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mucho que en todas las que se le offrescieren ahi de su 1602
acrescentam*** V. S. le ampare y favorezca que toda la merced que V. S. le hiziere la rreçivire yo pof propia. Dios Guarde a V. S. En Valdastillas a 14. de Avril 1602. (Et de sa propre main) Su Mag<* ha hecho merced a Juan Lhermite, y assi se vuelve a su tierra, y en toda la merced que V. S. le hiziere la rreçibire yo. (signé) El duq' de Lerma marques de Dénia.
Suyt la copie du mot de lettre du susdict marquis de Velada.
Ser°* Senora, Lettre du mar-
T TL • 11 i j-j ^^ ^^ Velada à
Juan Lhermite, que Ueva esta me ha pedido que i»infante en faveur
escriva a V. A. en su recommendaçion y aunq'. yo lehe de Tautheur. dicho que la mayor que puede tener es aver servido al Rey nuestro senor con todo esso a querido que yo supplique a V. A. como lo hago, le haga V. A. merced en lo que sele ofFresçiere. V. A. le conozce, y sabra la que merezce, y es justo hazerle. Guarde Dios la ser°* persona de V. A. como desseo. De Olmedo a 14. de Abvril
Ser°* Seiiora
Criado de V. A.
(signé) El marques de Velada.
J'arrivay ce mesme jour audict Valladolid, et de là en avant me miz incontinent en équipage pour m'en passer outre prennant congé des autres seigneurs et ministres du roy hormis de celluy à qui le plus j'en avoys l'obligation qui fust le seigneur don Juan de Idiaques qui le mesme jour de mon retour estoit party vers sadicte Majesté ayant prins son chemin par autre deroutte, tellement que je n'avoy moyen de m'en congé-
Lettre de don Juan de Idiaquez A Tautbeur. (Cedict seigneur trespassa en Segovia le 12.
d'octobre Tan 1614).
L'autheur continue de prendre et dire sufHsament adieu i tous ses cognuz et amyz.
dier en personne, mais j'accomplay ceste faulte par un mot d'excuse, à quoy il me fist l'honneur de me respondre l'ensuyvant : Holgara de haver topado a V. M. por el camino para darle otro abraço pues senos va. Las cartas que me pide van aqui escritas de muy buena gana, desseare que sean de provecho, y tener siempre muy buenas nuevas de V. M. Junto con saber si se ofrezce otra cosa que mandarme. Nuestro Senor guarde a V. M. de Aranjuez a 29. de Avril 1602. (signé) Don Ju.° de Idiaquez.
Les lettres icy mentionnées estoient addressantes à certains ministres du roy qui avoient grande maniance d'affaires, et estoient fort bien venuz du prince au Pays- Bas tellement que ne puis obmetre de les luy avoir demandé, et me les ottroya très voluntiers.
