lieues, le 28. à Villacastin 3. lieues. Le devant nommé
Pierre Charles (de qui ay faict mention fol. 103.) vint
en ma compaingnie, et ne pouvions ce jour la faire plus
long chemin, d'aultant que les champs estoient tous
couverts de la neige de plus de deux pies, et n'y avoit
nul chemin fraye, et parce que je menay quand et moy
tout mon bagaige, et un fort beau cheval qui fust mesné
par la bride, à ses petites journées de m'en pouvoys
advançer d'avantaige, tant qu'estions hors du mauvais
chemin, qui fust le lendemain 29. que fismes unze
lieues scavoir est à repaistre à Martin Munoz de las
Posadas 5. lieues, et a giste à Olmedo 6. lieues. Icy audict
Martin Munoz, en la grande église est enterré Tillustr™*
cardinal Espinosa, qui en son temps, manioit tant les
affaires du monde qu'il en a laissé grand renom après
sa mort, comme bien ayséement se peult veoir par cestuy
sien epitaphe, qui s'y veoit gravé en une pierre.
Epitaphe du cardinal Espinosa.
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£n uno de los montes Ossa, o Pdio, se déviera escuipir d monamento Del gran pilar de la Christiana yglesia, mas tambien fuera angosto,aunque abraçara quanto el mar dne, oquanto illustra Febo, en chica huessa caven los despojos, sobre quien tienen fuerça muerte y tiempo, pero no enderra termino la gloria de las Illustres hazinosas obras Garo Principe luz, y honor de Hesperia, Vicario de las dos lumbres del suelo aquien dio la mayor cuydado y cargo de guardar y limpiar su grey mas pura, del contagioso mal ddas vezinas, y la otra que ser segunda deue
por su alteza y valor puso en sus hombros el peso dd govemo de sus Reynos y dio desu poder las llaves ambas Reposando en la fe de tu cuydado pues consuma virtud prudenciay industria con firme pecho y amoroso zelo con valor sin ygual restituyste su silla a la gentil virgen Astrea y con suave y amoroso freno en mansa paz, y dulce union registe gentes, lenguas, naçiones différentes aunque aqui tu mortal yaze sotierra lo immortal, y m claro nombre y gloria Viven y vivran eternamente.
D. Diego de Espinosa Obispo de Siguença, Cardinal de S< Estevan in Monte Cdio, Présidente de los Consejos Real, y Inquisiçion doto estas capillanias perpétuas.
D. Diego de Espinosa su sobrino Aposentador mayor dd Rey D. Philippe Segundo, y primer patron. L.M.P.M. ano 1572.
L'autheur arrive Le 30. de mars de Olmedo à Valladolid, 7. lieues qui à Valladohd. ^^^^^ ^^^ ^^^^ ^^ lieûcs. J y fuz logé aux fau-bourgs hors
des portes de Teresa-gil, y S* Estevan. Et y eust là tout
prés une fort vielle église de S^ Andrieu au portail de
Sépulture et epi- laquelle justement devant la grande porte s'y veoit une
^^P sépulture fort esirange qui sent fort son philosophe, et
laquelle (à ce qu'ilz disent) est, d'un certain prestre, qui autrefois avoit hanté la court de Rome et traversé beaucoup de monde et suyvant son humeur et libené et se lassant du monde se vint en ses vieux jours à prendre son repos en ceste église^ avec quelque prébende ou
bénéfice qu'il y eust. Et s'y Sst enterrer à la entrée de la dicte porte, avec l'inscription, mise à l'entoor d'une grande pierre, comme icy se peult veoir, et aumiunt un corps-mort, avec une petite main d'un costè qui monstre du doigt au dict corps, et les cînc lettres signifient : Este Reverendo Vicario Fue Sancto.
de VaUadoUd v
Sa Majesté n'avoit encores sorty d'icy depuis le jour qu'il y avoit entre et y avoit tenu son quaresme; la Pasque venue, et les jours de festes passées se mist en chemin luy seul avec la moindre suyte qu'il peult vers Sa Majesté sorte le terroir de la duché de Lerraa, avec intention de s'y esbatre i la chasse, et y choisir une place aux boys, propre pour y bastir une mayson de playsance. Et moy qui n'avoys encores parachevé mes affaires, fust contrainct de le suyvre, ce que feiz, et partyz de Valladolid L'auiheurse mt le 26. d'apvril passant par Villa Vinez 3. Heûes à en suyte du roy. prendre giste à Olivares 2 lieues. Le 27. par Valbuéna abbaye de S' Bernard, à repaisire à Pesquera 2. lieues, et de là par S' Martin 2. lieues à giste à Roa, 2. lîeùes.
