‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 26 sur 102 · XXXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVIII INTRODUCTION

à votre compte. Ils sont bien votre œuvre en effet. Le naturalisme radical, qui est le rationalisme, a modelé la société politique et conduit la guerre contre toute foi chrétienne ; le naturalisme adouci a énervé la résistance dans l'Eglise et, comme l'a dit Léon XIII, élargi de tous côtés la brèche devant l'ennemi. Depuis bien longtemps l'Apôtre avait écrit : La seule arme qui triomphe de l'esprit du monde est notre foi (1). Vous l'avez désagrégée, docteurs diserts; vous avez voulu la refaire, qui plus qui moins, au nom de la science ; et le monde ennemi de Dieu ne trouve plus rien qui arrête sa funeste victoire. Voilà votre œuvre; et les conséquences n'en sont pas encore toutes écloses.

Ce que répond l'école, nous le savons assez, tant c'est devenu un lieu commun, passé même en axiome. Comment, nous dit-on, ce qu'il vous plaît d'appeler chez nous naturalisme serait il destructif de la foi, puisque c'est uniquement la mise en œuvre des données de la science ? La foi ne peut être contraire à la science ; en nous guidant sur celle-ci, nous ne saurions donc contredire à la foi, nous en séparer, ni nous tromper de route, de manière à égarer les âmes chrétiennes. Tout au plus montrons nous les choses sous des aspects nouveaux, que la science nouvelle a révélés ; nous n'ébranlons que les vieilles routines, les opinions surannées, les légendes apocryphes, les miracles controuvés : bien loin de nuire ainsi, nous rendons grand service, etc.

Certes oui, la critique loyale, qui se borne à éliminer de l'histoire ce qui est historiquement démontré faux, cette critique rend service. Mais l'école natu-

(1) 1 Joann., v, 4«

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