Je ne vouluz jamais partir de la court sans en dire l'adieu à tous, car cest un grand repos à l'ame qu'en délaisser après son départ bonne famé. Je ne pense pas d'avoir oublié quelqu'un à qui j'en aurois l'obligation et des plus signalez qu'il m'en souvient sont les ensuyvans : Don Ant° de Toledo et don Fernando de Toledo, gentilzhommes de la chambre du feu roy, et ledict don Ant** présentement grand escuyer de la royne. Don Pedro de Guzman et don Garcio de Figueroa gentilzhommes de la chambre de Sa Majesté régnante, don Alvaro de Cordova aussi gentilhomme de la mesme chambre estoit s'espirant à l'heure que l'alloys veoir pour luy en dire Tadieu. Le comte d'Enseda aussi gentilhomme de ladicte chambre, don Diego de Ybarra du conseil de guerre et le secrétaire du mesme conseil Estevan de Ybarra, don Pedro Portocarrero, un des maistres-d'hostel du roy, les comtes de Chinchon, et de Olivares du conseil d'estat et les secre-
taires du mesme conseil Andres de Prada cavallero del 1602
habito de S* Yago et Ant° de Arosteguy, comm' aussi
du mesme le secrétaire de la royne Juan Ruyz de Velasco
cavallero del habito de S* Yago qui avoit esté en mon
temps ayde de gentilhomme de la chambre du feu roy
ayant à charge les audiences de sadicte Majesté et joinc-
tement les papiers et les deniers de la depence de sa
chambre, sans oublier le comte de Salinas, le marquis
et la marquise de Falçes, et surtout la jeusne princesse L'autheur prend
d'Espaingne dona Ana Maria Mauricia qui n'avoit pour ^?^ ^ ^i,^^"."^ , ^ * pnncesse d Espam-
lors qu'environ huict mois, et estoit demeurée audict g^^^ Valladolid auprès de sa nourrice soubz le gouvernement de la marquise del Valle qui avoit desia toutte sa mayson formée ni plus ni moings comme si elle eust esté en plus hault eage, voires jusques d en avoir ses chapellains qui journellement sans faillir luy dirent sa messe à laquelle elle fust aussi portée par sa nourrice en présence de la susdicte marquise sa gouvernante accompaingnée de tout son train. Le comte de Pliego maistre d'hostel de la royne y assistoit pour alors, faysant l'office de grand maistre de sa mayson, par le moyen duquel, et aussi par Tadresse de ladicte marquise me falut avoir mon entrée à m'y acquiter de ce mien debvoir ; laquelle comme elle sceut qui j'estoys, mesmement que je m'en alloys vers la ser"** infante sa tante, m'y fist incontinent entrer me donnant congé d'approcher son alteze et luy en bayser la main selon la cérémonie d'icelle court, ce que je fiz en tout mon bon sens (car ne fault jamais perdre le respect aux personnes royalles ni mesmes aux paroys de leurs chambres) mais elle toutte plaine d'innocence ne me sçeut tenir la gravité de son rang et pour toutte bonne contenance me paya avec une doulce risée
L'autheur parte vers le Ï*ays-Bas de Valladolid.
Claude de Croy seigneur de Clarques part en sa compaingnie.
dont j'en receuz un indicible contentement. Dona Ana de Mendoça la tenoit sur ses bras, et y estoient présentes la marquise de Montesclaros, les comtesses de Cyfuentes, et de S* Estevan, dona Ana de Sylva, dona Sancha de Guzman, touttes dames d'honneur de la royne, et donna Esteviana, açafata de sadicte alteze, et le susdict comte de Pliego y estoit aussi présent, et se monstroit ladicte marquise del Valle très ayse et très contente d'avoir moyen d'escrire larguement avec moy à la ser"** infante en Flandres, sur la bonne disposition, et autres minutez de ceste jeune princesse sa niepce, qui pour ce faire le plus commodément et à son bon loysir m'y détint encores plusieurs jours, tant qu'à la fin par mes propres soliçitations il me falut tyrer hors de ses mains sa lettre, laquelle j'obtins, et suyvant ce fust le jour de mon partement d'Espaingne vers le Pays-Bas le 19. jour du moys de