‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 33 sur 102 · INTRODUCTION XI. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI. VII

dos t rail ilions souvent chères à la piété chrétienne. Est-ce un profit, surtout lorsque rien d'équivalent n'est donne pour y suppléer? Une certitude négative, pour mathématique qu'elle soit, compenseraitelle une créance où s'alimentaient nombre d'actes de foi et d'espérance? La morale chrétienne, à ce point de vue, ne charge-t-elle d'aucune responsabilité l'ouvrier de cette destruction, s'il offre son œuvre à tout venant, à l'ignorant comme au sage? Il n'encourt point de responsabilité, si la science a le droit, le devoir môme, de tout dire et de tout faire sans s'occuper des conséquences, ainsi que l'a proclamé Renan l'apostat; si en d'autres termes la science est indépendante de Dieu et de ses lois, si elle n'a pas de morale. C'est à ce beau principe que nous devons, dans le domaine de la chimie, la vulgarisation des innombrables explosifs dont la pauvre humanité de nos jours éprouve les bienfaits. Mais restons sur le terrain critique.

Ce n'est pas, nous répond-on, de l'indépendance morale de la science que s'autorise l'école rigoureuse, mais d'un principe tout opposé, que l'on ne saurait contester, celui-ci : Dieu est vérité; il ne peut lui être agréable d'être honoré par des fables nées de l'esprit humain. Ses œuvres n'ont besoin que d'être connues dans leur réalité ; lui-même a dit, dans l'Ecriture, qu'il « n'a pas besoin de nos « mensonges. » C'est donc faire œuvre d'assainissement moral et religieux que de débarrasser l'esprit chrétien d'un bagage de légendes, nées de l'esprit populaire ou même œuvres de faussaires déterminés.

Voilà précisément l'axiome et le raisonnement que l'école naturaliste emprunte volontiers à l'or-

Page 1