XX INTRODUCTION
ment, puisque ce sont eux qui absorbent l'attention de notre auteur). Or cette mauvaise herbe des moines, qui a tout envahi, propage avec ardeur ces compositions, dont elle se nourrit avec avidité, attendu que leur morale s'accorde avec celle du cloître pour fausser l'Evangile.
Les uns portant les autres, non seulement ils arrivent à détrôner la charité au profit de la chasteté, mais leur morale « utilitaire » s'impose partout. « S'il est une idée qui reparaît dans ces textes comme « un perpétuel refrain, c'est bien ce conseil signifi- « catif : Les voluptés de ce monde sont passagères, « les peines de l'au-delà sont éternelles : soyez « vertueux. »
« Puis ils font du miracle, non pas un des signes « de la valeur du christianisme, mais la preuve de sa « vérité objective (1). Ils défigurent inconsciemment « la notion exacte du miracle moral, abolissant sans s'en rendre compte la révolution intérieure,, conséquence de la grâce divine (?) ; d'après la doctrine qui s'en dégage, ce n'est pas la transformation « de l'action humaine qu'elle opère, c'est son anni- « hilement qu'elle produit. — De même il est indéniable que le diable tient une large place dans nos « Gestes : que sont-ils autre chose, après tout, que « le récit d'une longue lutte entre Dieu et Satan, où « les hommes ne figurent que comme d'inertes « mannequins ; tout homme est une proie que le « diable guette et que lui dérobe seule une volonté « particulière de Dieu. »
Les moines qui se nourrissent d'une telle littérature comme d'un aliment de choix, sont imbus de
(1) Est-ce que la vérité objective d'une institution divine ne répond pas de sa valeur ?