XL1I INTRODUCTION
mère d'un accord total et certain entre la science et la foi, que se dresserait encore devant l'incroyant « le scandale de la Croix (1) » ; celui-ci. nulle science purement naturelle ne le fera jamais accepter de l'orgueil humain. Et cependant sans l'adoration volontaire de cette divine « folie », point de vrai christianisme.
Montrons, certes, quand il convient, tout ce que l'Eglise a de grandeur humaine, au passé comme au présent, et dans le champ même des sciences ; tout ce qu'elle a, tout ce qu'elle donne de dignité morale, tout ce qu'elle apporte de bienfaits ; et demandons aux sectes séparées, au déisme, à l'athéisme, à la science même, de nous en montrer de leur côté autant. Mais pour ce faire, n'allons pas, grand Dieu ! tenter de modeler à nouveau la foi d'après l'idole de science que notre siècle « exalte au- « dessus de toute divinité (2). » Les incroyants, selon leur tactique dix-huit fois séculaire, nous jetteront le reproche d'ignorance, parce que nous nous refuserons à adorer le Moloch auquel aujourd'hui tout s'immole (3) : et qu'importe ? Ils ont appelé Belze-
(1) Galat., v, 11.
(2) II Thessal., n, 4.
(3) Ce n'est point ici boutade de misanthrope. S'il est vrai que la science a réalisé de magnifiques progrès matériels, il l'est tout autant que nous mourons de l'abus de la science. Un jour, prochain peut-être, ce sera la clameur universelle. Les sociétés en meurent, surchauffées, enivrées, dévorées de besoins qui naissent des satisfactions mêmes données par la science Les corps en meurent, surmenés, épuisés dès l'enfance. Les intelligences en meurent, hypertrophiées et moralement anémiées ; car ce culte, loin de fortifier les mœurs, les amollit quand il ne les détruit pas. Rien n'y échappe, et l'homme ne trouve plus le repos qui fortifie. La musique même qui, depuis l'origine du monde, fut le délassement de l'esprit et du corps, ne doit plus être pour nous qu'une science. Et l'on s'étonne de voir partout l'odieuse neurasthénie ! Cette ruine de l'humanité est bien le châtiment de l'orgueil scientifique, ce péché de notre siècle.