‹ Le pastel, simplifié et perfectionné (volume 2)Chapitre 4 sur 6 · SI · texte numérisé non relu

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un autre ton un peu plus roux encore viendra se fondre et s’harmoniser avec le brun rouge que vous aurez mis primitivement. Le front lumineux pour l’ordinaire n’admet pas des ombres si prononcées que celles des joues et de la mâchoire.

Il faut soigneu.sement éviter de cerner les ombres, d’accuser durement les traits du visage, de laisser la cornée de l’œil trop blanche et de faire le point visuel trop lourd de ton.

Il faut aussi ne pas ébaucher les ombres avec des tons trop foncés, sous peine de leur donner de la lourdeur.

Il vaut mieux les attaquer plus doucement d’abord, et les colorer peu à peu, car c’est ainsi seulement qu’on obtient de la tiansparence.

Passons aux procédés employés par de Latour et par ses contemporains. Avant de poser les nuances qui devaient produire l'effet de l’ensemble général, ils étendaient une couche légère de sanguine sous la masse de l’ombre, ce qui donnait une belle couleur et de la vitalité à cette partie. On ignore, de notre temps, que leTilien, Paul Véronèse et

Ra[)liaël même, plaçaient une couche de brun rouge, ou de vermillon, sous une draperie fpi’ils devaient peindre en bleu. Ce procédé de peinture à l’huile, nos maîtres, en fait de pastel, en ont fait une heureuse application au visage humain, qu’ils ont traité avec une supériorité marquée. Bien plus, de Latour et Greuze plaçaient un frotté de noir, crayon n" 3 ; frotté extrêmement léger sous les parties charnues, qui devaient être bleuacées. L’expérience nous a démontré qu’aucun bleu ne peut remplacer cette nuance bleuâtre, produit du noir sous un ton de chair.

Des cheven:s.

Quand vous arriverez aux cheveux, tout en vous conformant à la nuance que vous indiquera votre modèle, vous devrez commencer par poser sur votre ombre un ton qui équivale par sa vigueur à celui que vous aurez mis sur la partie la plus vigoureuse des joues.

Ensuite, à côté de cette ombre largement indiquée comme toujours, vous poserez une seconde teinte plus chaude, qui vous fera arriver à la troisième, la teinte lumineuse-

cette manière de procéder amènera les meilleurs résultats.

Il est bon de tenir son ébauche vigoureuse et dans un ton chaud, et de réserver les tons frais pour terminer ; lorsque toutes les teintes sont mises en place, ainsi qu’on le fait pour une mosaïque, c’est le moment de se servir du petit doigt pour les lier et les fondre les unes dans les autres, comme le pourrait faire une estompe.

Ce travail donne du moelleux aux contours, mais il faut bien se garder, en le faisant, de perdre la forme première ou de lui ôter l’accent qui lui convient.

Lorsque l’ensemble est terminé, on doit s’occuper de modifier les diverses parties qui laissent à désirer, nous voulons dire qu’il faut rendre plus légers les tons lourds, et réchauffer ceux qui sont froids.

Il faut éviter avec le plus grand soin de salir les touches qui sont dans le clair par des teintes obscures; elles ne doivent se toucher que par leur extrémité lorsqu’elles sont fondues ensemble. La meilleure manière de procéder est de les lier par des demi-teintes.

Ces demi-teintes doivent toujours participer des couleurs qui les entourent.

Des draperies et des fonds.

Les draperies et les accessoires doivent être toujours plus largement faits que les chairs.

Le fond sur lequel est peint votre portrait doit être calculé d’avance et non pas livré au hasard; il sera vigoureux ou clair, suivant l’effet que vous voudrez produire; sa première qualité doit être d’enlever les clairs et de les faire paraître plus brillants par de vigoureuses oppositions , comme aussi de faire valoir les ombres par sa légèreté.

Il faut redouter la monotonie des fonds uniformes qui n’arrivent jamais à produire l’effet que nous venons d’indiquer; un fond habilement ménagé en clair ou en foncé autour du visage est ce qu’il y a de mieux, surtout si en le composant vous y faites entrer les mêmes tons qui vous ont servi pour votre tête ; ce mélange vous donnera pour résultat l’harmonie de laquelle découle le plus grand charme de la peinture.

iloycus de dég;raisiser le papier sur lequel ou fait sou pastel.

Si, dans le courant de votre travail, vous vous aperceviez que votre papier fatigué par le frottement du doigt refusât de prendre le crayon, il faudrait enlever légèrement, un peu de son épiderme, soit par l’emploi de la pierre ponce mise à plat, soit avec du papier de verre très-fin, n” 00, soit, ce qui nous paraît préférable, avec un morceau de sèche. Malheureusement lorsque le papier se trouve dégraissé, la place ainsi remise en meilleur état conserve un inconvénient qui est de goder plus ou moins ; pour remédier à cela, il existe un procédé des plus simples, qui est de l’humecter à l’envers avec une éponge fine à l’endroit où il gode, avec de l’eau dans laquelle vous aurez fait dissoudre un peu d’alun : en séchant, le papier se tendra de nouveau, et l’alun lui aura rendu, en l’encollant, sa qualité primitive.

H est bien entendu que nous ne voulons pas ici parler du papier recouvert de sable ou de poudre de ponce, mais bien de tout autre papier qui n’a pas de grain.

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