LU INTRODUCTION
preuves seront tour à tour discutées. On comprend qu'à l'égard des faits prodigieux pareille méthode est exagérée dans sa rigueur, attendu que pour l'ordinaire les thaumaturges ne font point miracles pardevant notaire. A moins de circonstances toutes spéciales, nous n'avons pour vérifier le miracle que les règles du témoignage. Or, Notre-Seigneur a voulu que ces sortes de prodiges fussent ordinairement et de préférence réservés, « non aux sages et aux « savants », mais aux humbles et aux petits. Ce sont là de mauvaises conditions pour le témoignage, nous disait-on à propos des récits de saint Grégoire. On voit tout le parti que peut tirer le naturalisme d'une méthode pareille. La critique simplement rigoureuse ne songe pas à nier les faits miraculeux ni à les faire disparaître, de propos délibéré ; elle les admet au contraire en principe. Seulement, au sujet de la biographie de saint Benoît, elle nous invite à « soumettre chacun des récits du saint pape a à une critique ferme et serrée (1) ». Volontiers, mais comment faire? A part un ou deux épisodes, ces récits ne se relient à aucun fait de l'histoire générale. Ils se sont passés dans l'intimité, à propos d'incidents plus ou moins vulgaires ; et les témoins ont disparu sans laisser d'autres traces que leur témoignage confié à Grégoire. En sorte que nous nous trouvons réduits à contrôler saint Grégoire par lui-même et par lui seul. Nous avons dit pourquoi de telles conditions nous paraissent amplement suffisantes, pourquoi cette base unique est à nos yeux assez large et assez bien fondée pour porter tout Pédifice. Mais de discussion détaillée il ne peut
^1) Analect. Bolland., t. XII, p. 315.