XXII INTRODUCTION
« (Evang. II, homil. 26, S 1). La religion semble « être transportée toute dans le monde surnaturel « et se mouvoir dans le domaine des démons et des « anges. — Le diable prend une grande place dans « la pensée religieuse d'alors. Grégoire croit que, « comme le Verbe s'est incarné, ainsi doit s'incarner « le diable à la fin des temps [Moral. 31, 24. — 13, 10). « Avant la venue du Christ, le diable avait droit « sur toutes les âmes humaines ; il a droit encore « sur les âmes incroyantes.
« Ainsi, dans les Gestes comme dans Grégoire, la « notion du miracle s'oblitère et s'exagère, comme « le rôle de Satan s'agrandit... »
On frémit quand on pense que durant treize siècles, l'Eglise a considéré saint Grégoire comme un de ses plus grands docteurs, surtout en morale ; tandis que cette morale n'était donc que doctrine abaissée, christianisme dégénéré...
Mais ouvrons-nous les œuvres de Grégoire? ô surprise ! L'examen le plus rapide a tôt fait de démontrer que le critique a puisé ses assertions si neuves simplement dans son imagination, dans une lecture hâtive et confuse, et dans une connaissance erronée de la doctrine catholique! Ainsi font-ils trop souvent, ces réformateurs néo-catholiques; jamais plus qu'à leur égard il ne fut nécessaire de ne point croire sur parole.
Et d'abord le censeur de saint Grégoire ne le cite pas toujours exactement ; ou mieux, le seul texte qu'il en cite est dénaturé (1). Ailleurs il prête à saint
(1) La citation : Nullum habet mcritum cai humana ratio
prœbet cxperimentum, est inexacte ; voici le véritable texte :
« Divina operatio si ratione compièhenditur non est admira-
« bilis ; nec fides habet mcritum cui humana ratio prœbet
< cxperimentum. » (Homil., lib. II, hom. 26, § 1.)