TRAVAIL DES ADULTES
les arguments des uns et des autres sont trop connus pour que nous les reproduisions ici.
Un parallèle des avantages et des inconvénients réciproques de linterventionnisme et du non-interventionnisme en cette matière ne saurait trouver place dans celte étude. Délaissant la question théorique, qui relève beaucoup plus de Ja Philosophie que du Droit, nous nous bornerons donc à constater que la réglementation du travail des adultes est aujourd’hui un fait accompli dans la plupart des pays.
Mais nous croyons devoir, par contre, reprendre la question théorique sous une autre face et essayer de préciser par suite de quel travail psychologique conseient ou inconscient, les interventionnistes admettent la réglementation légale du travail des adultes.
Si l'on creuse cette idée de la réglementation du travail des adultes, si l’on cherche à atteindre ses racines profondes, on est amené à coustater que son origine première résulte de linégalité de situation existant entre le patron et l’ouvrier.
D’uo côté, en effet, il y à un homme qui a des capitaux, qui n’a pas besoin de gagner sa vie au jour le jour et qui se borne à recevoir les offres de travail qui se préseutent à lui, sans qu'il ait besoin le plus souvent de les solliciter ; de l’autre, au contraire, 1l y a un homme qui est dans l'obligation matérielle de trouver du travail à n'importe quelles conditions, dans un délai fixe très limité et qui est obligé, dans la plupart des cas, de faire
ses offres lui-même, car, inconnu comme 1l Fest, personue ne songerait à lui.
N'’est-il pas évident qu'entre ces deux hommes, dont l’un peut attendre, et dont l’autre, au contraire, ne peut pas attendre, la partie n’est pas égale et que le premier pourra imposer au second, par une pression qui pourrait, parfois, aller presque jusqu’au chantage, les conditions de travail les plus pénibles et les plus néfastes ? Il semble donc, à ce point de vue, que c’est avec juste raison que PEtat intervient pour maintenir la balance égale entre l’une et l’autre partie. Ce faisant, il ne fait que se conformer à une de ses attributions, qui ne lui est déniée par personne : celle d’assurer la loyauté des contrats et l'égalité des contractants.
Mais, l'hypothèse que aous venons d’envisager, c’està-dire le contrat passé par #7 ouvrier avec wn patron, correspond-elle bien aujourd’hui à la réalité des faits? Daus certains cas, et en particulier dans la petite industrie, on peut sans hésiter répondre que oui; mais, dans la grande industrie ?..….
Le cas le plus fréquent aujourd’hui est, au contraire, celui où le patron a en face de lui, non pas un faible individu, mais une collectivité d’une force au moius égale à la sienne.
Au fur et à mesure que se développent les organisa tions syndicales, — et elles semblent devoir se développer de plus en plus, — l'égalité se rétablit entre patrons et ouvriers organisés.