XLVIII INTRODUCTION
thodoxie des historiens rigoristes. Us ne sont pourtant pas tellement incontestables qu'on n'y puisse répondre.
Dieu n'a pas besoin qu'on lui prête des merveilles, c'est bien sur; et toute imposture intentionnelle en ce genre mérite une réprobation sévère, dans le passé comme dans le présent. Arrière les inventeurs de faux miracles, parce qu'ils viennent dire : « Le Seigneur a parlé, quand le Seigneur n'a pas parlé. » Mais d'abord il convient d'établir loyalement la fraude, sans parti pris ni subterfuge, et en tenant compte des erreurs toujours possibles de bonne foi, comme des circonstances ignorées ou imprévues qui revêtent souvent les choses les plus vraies d'aspects invraisemblables. Il y a loin de la fraude coupable à la formation de quelques légendes adventices mêlées à des histoires d'ailleurs véridiques ; nous visons ici spécialement la vie des saints. Tels ou tels détails en sont-ils bien vraiment légendaires? Lorsqu'on les voit apparaître à une époque toute voisine de l'événement authentique, alors même qu'ils ne fournissent point de certificats de naissance, ne doiton pas hésiter au moins avant de les condamner désormais à l'oubli (1)?
On l'a dit avec autant de raison que de finesse : « La légende n'est pas de l'histoire inventée, c'est- « à-dire fausse de tout point. Elle est toujours vraie
(1) La proscription par l'Eglise du ivc siècle de plusieurs légendes de martyrs, parce qu'on n'en connaissait pas les auteurs, fournit ordinairement un argument à la critique rigoriste. Mais l'Eglise ne voulait dans ses offices, qui ont râleur d'enseignement thèo logique, rien que des textes garantis, à une époque où pullulaient les hérésies. Devons nous, pour cela, proscrire toute la littérature chrétienne qui n'est pas admise au Bréviaire ? Personne ne soutient pareille absurdité. Alors ?....