INTRODUCTION XIX
théorie du protestantisme moderne, telle que son docteur l'a formulée récemment en parlant du « poché mortel du monachisme »?
En voici la définition : « Une séparation du monde qui laisse le monde aller son train ; une contemh plation du Créateur ^dont nous ne saurions aug- • monter la félicité) s 'exaltant jusqu'à nous faire « oublier les créatures dont il nous a commis la « charge. Il est toujours mauvais pour l'Eglise de se « replier sur elle-même. Dès qu'on en ferme les « portes, l'air s'y corrompt (1). » C'est bien la même pensée; nous allons en sonder l'erreur. Mais il est vraiment inquiétant de voir un écrivain, qui emprunte à des auteurs protestants leurs idées et leurs mots, entreprendre de nous dévoiler bientôt l'avenir du christianisme (2), quand il n'a pas même su lire les textes qui en définissent le passé. Ecoutons encore :
Les Gestes des Martyrs ont été composés à l'époque où l'ascétisme axait pris tout son développement. Eux aussi vantent spécialement la chasteté, et la mettent en un relief tout particulier. Ces Gestes exercent sur la société religieuse au vi° siècle une influence décisive et quasi universelle (naturelle-
prouvent pas explicitement; mais ils pensent, en somme, qu'on n'a pas si grand tort de pourchasser une institution qui a faussé le christianisme et que, ce faisant, on n'attaque vrai-
(2) Pourvu que ce christianisme ne soit pas ce que les protestants aujourd'hui répandent sous l'étiquette : Christianisme vrai, ou Christianisme proprement dit! Nous respectons les intentions de l'auteur ; mais nous avouons être inquiets lorsqu'il annonce le dessein de « réaliser par l'histoire une a conscience commune à l'humanité », conscience universelle «« dont le christianisme est la forme. » (L'Avenir du Christia- « nianisme, t. 1, préface.) C'est exactement la formule de la propagande genevoise.