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LES MENUS DANGERS DE L’EXISTENCE

est assez vaste par lui-même pour uous dispenser d'aller puiser des exemples ailleurs.

Une circulaire toute récente du ministre de l'Intérieur, réglementant les « appareils à sous » (1), nous offre une première preuve de l’infinie variété des mesures paternalistes.

Ces « appareils à sous » sont assez comparables à de petits billards anglais dans lesquels il serait impossible de calculer son coup. On y met une pièce de cinq ou de dix centimes, moyennant quoi une bille vient se placer contre uu ressort à boudin. On tire le ressort et la bille, lancée dans une série de circuits, va aboutir, soit dans une case rouge, soit dans une case bleue. Suivant la couleur, on à gagné ou perdu. Le gagnant est récompensé par un jeton, qui lui douue droit à un lot.

Quoique ces appareils soient placés, le plus souvent, chez les marchauds de vin et aient ainsi pour conséquerce indirecte d'augmenter la consommation des spiritueux, il se semble pas qu’on ait eu pour but, en les réglementant, de restreindre cette consommation. Bien au coutraire, la circulaire du ministre de l'Intérieur semble chercher à augmenter les chances de gain du Joueur.

Nous signalons cette question, parce qu'il nous parait y avoir là un excellent exemple des conflits qui peuvent se produire dans le sein même du Paternalisme. Le principal but de cette étrange circulaire est, er effet,

(1) Circulaire du 29 juillet 4910.

d'exiger que ces appareils offreut au joueur comme chance de gain uu jeton non rejouable, donnant droit à une consommation unique qui devra être prise dans l’établissement même où est installé l'appareil. C’est donc la consommation obligatoire si l’on gagne, puisqu'on n'a aucun autre moyen de se faire payer son lot.

La circulaire va plus loin et (sans doute pour que les entrepreneurs de ce genre de jeux puissent disposer les appareils de façon à ce qu’on gagne plus souvent) elle décide que ces consommations devront être à bas prix. Le prix de la consommation gagnée ne peut excéder, en effet, quinze centimes pour une mise de eciuq centimes et trente centimes pour une mise de dix centimes. C’est absolument comme si le rédacteur de la circulaire avait écrit, au Moins pour ce qui concerne les appareils à cinq ceulimes, que l’on ne pourra gaguer que des cousommations frelatées et de mauvaise qualité. Il est probable qu'eu édictant cette singulière mesure, on a eu pour but de protéger ceux qui sont tentés de jouer contre l’appât résultant d’un gain assez élevé. Il est évident que si, en exposant dix centimes, on risquait de gagner un frauc, le nombre des joueurs serait beaucoup plus considérable que si on ne peut gagner que trente centimes.

La question est donc de savoir s’il est préférable pour Pindividu de boire des alcools de mauvaise qualité que de perdre quelques sous, destinés, la plupart du temps, à être dépensés d’une facon tout aussi inutile.

Les auteurs de cette circulaire ont cru pouvoir résoudre

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