‹ Le Paternalisme et Ses LimitesChapitre 21 sur 37 · REPOS AVANT ET APRÈS L'ACCOUCHEMENT · texte numérisé non relu

REPOS AVANT ET APRÈS L'ACCOUCHEMENT

préoccuper les pouvoirs publics. Aucune de ces lois n’a un caractère nettement paternaliste. Ce sont plutôt des lois d'administration ou de police générale. C’est ainsi que la première en date, celle du 27 novembre 1909 (1), se borie à garantir leur travail ou leur emploi aux femmes en couches employées dans l'industrie et à décider que toute convention contraire sera nulle de plein droit.

Quant à la seconde, qui date du 48 mars 1910 (2), elle a pour but d'accorder aux institutrices un congé de : deux mois avec traitement entier, moitié avant, moitié après leurs couches. Une seule de ses dispositions présente un certain caractère paterualiste, c'est celle qui décide qu’elles ue peuvent reprendre leur service, gw’elles le veuillent ou non, qu'après examen et certificat médical constatant qu’elles sont en état de le faire sans dommage pour leur santé (en cas contraire, la prolongation de congé nécessaire leur est accordée, aux conditions du congé ordinaire, jusqu’à concurrence de deux mois).

Cette question de la réglementation du travail des femmes nous amève à celle, beaucoup plus complexe encore si c’est possible, de la réglementation du travail à domicile.

Tout a été dit sur les abus qu'il engendre, tant au point de vue de la durée tout à fait excessive de la journée

(1) Journal officiel, 1909, page 11386.

(2) Journal officiel, 1910, page 2273.

de travail, rendue nécessaire par la modicité des salaires, qu’à celui des conditions bygiéniques déplorables dans lesquelles il est le plus souvent exécuté. Il n’y a, pour s’en convaincre, qu'à feuilleter le volumineux rapport qui a suivi l'enquête de l'Office du Travail sur l’industrie de la lingerie à Paris. On y lit, notamment, que les salaires ne dépassent pas 0 fr. 20 l’heure et oscillent pour la plupart entre Ofr. 10 et Ô fr. 15 (1). On y ht même (2) qu’on trouve encore à Paris des ouvrières à domicile payées à raison de 0 fr. 05 l’heure, et là-dessus il leur faut encore payer leur fil et leurs aiguilles.

D'une façon générale, le rapport estime que ies trois quarts des femmes qui font de la lingerie chez elles à Paris, ne gagnent pas 400 francs par an. Or, 97 0/0 d’entre elles n’ont pas d’autres ressources (3). Uue femme de grand cœur, M"* Caroline Milhaud, qui a spécialement étudié cette question du travail à domicile, cite diverses monographies d’ouvrières que nous voudrions pouvoir reproduire ici tant elles sont éloquentes dans leur simplicité. La plupart se réfèrent à des ouvrières qui travaillent 14 et 16 heures par jour !

Et cela ne s'explique que trop facilement. Comment s’étouner, en effet, qu’une femme qui n’a que le produit de son travail pour vivre, et parfois pour faire vivre une mère infirme ou un enfant en bas âge, soit obligée de

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