‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 14 sur 102 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

Quel crédit mériteront-ils quand ils raconteront à Grégoire une série de miracles, et à peu près rien autre, sous prétexte de dire la vie de saint Benoît? Précisément le même crédit que les Gestes des martyrs, à savoir aucun, en tout ce que ne confirmera pas quelque donnée historique par ailleurs certaine.

Et Grégoire lui-même, quand il nous garantira ces récits, quelle créance lui accorder? N'est-il pas moine lui-même, et aussi attaché à la vie religieuse que jamais moine le pourra être? N'a-t-il pas été élevé dès l'enfance par sa dévote mère dans ce courant d'idées légendaires et de fausse morale? A quel point il en est imbu, son enseignement nous le prouve surabondamment : c'est comme un décalque des Gestes. Oyons plutôt :

« On est d'abord frappé de ce caractère utilitaire « que revêt dans ses écrits l'exhortation morale ; et

l'on a pu voir combien ce caractère était fortement « imprimé dans les Gesta Martyr um romains... Tou- « jours la même morale fondée sur l'intérêt bien « entendu : c'était peut-être la seule que pussent « entendre les Romains du vnc siècle ; mais c'est « certainement à travers les Gesta MM. que saint « Grégoire a pu la lire dans l'Evangile. (Il est d'ail- « leurs probable qu'il en subit aussi l'influence par « les conversations qu'il aimait à avoir avec les rus- « (ici [ .

« Deux traits distinguent éminemment sa théo- « logie. Il tend à faire du miracle le seul signe « caractérisque du fait religieux : nullum habct

mcritum eux humana ratio prœbet experimentum

(\) Op. cit., p. 380, en note.

Page 1