May de ceste présente année de 1602. Nous disnasmes ce mesme jour là, ensemble, le chancellier de l'ordre de la thoyson d'or, don Antonio del Valle, Madame de Keghel, don Ricardo de Merode, le protonotaire Zeelande et moy chez un riche marchand de nostre nation appelle Jean Francome natif de la ville de Mons, et Françoyse sa compaigne, qui nous traictarent fort bien, et sur le soir environ les trois heures, ayant prins congé de tous, moniay à mule pour aller trouver le seigneur de Clarques, Messire Claude de Croy, chevalier gentilhomme de la bouche du roy qui avec moy debvoit entreprendre ce tant désiré voyage selon que parensemble estions convenu n'ayans que chascun son varlet tellement que n'estions que nos quatre (assez bonne compaingnie pour en faire legierement chemin) hormis le garçon des mules qui marchoit à pied, lequel avec
quatre de ses mules avions loué jusques à S' Jean de Luz frontière entre TEspaingne et la France, jusques où il nous accompaingnoit, et en cest équipage marchions fort allègrement nous accompaingnans au sortir de la ville plusieurs gentilzhommes de cognoissance, les ungs plus loing que les autres, dont en eusmes du mal assez pour nous en défaire, tellement qu'en courtoysies, et complimens (comm' on dict) d'un costé et d'autre, nous gastions la plus grande partie du soir et n'en peusmes jamais faire d'avantaige que deux petites lieues, estant vray selon le commun dire, que la première journée est tousiours la plus grande, prenant giste à Cabeçon 2. lieues. Le lendemain 20*^"® par une villette appellée Duenas, à repaistre à Magas 6. lieues, et de là à giste à la Venta de Revillas 6. lieues, qui furent ce jour là douze grosses lieues. Le 21. arrivasmes à Burgos bien tempre, ce ne sont que 8. lieues, et tout incontinent allismes visiter le sainct crucifix de miracle, dont folio 83. verso se verra plus clairement ce qui en est (i). Le lendemain 22. avant qu'en sortir y fismes noz dévotions, et nous pourveumes d'assez bonne quantité de petites croysettes d'argent doré, et de certaines mesures que l'on prend par dévotion, qui sont des fort beaux rubans de soye de toutte couleur, en aulcuns grand nombre de lettres
(i) Il y a lieu de restituer ici le passage en question, qui se trouve dans le livre de H. Cocq signalé p. 86 du t. i, en note : « Le sainct Crucifix au monastère de S. Augustin, aux faubourgs de Burgos, est fort célèbre en miracles. Il a esté trouvé par un marchant qui venant par mer le trouvoit en une casse de bois flottant sur les ondes, et fist tant quHl le mist en sauveté, l'apportant aùdict Burgos et le collocant au mesme lieu où il se voit maintenant, qui fust environ Tan 1287, régnant en Castille le roy don Sancho, de laquelle invention, et les miracles depuis advenuz se trouve un livre imprimé auquel me remets. »
Cabeçon.
Magas.
La Venta de Revillas.
Burgos.
Vertnesca.
(Briviesca).
Pancorvo et Miranda del Ebro.
Victoria.
d'or et autres enseingnes de la saincte passion de Nostre Seigneur couppéz à la vraye mesure du Chris fixé audict crucifix et touché à icelluy comm' aussi les susdictes croysettes, et ne fismes ce mesme jour que huict lieues passant par Monasterio cinc lieues et à prendre giste à Verviesca trois qui font comme dict est 8. lieues. Le jour ensuyvaut 23. en recompense du précèdent fismes bien quatorze lieues, scavoir est par Pancorvo quatre à Miranda del Ebro cinc où que repeumes et à dormir à Victoria encores cinc lieues qui font en tout 14. lieues; ce lieu de Miranda semble estre de fort antique structure et y trouvions escrit les vers ensuyvans desoubz une ymage de Nostre Dame qui pendoit à une des portes de la ville que nous sortions.
PaXTUS, et INTEGRrrAS DISCORDES TEMPORE TOTO VniGINIS m GREMIO FŒDERA PAaS HABENT. —
Registre de la doane.