1600 Le 28. prins mon chemin par Aguilera monastère de
Tordre de S* Françoys dict descalços gueres loing de Gumiel del Mercado appartenant au duc de Lerma, où Sa Majesté s'estoit séjourné quelques deux ou trois jours et disnoit ce jour là audict monastère, auquel je le ratains^ et y arrivay à l'heure que mes compaingnons 8*alloient mettre à table, avec lesquelz je disnay, et le disné faict nous mismes tous en coche par ordonnance du ducq qui nous convioit tous d'aller en su}rte de Sa Majesté à veoir la belle chasse que le dict ducq y a, Sa Majesté et tous les gentilzhommes de sa sujrte s'estoient desia advancéz, et les trouvasmes tous au mitant du boys, pendant que Sa Majesté se mist à cheval pour luy seul, en compaingnie tant seulement du comte de Orgaz, et un chasseur du boys, se lancer dedans, et en aller tenter sa fortune, le duc, et tous les restans estoient descenduz de leur coches, et s*y alloient promenans parmy les champs, nous y mismes aussi pied à terre, et m'en allay tout droict saluer le dict ducq qui tout aussi tost qu'il me veist, me demandoit ce qui me restoit encores pour m'en despecher. Et luy en donnant pan, sçavoir est, que Sa Majesté fust servie de me donner congé et permission de pouvoir disposer à ma volunté d'une certaine greffe (ou bien, escrivania mayor de Rentas) dont feu Sa Majesté m'avoit faict grâce et mercede en son vivant pour la pouvoir vendre, et en tyrer quelque bonne somme d'argent comptant, pour en subvenir à mes nécessitez, me dict que de sa part il m'en ayderoit très voluntiers et qu'icelle nuict je l'eusse à donner une requeste contenant icelle mienne pretension, afin de le traicter avec Sa Majesté et le lendemain m'en faire donner mes despcsches; suyvant ce me retiray
vers ledict Gumiel à y prendre logis, et y attendant le i^oo
retour de Sa Majesté et dudict duc^ qui estoit desia fort tard, presentay audict duc ma susdicte requeste et le lendemain me dict que desia j'en estoys despeché, et que Sa Majesté me l'avoit tout accordé, mais qu'il me falloit le suyvre jusques à Lerma, pendant que l'on feroit mes despesches, et que icelles faictes et avant que m'en aller de là, Sa Majesté me vouloit aussi honorer de me faire chevalier de sa propre main, et le duc s'en playsoit fort pourveu que cest honneur me seroit faict en pays et terroir de sa jurisdiction pour tous les jours de ma vie en avoir plus vive souvenance, car aussi bien m'estoit il fort addonné, et en ay reçeu de sa main mainte faveur et grâce. Le monastère del Aguilera a en soy une propriété fort estrange, et non moins admirable à tous, Chose admirable
qui est, qu'en icelluy n'entrent, ne habitent aulcunes au couvent des Cor-
, ,, i-i j- • f j deliers de Aguilera
arondelles, ce qu ilz disent avoir obtenu par don, et >jj q» habitent
grâce spéciale du ciel, par intercession et prière d'un aucunes arondelles. sainct homme religieux dudict monastère appelle san iray Regalado, qui y vivoit en son temps fon sainctement et y repose son sainct-corps, lequel il:^ ont en fort grande vénération, traictans présentement en la Court de Rome de le faire canonizer, et y vivent maintenant libres et exempts de ce volaille, qui auparavant leur firent mill molesties, les inquietans leur dévotion. Et encores que moy-mesme y suis esté ne m'en ay sceu suflSsament satisfaire, d'aultant que n'y feiz qu'entrer et sortir et aussi que alors n'estoit encores arrivée la sayson de l'advenue de ces arondelles en ce pays, mais suflSra que deux tesmoings dignes de toutte foy, comme le sont los ss"* Don Pedro Porto Carrero, maistre d'hostel de Sa Majesté, et don Bernardino de Velasco de su con-
i6oo
Sépulture.
Lerma.
sejo de guerra, me Tayent racconté et affermé. Ce monastère appertîcnt aux comtes de Miranda, et y ont leur sépulture.
Le 29. partist Sa Majesté de Gumiel à repaistre à trois lieues de là et à giste à Lerma qui sont en tout 6. lieues, et depuis Valiadolid jusques à la 20. J'alloys tousiours poursu3rvant mes affaires et me miz en coche du roy auquel mes compaingnons alloient. Et arrivé audict Lerma me fust donné pour logis, la mayson d'un notaire de la ville qui estoit fort homme de bien, et m'en reçeut fort courtoysement : je trouvay en la chambre où je couchay, les dictons qui cy suyvent, y miz en la mesme forme :
EPapa ElRey £1 Cavallero El mercader El letrado El medico £1 Theologo £1 labrador Dios
Yo solo soy uno Yo obedesco a esse uno Yo sirvo a estos dos Yo engàno a estos très Yo rebuelvo a estos quatro Yo mato a estos cinco Yo absuelvo a estos seys Yo sustento a estos siete Yo suf&o a estos ocho.
Torreaux.
Le 2. jour de may invention de la saincte croix y
eust grande feste du jeu des toreaux. Et le 3. alloit Sa
Majesté aux champs, à la chasse, et aussi a pescher en
la rivière. Le 4. sortismes d'icy à dormir derechef à
Chasse royalle Gumiel, et y eust à mi-chemin une chasse royalle de
de loups.
L'autheur est faict chevalier de la propre main du roy.
loups, mais n'en prismes nul, d'autant que le vent nous changea, et par ce moyen, s'estoient apperçeuz des embusches. Le 5. en Gumiel avant qu'entrer Sa Majesté a messe receuz de sa propre main, le trois coups d'honneur, du plat de l'espée, sur mon espaule gauche, me
faysant chevalier, disant ces paroles : En nombre de i^oo
Dios Padre, Hijo, y Espiritu santo, seays buen cavallero,
et en ce disant me donnoit à bayser le pommeau de
Tespée, et me fist lever de agenouillé qu'avoys esté
devant luy, et alors luy feiz ma petite harangue sur les
remerchiemens de tant de dons, bénéfices, et honneurs
que de sa bénigne main j'avoys reçeu, et m'en sçeut le
bon gré, et ce faict m'en retiray tout bellement à un
costé de la salle, et y vint incontinent le duc de Lerma
à bayser les mains de Sa Majesté pour l'honneur que
Sa Majesté m'avoit faict et le mesme en firent tous les
geniilzhommes de la chambre, et nommément don
Francisco de Borja, commendador mayor de Montesa
qui (me souvient) y estoit présent, Sa Majesté s'en
alloit à messe, et ce temps pendant fust donné ordre au
partement et prind sa déroute vers Aranda del Duero