XXX INTRODUCTION
pensera d'autant plus que la gloire humaine en est davantage absente (1).
Or cela n'est que l'enseignement codifié depuis par l'Eglise dans sa procédure pour la canonisation des saints. Les miracles opérés durant la vie éveillent l'attention, et provoquent l'examen de l'existence menée par les serviteurs de Dieu. Mais cet examen porte avant tout sur l'intégrité de la foi, puis sur les autres vertus. Celles-ci sont-elles prouvées, audessus de toute contestation, et dans un degré supérieur au niveau commun? Alors seulement les miracles seront tenus pour signes valables de la sainteté ; alors seulement on se pourra fier à ce genre de preuves, quand le serviteur de Dieu, vivant dans la gloire céleste, les aura de nouveau données en faisant miracles à la prière des humains. Les vertus une fois prouvées, mais seulement alors, l'Eglise exige donc toujours le miracle comme le signe suprême de la sainteté.
Au total, la doctrine de saint Grégoire sort directement de l'Evangile et s'accorde exactement avec celle que l'Eglise professe de nos jours. Pas plus que lui, l'Eglise n'a besoin d'être remise dans la droite voie après une déviation treize fois séculaire. Donc point d'influence morbide exercée sur le jugement du
(1) Ex illis exterioribus signis obtincri vita ab hœc opcrantibus non valet. Nam corporalia illa miracula ostendunt aliquando sanctitatem, non autem faciunt ; haec vero spiritalia quae aguntur in mente, virtutem vitee non ostendunt, sed faciunt. Illa habcre et mali possunt, istis autem perfrui nisi boni non possunt. Unde de quibusdam Veritas dicit : Muiti mihi dicent in die illa : Domine, Domine, nonne in nomine tuo prophetavimus... Nolite ergo, fratres charissimi, amare signa quae possunt cum reprobis haberi communia; sed hœc quae modo diximus charitatis atque pictatis miracula amate, quae tanto securiora sunt quanto et occulta, et de quibus apud Dominum eo major sit retributio, quo apud homincs minor est gloria (Homi'l. II, xxix, § 4.)