Ceste ville de Victoria est limite entre Castille et Biscaye et à cause de ce s'y faict la visite de tout ce que l'on a sur soy pour en payer le droict de la doane et sans mon passeport qu'en avoys signé de la propre main du roy ne me fust esté permis de passer plusieurs minutez que j'avoy; c'est icy qu'ordinairement sont oultragéz les passagers et principalement ceulx qui ne sont accoustuméz de traicter avec ses doanniers qui ne peschent que sur leur propre interest ne respectans ni au roy ni au roCy et tout ce qu'ilz taschent de faire est de les inquerir si estroictement soit à droict ou à tort pour scavoir s'ilz n'ont rien de caché pour en toutte rigeur le leur confisquer, et pour ce faire tant plus subtilement commettent leur guardes ou espions en plusieurs differens endroicts aux passages qui avec insolence grande et
une incivilité non pareille vous deshabillent jusques à la chemise soubz umbre de recerche, et vous font ouvrir (veuille ou non) vos malettes et si en cas de refuz ou contradiction vous rammainent derechef vers la doane, chose insuffrable à tout homme de bien et assez bastante pour en perdre la pacience : mais le plus accort du tout est ne permectre que la chose vienne à tel extrême, ains leur remplir les mains de quelque pièce de monnaie comm' à gens affamez et pour mieulx dire infâmes à demy brigans, et voleurs se sustentans d*icelle leur rapine, et pour bien avisez que nous estions ne nous falloit encores quelque petite ruse, tellement que le jour de nostre sortye qui fust le lendemain 24*°»* ne peumes faire que 3. lieues scavoir est à Galereta pied du port, ou de la montaigne de S* Adrien, qui est une des plus hautes d'icelle contrée et tenue pour les Pyrénées. Le 25"'^ passâmes ladicte montaingne de fort bon matin et pour la passer nous fallut bien quatre heures. Elle est haute et aspre et point tant pénible en montant comme en descendant qui fust cause qu'en descendant nous allismes tous à pied, nous passâmes par une grotte fort admirable au mitant de laquelle trouvions une hostellerie pour s'y loger en nécessité, ce n'estoit qu'un triste trou accommode entre la vive roche aussi n'y avoit il qu'un pouvre mesnage mesmement les portes et fcnestres touttes bruslées et consumées par le feu que l'on y avoit boutte nagueres, pour nett03'er la mayson de la maladie contagieuse dont tous estoient morts, et ceulx qui y vivoient alors, ne faysoient qu'y arriver. Aulcuns disent que ceste concavité scroit miraculeuse, mais je tiens plus apparent qu'à force de mains elle aura esté faicte pour se communiquer Tune province avec l'autre autrement n'y avoit
Advertissement.
Galereta.
Mont St Adrien.
Grotte ou trou au mont S< Adrien bien admirable.
i6o2 moyen de frayer quelque chemin par dessus tant de
rochiers si extrêmement haults, et aspres. Il y a depuis
Segura. ledict lieu de Galereta jusques à Segura trois lieues, et
Villafranca. de là à Villafranca deux, où que repeumes, et en est le
chemin très pbysant car d'un costé et d'autre n'y a que de la belle verdure tout au long d'un fort beau ruyseau
Moulins i forger OÙ se voyent en plusieurs endroicts des moulins d'eau à ^" ^^^' forger du fer, lequel s'y tire hors des mineres qui s'y
trouvent en la mesme montaingne et en sorte ledict fer tout rafîné, et purifié, et tout forgé en des grans barreaux qui se repartent par toutte la Biscaye pour en furnir par après à plusieurs autres provinces du monde dont leur en revient un grand proufit et gaing, car est ce fer d'Espaingne estimé pour le mellieur, le plus doux et le plus maniable du monde. Après le repas nous passâmes par
Tolosa. Tolosa qui sont trois lieues, une villette assez belle, lieu
originel des ancestres et prédécesseurs du susnommé don
Si-Sebastien port Juan de Idiaquez, et de là à giste à S* Sébastian qui est de mer. ^^ p^^ jç ^^^ ^ quatre lieues qui sont en tout 12.
lieues. Nous y reposâmes le lendemain qui fust jour de la Pentecôte, et allismes veoir le lieu qui nous sembloit fort beau et playsant, c'est un port de mer de fort grande trafique, et y résident beaucoup de marchans de nostre nation qui nous y firent grande feste. c'est une villette environnée de ses murailles et assez forte, et contient environ quelque huict cens ou mill maysons. Il y a d'ordinaire quelque cincq cens soldats de garnison sans encores les bourgeois et inhabitans qui viennent bien à dix mill et davantaige, la ville est fondée sur l'arène ou le sablon, et est le havre capaz de beaucoup de navires, voires de plus de cent, où d'environ ; du costé de la mer y a une haulte et aspre montaingne et sur icelle un
fort chasteau bien garny d'artillerie, et toutte munition 1602
de guerre. Et pourveu de bonne garnison, où que nul asteau.
