NTKO DICTION XL IX
h en quelque manière, et Augustin Thierry a souci tenu non sans vraisemblance que c'était la véri- « table histoire. Elle pénètre en effet beaucoup plus « avant que l'histoire documentaire dans l'inconnu h de la vérité. La poésie est plus vraie que l'histoire, « a dit un grand philosophe du siècle de Périclès; h et, chose bien remarquable, ce n'est point Platon, « le divin poète, mais son austère rival, Aristote le a métaphysicien ri)... » Il faut évidemment s'entendre sur cette formule d'allure paradoxale. Mais il est certain que la légende, la poésie, traduisent bien souvent par des faits concrets et des images sensibles un ensemble de sentiments et d'impressions qui prévalurent dans la masse, autour des personnages réellement historiques. C'est leur action morale, l'enseignement de leurs œuvres, qui se traduisent ainsi, l'amour passionné de la croix dans les paroles enflammées de saint André, la victoire et l'intégrité de la pureté virginale chez sainte Agnès enveloppée de sa longue chevelure merveilleusement développée, etc. Des documents officiels n'enregistrent pas de tels sentiments, qui sont pourtant réels. Pourquoi me serait-il interdit de les partager avec mes aïeux dans la foi, et d'admirer sous cette forme l'œuvre authentique de Dieu? Elle n'est pas, cette forme, elle ne peut pas être donnée par les documents administratifs, par les minutes des greffiers et notaires.
Aussi bien, ne remarque-t-on pas qu'à mesure qu'on descend vers notre époque dans l'histoire des saints, le nombre des miracles et faits surnaturels que la critique est obligée d'admettre va grandis-
(1) Broussolle, Université Catholique, lu novembre 1903, pag^e 343.