concerner ceste brave et triumphante machine, reste de dire, que ce monastère a encores annex et dépendant de soy un autre monastère de ce mesme ordre, et ce par brève des papes Pie le V. et Grégoire le Xin., qui souloit estre de chanoynes réguliers de Tordre de S* Augustin, qui s'intitule de Nostre Dame de Parrazes, et est de la diocèse de Segove. Il y a d'ordinaire en ceste mayson pour y accomplir les fondations et obligations des messes et autres divins offices, en forme de suffrages, qu'anciennement y souloit avoir douze prestres religieux de cest ordre et un vicaire, lesquelz doibvent estre tyréz des cent religieux du couvent de S* Laurent, et sont iceulx subjects au prieur d'icelluy couvent. Et outre ce y a un homme séculier qui y sert de portier, et un lay qui y sert en Teglise au divin office. Il y a aussi un vachier et deux garçons (qu'eulx appellent tfioços de espuelas) pour aller devant les mulets des moynes, quand ilz sortent de leur mayson, desquelz il n'y en a qne deux, Tung pour le père procurateur du monastère de S' Laurent, qui d'ordinaire y réside, et l'autre pour le père prescheur qui va tous les dimenches prescher aux villaiges y circonvoysins. Et ont aussi un cuysinier, un jardinier, un charron, une charrette et deux mules pour le service de la mayson, laquelle a de fort beau revenu annuel, le tout au proflSt et administration dudict monastère de S* Laurent, qui en tout doibt avoir environ 40000. ducatz de rente, sans ce que l'on espère Sa Majesté leur laissera après sa mort. Le devant nommé fray Antonio de Villacastin, superintendent de cest œuvre, qui l'a esté doiz son commencement, comme dict avons, scachant le soing et traveil
Conclusion.
Mayson ou convent annex à ce monastère de S< Laurent.
que j'avoy prins, ramassant touites ks particularitéz de ce chef-d'œuvre, et mesmes que mon intention estoil d'emporter quand et moy le discours qu'en aurois faict à mon retour vers mon pays, et que mon but n'estoit autre que d'en aggrandir ce miracle du monde, m'en voulut aussi ayder de sa part, et en icelle conformité me fîst participant par voye d'une sienne lettre missive d'aulcunes des particularitéz plus rares et remarquables, qu'encores que la plus part d'icelles estoient desja parvenues à ma notice (comme par cy devant se peult avoir veu et apperçeu); touttes fois pour confronter l'ung avecq l'aultre, et suppler d'un chemin le peu qui par inadvertence me pourra avoir esté eschappé, ay bien voulu icy insérer la mesme lettre en sa mesme langue et forme que de mot à autre se peult veoir icy.
Lettre missive de F. Ant. de Villacastin à Fautheur, contenant plusieurs choses de ceste fabrique.
Recivi la de V. M. y holgue spver de su salud, plegue a Nuestro Senor Dios darsela como V. M. dessea y darle tambuen viaje por mar y por tierra, como yo desseo, y la salud perdurable sobre todo, supplico a V. M. mêla haga, de besar las manos al Senor Archiduque Alberto y la S*"* Infanta en mi nombre, porque yo tengo entendido se acordaran de mi aunque soy el mas despreçiado criado de su casa y pues V. M. va a su propia patria es bien que lleve algunas cosas de las grandezas desta casa que contar alla, y assi digo, que el ano de 1562. se començo esta casa y fabrica de S* Lorenço el Real, y se acabo el ano de 1597. Gastose en este tiempo en ladicha fabrica seys milliones y medio por la muchedumbre de ofEçiales, y peones, y carettas que anduvieron en ella unos aiios mas y otros menos, por ser el edefiçio grande y sumptuoso y pulidam** labrado
segun la traça de los edifiçios romanes, en que ubo anos ïS97
que andavan 1500 ofEciales cada dia de ordinario, y
otros tantos peones, y 300 carros de bueyes y mulas,
con tener la piedra dentro en una légua, adonde se
cortava y labrava, conforme a lo que dize la sagrada
escritura del templo de Salamon, que lo trayan labrado,
de manera que se assentava en ladicha fabrica, sin tor-
narlo a labrar, y esto se hazia prîncipalm** en el templo
desta casa, sin otra mucha cantidad de piedra que se traya
por labrar para otros edefiçios, y assi mismo la madera
se traya de los montes donde mas a proposito se hallava,
aunque fuessen lexos. Las piedras que se trayan ordi-
nariam** eran grandes de quatro ô seys pares de bueyes
cada piedra, y otras de 14. 6 15. parcs de bueyes cada
una. Truxeronse siete piedras para 6. figuras de reyes,
y para la figura de san Lorenço, que cada una délias
fue menester echarles 28. ô 30. pares de bueyes, paraque
las pudiessen tyrar en un carro, las quales figuras tienen