estranger peult entrer, car l'on y tient fort bonne guarde, comm' aussi du mesme aux portes de la ville laquelle est aussi fort bien munie de fort bonne artillerie. Il advient aulcunes fois que le croissant des eaulx est si grand et véhément que touite la ville et montaingne se mect en isle. Les batteaux y sont fort bien guardés des tempestes et orages de la mer, et est la ville très abondante de frument et toutte autre sorte de grain qui leur vient de la France, comme aussi de toutte sorte de vins, et aussi de Navarre et de Galice, oultre les vins qu'ilz ont de leur propre cru, et grande abondance de pommes, desquelles ilz font une fort bonne boysson, qu'ilz appellent Cydra, Cydra boisson qui se boit ordinairement entre le commun, comme ^^^^^^ ^^ pommes, chez nous la cervoyse. Il y a beaucoup des riches marchans qui trafiquent sur les Indes, ayant leur correspondance en Seville. Il y réside un grand nombre de mariniers, et maistres carpentiers à faire de grans batteaux pour naviguer aux Indes. Et n'y a an, que l'on n'y enfaict plus de neuf ou dix qui sont de fort grand coustage si comme : de sept ou huict mill escus chascun pour aquoy furnir ilz font bourse par ensemble à gaing et perte et chargent iceulx batteaux de force marchandise laquelle ilz mainent vers Seville où ils vendent lesdicts batteaux, ou bien les chargent derechef de toutte autre sorte de marchandise et se vont ainsi chargez aux Indes ; un des plus riches et qualifiez de ceste ville est un Juanes de Almezquita, natif de ladicte ville, qui y a fort grand crédit envers tous, et est homme de fort grand traficq. Il y a en ceste ville deux églises paroichielles fort belles, Deux paroiches. et un monastère de tort belle structure où il y a d'ordi-
i6oi naire environ vingt cincq religieux de l'ordre de S'
Monasiere de Dominicoue. Le cloistre ou le pan est fort beau tout faict
Tordre de S- Dt>- , , „ ^. „ . ., , , „ .-
miniquc. "^^ °"'^ pierre. Et si y a il une fort belle et magnifique
montée et fort royalle, et non moins artificielle, car elle
est massonnée toutte en l'air qui est fort admirable, et
digne de s'en souvenir ; le devant nommé don Juan de
Idiaquez est patron de cedict monastère lequel funda
son feu père don Alonso de Idiaquez avec donation de
Sépulture de la mill escus de rente tous les ans. Hz y ont leur sépulture
famUle de Idiaquez. ^^j ^^^ ^^^^ j^gU^ ^^ sumptueuse .scavoir est, en la grande
chapelle, où s'y voyent les ymages ou statues des père
et mère dudict don Juan de Idiaquez, avec les armoyries
de leur mayson et famille qui
ymvssmmASKTii. ,„„, ,,, p„„„„, „„„ ,,„
devise. Aussi y ont ilz laissé un fort beau tableau qui a esté faict au Pays-Bas, et beaucoup des belles figures ou statues de saincts, le tout des meilleurs maistres et anifices du mesme pays. Et est le tout pardedans de ladicte chappelle tout peint k destrampe de
fort belle et artificielle main. Hors de la ville à un demy Monastère de , ,. ,
Nonnains. '1"^'^ *** "^^^ P''*^ ï ^ «"cores un autre monastère de
nonnains dont le susdict don Juan en est aussi le patron et est icelluy monastère fondé au mesme lieu où qu'anciennement souloit estre la vielle ville de S' Sebastien, dont encores pour le jourd'hui il en a retenu le nom scavoir est de San Sébastian el antiguo ; cest' église sen de paroiche aux hameaux y circonvoysins. Il y a outre cestuy-cy encores un autre aussi de nonnains de l'ordre
Autre de non-
