INTRODUCTION XI
bub notre divin Maître; et nous sommes avertis que nous ne devons pas être mieux traités que Lui. Pour fonder son Eglise et vaincre le monde, Il n'a voulu faire appel ni à la science humaine, ni à la noblesse, ni à la puissance, saint Paul l'a dit assez haut. C'est que le Seigneur chargeait son Eglise d'enseigner aux hommes une seule science, celle du salut : et ces jours-ci encore, après toute la tradition des Docteurs sacrés, Pie X rappelait que la seule science vraie est issue de la Croix, que toute civilisation vraie procède de la même source ; que le salut des peuples, unique mission de l'Eglise, est dans la sainteté li. Dès l'origine, ses adversaires ont déclame contre ses ignorances : qu'en est-il resté? L'Eglise a passé outre et conquis le monde.
Nous avons insisté sur l'action néfaste autant qu'universelle du naturalisme, d'abord parce que là est aujourd'hui pour l'Eglise le péril suprême. Et puis déjà cette critique décevante a amorcé contre l'œuvre consacrée par saint Grégoire à saint Benoît quelques essais de mines, qui ne seront sans doute pas les derniers. Dans le cloître bénédictin lui-même s'est affirmée la tendance, bien explicite, à interpréter comme simples apologues certains épisodes de la biographie du thaumaturge Cassinien. Or il ne s'y lit peut-être pas un seul trait qui ne puisse être ramené à des proportions purement naturelles par le doigté de cette école. Nous avons voulu faire en notre particulier l'expérience; et quoique l'habitude ne nous eût pas acquis le tour de main nécessaire, nous connaissions assez le procédé pour avoir pu composer ainsi une biographie, dépourvue d'inté-
1 Discours du 13 avril 1904.