de S' Bernard aussi gueres loing de la ville auquel y a ^^^
beaucoup de fort nobles dames, fort dévotes et de fort
saincte et religieuse vie. Et est ce lieu et toutte sa com-
marque libre d'imposition et gabelle, ne payant riens au
roy, et ne luy doibt autre chose que Tobedience et
recognoissance de bon vassal à son roy et prince, en quoy
ilz se montrent fort prompts et voluntaires, et en tyre
Sa Majesté gran service en occasion de guerre, lors qu'il
y a question de faire armée navale, car est ce lieu plain
de bon mariniers. Il y a là tout prés à une demie lieue
plus ou moins un fort beau port, ou havre de mer qui Eï Passage, beau
se dict El Passage qui est un des mellieurs de toutte la P^" ^ ^^'
coste d'Espaingne et auquel entrent seurement infiniz
batteaux . grands et petits, servans à une grande armée
de mer, et n*y a galeon si grand qu'il n'y entre fort
facilement et y est fort bien contre-guardé des orages.
L'autre jour ensuyvant le 27. sortîmes de ce lieu, accom-
paingnez de plusieurs marchans de nostre nation, qui
nous avoient fort amiablement caressé, et mesmement le
susdict Juanes de Almezquita amy des estrangiers nous
accompaingnoit aussi nous ayant donné le dejeunné en
sa mayson. Et prismes nostre chemin par ledict- port
lequel il nous fallut passer en barque. C'est une des plus
belles et playsantes veûes que je viz jamais, un lac ne Embarcation pour
peult estre plus calme et asseuré qu'il n'est, et en est le ^^^^^ ^^ susdict
rivage, tout verdoyant d'une belle espessure de hault
bois. On s'y embarque en des petites barquettes qui sont
gouvernées par des femmes, lesquelles vous viennent Les femmes y
audevant, vous conviant par envie. Elles sont bellottes et servent de matelots.
d'assez bonne grâce et vous en disent les beau petits
mottelets. L'exercice et habitude, les a rendues habiles,
fortes et robustes à ce mestier, et croy que nul de noa
i6o2 matelots en feroit d'avantaige. C'est merveille de la
grande dextérité qu'elles usent et un passage fort playsant
de se veoir mattelotté des femmes. Nous passâmes enfin
fort alleguement cedict estroict et nous desembarquant
nous nous remimes à mule continuant nostre chemin
Yrun, dernière passant par Irun, trois lieues qui est la dernière ville
ville d'Espaingne. d'Espaihgne et où il fault derechef faire revision de nos
Rostre. malettes et passeports les ministres à ce députez nous
traictarent fort humainement dont Juan de Arbaleys, maistre de postes du roy (résidant en ce dict lieu) en fust bien la cause car de son ordinaire porte respect aux gens de bien, et en particulier aux serviteurs du roy : il m'avoit cognu en court et parce m'y fist grande caresse, et nous donna fort bonne collation pendant que lesdicts ministres nous despeschoient, et outre ce nous fist accom- Riviere qui sépare paigner par un sien laquay jusques à en estre passé la 1 Espaingne de la ^jyiere qui sépare Tun royaulme de l'autre, et encores
plus avant. Icelle passée renvoyâmes ledict laquay passans S» Jehan de Luz outre jusques à S' Jehan de Luz première ville de France.
première ville de u j^ yrun à la Roye une demie lieue, et de là
France.
jusques à S* Jean de Luz une lieue et demie et jusques
icy estions venuz en nos mulets d'Espaingne lesquelles
ne pouvoient de là passer outre par expresse défense du
roy suyvant les pragmatiques et loix du royaume, et
Bayonne, ainsi y prismes la poste jusques à Bayonne qui sont
autres trois lieues et en tout de S* Sébastian jusques icy